Immersion

Chapitre 14 : Nouveau tableau ?

7214 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/09/2026 16:35

Tom se réveille dans ce qui paraît être un nouveau tableau. Il est seul dans un grand lit, mais le confort est radicalement différent de ce qu’il avait connu dans le cabanon. Ici, la décoration chic et épurée ressemble à ce qu’il aimerait avoir chez lui. En fait, cela ressemble à sa propre maison, seulement, maintenir un intérieur aussi propre nécessiterait l’embauche d’un agent d’entretien, impossible sinon d’avoir ce rendu en étant un père de famille avec des adolescents peu scrupuleux des règles essentielles !

Le médecin visite rapidement l’endroit. Désespérément désert, ou plutôt vide. Vide d’âme, vide de saveur, vide de vie. Ce qu’il enviait initialement dans cette maison commence à l’angoisser. Une atmosphère froide et lugubre s’évapore entre ces murs. Tout est trop parfait pour être réel.

Tom souhaite finir sa visite silencieuse, mais il entend un bruit en provenance de ce qui pourrait être le salon. Il n’est pas certain, mais cela s’apparente à la sonorité émanant de papier manipulé.

Toujours en restant le plus discret possible, Tom se rapproche de la source sonore. Peut-être s’agit-il de son amie ?

Laure est là. Assise sur un canapé de cuir. Inutile d’être médecin pour constater qu’elle n’est pas dans son état normal. Elle est dans un état différent qu’à l’accoutumée. Elle est exténuée et semble ailleurs, perdue.

La dernière fois qu’il a parlé avec sa camarade, Tom avait été touché par son défaitisme. Elle qui se disait prête à être la dernière survivante avait abandonné toute motivation. Elle était prête à mettre fin à ses jours. Elle était arrivée à saturation. D’ailleurs, en y réfléchissant bien, Tom se demande comment lui-même fait pour tenir. Avoir tué est une expérience traumatisante. Mais ils ne se sont pas contenté d’abattre des monstres, ils se sont battus contre leurs amis et contre eux-mêmes, leurs vies ne pourront plus être comme avant. 

Le suicide est un acte extrême mais attirant lorsque l’estime de soi est anéantie. Le cauchemar du réel peut apparaître comme une souffrance éternelle, là où la mort peut appâter via la sérénité qui lui est associée. Selon Tom, la Mort est une réalité vicieuse et mensongère. Un piège dans lequel il est aisé de tomber quand l’espoir a disparu. Le naufrage de Laure apparaissait comme prévisible, bien que dramatique. Il s’était juré de la surveiller.

Quand Tom s’approche de son amie, Laure alterne entre silences, discours incohérents et propos incompréhensibles du fait d’une prononciation atrophiée. Pire que cela, la jeune femme perçoit des faits inexistants. Une simple décompensation serait probable. Elle craquerait psychologiquement en plongeant dans un état second hallucinatoire.

Tom se sent démuni. Il ne sait plus comment réagir avec Laure. Il n’est pas formé et encore moins outillé face à son amie qui a littéralement pété les plombs en cédant à la folie ! Il ne peut que compatir et tenter de se vouloir rassurant. Malheureusement, le contexte est tellement anxiogène, même lui peine à rester calme. Comment être apaisant alors qu’il  ressent lui-même une telle angoisse ?

Le docteur change de stratégie. Il laisse Laure tranquille, tout en veillant sur elle à distance. Il ne veut pas être envahissant, cela pourrait aggraver la situation. De toute évidence, momentanément au moins, son amie ne lui fait plus confiance. Il faut dire que si elle souffre d’horribles visions, il ignore quel type de cauchemar éveillé elle a pu faire le mettant en scène lui !

En toute honnêteté, c’est aussi à des fins égoïstes que Tom opte pour la distance. Il craint pour sa vie ! Si Laure venait à le voir comme un ennemi, elle pourrait avoir des réactions agressives, voire dangereuses. Ils ne sont plus que les deux désormais, il doit protéger son amie, mais il doit aussi penser à lui !

Cependant, l’état de Laure a permis à Tom d’accéder à de nouveaux indices intéressants. Dans ses délires, la jeune femme a évoqué une anecdote curieuse. Elle aurait été en contact avec un homme véhément, vexé qu’elle refuse de produire son film. Ceci est une révélation de taille ! Ils sont coincés dans des réalités successives qui les plongent dans des univers se basant sur des références cinématographiques et elle, elle a côtoyé un réalisateur éconduit !

Malheureusement, Tom ne parvient pas à soutirer plus d’informations à sa partenaire sur ce sujet. Elle ne tait pas de nouveaux éléments dans le but de le nuire, elle semble tout simplement avoir oublié qu’elle lui en avait parlé. L’état de Laure empire de minute en minute.

Malgré la présence de Laure, Tom se sent seul. Il n’y a plus que lui pour tenter de percer le mystère qui les entoure. Depuis le début, ils se sont retrouvés piégés dans des tableaux horrifiques. Aucune raison que ce contexte fasse exception.

En soi, cette décoration classe et sobre ne donne pas de réelles indications. Mais sur les conseils muets de Laure, Tom a lu le journal qui se trouve sur la table basse. Dans la revue nécrologique, les noms de leurs amis défunts apparaissent, suivis des causes du décès. La liste se termine sur Laure qui, selon le journal, se serait suicidée.

Un suicide, une folie grandissante, des hallucinations, une maison rappelant les standings bourgeois américains, des enquêtes policières mentionnées dans le journal, un homme et une femme dans la discorde ne se comprenant plus, Tom n’hésite pas longtemps quant au possible film servant de référence pour ce tableau. Les films de possession constituent son sous-genre horrifique favori. Il n’en loupe aucun, mais il existe une différence entre aimer un genre cinématographie et vouloir en vivre réellement un !

Avec certitude, il affirme qu’ils seraient actuellement dans l’univers de Smile[1]. Tragiquement, s’ils sont bien dans ce contexte, Laure est en proie à un démon qui va l’inciter à se donner la mort. Dans ce cas, Tom aura beau lui dire tout ce qu’il voudra, le suicide de son amie semble inévitable…

Depuis le début de cette aventure, Tom est en quête de rationalité. Son amie aurait pu être droguée. Mais comment ? Par qui ? L’autre option repose sur l’autosuggestion. L’esprit humain est capable de tout. Laure a vécu des évènements terriblement effroyables ces dernières heures. Il faut ajouter à cela le choc d’avoir lu son propre nom dans la rubrique nécrologique avec une telle cause de décès, le pouvoir de l’auto-persuasion peut se charger du reste. Droguée ou non, Laure est en danger.

Tom doit trouver les mots justes et vite ! Vu l’état de sa camarade, ce n’est plus qu’une question de minutes avant que cette dernière ne tente de passer à l’acte !

Prudemment, Tom s’avance vers la cuisine. Sa camarade s’est prostrée derrière le comptoir. Il entend la pauvre âme déboussolée se plaindre et frapper les meubles avec force. Il doit impérativement ramener Laure à la raison !

C’est alors qu’il perçoit une odeur étrange dans la pièce. Tom n’est pas certain, mais cela ressemble à de l’essence, peut-être que cette maison est chauffée au fioul… Ou peut-être que Laure a joué avec une bonbonne et que le suicide de cette dernière pourrait également causer sa perte à lui dans une terrible explosion !

Tom se précipite pour avoir un visuel sur son amie ! L’odeur ne vient pas d’elle. Aucun placard n’est ouvert et les plaques de cuisson semblent être électriques. Mais alors, d’où vient cette fragrance ?

Pas le temps de réfléchir davantage, Laure s’est levée rapidement et a saisi un couteau de cuisine !

Tom panique, il ne sait pas s’il parviendra à garder son sang-froid. Lui qui est médecin urgentiste, il a l’habitude de devoir agir dans la précipitation, mais là c’est trop ! Il est usé, il n’en peut plus.

A bout de forces, Tom place ses mains en avant, bras tendus. Il essaye de rassurer Laure. Cette dernière lui rit au nez, elle ne l’écoute pas. Il est impuissant face à cette folie.

Soudain, une détonation retentit ! Un changement de tableau ? Déjà ? Ce serait une aubaine pour eux ! Le salut de Laure ! Mais elle ne semble pas avoir entendu ce bruit sourd. L’esprit de son amie est déjà bien loin de cette réalité…

Laure observe la fenêtre, Tom se retourne par acquis de conscience, mais rien ne bouge dehors. Toujours un grand soleil qui inonde le jardin verdoyant.

Quand Tom regarde de nouveau son amie, il constate que son attitude a changé. Elle qui respirait très fortement et rapidement semble se calmer. La trentenaire penche son visage vers le sol, les bras le long de son corps, immobiles. Toujours le couteau aiguisé en main. Elle est sur pause. Tom en profite pour s’approcher lentement : c’est sa seule fenêtre de tir pour lui subtiliser son couteau !

Trop tard ! le docteur n’a pas le temps d’arriver vers son amie que cette dernière redresse la tête. Laure fixe Tom, droit dans les yeux, aucune expression sur le visage. Elle est fantomatique. Glaçante.

Laure lève son bras droit et tourne la lame en direction de sa propre tempe. Tom l’implore. Un sourire terrifiant se dessine sur le visage de Laure qui fixe toujours Tom droit dans les yeux. Malheureusement, il avait vu juste quant à l’inspiration de ce tableau…

Tom crie, il supplie sa camarade de ne pas céder, que tout cela ne se passe que dans sa tête, qu’il est là pour l’aider !

L’éclairage de la pièce s’intensifie. La lumière aveuglante arrive ! Laure n’est plus qu’une ombre dans cette luminosité atroce. La silhouette de son amie est figée telle une statue. Il devine alors le bras de la jeune femme se diriger vers sa tempe dans une excessive lenteur ! Non seulement elle s’apprête à se tuer, mais elle va le faire d’une manière monstrueusement douloureuse et spectaculaire !

Tom hurle pour puiser ses dernières forces et se donner du courage ! Perdu pour perdu, il fonce sur Laure, espérant bloquer son bras à temps ! Tant pis si elle se blesse ou si elle retourne son couteau contre lui ! Il ne peut pas rester là sans rien faire !

Tom attrape Laure et l’entraîne au sol ! Ensemble, ils percutent le marbre ! Il est incapable de savoir s’il a pu empêcher l’inévitable ou non !

La lumière est partout, Tom ne voit plus rien. Il sent le sol trembler sous son corps ! Peu à peu, la présence de Laure disparaît. Lui qui étreignait son amie avec tant d’intensité se retrouve les bras vides !

Le noir complet remplace la lumière. Tom est terrorisé. Que va-t-il lui arriver ? Sera-t-il avec Laure à son réveil ?

Quand il émerge, Tom a mal au crâne. Il ouvre les yeux, sa vue est déformée. Il comprend qu’il porte un masque transparent sur la tête et sent un tube dans sa bouche. Un bip régulier, semblable à ceux des hôpitaux émet. Il est semi-allongé, les bras le long du corps, face au plafond ? L’éclairage est blafard.

Une fois plus réveillé, Tom retire les installations qu’il a sur la tête en un mouvement de bras. Des sangles faisaient le tour de son crâne pour maintenir cet équipement. N’étant pas adroit dans ces gestes, le masque et ce qui y était relié tombent au sol.

Groggy, Tom essaye de s’assoir. Son corps tout entier craque lors de l’effort banal qui lui semble surhumain.

Le docteur se trouve sur un lit métallique plus qu’inconfortable. C’est même faire insulte aux lits de qualifier cette armature ainsi.

Même sans le masque, la vision de Tom est encore floue. Il ne distingue bien que son environnement proche. Où diable est-il encore tombé ?

Tom voit le masque, quelques centimètres sous ses pieds. Ce matériel semble plutôt moderne. Il n’a jamais rien vu de tel. Des encoches circulaires sur les côtés évoquent la possibilité de brancher ce masque à de l’électronique. Mais il ne voit aucun câble à proximité. D’après ses connaissances médicales, il dirait que cet équipement permet de maintenir une dose d’oxygène stable à son porteur. Mais l’oxygène n’est sûrement pas le seul gaz qui pénètre dans cet appareil : des espaces propices à l’emboitage laissent suggérer que des substances peuvent être insufflées dans le masque lorsqu’il est enfilé, si d’autres tuyaux y sont insérés. Une fois encore, pas de matériel de ce genre dans les parages. Seul ce masque intriguant.

Tom inspire un grand coup. L’air est vicié. Encore cette odeur d’essence. Le même parfum que celui qu’il avait senti dans le salon avec Laure. Il se croirait dans une station-service. Pourtant, à première vue, il n’est pas en extérieur, il n’est plus non plus dans cette maison vide. Et il est seul. Laure n’est pas là. Toutefois, sa vision encore trouble peut lui jouer des tours. Son amie pourrait être présente, sans qu’il ne puisse la voir. Il se frotte les yeux.

Le médecin ignore combien de temps il a eu ce masque sur la tête, mais l’engourdissement de ses membres lui fait croire qu’il a été allongé sur ce siège durant de nombreuses heures. Il est rouillé.

Au niveau de ses avant-bras et de ses cuisses, des attaches sont disponibles, reliées au lit. Tom relève ses manches et constate des traces sur ses bras. Il a donc été attaché ici et ce, suffisamment longtemps et solidement pour que cela ait des conséquences sur sa peau. Malheureusement, ses bras ne comportent pas uniquement les stigmates de ces sangles. Il est forcé de constater que des piqûres ont été faites dans sa chair. Visiblement, les injections ou ponctions ont pu été réalisées par un professionnel, le travail est propre. Un frisson parcourt son corps, qu’a-t-on pu lui faire ?  

Mais Tom vient de relever ses manches ! Des manches noires ! Il se regarde. Il porte ses propres habits ! Un pull noir, un jean, des chaussettes blanches et ses baskets ! Ce sont les habits qu’il avait remis après son service, le soir où il a quitté son travail, avant de se réveiller dans la cabane dans les bois ! Il se souvient maintenant !

Spontanément, Tom touche son crâne, ses joues, son abdomen et son dos. Pas de griffures ! Pas de blessures ! Aucunes traces de ses combats passés ! Pas de cicatrices de guerre !

L’homme de sciences est à la fois rassuré et inquiet. Il est apaisé à l’idée de penser que tout cela ne s’est certainement jamais produit, mais angoissé d’imaginer ce qui a pu se passer dans cette pièce pendant des heures ! Il en arriverait à espérer que les atrocités vécues consciemment soient réelles, plutôt que d’ignorer ce que l’on a pu faire de son corps sans son consentement !

Mais si tout cela était faux, alors ses amis sont en vie ! Les morts n’étaient pas véritables, comme le reste ! Enfin, seulement dans l’éventualité que ses camarades aient bien existés…

Peu à peu, les fourmillements dans ses membres s’estompent. Tom commence à pouvoir bouger ses articulations comme il le souhaite. Sa vision est de plus en plus nette, il recouvre enfin la totalité de ses facultés. Il scrute la pièce plus facilement à présent.

Devant lui, un poteau métallique, reliant le sol au plafond. Sur sa gauche un mur en piteux état. Sur sa droite, il devine plusieurs autres sièges semblables au sien, peut-être six ou sept, tous rangés devant les mêmes poteaux. Derrière chaque siège, une étagère vide. Tom se retourne, le même meuble se trouve derrière son propre siège. Mais dans son étagère, un écran est présent. Ce dernier est éteint.

Sur un siège, au fond de la pièce, Tom devine une personne ! Celle-ci doit probablement être endormie, en tout cas, elle est allongée. Cette dernière porte un masque qui cache son visage, le même que celui qu’il vient de retirer. Il doit aller vérifier si tout va bien et si cette personne peut lui donner des indications supplémentaires sur ce qui se passe ici !

Le docteur se lève. Poser les pieds au sol lui donne une sensation étrange. Lors des premiers pas, c’est comme s’il marchait sur du coton. Il est vraiment resté longtemps inactif. Beaucoup trop longtemps à son goût…

Debout, Tom voit mieux l’ensemble de la salle. Six sièges, devant six étagères, derrière six poteaux métalliques. Le tout en dénombrant sa propre assise. Ils étaient sept au cabanon, pas six. Quand il essaye de se remémorer les prénoms de ses acolytes, sa tête est douloureuse. Péniblement, il se souvient de Laure, Wendy, Bruce, Franck, Johnny et Hélèna.

De loin, Tom constate qu’un écran est aussi attribué au siège encore occupé. Apparemment, ce dernier est encore allumé, il aperçoit des signes d’activité. L’appareil est bien branché ! C’est une excellente nouvelle, il en apprendra certainement davantage sur la situation.

Le médecin ne fait pas attention où il pose les pieds, il glisse et manque de tomber. Le sol est recouvert d’une substance liquide brillante. Mais ce n’est pas la seule bizarrerie. Par terre, il repère des marques laissant penser que les poteaux étaient reliés entre eux par des câbles et autres installations potentiellement filaires. De toute évidence, quoi qu’il y ait eu ici, l’endroit a été vidé.

Alors qu’il glisse une nouvelle fois, Tom s’appuie contre le mur. Le revêtement de ce dernier est curieux. Il n’avait pas fait attention jusqu’ici, mais cela ressemble à une vitre, très sale et teintée. Les palpitations de Tom s’emballent ! Ce mur n’est autre qu’un miroir sans tain ! Lui et au moins cette autre personne présente étaient observés ! Mais par qui ? Pourquoi ?

Timidement, Tom interpelle son colocataire. Il a du mal à placer sa voix, sa gorge est enrouée, comme après une longue nuit de sommeil. Pas de réponse de la part de l’autre individu, cela aurait été trop beau.

Courageusement, Tom s’avance vers le siège occupé. D’après les vêtements, le corps est celui d’une femme (jupe plutôt courte moulante, cuissardes, collants fins et blouse décolletée). Tom n’est pas certain, mais son instinct lui souffle qu’il ne rencontrera personne en uniforme blanc dans le secteur. Pour autant, il ne prend pas les informations comme des preuves formelles de la fin de ce cirque. Il pourrait bien être encore piégé dans un univers dément. Il doit rester vigilant.

La personne porte un masque. Difficile de distinguer le visage. L’écran présent derrière le lit indique que le patient n’émet plus de signes vitaux. En bas de l’espèce de tablette figure des écritures : Hélèna R.

Rapidement, le docteur retire le masque de la malheureuse. C’est bien Hélèna ! Il vérifie le pouls de sa camarade. Malheureusement, l’écran fournissait des informations exactes… Son amie est décédée. Au fond de lui, Tom pressent que cette fois-ci, c’est pour de vrai. Sa partenaire ne reviendra plus. Il est vrai qu’entre la pathologie éclair du cabanon, son combat avec lui sur la terrasse et ce lit, Hélèna est morte pour la troisième fois… Malgré sa tristesse, il ne peut s’empêcher d’être circonspect. Le corps ne montre pas de signes d’infection ou de tuteur planté dans la poitrine. Les signes cliniques que présentent Hélèna ne correspondent pas à ces deux morts. Pas de traces de sang, pas de lésions cutanées, pas de blessures. Elle est belle, propre, la peau lisse. Sans examen médical, la pauvre aurait pu tout à fait être victime d’un arrêt cardiaque, même si cela reste surprenant compte tenu de son âge.

Les yeux d’Hélèna sont encore ouverts. Une immense terreur se lit dans son regard. Affectueusement, Tom ferme les paupières de celle qu’il a plus combattue que réellement connue. Hélèna a été la première à disparaître dans cette aventure, il n’avait pas beaucoup échangé avec elle.

Avec regrets, Tom reconnaît qu’il ne peut plus rien pour la défunte et depuis longtemps. En effet, d’après son maigre degré d’expertise dans le domaine, il suppute qu’Hélèna est morte depuis plusieurs heures.

Tom regarde succinctement les autres lits. Ont-ils été occupés ? Si oui, par qui ? Aucun indice disponible pour l’aider à répondre à ces interrogations.

Le médecin s’apprête à continuer son tour de la pièce quand il entend un craquement sous son pied gauche. Il s’accroupit pour voir cela de plus près, sans entrer en contact avec. Impensable pour lui de manipuler ces objets pseudo-médicaux sans savoir ce qu’ils ont contenu, ou ce à quoi ils ont servi. Sur le lino jauni par le temps, sous le siège voisin de celui d’Hélèna, il voit les restes de la seringue qu’il vient d’écraser. Il trouve aussi des capuchons, comme ceux utilisés pour fermer des tubes à essai. Il regarde sous les autres sièges, ces ustensiles ne sont présents qu’à cet endroit. Certainement le résultat d’une maladresse de la part de leurs ravisseurs.

Tom ignore qui était la personne allongée là, mais il semblerait que cette dernière ait eu droit à un traitement corsé. Avec un peu de chance, cela n’a pas été le cas de tous… Mais il a la confirmation que des substances ont été injectées dans des corps. Peut-être que lui aussi a reçu les mêmes doses, mais que son plan de travail aura juste été mieux nettoyé… 

Avec effroi, le cinquantenaire songe à la mauvaise blague de Laure sur les films de torture porn. Et si elle avait raison ? Et s’il était dans un nouveau tableau ? Ou pire, si la réalité était que depuis le début, lui et les autres sont les victimes d’un sadique qui les empoisonne, manipule, torture et tue un à un ? Si tel est le cas, quels produits circulent actuellement dans ses veines ? Combien de temps lui reste-t-il à vivre ? Ce décor, ces appareils, ce corps immobile avec lui dans la pièce, il ne peut s’empêcher de penser au film Saw[2] !

Tom étouffe, ses angoisses sont de plus en plus fortes, sa respiration est bloquée. Il est à deux doigts de la crise de panique, il doit sortir d’ici ! Prendre l’air ! La salle n’a aucune fenêtre. Il court vers l’unique porte, cachée derrière les sièges, en espérant qu’elle s’ouvre !

En chemin, Tom manque par deux fois de tomber sur cette patinoire fondue. Par miracle, il arrive indemne à la porte. Il saisit la poignée et ferme les yeux, pour prier que celle-ci ne soit pas verrouillée ! Ça s’ouvre !

Tom sort de la pièce et se retrouve dans un couloir sombre. Des lucarnes éclairent légèrement cet espace, mais ces ouvertures sont bien trop hautes et inaccessibles. D’après la luminosité, il pense qu’il fait jour dehors, même si le ciel doit être couvert. Il n’a pas le choix, le couloir est un cul-de-sac sur sa gauche, il doit donc aller à droite.

L’odeur d’essence est encore bien présente. Le sol ne glisse plus, le revêtement bétonné est plus rugueux que le lino défraîchi. En proie à la curiosité, Tom se baisse, tire son pull afin de dissimuler sa main à l’intérieur et tapote légèrement le liquide répandu. Il reste prudent et ne souhaite pas entrer en contact physique avec du potentiel poison. Il se relève et sent les quelques millimètres imbibés sur sa manche. Le verdict est sans appel, il s’agit bien d’essence ! Il en conclut qu’un individu a renversé ce carburant sur les sols, ce qui n’augure rien de bon ! Le but affiché paraît évident ! Il doit se sauver de cet endroit avant que ce dernier ne se transforme en brasier !

Dans sa fuite, la première porte disponible est impossible à ouvrir. Dommage, Tom est persuadé que cette issue donne sur l’extérieur. Une seconde porte se trouve deux mètres plus loin. Rien ne pouvant être pire selon lui que ce qu’il est en train d’imaginer, Tom se rue sur l’ouverture ! Ce n’est pas verrouillé ! Il déboule dans une pièce à toute allure et manque de tomber dans sa course. La porte poussée se referme dans un claquement glaçant.

Une fois l’équilibre retrouvé, Tom ne voit rien. Ici, pas de fenêtres, pas d’éclairage, le noir complet. Il croit entendre du bruit. Il n’est pas certain, mais cela s’apparente à des sons humains atténués ou étouffés.

Un larsen perce les tympans de Tom, puis une voix masculine résonne dans toute la pièce, amplifiée par un haut-parleur. Sur un ton moqueur et désagréable, l’inconnu s’adresse directement à Tom.

-         Tu fais mentir la tradition Tommy ! Les filles n’ont pas l’apanage de la survie dans les films d’horreur ! Un noir survivant ! C’est extraordinaire ! Il faut dire que ton métier et ton tempérament t’avaient permis de pronostiquer d’excellentes statistiques de survie !

Alors que l’inconnu rit de manière surfaite, une lampe à la luminosité très agressive s’allume au plafond. Tom met quelques secondes avant de s’habituer à l’éclairage. Au centre de la salle, il découvre Bruce, Franck, Wendy et Laure ligotés et bâillonnés ! Ses amis sont sur des chaises en bois, positionnées en cercle. Sur une dernière chaise, un corps féminin ensanglanté, probablement sans vie. Le docteur ne reconnaît pas cette personne.

Bruce, Franck et Wendy sont éveillés. Ils gigotent dans tous les sens et essayent de parler. C’étaient eux qu’il avait entendu en entrant ! En revanche, Laure est endormie. Du moins, c’est ce que Tom a envie de croire… Ses compagnons sont tous vêtus différemment. Les uniformes blancs se sont volatilisés. Tom en est désormais certain, ils sont dans la vraie vie ! Cette fois-ci, il n’y aura pas de clap de fin.

Le médecin s’approche de la chaise la plus proche et libère ainsi la bouche de Bruce. Celui-ci le remercie, puis lui dit être rassuré de le voir. Bruce ajoute qu’il a vu rapidement le « fou » qui les a torturés ! L’homme est venu installer Laure sur sa chaise quelques minutes plus tôt ! Bruce précise que l’homme n’a rien dit, il n’a même pas daigné les regarder ! Selon Bruce, il s’agit d’un homme barbu d’une soixantaine d’années au physique plutôt athlétique. Tom ne répond pas. Avec ce qu’il croit commencer à comprendre, cette description ne lui convient pas, ce n’est pas le portrait de l’homme qu’il soupçonne. En effet, d’après les indices que Tom a su décoder dans les précédents tableaux, il pense avoir deviné à qui appartient la voix qu’il vient d’entendre. Si son hypothèse est exacte, ce malade ne peut pas avoir soixante ans. Il préfère garder ses suppositions pour lui, pour le moment. L’homme vu par Bruce peut être un complice. Avec ce qu’ils ont vécu, un homme seul ne peut pas être à l’origine de tout cela !

Dans cet environnement stressant et lourd, Tom peine à délacer méthodiquement les liens qui retiennent son ami. Alors qu’il s’affaire, Bruce lui fait un signe de tête pour attirer son attention sur le corps inerte et ensanglanté de l’inconnue. Tout en continuant son ouvrage, le médecin regarde la femme. Avec une telle blessure, cette dernière ne peut être que morte. Puis Tom balaye la salle du regard et croise les visages inquiets et soulagés de Wendy et de Franck. Laure ne bouge toujours pas, la tête repliée sur sa poitrine. Bruce s’agace. Tom est trop lent pour lui. Après quelques injures, il s’assagit et demande à Tom s’il sait où se trouvent Hélèna et Johnny. La voix dans le haut-parleur rit de nouveau.

-         Hélèna est morte dans la salle d’à côté, répond Tom. Quant à Johnny, je pense que tu ne devrais pas t’inquiéter pour lui. Il va très bien j’ai l’impression, dit-il en regardant un haut-parleur suspendu au mur.

-         Enfin ! Enfin tu as compris doc ! Tu en as mis du temps ! Ou plutôt, tu en as mis du temps avant d’oser avouer à tes camarades que tu avais compris ! reprend la voix.

-         C’est quoi ce bordel ? demande Bruce en se retournant vers Tom.

-         Le petit Johnny n’a jamais été des nôtres.

-         C’est exact, pourtant, vous le connaissiez tous ce Johnny. Le petit gros de l’école que vous harceliez, le lycéen boutonneux que vous aviez lynché en public pour élargir votre cercle d’amis, le cinéaste que vous aviez dénigré, le fils à qui vous aviez arraché son père, le fan que vous aviez humilié et surtout, le frère à qui vous aviez assassiné la sœur !

-         C’était un accident ! précise Tom en s’énervant.

Le haut-parleur se coupe, après avoir fait entendre une nouvelle fois un rire démoniaque. Tom a réussi à libérer Bruce. Les deux hommes se divisent pour aider leurs compagnons le plus efficacement possible.

Bruce se dirige vers Wendy qui pleure et trépigne, elle souhaite que tout cela prenne fin. Tom l’entend insulter copieusement cet « idiot de fan », visiblement, elle a compris en quoi elle était visée par cette voix démoniaque.

Laure ou Franck ? Tom hésite, mais en voyant que le jeune homme le supplie du regard, il vole à son secours en premier. Une fois le bâillon retiré, Franck se justifie. Il essaye de capter le regard de ses compagnons afin de leur expliquer qu’il s’agissait d’un accident de voiture, qu’il ne pouvait pas anticiper la réaction du conducteur et qu’il ignorait qu’il y avait eu un mort, avant de le lire dans la presse locale. Tom reste concentré sur les liens à délier et ne répond pas. Ce n’est pas le moment. S’il a bien retiré une leçon de cette aventure, c’est qu’il est nécessaire de rester soudés et d’éviter toutes discordes ou craquages !

Tom termine à peine avec Franck que Bruce l’appelle et réclame son assistance médicale. Le quarantenaire est au chevet de Laure, il dit que celle-ci est inconsciente mais vivante ! Le docteur court vers son amie. Elle respire. Bruce est en train de la libérer. Tom lui demande de faire attention, les liens la maintiennent droite, elle chutera sans cette sécurité.

Le médecin entend Wendy essayer de réveiller l’inconnue sans vie. Il doit intervenir, sa pauvre partenaire essaye vainement de réveiller un cadavre, une vérité qui risque de ne pas lui plaire. Mais la blonde comprend la situation avant que Tom n’ait le temps de la rejoindre, elle pousse un cri de panique. Tom l’attrape et tente de la calmer. Dans ses gesticulations, la blonde hurle que ce n’est pas le fait que cette inconnue soit morte le problème ! Frénétiquement, Wendy répète « c’est elle ! C’est elle ! ».

L’influenceuse se défait des bras de Tom et se sauve à l’opposé de la pièce. Curieux et esseulé, le docteur s’approche du corps inanimé, manipule la tête de la défunte et comprend la panique de son amie ! Cette femme se trouve être la maman qui était avec sa fille dans le magasin perdu dans la brume !

Tom recule et se précipite pour retrouver Wendy. La blonde est en pleine crise de panique, elle suffoque et sautille sur place en alternant sanglots et lamentations lorsque sa voix le lui permet. Il l’attrape par les épaules et lui explique qu’elle doit se ressaisir. Désormais, ils sont dans la vraie vie, il n’y aura plus de seconde chance. Cette femme est morte, c’est malheureux certes, mais eux sont encore vivants et peuvent s’en sortir si tout le monde y met du sien !

Des bruits sourds intriguent Tom, Franck essaye d’enfoncer la porte par laquelle Tom est entré. L’issue serait bloquée. Le jeune court alors vers une seconde porte, de l’autre côté de la salle. Selon lui, bien qu’elle soit verrouillée, elle serait plus simple à forcer.

Franck a raison, la première porte est en effet plus lourde, même en s’y mettant à plusieurs, ils n’arriveront jamais à la pousser. Alors Tom lâche les frêles bras de Wendy et rejoint Franck. Ensemble, les deux camarades donnent des coups d’épaules, sans succès.

A cet instant, Wendy appelle le reste du groupe, elle sent une odeur de brûlé ! Bruce se redresse, tout en maintenant le corps de Laure afin d’éviter que la jeune femme ne tombe sur le sol. Puis il affirme sentir, lui aussi, une odeur suspecte.

L’essence ! Tom court en direction de la grosse porte, cette dernière commence à chauffer ! En essayant de contenir sa panique, il explique qu’ils doivent impérativement sortir d’ici au plus vite !

Bruce prend les devants et motive les troupes. Il prend Laure, toujours inconsciente, dans ses bras et fait signe à Tom de se dépêcher. Le docteur prend une chaise et retourne auprès de Franck pour ouvrir la seconde porte.

Après un, deux et trois essais, ça cède ! Franck et Tom tombent. Wendy les rejoint et saute au-dessus d’eux pour les enjamber. Elle est rapidement suivie de Bruce avec Laure qui prend la peine de les contourner.

Alors que Franck et Tom s’aident mutuellement pour se relever, Wendy pousse un cri. La vision est cauchemardesque. Face à eux, au second plan, le feu dévore la pièce voisine et commence à faire fondre le miroir sans tain, unique protection entre cet enfer brûlant et eux. Au premier plan, un corps git sur le sol !

Franck ose s’approcher de l’inconnu allongé. Le jeune homme est formel : l’homme au sol est vivant ! Il respire ! Tom se précipite pour aider son ami à redresser la nouvelle victime. C’est un homme de quarante ou cinquante ans, blanc, de corpulence normale, aux cheveux coiffés en brosse. L’inconnu s’est probablement battu, comme en témoigne la blessure qui parcourt son visage. Le pouls est faible, mais il devrait s’en sortir, enfin, s’ils ne périssent pas tous dans les flammes !

Wendy est prise d’une nouvelle crise panique. Elle tourne en boucle sur la tenue vestimentaire de l’homme à terre. L’inquiétude de la blonde est compréhensible ! Le blessé porte une chemise à carreaux, la même que celle du malheureux emporté par un des monstres dans le supermarché ! Seulement, le visage traumatisé de l’inconnu ne permet pas spécialement de voir une éventuelle ressemblance physique entre les deux hommes.

Tom demande à Franck de maintenir l’individu droit. Lui, il doit aider les autres à chercher une issue !

Bruce dépose délicatement Laure sur une chaise présente dans la salle. Il demande ensuite à Wendy de veiller sur leur amie, elle serait en train de se réveiller. 

La chaleur est suffocante et de la fumée commence à pénétrer dans la pièce ! Mais Tom ne bouge pas, il est hypnotisé par cette vitre donnant sur la salle en feu. Il reconnaît le mobilier. C’est la pièce dans laquelle il s’est réveillé quelques minutes plus tôt qui s’incendie ! Dans la fumée, il devine le corps d’Hélèna s’embraser, il préfère ne pas en parler à ses amis, apparemment, aucun d’entre eux n’a réellement regardé de l’autre côté.

Devant le miroir, des tables et des chaises sont disposées. D’après les marques sur la table et au sol, des objets étaient posés puis retirés d’ici. Tom ignore ce qui se tramait ici, mais visiblement, ce cher petit Johnny ne veut pas laisser de traces de son passage.

Bruce sort Tom de ses réflexions internes, il a besoin d’aide pour forcer une porte coupe-feu ! Tom accourt mais la porte ne cède pas, elle est fermée à clef !

Tom et Bruce se regardent, ils savent qu’ils sont perdus, mais aucun des deux n’ose en parler le premier aux autres. Mais pas le temps de s’apitoyer, Franck les appelle : l’inconnu essaye de parler ! Tom se précipite vers le blessé. Dans un murmure, l’homme prononce le mot « clef » en montrant du doigt une commode.

Le médecin se jette à toute vitesse vers le meuble à tiroirs qu’il renverse ! Une clef est là ! Tom s’en saisit et court vers la porte qu’il déverrouille ! L’extérieur ! Ils peuvent sortir d’ici ! Il ordonne à tout le monde de bouger et vite ! Wendy est la première dehors, Bruce passe ensuite avec Laure dans les bras qui commence à ouvrir les yeux. Quant à lui, il aide Franck à soulever et emmener dehors l’inconnu qui vient de les sauver.

Dehors ! Ils sont enfin sortis de cet enfer ! Ils se trouvent dans une zone sableuse, voire boueuse. Au loin, des arbres. Cela ressemble au terrain d’un entrepôt. Une grue rouillée et différents ustensiles de chantier dans le même état ornent l’endroit. Dans le ciel, la fumée émanant du feu déclenché dans le bâtiment monte de plus en plus haut. Démunis, sans aucun moyen de communication, Tom espère que ce nuage saura alerter les secours.

Wendy est à côté de Tom, elle grelote. Le médecin sourit, la vedette se vexe, mais il lui explique que cette manifestation physique le rassure : ils sont dans la vraie vie, leurs ressentis sont réels. Maintenant, ils peuvent avoir froid.

Bruce appelle Tom, il est assis par terre, quelques mètres plus loin, Laure installée contre lui. Elle est réveillée. Tom va voir son amie. Quand il lui demande comment elle va, celle-ci vomit. Tom est heureux de la voir éveillée mais inquiet, une telle réaction pourrait indiquer une inhalation ou injection de substances étrangères dans son organisme. Vivement que les secours arrivent !

Plus loin, Franck est assis avec l’inconnu. L’homme est toujours dans un état de semi-conscience. Pour lui aussi, Tom espère que les secours arriveront rapidement. Cet homme a besoin de soins, en particulier pour sa balafre. Le docteur craint une infection.

Franck fait remarquer que des traces de pneus figurent dans la boue. Pas de doute, le responsable de toute cette horreur a pris la fuite avant de déclencher l’incendie. A l’heure qu’il est, ce traître de Johnny doit déjà être bien loin.

Pour Tom, ce ne sera que partie remise. Il sait qui se cache derrière tout cela. Quand il donnera sa version des faits à la police, il saura précisément qui dénoncer.

En attendant, Tom s’assoit puis se laisse tomber en arrière. Tant pis pour la boue, il n’est plus à ça prêt.

Tout cela est terminé, ils sont sauvés et hors de portée de ce maniaque.


[1] Parker, F. (2022). Smile [Film]. Lionsgate, Paramount Players, Temple Hill Entertainment

[2] Wan, J. (2004). Saw [Film]. Evolution Entertainment, Saw Productions Inc., Twisted Pictures.

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