The Way We Get By

Chapitre 8 : My daddy put a gun to my head Said, "If you kiss a boy I'm gonna shoot you dead"

Par voirloup

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Mickey regarde l’ancienne maison des Kline depuis l’entrée de la rue. Il reconnaît la manière Milkovich de prendre possession d’une maison qui n’est pas la sienne, qu’importe que l’État ou la ville l’ai repris. Il reconnaît les couleurs des drapeaux barrant la lumière des fenêtres derrière les planches, même de là où il est. Il reconnaît les barbelés sur la clôture, il reconnaît les détritus et les objets à jamais abandonnés.

Il reconnaît les hurlements bourrés, les rires alcoolisés, les bruits de casses, les déflagrations des flingues. Les cris de douleurs.

Il tire sur sa clope une dernière fois avant de la lancer dans le voisinage et d’avancer vers une nouvelle maison des horreurs.

Carl lui avait fait un tout un monologue de comment aller se passer l’action du côté des bleus. Certains étaient déjà sur place depuis une heure ou deux, dans les jardins voisins ou les rues voisines, en civils. Certains arriveraient en bagnole dès que Seth en donnerai l’ordre.

Il a un micro sur lui, caché contre son torse. Cela le ramenait en arrière quand il avait aidé les Fed’s pour le cartel.

Ian est au boulot, il espère dans une autre aire de la ville pour éviter que ce soit lui qui vienne le chercher en ambulance. Parce qu’il n’a aucun espoir de sortir d’ici sans recevoir une balle ou un poing. Si ce n’est les deux.

Quelque part non loin, un flic filme son arrivée sur le trottoir menant à la nouvelle planque Milkovich.

Le silence se fait alors qu’il approche, ses cousins et autres membres de la famille le regardant chacun son tour petit à petit. Quand il arrive devant le portail ouvert, tous les regards sont sur lui.

Il démange de sortir le Glock qu’il n’a pas.

Il n’est même pas étonné de voir son paternel sortir de la baraque. C’était la même chose que les fourmis ou les abeilles les Milkovich, la reine était toujours au courant de tout dans cette foutue famille.

Iggy et Colin sont à l’Alibi, Mandy chez les Gallagher, Sandy au boulot. Il est seul face au patriarche.

Il démange pour la lame qu’il a à la cheville mais qu’il ne peut sortir.

« Qu’est-ce que tu fous là pédale ? »

Mickey pourrait presque rire à l’insulte s’il n’était pas en parti terrifié face au monstre qu’est Terry. Mais il ne fait que lui lever sa main afin de montrer l’anneau à son doigt.

Parce que, ouais, malgré tout il est putain de marié à l’homme qu’il aime. Malgré les poings, malgré le sang, malgré le viol sous la menace d’un flingue, malgré les coups, malgré les insultes. Malgré l’incendie de sa salle de mariage, malgré la fusillade de sa chambre de noce.

Il est putain de marié. Plus beau doigt d’honneur qu’il peut faire à son donneur de sperme de paternel.

Il n’est même pas surpris que sa famille s’éloigne de lui alors que Terry approche.

« T’aura bien essayé Pop’s mais j’la prends toujours dans le cul. » dit-il avec une voix forte et fière.

Quand bien même la terreur bouffe son ventre. Quand bien même il contre à peine le coup de poing qui lui arrive en pleine tronche.

« T’as rien d’un Milkovich. » la voix de son paternel est remplie de venin mais cela le touche à peine aujourd’hui. « T’as rien d’un homme. »

Mickey peut sentir l’haleine, alcoolisée, de son père alors que ce dernier est si près, à un avant-bras de son visage vraiment. Il ricane quand il reprend la parole.

« Meh. J’trouve que s’enfiler plus de vingt centimètres, c’est être un homme. »

Il a pas le temps d’arrêter le coup de poing suivant et il recule sous la force de l’impact. Personne ne bouge derrière Terry. Personne n’essaye de l’arrêter. En vérité, plusieurs ont commencé soit à partir soit sont rentrés dans la baraque à partir du moment où Terry a descendu les marches du porche.

Le brun tâte sa tempe et regarde ses doigts. Yup. Du sang.

« Ouh c’est plus faible que ce que je prends d’habitude ça. » provoque-t-il, la voix presque joueuse.

Son paternel est rouge de colère et il sait qu’il va finir au sol s’il n’arrive pas à bloquer le prochain coup.

« J’vais tuer le rouquin une fois que j’en aurai fini avec toi. »

Ce fut le seul avertissement qu’il eu avant de perdre son souffle au coup de pied dans son ventre. Mickey a à peine le temps de reprendre une goulée d’air et de mettre ses bras devant son visage que Terry envoya un autre coup de poing sur ces derniers.

« Aller pédé. J’t’ai appris mieux que ça. » crie son paternel.

Et... Ouais. S’il y avait une chose que Terry avait appris à ses gosses, c’était à encaisser les coups et à en envoyer en retour.

Le brun crache au sol pour toute réponse.

« Une honte. Une tarlouze. » continue le patriarche Milkovich, le dégoût dans la voix et sur le visage. « Te regarder me donne envie de vomir. »

« Au moins on est d’accord sur une chose. » fit-il avec un sourire en coin.

Mickey attrapa le poing de son paternel et le sien rencontra la mâchoire du plus vieux. Ce dernier cracha du sang au sol, avant de regarder son fils avec répugnance. Un nouveau poing lui arrive à la figure, que le plus jeune pare facilement, mais il se fait attraper par le col par l’autre main massive de son paternel. Qui lui fout un coup de tête avant de l’envoyer violemment au sol.

« T’es venu t’suicider pédé ? » demande Terry avec un sourire narquois. « Parce que cela aurait été bien plus rapide loin de mes mains. »

Le fils se touche le nez, testant vaguement le cartilage pour savoir s’il l’avait cassé de manière définitive. Sa main est pleine de sang après ça.

« J’viens de me marier connard, t’crois pas que j’veux mourir si tôt quand même ? »

« T’es clairement pas venu me supplier de pardonner ta dégueulasserie. Et j’vais clairement pas te reprendre dans la famille avec ta faiblesse ignoble ‘spèce de folle. » réponds Terry, écoeuré.

Il échappe de très peu au coup de pied que son père veut lui balancer dans le ventre. Mais il se relève trop rapidement pour cela.

« Na. J’préfère remuer le couteau dans la plaie. » son paternel grimace de colère une nouvelle fois. « Si Ian n’était pas une tafiole à l’idée, j’t’aurai envoyé une sextape alors que j’le chevauche. »

Terry hurle et il se prépare au plaquage ainsi qu’au poids de ce dernier avant même que le plus vieux ne fasse l’action. Les coups pleuvent, autant de lui que de son père. Ils hurlent tous deux, les injures sont en couples avec les poings.

Il finit le dos contre le sol avec la main massive, cette main qui avait rencontré son visage tellement de fois, autour de sa gorge et un flingue face à son front. Les yeux de Terry sont furieux, haineux. Mickey est tétanisé.

Il va crever.

Il va putain de crever.

Mais au moins, Ian, Mandy, ses frères, les petits et les Gallagher seront en sécurité.

« T’aurai pu être mon successeur si t’étais pas une gonzesse suceuse de queue. »

Mickey ferme les yeux à la détonation.

Quand il les ouvre à nouveau, Carl lui parle pendant que Seth est entrain de maîtriser Terry et que de nombreux flics pénètrent la maison des horreurs. Il entend les sirènes, il entend les cris de son paternel, il entend les bruits de violences venant de la baraque délabrée – sa famille essayant de fuir et slash ou se défendre contre les poulets.

Il n’entend pas vraiment son beau-frère.

Il ne respire pas vraiment non plus.

Carl l’aide à se relever mais il ne fait que s’appuyer sur ses genoux alors que sa tête bourdonne, que ses oreilles sifflent et que sa respiration danse la Polka Norteña, cette putain de danse mexicaine que Sarita avait essayé de lui apprendre, un soir où il fut assez bourré pour se laisser entraîner.

Il n’a pas à entendre son flic de beau-frère pour comprendre sa tronche, si similaire à celle qu’il avait enfant quand un de ses aînés l’attrapaient entrain de faire une connerie. Ian sort de l’ambulance qui vient d’arriver en trombe.

Ses yeux verts se perdent une seconde sur la scène avant de tomber sur eux.

Sa bouche s’ouvre une seconde dans l’incompréhension avant que l’horreur se propage sur son visage et qu’il court à lui.

Merde.

Oh merde.

« J’vais - »

Carl n’a pas le temps d’essayer de le relever qu’il se met à vomir. En partie du sang, en partie de la bile. Il voit les chaussures du roux avant toute chose, quand bien même il voit des tâches noires dans son champ de vision.

Oh.

Il se souvient de ça.

Ian avait passé plusieurs jours à réviser ses anciens cours avant de reprendre le boulot. En bon fiancé, il avait fait un jeu coquin pour le motiver à réapprendre. Il se souvient de la voix de son amant dire d’un ton monotone que les tâches noires peuvent être causées par un problème ophtalmique ou, comme lui à l’instant, dû à un manque d’oxygénation du cerveau.

Les mains de Ian lui attrapent le visage avec tellement de douceur qu’il pourrait en pleurer à l’instant. Qu’importe qu’il n’arrive pas à entendre la voix du roux, il peut deviner les mots qui passent les lèvres face à lui. Il voit la panique, la terreur aussi.

Il attrape la chemise d’Ian sans y penser. Bien trop fort pour ne pas la déchirer. Il n’entend que son sang dans ses oreilles et non le vêtement qui craque de toute manière. Il sent le coeur battre fortement contre la poitrine blanche sous le haut bleu et il ferme les yeux.

Un front s’appuie contre le sien et il sent la respiration, exagérée il le sait, de son amant alors que sa main se pose sur la sienne tatouée.

Ok. Focus. Il doit se concentrer sur ça.

Il le sait, techniquement, dans un coin loin de son cerveau en full panique totale. C’est un réflexe, de copier la respiration de son homme quand celui-ci est collé à lui. Ça l’aide à dormir. Ça l’aide à se calmer.

Ian a toujours été autant l’étincelle de sa rage, de son courage et que celle de sa sérénité.

« -ien. C’est très bien Mick’. Respire avec moi. »

C’est la voix du roux qu’il entend en premier. La première chose qu’il entend bien des matins, dernière chose qu’il entend bien des soirs. Putain il veut ça jusqu’à sa putain de mort.

Putain il avait failli crever.

« Mick’ va bien aller hein ? » demande Carl, pas loin, probablement à Sue, la partenaire d’Ian.

Il n’entend pas la réponse de l’ambulancière, car la voix calme du roux est la seule chose à laquelle il arrive à s’accrocher.

« C’est bien bébé. Je t’ai. » marmonne-t-il, une litanie en boucle qui résonne dans ses oreilles à la place de son coeur. « Nickel, une autre respiration. Encore Mick’. »

« Putain.. » fit-il sur le même ton, faisant sourire le roux.

Un sourire solaire, qu’il veut essayer de mettre sur ce visage une fois par jour minium. Heureusement qu’il n’est pas aussi niais à voix haute putain.

Plus gay que ça, pas sûr qu’il trouve. Quoique, la bague à son doigt est franchement très gay.

« On va quand même te foutre sous oxygène. » lance Ian, envoyant un regard à sa collègue que Mickey ne regarde pas. Les yeux verts reviennent à lui. « Tu peux te tenir droit ? »

Il acquiesce péniblement. La fatigue prend totalement possession de son corps. Il sait, techniquement parlant, que c’est normal. C’est l’adrénaline qui crash. Mais bordel c’est l’enfer.

Son amant et Carl passent ses bras autour de leurs épaules afin de l’aider à marcher jusqu’à l’ambulance. Quand bien même la différence de taille entre les deux hommes le fait légèrement marcher de travers et de manière débile.

Seth les rejoint après que le roux ai commencé à lui nettoyer ses plaies.

« On l’embarque Mickey. » il acquiesce « J’ferai passer par Carl les nouvelles pour l’audience. »

Il ferme les yeux à cela. Il n’a aucune envie d’y penser.

« Oh Carl, » continue Seth en commençant à partir « n’oublie pas de ramener le micro au poste. »

Il eut un moment de silence où le flic parti, où le plus jeune se tourne vers son frère avec peur dans les yeux et où ce dernier se tourne vers Mickey avec un début de colère dont il va entendre parler pendant des jours.

« Le micro ? » la voix de Ian est froide de colère. « Pardon ? »

Il est tellement baisé.

Et pas dans le sens qu’il aime.




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