Ghostbusters Underneath

Chapitre 2 : Pussycat

3320 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 02/02/2021 22:02

Chapitre 2

Pussycat, Pussycat I Love you


New York, Brooklyn, quartier de Sunnyside

1er juillet 1990, dans la matiné.


               Au milieu d’une longue enfilade de maison aux façades de briques rouges se trouvait le logement de Miss Mittwoch. Un parterre de gazon bien entretenu derrière une petite clôture basse en bois brut, des fleurs aux fenêtres, au rez-de-chaussée et à l’étage. Garée devant, sous le lourd soleil de ce début d’après-midi, la carrosserie blanche de la Ecto-1 aurait presque fait mal yeux. A chaque temps libre, Ray avait les mains sous le capot de cette vieille ambulance Cadillac de 59, il la bichonnait : polish, chrome, enjoliveur… Cette voiture avait beau être le porte étendard de l’entreprise, c’était avant tout son bébé. Mais du temps libre, Ray en avait de moins en moins. Depuis un peu moins d’un an les affaires étaient reparties, et Sos Fantômes prenait à nouveau beaucoup de place dans sa vie. Ce qui lui convenait. Il claqua fermement le hayon, son reflet dans la vitre arrière renvoyait l’image d’un homme mur, le visage sympathique et fort, la chevelure dense cachant difficilement une calvitie naissante. Le visage d’un homme fatigué.

« -Ray, tu n’as sorti qu’un seul pack à proton. » S’enquit Winston.

La fatigue, bien que présente, avait moins de prise sur Winston qui avait une meilleure hygiène de vie : son court passage dans l’armée avait ancré en lui une certaine rigueur. Il ramassa un sac de sport noir dans lequel s’entrechoquèrent des tiges de métal. Egon leur avait confié à l’essai l’un de ses dernier gadget. Ray enfila son pack à proton, ajusta les bretelles, vérifia que le petit piège métallique était bien fixé, positionna ses lunettes de vision nocturne sur le front et sorti son paquet de cigarette d’une de ses poches pour s’en allumer une.

« -La chose est au rez-de-chaussée. Je n’imagine même pas les dégâts qu’un seul de nos engins pourrait faire dans endroit aussi exigu.

-Tu devrais arrêter ces saloperies, lâcha Winston en signifiant du menton la clope fumante de son ami.

-De plus Miss Mittwoch vie seule et n’a pas de gros revenu, continua Ray après avoir tiré une bouffé. Au prix des recharges, j’ai pas envie de lui surfacturer une intervention. » Puis il rétorqua amusé en pointant son moralisateur de collègue du bout de sa tige fumante : « Et je n’arrêterai pas de fumer parce que tu as décidé d’arrêter.

-Vous devriez écouter votre ami, jeune homme.»

De derrière sa clôture, une petite mamie toutes sèches les détaillait au travers ses grandes lunettes rondes. Son chignon gris était tant serré qu’il semblait presque la dérider, sans pour autant forcer ses lèvres pincées à sourire. Sa longue robe tunique ample rose à fleur jaune retombant sur ses sandalettes rappelait à Winston les rideaux de sa vieille tante. Il lança poliment :

« -Nous sommes les gars de Sos Fantômes, Madame.

-… Oui ça semble évident… Rétorqua l’ancienne avec un léger sourire amusé. Entrez Messieurs, il fait plus frais à l’intérieur.» Elle pointa Ray Stantz de son index décharné : « Mais avant, éteignez moi ça, jeune homme ! »

Il faisait effectivement plus frais à la l’intérieur. L’air était moite et charriait une vilaine odeur de moisie. Les deux chasseurs de fantômes suivaient Miss Mitwosh dans un long couloir au papier peint orange à motif floraux. Accroché çà et là deux ou trois photos de jeunes enfants et quelques portraits de famille étaient perdu face à une quantité inquiétante de photo de chat, ainsi que d’un ou deux chiens. Sentant le regard de Winston sur la pagaille de cadre, la frêle grand-mère présenta fièrement :

« -Mes amours. Le bonheur d’une vie. Vous savez, je pense qu’il s’agit de l’un d’eux…

-Dans votre sous-sol, s’enquit Ray. Il pourrait s’agir de l’esprit de l’un de vos chats ?

-Il est plus impulsif que de son vivant. Plus joueur, rectifia-t-elle avant de préciser. Il a griffé le plombier la semaine dernière. » Puis elle ajouta, par souci du détail : « Et il lui a mangé un doigt… Mais je pense qu’il s’agit de bien de mon petit Milly. Miller, mon dernier. Paix a son âme.

-Donc l’entité est potentiellement agressive ?

-Votre chat s’appelait Miller ? Coupa Winston »

Miss Mitwosh pointa une à une les photos et commença :

« -Il y avait Bud, Heineken, Bush, Corona…

-Ho, j’ai compris.

-Donc l’entité est agressive et se terre au sous-sol ? Insista Ray

-Oui, il n’en sort jamais. Mais c’est là qu’ils sont tous vous savez.

-Que voulez-vous dire ?

-Enterré. » Fit elle d’un ton naturelle avant de leur ouvrir une porte. « C’est par ici, Messieurs. »


Cela semblait difficilement possible aux deux Ghostbusters mais l’humidité était encore plus désagréable au sous-sol. De la terre battue sur des dizaines de mètre carré de laquelle monté des piliers en briques rouge, et courant entre les piliers quelques étagères de bois moisi couvert de bocaux remplis de diverses recettes maisons. Deux ou trois ampoules pendaient par endroits du plafond éclairement faiblement les alentours. La porte se ferma en haut des longs escaliers de béton. Ray sentais que son partenaires n’était pas à son aise.

« -Il fallait bien qu’elle les mettent quelques part.

- Chez un véto, dans un cimetière spécialisé, je ne sais pas moi. Pas enterré dans sa cave. Il y en a combien a ton avis ?

-Je dirai entre quinze et vingt. Ça donne quoi au PKE ? »

Tout perturbé qu’il était, Winston Zeddemore en avait oublié la procédure. Il décrocha le détecteur PKE de sa ceinture, en tourna les molettes en façade, et l’appareil se mit à vibrer et grésiller. Les antennes se levèrent tranquillement et leurs petites lumières semblaient éclairer un peu plus les deux hommes :

« -C’est pas terrible ça… J’ai du rouge… »

Comme pour confirmer, l’appareil se mit à émettre des bips de plus en plus rapprocher. La terre sembla tranchée en ligne droite depuis les ombres dans leur direction et une force invisible faucha Ray qui bascula emporté par le poids de son barda. Son uniforme était coupé au niveau du tibia et une légère coupure laissait couler un petit filé de sang.

« -C’est un vicieux celui-là ! »

Zeddemore cherchait autour de lui, balayant le vide avec son appareil. Sans s’en rendre compte il commença à appeler :

« -Petit, petit, petit… Ici mon minou… Petit, petit, petit…

-Tu sais je ne suis pas convaincu qu’on a affaire à un chat, corrigeant Stantz en se relevant.

-Et qu’est-ce que tu veux que ce soit ? Provoqua Winston, en s’attendant au pire.

-Tu te souviens du concept des chimères ?

-Comme Bouffe-Tout tu veux dire ? »

Ray se mit dos a Winston, ce dernier par reflexe alluma l’appareillage que son collègue portait sur le dos. Le pack-a-proton commença à ronronner, ses divers indicateurs lumineux s’illuminèrent tranquillement, et Ray enclencha le petit interrupteur du canon à proton qu’il tenait fermement à deux mains.

«-Je te laisse poser le filet, et gérer le piège. »

Winston posa au sol le sac de sport qu’il avait gardé à l’épaule depuis dehors, remis le détecteur a sa ceinture après l’avoir éteint. Il sortit du sac quatre trépieds métalliques qu’il déplia, et installa en carré pour couvrir une zone d’environ un mètre sur un mètre. Il enfonça le bouton rouge du dernier et les quarte lumières aux sommets des tiges clignotèrent lentement, et en rythme désynchronisé. Egon avait appelé sa dernière trouvaille « le filet » : si un fantôme de catégorie de classe 5 ou inférieure sera ralentie si il traverse son champs d’action. Winston décrocha le piège à fantômes du pack à proton de son collègue et demanda :

« -C’est quoi le lien entre un fantôme de chat psychopathes et notre vieux Bouffe-tout ?

-Hey bien… On suppose que certain esprit élémentaire, ou animal ont des schémas de pensé primaire. Une fois ces esprits dans la nature, il forme ce qu’on pourrait appeler des « esprits résiduels », » Commença Ray en allant se placer a genou derrière le filet. Il positionna et alluma ses lunettes de vision nocturne. » La théorie c’est que l’accumulation d’énergie résiduelle pourrait se muer en une seule et unique énergie, ce qui pourrait donner naissance a un nouvel esprit, qui ne serait plus résiduel. Reste sur le côté, tu veux bien ? »

Winston se tapis dans l’ombre de l’un des piliers prêt à lancer le piège à tout instant, il synthétisa :

« -Donc la bestiole serai au moins un classe 5, créé par la combinaison des instincts primaires résiduels de la vingtaine de chats et de chiens de notre gentille Mamie Mitwosh?

-Bingo ! Il rectifia : Enfin, tout ça, ça reste théorique. Comme une grosse partie de notre boulot… »

Ray n’en dit pas plus. A une dizaine de mètre, deux yeux jaunes déchirèrent les ténèbres, et sous ses derniers apparurent ensuite deux canines mesurant chacune une cinquantaine centimètres. De grosses pattes sortir le reste du corps des ombres en plantant d’impressionnantes griffes en terre. Le pelage argent et mauve vif recouvrait la bête au corps élancé, a la gueule longe et aux oreilles pointu. Elle devait faire un mètre de haut pour un mètre vingt de long jusqu’au bout de la queue. Méfiante elle avancé prudemment. Elle lâcha un doux miaulement, semblable à celui d’un chaton, puis se jeta, tout crocs et griffes dehors, en direction de Stantz. Le filet ralenti la créature durant quelques dixième de seconde, le temps pour lui de déplier la buse de son canon et de faire feu. Le filet aveuglant jaillit de l’arme du chasseur de fantôme dans un flot de flamme et d’éclaire orange et bleu et attrapa la bestiole en plein vol. Ray hurla :

« -Maintenant ! »

Winston lança le piège sous le fauve spectral, feulant de rage contre l’emprise du flux de proton. La petite boite se planta bien à plat sur le sol mou, et au bout de la rallonge, le casseur de fantômes écrasa d’un coup de poing l’interrupteur. Ray relâcha sa prise, et ferma les yeux. Deux volets sur le haut du boitier s’ouvrirent en laissant passer un puissant cône de lumière et la créature fut aspirée comme dans un siphon, son hurlement se mêlant au grincement de la mécanique. Les volets se refermèrent, et deux petites sonneries courtes signifièrent que le piège était plein. Un long silence, puis Winston s’inquiéta.

« -Ray ? Ça va ?

-Ça va. Confirma ce dernier en se relevant péniblement. Et toi, ça va ?

-Ça va. »

Il quitta son pilier et inspecta les trépieds :

« -Ils ont tenu. Et ça a limité la casse.

-Un point pour Egon. » S’amusa Stantz. 

Du haut des marches se fit entendre la porte, puis la vieille Miss Mitwosh apparu sans bruit au pied de l’escalier, et s’avança timidement vers les deux exterminateurs. Elle demanda :

« -Vous l’avez eu ?

-Un boulot tranquille Madame. Confirma Ray avec grand sourire.

-Vous voulez un petit café.

-Avec plaisir, Madame. » Avoua Winston en remballant « le filet ».

Miss Mitwosh monta quelques marche puis se retourna pour demander, timidement :

« -Dites… C’était bien mon petit Milly, hein ? »







O






New York, Manhattan, Franklin Street Station

1er Juillet 1990, fin d’après-midi.


           Pete émergeait joyeusement des entrailles du métro sous l’arche métallique de Franklin Street Station. Le soleil brillait encore, une brise chaude s’engouffrait dans la rue. La journée avait été bonne, la semaine commençait bien et les derniers mois avait été les meilleurs depuis longtemps. Ce matin-là, il avait sorti son plus beau costume de commerciale, ce qui pour Venkman consistait en un pantalon de costume, une chemise blanche, une cravate fantaisiste et, aux pieds, une paire de Nike. Si le look n’y avait pas suffi, il aurait tout misé sur ses cheveux en bataille, son regard joueur d’un gamin de 10 ans ou son plus beau sourire de vendeur de voiture. Peter était toujours d’une assurance folle, presque insolente, et ce soir, il demandait lequel de tous ses atouts avait bien pu jouer dans la balance. Toujours était-il qu’il avait sous le bras, dans une sobre pochette noire, le plus beau contrat que les chasseurs de fantômes avaient pu signer depuis leur création six ans plus tôt… Il dansait en remontant Varick street, balançant d’avant en arrière le petit sac de plastique blanc qu’il avait à la main droite, puis il arriva a coin de la rue, face à l’immeuble, à la caserne. Quelques étages de briques rouges et blanches, une énorme porte bleue au-dessus de laquelle pendait le gros logo avec son gentil fantôme prisonnier. Au premier la lumière était déjà allumée. Il poussa l’entré. Le calme régnait sur les bureaux en pagaille, de la lumière tombait du plafond par l’ouverture de la rampe cuivré sur une servante d’atelier sur laquelle trainait quelques outils et un reste de sandwich couvert d’un résidu baveux verdâtre. Avec un léger rictus de dégout Pete contourna la servante et la Cadillac blanche, passa devant le casier, et se sauta sur les premières marches l’escalier se trouvant au fond, sur la gauche des bureaux, et à peine le premier étage atteint :

« -Les mecs ! Les mecs vous n’allez jamais croire ce que Tonton Pete vous apporte pour le diner! »

La salle commune était un lieu de vie, un espace de travail et de détente. On y trouvait quelques bornes d’arcade, les plans de travail en désordre, la télévision, un frigo… Ray, une bière à la main, et Egon, face à un bol de céréale, étaient installé à la petite table ronde au milieu de la pièce, Winston lui était couché dans le canapé, le nez dans le journal. Pete leva les bras triomphalement sans attendre :

« -Dans ce sac: Chinois ! C’est moi qui régal ! »

Puis il tira une chaise, jeta sa pochette noire sur la table, s’installa et se colla a Ray, épaule contre épaule et articula chaque mois :

« -Et dans cette pochette : un contrat de trente mille dollars!»

La cuillère d’Egon tomba dans son bol, Ray cracha un nuage de bière et Winston posa son journal sur la table avant de s’installer à son tour :

« -Tu as réussi à vendre ton « assurance intervention » au vieux Jock?

-Exact mon petit Winnie! Jubila Pete en pointant son collègue de l’index comme si eu s’agit d’une réponse à un jeu télévisé, puis il développa pour les autres : Notre nouveau Maire est convaincu que nous sommes une attraction touristique et qu’il est bon pour lui que l’opinion publique nous vois comme des allier dédiés au bien être de notre bonne ville de New York. Bon, pour le geste il a choisi la formule la moins chère, mais ça reste une chouette formule ! »

Le temps que ses amis assimilent l’information Peter était déjà en train de faire distribution des portions de riz cantonais. Egon mis la sienne de côté avec un remerciement marmonné pour finir les céréales qu’il avait entamé, puis il s’enquit tranquillement:

« -Et en quoi consiste une « formule » à trente mille dollars?

-Quelques interventions de-ci de-là, un peu de ci un peu de ça… Répondit Venkman, accompagnant le flou de sa réponse d’un geste léger de la main, il prit une bouché de riz cantonais, puis repris la bouche plein : iyimidé…

-Illimité ?! Traduis Ray, estomaqué. »

Venkman avala rapidement sa bouché et repris :

« -Oui ! Oui ! Illimité ! Voilà !

-Mais enfin !

-Ray, coupa le négociateur. Calcule ! Trente mille dollars c’est l’équivalent de six grosses interventions ! C’est un contrat d’un an, renégociable. Je ne suis pas sûr que la ville nous dégottera des grosses interventions tous les deux mois d’ici l’année prochaine !

-La Chapelle Saint Paul fait de nouveau parler d’elle ces derniers temps. Commença à énumérer Egon Spengler, il y a également le contrôleur fantômes du Grand Central, sans compter l’aile qu’ils ont dû fermer a Sing Sing pour d’étrange raison…

-Des voix, précisa Ray.

-Et la rivière de Slime que la ville refuse d’inspecter… Continua Spengler.

-Vous savez à quoi ça me fait penser? Demanda Winston, avant de répondre à sa propre question : à la chanson que Pete à fait écrire pour la publicité !

-Ou au dessin animé du dimanche matin qu’il a vendu à une chaine de tv ! Ajouta Ray hilare.

-C’est ça marrez-vous ! Se vexa Venkman. En attendant les gosses l’adorent ce dessin animé !

-Et les céréales ! Poursuivit Winston en se tenant les côtes. »

Egon pris discrètement le journal qui trainé sur la table pour le déplier et faire écran devant son repas. Et Pete en se levant précisa :

« -Oui, bah, les céréales pour le coup c’est Egon qui les adorent ! 

-Hooo, te vexes pas Pete ! fit Ray en essuyant une larme.

-Mais je ne me vexe mon petit père ! Il est dix-neuf heure, donc seize a L-A, Dana doit être rentré, je vais donc appeler mon petit pote !

- Profites-en pour demander à Dana si les selles d’Oscar tirent sur le mauve. Plaça calmement Spengler.

-Non, je ne demanderai pas la couleur de la couche d’Oscar. » Fit Pete en tournant les talons. 

Ray l’interpella :

« -Venkman ! Service de nuit, cinq interventions !

-Sans moi, vieux ! Répondis celui du fond du dortoir attenant. Je viens de vous ramener un gros chèque, et il repasse La Grande Evasion au Forum. Ce soir je sors, je rentre, je dors. »

Un petit silence plus tard, Zeddemore dit calmement :

« -C’est un gros chèque. »

Ray et Egon conclurent d’une seule voix :

« -C’est un gros chèque. » 

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