Star Wars Knights of the Old Republic - Scènes isolées par

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Univers Parallèle / Science-fiction / Romance

1 Souvenir de Dantooine

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Jonas et un groupe de jeunes Jedi Consulaires s’approchaient de la futaie. Il n’y mettait pas sa volonté la plus opérante. Maître Dorak l’avait vivement encouragé, pour ne pas dire forcé, à assister à une sorte de cérémonie religieuse tenue par il ne sait plus trop quels ecclésiastiques de Dantooine. Il n’avait pas particulièrement écouté le raz de marée de paroles que Dorak lui projetait en pleine figure. Il aurait largement préféré rester dans l’académie, pour s’entraîner, ou même méditer, bien que cette pratique, telle qu’elle est enseignée par les Jedi, le rebutait au plus au haut point ; l’idée de rester immobile et de tenter de débrancher le cerveau pendant parfois des heures était un vrai supplice pour lui, qui ne savait pas rester en place, et qui considérait le mouvement comme un bien meilleur moyen pour se recentrer. Seulement là, cette cérémonie ne l’engageait pas plus. Mais, d’après le peu qu’il avait retenu de ce que Dorak catapultait, il ne pouvait pas en réchapper. Chaque année dans le système de Dantooine, les plus importants mystiques de la planète se rassemblaient pour bénir la terre, ou quelque chose dans cet esprit. Les Jedi, qui n’ont aucun lien avec cette religion qui paraissait très folklorique, ont toujours été conviés à cet événement. Et les Jedi, qui estimaient devoir un certain respect aux us et coutumes de leur planète d’accueil, venaient toujours y assister.


Jonas avait dû revêtir une bure cérémonielle pour l’occasion, comme tous ses congénères. La tenue des Consulaires était très simple : un plastron de cuir marron extrêmement fin recouvrait le torse, jusqu’à la ceinture d’un vert très sombre, qui le maintenait bien fermement contre le corps de son porteur. Un textile souple, de la couleur du plastron venait terminer l’ensemble, sous la ceinture, et atteignait péniblement les genoux. Les Consulaires avaient à leurs pieds les bottes habituelles, d’un cuir épais, plus sombre que le plastron ; chez certains, elles viraient par endroit au marron clair, tant elles subissaient les contrariétés du temps et des missions accumulées. Les Jedi Consulaires étaient connus pour être modérés, en toute circonstance. Cette simplicité se reflétait dans les choix des tenues, même celles qui pourraient nécessiter quelques atours superflus qu’on ne voit habituellement pas chez les Jedi.

Jonas était plutôt satisfait de cette philosophie. Il n’était pas sûr de ce que l’avenir lui réservait. Tout était si nouveau pour lui. Si soudain. Un peu de simplicité et de sobriété ne pouvaient que l’aider à ne pas basculer dans un radicalisme identitaire. Il restera parmi ces gens qui ne prêchent ni le bien ou le mal absolu ; ils étaient plus nuancés que leurs collègues Sentinelles et Gardiens. Jonas percevait en eux une plus grande sagesse que dans les autres Voies. Il était très heureux de les avoir rejoints.

    Jonas fut sorti de ses pensées par l’un de ses camarades qui l’arrêta dans sa marche méditative, en le retenant fermement par l’épaule :

« On s’arrête là, Jonas. Nous sommes arrivés. On ne doit pas s’avancer davantage. »


Jonas releva la tête et réalisa qu’il s’était engouffré vraiment loin dans ses pensées pour ne pas remarquer la foule qui s’était amassée dans la futaie. Tout semblait être très organisé. La futaie était vaste. Il examina la foule et remarqua qu’elle formait un immense cercle autour d’un point fixe : un arbre qui semblait être plus vieux que toutes les personnes réunies qui l’entouraient. Il était gigantesque, ce vieil arbre. Il dépassait l’Ebon Hawk d’au moins trois fois sa taille. Il était majestueux. Jonas prit le temps de le contempler, comme pour lui rendre un hommage.

« Curieux. Pensa-t-il. Moi qui m’offusquais à l’idée de participer à cette mascarade, me voilà en train d’admirer un arbre à tel point que je suis presque prêt à le bénir moi-même ». Jonas sourit sobrement à cette réflexion. Il quitta l’arbre des yeux, toujours le sourire aux lèvres, et balaya à nouveau la foule du regard. Il réalisa que les Jedi avaient un emplacement qui avait été manifestement pensé. Lui et les Consulaires occupaient le nord-est de l’immense cercle, les Gardiens se trouvaient vers le sud. Jonas leur porta un regard légèrement hostile. Ils étaient tous droits comme des i, la main posée sur le sabre laser ; de vrais militaires. « Toujours aussi fiers, ces Gardiens, murmura-t-il avec condescendance ». Il détourna les yeux, qui partirent ensuite à la recherche des Sentinelles, qu’il imaginait se trouver juste en face des Consulaires. En effet, le groupe de Jedi Sentinelles se tenait au nord-ouest du cercle, et faisait face aux Consulaires. Le sourire discret que Jonas n’avait pas quitté jusque-là disparut et laissa la place à une moue qui trahissait l’étonnement. Il se remit alors à dialoguer, seul, dans ses pensées : « Est-ce que… Je ne suis pas sûr de bien voir. Mais si, c’est elle. » Il plissa les yeux, comme pour essayer de mieux voir ce qui semblait alors le préoccuper. Il scruta avec une attention soutenue la silhouette lointaine d’un Sentinelle. D’une Sentinelle. C’était Bastila Shan. Il en était sûr. Mais que faisait-elle ici ? Cela faisait plusieurs semaines qu’elle avait quitté l’académie pour une affaire urgente sur Coruscant, dont elle n’avait pas voulu parler. Elle n’avait pas donné le moindre signe de vie depuis. Et la voilà qui pose avec ses camarades Sentinelles, comme si elle n’était jamais partie. « Pourquoi ne m’a-t-elle pas dit qu’elle était revenue ? Depuis combien de temps est-elle sur Dantooine ? » Jonas sentit une pointe de colère monter en lui, qui semblait être le résultat de ce sentiment de déception qu’il n’arrivait pas à refréner. Il aurait apprécié que Bastila vienne au moins le saluer, le prévenir qu’elle était de retour. Il avait fait d’énormes progrès ces dernières semaines, il aurait aimé partager tout cela avec elle. Elle était son point d’ancrage, après tout ; son mentor dans ce monde dans lequel il se sentait bien seul. Il pensait qu’il pouvait compter sur elle ; les Maîtres l’avaient encouragé à se référer à elle dès que le besoin se faisait sentir. Il pensait que le lien qu’ils partageaient allait forcément le ramener à elle. Il avait besoin d’être guidé, mais pas par les Maîtres. Il avait en Bastila une confiance étrange qu’il n’éprouvait pas pour ses autres mentors. Du moins, c’est ce qu’il croyait. « Manifestement, je suis le seul à donner de l’importance à cette collaboration, reprit-il de plus belle ». Il détourna son regard de Bastila, comme s’il voulait la punir de la déception dont elle était l’origine. Mais bien sûr, Bastila était bien trop éloignée de lui, et visiblement bien trop préoccupée par l’événement en cours pour se rendre compte de la tornade qui tournait dans l’esprit de son compagnon. D’ailleurs, Jonas réalisa que la cérémonie avait largement commencé. Il était tellement englué dans ses pensées négatives qu’il n’avait même pas remarqué que les prêtres et prêtresses étaient en train de procéder à la bénédiction tant attendue. « Je ne devrais pas me laisser emporter par ces émotions, pensa-t-il. Je suis sûr qu’il y a une explication bête. Je me fais des histoires de pas grand-chose. »


Le rituel dura encore près d’une heure. Lorsque celui-ci fut terminé, la foule se mua une dernière fois comme une gigantesque bête des marais, puis redevint un simple tout, moins angoissant, débordant d’individualités, qui reprirent le chemin de leur foyer respectif. Jonas ne bougea pas de son coin. Il attendait patiemment que la futaie retrouve sa tranquillité naturelle avant de reprendre la route pour l’académie. Il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil curieux vers les Sentinelles. Bastila s’était rapprochée de l’emplacement où stationnait Jonas, mais semblait plongée dans une conversation profonde avec un de ses confrères. Jonas put mieux la voir. Plus de doute possible, c’était bien elle. Il prit le temps d’observer la tenue cérémonielle des Sentinelles, que Bastila avait aussi revêtu. Elle portait un plastron, qui semblait plus être une cuirasse faite de lanières de métal très léger et très fin, disposées horizontalement, qui venaient converger en une droite centrale, qui traversait la totalité du torse. Le métal était sombre, il paraissait presque noir. Jonas, qui pourtant aimait la simplicité de sa propre tenue, reconnaissait que celle des Sentinelles ne manquait pas d’allure. On pouvait s'étonner de ces teintes aussi sombres et de matériaux aussi bruts. Mais Jonas se rappela que les Sentinelles étaient le corps des Jedi qui faisait directement face au côté obscur, et le pourchassait pour en éradiquer sa malignité. Par-dessus la cuirasse, un capuchon vert foncé, laissé brimbalant, épousait les épaules de la Jedi, et les longs reliquats de tissu dansaient nonchalamment dans le vent, en frôlant avec délicatesse parfois les bras, parfois venant faire le tour de la taille de la jeune femme. Jonas semblait hypnotisé par ce spectacle de douceur. Il remarqua également que Bastila n’avait pas sa coiffure habituelle ; elle avait plus simplement attaché une majeure partie de ses cheveux en un chignon négligé sur l’arrière du crâne, et avait livré le reste de sa chevelure aux volontés des éléments, qui reposait pour le moment sur les épaules de la jeune femme.

Il se surprit à se dire des choses qu’il n’aurait jamais penser dire la concernant. Il fallait bien admettre qu’elle n’avait pas démontré une première approche très engageante sur Taris. Bastila s’était montrée désobligeante, condescendante, suffisante. Elle avait traité ses compagnons, qui avaient déployé des moyens titanesques pour la sauver des Vulkars malgré l’omniprésence Sith sur la planète, comme des minables incapables. Mais aujourd’hui, c’était différent. Elle était différente. Jonas avait appris à aller au-delà de ce qu’elle avait pu montrer d’elle ; il y avait été un peu contraint, pour être tout à fait honnête. Mais il n’en tirait aucun regret. Bastila Shan était bien pourvue de chaleur humaine, qu’elle semblait garder fermement cadenassée. En l’examinant, Jonas nota qu’elle semblait plus apaisée, plus sûre d’elle. Du moins, d’une façon plus sereine. Elle était dans son élément. Il lui trouva une élégance qu’il n’avait pas pris le temps de remarquer plus tôt. Une élégance qui pourtant était incroyablement perceptible ; presque magnétique. Il ne le réalisa qu’à l’instant. Par curiosité, il quitta Bastila des yeux et observa les quelques groupes de civiles qui n’avaient pas encore quitté la futaie. Il ne s’y trompait pas, il s’aperçut que quelques-uns des messieurs encore présents jetaient des coups d’œil vers Bastila, parfois appuyés, parfois cherchant une certaine discrétion devant madame. Jonas poussa un rire sourd. « Bien sûr que je ne suis pas le seul à être captivé par elle », pensa-t-il avec une pointe de déception et d’amertume de ne pas forcément avoir eu la primeur et surtout l’unicité de cette révélation. Il fit alors demi-tour, et rejoignit un rocher à quelques dizaines de pas derrière lui, contre lequel il s’assit, toujours dans l’attente de voir la futaie retrouver son calme. Et peut-être aussi un peu pour rester près de Bastila encore un moment. Il scruta le sol, et fixa les yeux sur une petite fleur jaune, on ne plus banale, qui avait réussi à trouver la lumière nécessaire à travers les arbres de la futaie pour exister. Trois minutes passèrent ainsi, puis trois autres, peut-être plus, Jonas avait perdu la notion du temps. Il fut sorti de son apathie par un bruit d’herbes et de branchages écrasés tout proche de lui. Il leva la tête et vit d’abord une paire de bottes noires, juste en face de lui. Il leva encore un peu plus la tête. Elle était là. Bastila s’accroupit, pour être à son niveau. Le textile long qui terminait le capuchon de la tenue des Sentinelles s’était installé sur le genoux droit de la Jedi. Jonas sentit comme une douleur au niveau du thorax. Mais une douleur aimable, presque plaisante. Il fixa alors son regard sur celui de la Jedi, sur ces yeux d’un gris clair, presque opalins. De sa vie, il n’avait pas souvenir d’une teinte aussi remarquable chez qui que ce soit. Et d’une telle expressivité ; ils semblaient hurler de toutes leurs forces une profonde détresse, à travers les indestructibles murs bâtis par la doctrine Jedi. « Ce code est un véritable drame humain », pensa-t-il.

« Je peux ? » Demanda Bastila avec un sourire tempéré mais bienveillant, qui ne voulait pas gêner son compagnon dans son apparent besoin d’isolement.

« Je vous en prie ». Répondit-il avec une froideur involontaire que Bastila perçut, mais ne sembla pas s’en soucier, au plus grand soulagement de Jonas.

« Ça me fait plaisir de te voir », dit-elle avec sincérité. 

Jonas semblait plongé dans un mutisme presque inquiétant. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu sa voix. Cette voix suave et distinguée. Cela lui laissait une sensation curieusement agréable.

Elle dévisagea son compagnon, comme si elle cherchait à savoir ce qu’il pensait à ce moment précis. Si seulement elle savait dans quel état elle avait réussi à le mettre aujourd’hui. Alors qu’elle n’avait strictement rien fait. Jonas réalisa la stupidité de la colère qui l’avait tenu un peu plus tôt.

« Je suis content de vous revoir, Bastila. » Il fit une courte pause, et reprit avec son allant habituel. « Pardon, j’étais dans mes pensées aujourd’hui. Je suis en train d’atterrir je crois », ajouta-t-il en poussant un léger rire qui manquait d’authenticité.

« Tout va bien ? » Demanda Bastila qui semblait un peu soulagée, mais qui voulait être sûre que Jonas ne cachait rien de trop sérieux.

« Oui, oui ! » Dit-il vivement. « Tout va bien. J’ai juste beaucoup de choses à intégrer, vous savez, et je crois que mon cerveau cherche à me faire comprendre qu’il en a assez et qu’il voudrait dormir un peu. »

« Je comprends. » Répondit-elle en prenant enfin place à côté de lui, contre le rocher. « Je vais essayer de parler aux Maîtres, si tu le souhaites. C’est normal que tu puisses avoir un peu plus de repos. Cette formation est éprouvante pour tous les aspirants. Mais je ne veux même pas imaginer pas ce que ça doit être de devoir ingérer tout ça en si peu de temps. »

« Merci Bastila. » Jonas esquissa discrètement un sourire flatté en baissant les yeux vers ses mains qui trituraient un brin d’herbe. Il appréciait l’attention que Bastila lui portait. « Depuis quand êtes-vous sur Dantooine ? »

« Quelques heures à peine », admit Bastila sur un ton presque irrité. « J’ai eu le temps d’atterrir, de me laver, de me changer, et de rejoindre la futaie pour la cérémonie. J’ai bien tenté de revenir hier, mais on ne m’a pas autorisée à quitter Coruscant plus tôt. »


Jonas ne put s’empêcher de se sentir rassuré. Mais aussi un peu ridicule. Il décida de poursuivre la discussion sans s’attarder sur les pensées qu’il avait eues plus tôt.


« Pourquoi c’est aussi important d’assister à cette foire autour d’un vieux morceau de bois ? »

« Jonas, s’il te plaît. Tu as le droit d’avoir des opinions, mais ne sois pas désobligeant. Ce sont des coutumes d’ici, c’est important de les respecter. »

« Vous êtes pieuse, vous, maintenant ? » Ajouta-t-il avec sarcasme, en dirigeant son regard vers elle.

« Bien sûr que non. Mais c’est le minimum qu’on doit au peuple de Dantooine, qui accepte notre présence sur leur planète depuis si longtemps. Et puis, célébrer le cycle de la nature, ce n’est pas la pire des philosophies. »

« C’est vrai. » concéda Jonas qui prit ensuite une courte pause, pendant laquelle son regard regagna le brin d’herbe entre ses mains, qui n’avait plus tout à fait de consistance, puis reprit. « Pardonnez-moi, mais qu’est-ce que ça change que vous, vous soyez là ? Je veux dire, sans vouloir être désobligeant, ce n’est pas non plus un congrès intergalactique que je sache. »

« Non. Mais il s’agit tout de même d’un événement très important pour Dantooine », dit-elle en tournant la tête vers Jonas, puis immobilisa ensuite son regard sur le lointain ; elle était visiblement embarrassée. « Ma présence est exigée, car j’ai reçu une grande partie de mon entrainement ici. Et… comment dire... les gens me connaissent et apprécient ma présence lors de leurs célébrations. »

« Ah. » répondit platement Jonas avant de reprendre : « Vous êtes la célébrité à exhiber, en fait. »

« Heureuse de voir ton pragmatisme intact et toujours aussi alerte », répondit Bastila, un soupçon contrariée.

« Pardon Bastila. » Ajouta aussitôt Jonas, soucieux de ne pas laisser son amie penser qu’il la diminuait.

Mais, en même temps, il ne put s’empêcher de rire de sa maladresse, et de la réponse que lui avait donné Bastila, qui lui ressemblait tellement. Bastila remua lentement la tête, signe de son exaspération, mais, malgré elle, accompagna son camarade dans son accès de rire. Ils persistèrent dans cette situation cocasse mais plaisante encore un court instant. Puis ils retrouvèrent leur sérieux.

« Vous retournez sur Coruscant ? » Demanda Jonas, qui tentait de cacher son appréhension quant à la réponse que Bastila allait donner.


« Non, je ne pars plus. » Répondit-elle, le regard tourné vers lui, un sourire taquin aux lèvres. « Je ne te lâche plus, mon cher Jonas. Tu vas devoir supporter mon insoutenable existence juste à côté de toi, jusqu’à la fin de ta formation et peut-être même au-delà. »


Jonas avait une envie quasi intenable de lui dire qu’il était très heureux d’entendre cela. Cette « insoutenable existence », elle l’était dans un sens. Mais pas celui qu’elle imaginait. Il se contenta de sourire à la jeune femme. Mais il était persuadé que ses yeux avaient tenté de parler pour lui, car Bastila avait froncé les sourcils et plissé les yeux le temps d’un battement de paupière, avant de recouvrer son attitude initiale. Bastila s’adossa de tout son dos, jusqu’à la tête qu’elle reposa sur la surface fraîche et rude du rocher. Elle ne parla plus, comme s’il n’y avait plus rien à dire, et fixa l’arbre qui était au centre des attentions de tous quelque temps auparavant. Jonas fit de même. L’atmosphère entre les deux était sereine, simple, saine. Ils n’échangeaient plus, car ce n’était plus le moment. Il n’y avait aucun malaise. Chacun profitait du calme que le lieu avait fini par retrouver. Et, chacun, enfermé dans sa propre conscience, dans sa propre bulle, profitait de la présence de l’autre. 


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