Le tombeau des Jedi
Chapitre 11 : Partie 2 - La naissance d'une Jedi
3897 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 14/06/2026 09:28
Kiera se réveilla aveuglée par la lumière du plafond. Elle se redressa lentement, mais aucune douleur ne survint. La cellule était petite, avec pour seule issue la porte en haut de quelques marches.
— Mignon, commenta Kiera. La déco est un peu froide, par contre.
La jeune femme était inquiète qu’ils aient trouvé le sabre originel. Elle s’assit sur le sol et tâcha de repérer Finn dans la structure. Cela lui prit un peu de temps, mais elle finit pas retrouver son ami quelques cellules plus loin.
— Bon, bah y plus qu’à sortir…
Kiera s’étira un peu en se levant et se prépara. Si elle parvenait à ouvrir la porte, elle ferait sûrement face à des stormtroopers ou des shadowtroopers. Elle allait se mettre au travail quand elle se fit la réflexion qu’elle devrait dire à Finn de faire la même chose.
Kiera l’interpella :
« Je suis à nouveau dans mon corps... »
« Écoute, j’ai une idée, l’interrompit le jeune homme »
« Vas-y. »
« Lorsqu’on était dans la grotte, on a été attiré par nos cristaux qui nous ont menés jusqu’à eux. Je pense qu’on peut faire l’inverse et amener nos sabres jusqu’ici. »
« C’est une idée de génie, Finn. »
« Merci. »
« Après ça, on défonce les portes. Quand les sabres seront dans le couloir, essaie de concentrer la Force dans tes mains et de la relâcher sur la porte. Si on y met assez de puissance, je pense qu’on peut les exploser. »
« C’est parti. »
Kiera et Finn firent le vide dans leur esprit, puis se laissèrent envahir pas leur environnement. Ils captèrent rapidement l’énergie des sabres. Celui de Finn se trouvait à l’armurerie et ceux de Kiera étaient étonnamment dans la gueule de Blue, qui se cachait dans les conduits d’aération.
Le Vulptex n’avait pas souffert du gaz et s’était enfui avec les sabres dès que la porte s’était ouverte.
— Blue, murmura Kiera, je t’aime.
Elle capta l’esprit du renard de cristal et fut embrouillée par la différence de pensées. Elle se contenta de l’aider à trouver le chemin des prisons sans se faire repérer.
— OK, deuxième étape, sortir.
Kiera alla s’installer sur les marches devant la porte. Elle ferma les yeux et tâcha de ressentir l’énergie de la Force et la laissa glisser jusqu’à ses mains. Lorsqu’elle estima avoir accumulé assez d’énergie, elle les posa sur la porte et relâcha tout ce qu’elle avait emmagasiné.
La porte s’arracha du linteau, traversa la largeur du couloir en une demi-seconde et écrasa deux shadowtroopers contre le mur. Le bruit que firent les corps et les armures écrasées donnèrent des frissons à Kiera. Heureusement, la porte glissa et retomba sur les victimes, ce qui évita à Kiera de voir le massacre. Cependant, tous les gardes aux alentours furent alertés par le vacarme.
La jeune femme jeta un coup d’œil dans le couloir et fut accueillie par des tirs de blaster et le son de l’alarme. Pendant ce temps, le sabre de Finn, qui s’était également baladé dans les conduits d’aération, arriva en rasant le plafond pour ne pas se faire remarquer. Finn cacha son sabre près de Blue, qui fut surpris pas l’arrivée de l’arme.
Kiera fit une deuxième sortie éclair pour voir le nombre de troopers et faillit être touchée. Elle décida de réutiliser la vague physique de Force. Elle reconcentra l’énergie dans ses mains et jaillit dans le couloir pour tout dévaster. Tous les ennemis furent projetés à terre. Le temps qu’ils se relèvent, elle sortit de la cellule et appela ses sabres. Ils volèrent jusque dans ses mains et elle les déclencha. Kiera fit tournoyer les lames et renvoya chacun des tirs à son propriétaire, décimant les troopers. Quand tout le monde fut à terre, elle réalisa qu’elle avait utilisé le sabre originel et le désactiva immédiatement avant de la rattacher à sa ceinture.
Kiera arrivait à la cellule de Finn quand celle-ci jaillit violemment de ses gonds, lui passa devant et alla s’écraser dans le mur d’en face si profondément qu’elle resta debout, figée dans le mur.
— Rappelle-moi de ne jamais piquer dans ton assiette.
— Je pense que tu vas t’en souvenir, répondit Finn en souriant. Ça va, tes blessures ?
— À merveille.
— Tu me diras comment tu as guéri ?
— Plus tard.
— Alors on y va.
— Où tu veux, camarade.
Finn récupéra son sabre et Kiera fit un énorme câlin à Blue pour le remercier d’avoir agi si intelligemment. L’alarme hurlait et les bruits de pas des renforts se rapprochaient.
— Tu sais comment sortir ? demanda Kiera en renvoyant quelques tirs de blasters. Il faudrait qu’on rejoigne le vaisseau.
— La plupart des vaisseaux du Premier Ordre sont construits sur le même schéma de base, expliqua Finn. Ensuite, ils sont plus gros, ou plus armés.
— Donc, on va par où ?
— Tout droit ça serait bien. Si on se laisse enfermer ici, il nous restera plus que le conduit d’évacuation des déchets pour sortir.
Les deux apprentis Jedi se jetèrent dans la bagarre et passèrent rapidement cette vague d’ennemis.
— Ils ont sûrement déjà commencé à décharger le coaxium, fit remarquer Finn en abattant un trooper.
— Mince, tu as raison. Ils ont même probablement fini. Où est-ce qu’ils l’entreposeraient selon toi ?
— Aux entrepôts de stockage qui se trouvent au plus près de l’hyperdrive.
— C’est là qu’il faut qu’on aille. Je quitte pas ce vaisseau sans coaxium.
— OK, alors il va falloir qu’on change de direction. Prends à gauche. Il faut qu’on aille vers l’arrière du vaisseau.
Les deux amis parcoururent une partie du chemin sans embûches jusqu’à ce qu’ils tombent sur une voie sans issue, encombrée de matériaux lourds et à la porte scellée.
— « Zone de travaux », lut Kiera. C’est une blague ?
— Ils doivent être désespérés pour sortir un vaisseau en construction du chantier. Je me demande où est-ce qu’ils sont installés.
— Peu importe, ça veut dire détour obligatoire.
— Heureusement que j’ai passé la plus grande partie de ma vie à travailler dans ces vaisseaux.
— Un mal pour un bien.
Il leur fallut dix bonnes minutes au pas de course pour atteindre l’entrepôt qu’ils cherchaient.
— Ils sont encore en train de ranger, observa Finn.
— Allons-y.
Ils se débarrassèrent aisément de leurs adversaires et se dépêchèrent de charger autant de coaxium possible sur des chariots. Tous deux s’arrêtèrent un instant.
— Tu sens ça ? demanda Kiera
Finn acquiesça.
— Qui c’est d’après toi ? demanda-t-il.
— Quelqu’un avec qui j’ai un compte à régler. Kuruk, le chevalier qui m’a blessé.
— Comment tu connais son nom ?
— J’ai récupéré quelques informations, répondit Kiera en poussant son chariot vers le couloir pour rejoindre le hangar où devait se trouver leur vaisseau.
— Ça serait sympa que tu les partages. Parce que tu vois, je me demande d’où sort le deuxième sabre que tu portes.
Kiera s’arrêta. Il avait dû le détecter quand ils cherchaient leurs armes depuis les cellules de prison. Le temple de Mygeeto lui avait appris qu’elle ne devait pas se battre seule si elle espérait vaincre ses ennemis. Il était temps de parler à Finn, mais pas dans l’immédiat.
— Dès qu’on sera en route pour Ajan Kloss, je te dirais tout ce que je peux. Mais avant, il faut qu’on monte dans ce vaisseau avec le coaxium, ou nous aurons fait tout ça pour rien.
— C’est d’accord. Mais tu as intérêt à être honnête avec moi.
— Promis.
— Qu’est-ce que tu veux faire pour Kuruk ?
— Honnêtement, je rêve de lui planter mon sabre entre les deux yeux. Mais, j’ai aussi conscience que c’est ni le bon endroit ni le bon moment. On est en terrain totalement ennemi, entouré de troopers, on doit voler un vaisseau et repartir en un seul morceau.
— Vu comme ça, c’est effectivement pas le bon moment…
Kiera usa de la Force à plusieurs reprises pour influencer l’esprit de soldats qui passaient par là, les incitant à déclarer que le secteur était clair. Les choses furent plus compliquées en arrivant près du hangar.
— Une idée ? demanda Kiera.
— La diversion, proposa Finn. Un classique. On a de la chance, il semblerait qu’il n’y ait même pas la moitié des effectifs habituels. Ce serait un jeu d’enfant de prendre ce vaisseau.
— La diversion, ça marchera sans problème sur les soldats. Ce qui m’inquiète, c’est Kuruk. Je suis sûre qu’il est posté quelque part dans ce hangar, prêt à tirer.
— Tu crois qu’Obi-Wan peut nous aider ?
— Demande-lui.
Finn tenta d’appeler le maître Jedi sans succès.
— Il m’a dit que c’était très difficile d’apparaître dans des endroits imprégnés du côté obscur. Pourtant, dans un destroyer, il n’y a que des soldats, la plupart du temps.
Le bruit des moteurs du vaisseau les amena à se concentrer sur le hangar.
— Le contrebandier, il se fait la malle !
— J’ai vu Rey retenir des vaisseaux, aide-moi !
Finn s’avança sans trop s’exposer et tendit la main vers le cargo qui commença à légèrement ralentir. Kiera se joignit à lui et fut impressionnée par le résultat. À eux deux, il faisait revenir le vaisseau dans le hangar.
— Au point où on en est, pourquoi on le ramènerait pas jusqu’à nous ?
— Servi sur un plateau. Ils ont tous l’air de penser que le contrebandier a un problème de pilotage. Gardons cet avantage.
Les deux amis attirèrent le vaisseau au plus près du couloir où la cargaison de coaxium attendait.
— Tu peux le maintenir le temps que je monte dedans et que je fasse bouffer son chapeau à ce rat de fond de cale.
— Tout le temps que tu veux. Enfin, pas trop.
Kiera sourit puis reprit son sérieux. Le contrebandier devait se douter de quelque chose. La jeune femme activa son sabre juste avant de se faire tirer dessus.
— Vous êtes vraiment un lâche ! s’exclama Kiera.
— Pas un lâche, un opportuniste. Vous vous attendiez à quoi ? Je ne suis pas votre ennemi. On m’a fait une meilleure offre, je l’ai acceptée, c’est la base de mon existence.
— Qui va bientôt prendre fin.
— Wow, wow ! Attendez ! fit le contrebandier en surgissant de sa cachette bras en l’air. On peut sûrement négocier, pas vrai ?
— Vous êtes… incorrigible.
— J’ai pas l’intention de perdre la vie, l’amie. J’y tiens trop et j’ai fait une promesse que je compte bien tenir.
— Ah parce que vous avez un code d’honneur ? C’est quoi cette promesse ?
— J’ai promis à mon perroquet de le retrouver et de faire payer celui qui me l’a pris.
— Votre perroquet… ?
— Vous avez bien un renard de cristal, non ?
Kiera n’eut pas le temps de répliquer que Finn surgit, sabre à la main :
— Qu’est-ce qui se passe ici ?
— Ma conscience finira par me perdre, répondit Kiera. Sortez d’ici, ajouta-t-elle à l’adresse du contrebandier.
— Vous me laissez partir ?
— On le laisse partir ?
— C’est un voyou de bas étage qui ne vaut pas la peine qu’on ajoute son nom à la liste des personnes qu’on a tuées. Fichez le camp.
Le contrebandier ne se le fit pas répéter deux fois et fila par le couloir qui menait aux entrepôts pendant que les troopers arrivaient à l’entrée du vaisseau pour voir ce qui s’y passait. Les deux apprentis Jedi s’écartèrent de leur champ de vision le temps qu’ils entrent :
— Tout va bien ici ? Vous avez sorti du coaxium. Vous avez un problème avec la direction ? fit l’un d’entre eux.
— Non, on a un problème avec le pilote, répondit Kiera en éliminant son adversaire.
Finn s’occupa des trois autres soldats et tous deux se dépêchèrent de rentrer la cargaison dans le vaisseau qui contenait également celle du contrebandier.
— Pourquoi Kuruk n’intervient pas ? demanda Finn en se mettant aux commandes.
— Parce que c’est un tireur et qu’il ne sortira pas de sa cachette. Tant qu’il n’a pas d’angle de tir, il ne fera rien. Ce qui m’inquiète, c’est qu’il ne nous laissera pas partir.
— Le rayon magnétique a dû être réactivé pour nous empêcher de sortir.
— Si on tire partout, on a une chance ?
— Voyou à Jedi, voyou à Jedi, vous me recevez ? les interrompit une voix.
— Hey, ouvrez la porte ! fit un stormtrooper à l’arrière du vaisseau.
— C’est peuplé ici, remarqua Finn en activant le communicateur. Voyou, on vous écoute.
— Si je vous aide à sortir, vous ne chercherez pas à vous venger ?
— C’est bon, on a un marché, dépêchez-vous !
— Donnez-moi dix secondes et partez. Bonne chance, Kiera Seren.
— Kenobi, mon nom de famille, c’est Kenobi.
— Pleine de surprise, hein ? Allez-y !
Finn poussa les moteurs à leur maximum et activa le bouclier de défense pendant que Kiera se précipitait vers la tourelle. Ils furent immédiatement pris en chasse par des TIE dont la jeune femme se débarrassa aisément avant qu’ils ne passent en hypervitesse.
Enfin en sécurité, l’autopilotage enclenché, Kiera rejoignit Finn. Il attendait ses explications.
La jeune femme s’assit et posa le sabre originel sur la table.
— Alors, tu vas enfin me dire tout ce que je ne sais pas ?
— J’étais censée garder le secret sur un certain nombre de choses, mais le temple m’a fait réaliser que travailler seule était mon plus gros défaut.
Finn s’abstint de l’interrompre.
— Ceci, commença Kiera en désignant le sabre, est le tout premier sabre jamais créé. À la base, il fonctionnait avec une batterie portative, mais ils l’ont adapté au fur et à mesure. Ce sabre est trop instable pour être utilisé en combat, mais quelqu’un doit le protéger. Pour la simple raison qu’il s’agit d’une clé qui permet d’accéder à un endroit où est caché tout le savoir acquis sur la Force. Les Kenobi sont chargés de protéger cette clé à tout prix.
— C’est ce que cherche Rey ?
— Oui. Je pense qu’elle veut ramener Ben parmi nous.
— La Force peut ramener des gens à la vie ?
— Non. Sauf que Ben est vivant.
— Quoi ?!
— Il est coincé dans une sorte de dimension dont je ne sais rien. Leia l’a intercepté avant de partir et il est là-bas depuis la bataille d’Exegol. Vu le lien qui les unit, il n’est pas étonnant que Rey sente l’existence de Ben.
— Et toi, comment tu es au courant ? C’est Obi-Wan qui te l’a dit ?
— Non, il ne le sait pas encore. J’ai pu atteindre Ben grâce au sabre dont le cristal est puissamment lié à la Force.
— Est-ce que tu sais où est Rey ?
— Non, je l’ignore encore et les fantômes de la Force ne parviennent pas à la joindre. Ils pensent qu’elle est entourée par le côté obscur.
— Rey n’aurait jamais abandonné la lumière.
— C’est ce que Ben m’a également dit. Pourtant, le côté obscur est bien là.
— Je vais t’aider à la retrouver et je vais t’aider à la sauver, dit Finn, déterminé.
Kiera ne dit rien. Elle ne pouvait pas lui reprocher de vouloir sauver son amie et encore moins l’en empêcher. Mais elle ne pouvait révéler l’entrée du tombeau à personne. Tout ça lui donnait la migraine.
— Maintenant, tu sais presque tout. Si ça te dérange pas, je vais aller piquer un somme avant d’arriver.
— Tu as dormi pendant une heure !
— Une heure, vraiment ? En vérité, je communiquais avec Ben et c’est loin d’être reposant, répliqua Kiera avant de se retirer, Blue sur les talons.
Kiera fut réveillée avant Finn, qui se reposait aussi, et le tira de son sommeil lorsqu’ils sortirent de l’hyperespace.
Ils furent violemment surpris pas le champ de bataille qu’ils avaient devant les yeux. Des dizaines de vaisseaux s’affrontaient dans un chaos total. Ils reconnurent quelques engins rebelles qui filaient en formation entre leurs ennemis.
— Wow, qu’est-ce qui se passe ?! s’exclama Kiera.
— Les vaisseaux embusqués ont dû s’impatienter. Finn à la base ? Vous m’entendez ?
— Finn !! Mais où est-ce que vous étiez ?? S’écria Rose depuis le QG. On commençait à penser que vous étiez morts ! QG à Aigle, il nous faut une escorte de protection.
— Aigle à QG, fit la voix de Poe. Qui doit-on protéger ?
— Cargo corellien de retour avec marchandise.
— Quoi ?? Finn ? Kiera ? Vous êtes là ?
Ils entendirent BB8 exprimer sa joie.
— Tu croyais qu’on allait gagner la course sans fêter la victoire ? répondit Finn avec un grand sourire.
— Jamais ! Je vous vois.
Trois vaisseaux encadrèrent le cargo et les escortèrent lentement vers la base protégée par des canons au sol. Ils essuyèrent quelques tirs, mais parvinrent à se poser sans trop d’encombres. Poe et son équipe n’eurent pas le temps de descendre, il fallait repartir au combat.
Beaumont et quelques techniciens restés au sol les accueillirent avec engouement.
— Mettez tout ça dans le bunker, ordonna Finn en se dirigeant vers le QG.
Rose se précipita vers eux quand ils entrèrent dans le bâtiment.
— Ça me fait tellement plaisir de vous voir ! Il vous est arrivé quoi sur Malastare ?
— Je crois qu’on n’a pas le temps de tout se raconter, déclara Finn.
— Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider ? ajouta Kiera.
— Tous les vaisseaux sont en vol, mais trois des tourelles de défense sont pilotées par des débutants. Vous pourriez les remplacer.
— Viser. On maîtrise, sourit Kiera. Où sont-elles ?
Rose leur montra les emplacements sur une carte et les deux amis se précipitèrent dehors.
Tirer sur une cible en déplacement depuis une station statique est presque plus difficile que depuis un vaisseau parce qu’on ne peut pas se caler sur la trajectoire de son ennemi et la perception de l’environnement est différente. Mais Kiera avait confiance. Elle prit les manettes et leva les canons vers le ciel.
Comme il ne s’agissait pas que d’un ennemi, mais de plusieurs, le champ de bataille était confus. Par ailleurs, ils ne pouvaient tirer que sur les vaisseaux les plus proches du sol pour ne pas rencontrer un allié sur la route.
Poe était inquiet. Il était encore difficile de savoir qui allait s’en sortir. Leurs ennemis étaient multiples, mais ils s’étaient quand même coordonnés pour s’en prendre efficacement à la Résistance. Or, si chaque équipe avait sa place, cela signifiait qu’en en supprimant une, on brisait l’organisation.
— Poe à la base, Poe à la base, répondez.
— Ici la base, on vous écoute, général.
— Ordonnez que tout le monde s’en prenne aux vaisseaux guaviens. Ils attaquent par groupe, il faut qu’on en prenne un pour cible et qu’on le détruise pour déstabiliser les autres.
— Compris. Base à tout les vaisseaux, ordre du général Dameron : tirez sur les vaisseaux guaviens. Je répète, tirez sur les Guaviens
Les confirmations de réception envahirent les canaux de communication et les pilotes commencèrent à changer de trajectoire.
Ces mouvements soudains créèrent la confusion dans le ciel et il fut un moment difficile pour les canons au sol de tirer. Lando, accompagné de Chewie et R2D2 passa près de la mort quand un A-wing heurta volontairement le bouclier de son vaisseau, l’envoyant dériver vers le sol. La maîtrise du pilotage de Calrissian le sauva avant qu’il ne percute un vaisseau de son camp. Le Faucon comptait parmi les cibles principales de leurs ennemis, car ils espéraient que le pilote soit un membre important de la Résistance, ce qui affaiblirait leurs opposants. Finn s’occupait comme il pouvait de le protéger. Une escouade alliée avait fini par se détacher du reste de la mission pour tirer exclusivement sur ceux qui s’en prenaient au Faucon.
Plusieurs vaisseaux se fauchèrent à coup de canon et des carcasses commençaient à pleuvoir sur la forêt. Le ciel s’éclaircissait et Kiera s’inquiétait de voir plus de vaisseaux de l’autre camp que du sien. Elle fit sauter un petit furtif bleu qui sillonnait partout depuis un moment, en échappant à tous les tirs. La jeune femme pensait qu’il donnait des informations sur le champ de bataille, car il ne tirait quasiment pas. Maintenant, il ne tirerait plus du tout.
Poe descendit deux intercepteurs qui collaient un ami avant de reprendre la bataille contre le deuxième groupe auquel ils s’attaquaient. Il se défit d’un chasseur guavien qui le harcelait avant d’abattre un autre chasseur. Il évita de peu un gros bombardier quand il vit ce qu’il espérait : des vaisseaux fuyaient l’atmosphère de Ajan Kloss. La tactique avait fonctionné. Ils étaient toujours en sous-nombre, mais leur ennemi était désarçonné par l’interruption de leur plan et préférait partir, incapable de réadapter leur organisation sans risques et sans récompense.
Les derniers coup de canon finirent par résonner et les vaisseaux se posèrent au sol. Les pilotes descendirent avec soulagement et allégresse. Heureux d’avoir vaincu une nouvelle fois la mort et une armada de vaisseaux.
Kiera et Finn revinrent en courant près du poste de commandement, cherchant leurs amis des yeux. Ils ne pensaient pas qu’après tout ce qu’ils venaient de vivre en quelques jours, ils soient encore capables d’éprouver autant le bonheur de s’en être sortis.
Leurs amis, accompagnés des autres pilotes, arrivèrent depuis l’aire d’atterrissage, bras dessus, bras dessous.
Finn se dirigea vers Poe en courant, le prit dans ses bras et l’embrassa.
— T’en as mis du temps, mon pote, sourit Poe.
— Je t’attendais, mais t’es lent à réagir.
— Ça va être ma faute en plus, répliqua Poe avant de serrer fort son ami.
Kiera était tellement contente que Finn ait démêlé ses sentiments qu’elle se sentait aussi heureuse que les deux hommes. Elle n’avait jamais vécu de réjouissances comme celles-là.