Le tombeau des Jedi

Chapitre 14 : Partie 3 - Le tombeau des Jedi

4208 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 05/07/2026 12:01

— Bon, on connaît la manœuvre, commença Poe, on approche avec le transport d’assaut en prétendant avoir besoin de se recharger en coaxium. Ils vont trouver ça suspect, mais nous laisser entrer. À Finn de jouer.

— Je les convaincs de nous amener au poste de commandement, continua ce dernier. On entre et on prend le contrôle du pont et des officiers. Ils ne seront pas nombreux. Ils n’ont presque plus de soldats et de personnel.

— On ramène le vaisseau sur Exegol et on part en reconnaissance.

— C’est bien la première fois qu’on va chercher à prendre le contrôle d’un destroyer plutôt que de la détruire, remarqua un résistant amusé. Si j’avais su que je finirais par en piloter un…

— Il faut plusieurs milliers d’hommes pour faire bouger ses monstres, on y arrivera pas à vingt, répondit Finn. Allez, on se prépare.

L’équipe enfila les tenues de stormtrooper qu’ils avaient apporté pour infiltrer la base. Le général Finn alla chercher un tout nouveau costume de soldats. Tant pis pour la souplesse au sabre.

— Comme à la maison ! dit Finn en tournant sur lui-même.

BB8 émit quelques sifflements pendant que R2D2 essayait d’échapper à son camouflage.

— C’est terriblement inconfortable, répliqua Rose.

— Comment on peut porter ça toute la journée ? demanda Lando.

— J’ai grandi avec ça, répondit Finn. Franchement, on s’y habitue.

Bien équipés, ils se rendirent à la navette de transport d’assaut. Finn en avait vu pas mal. C’était une navette classique de transport de troupes que le Premier Ordre utilisait pour des raids rapides et efficaces. C’est l’un de ceux-là qui l’avait déposé sur Jakku.

Le vaisseau décolla rapidement et passa en hyper-vitesse jusqu’aux anneaux Silken ou, comme ils l’espéraient, le destroyer se trouvait toujours. Ce dernier établit immédiatement la communication :

— Transporteur, restez à distance et déclinez votre identité.

Les résistants donnèrent le numéro d’identification du vaisseau et attendirent la réponse.

— Que faites-vous dans cette zone ?

— Nous avons eu une fuite dans notre réservoir de coaxium. Impossible de retourner à la base. Nous l’avons contactée et elle nous a donné votre position pour nous permettre d’assurer les réparations nécessaires.

— Nous n’avons reçu aucune information sur la venue d’un transporteur.

— La communication a eu lieu récemment. Vous n’avez probablement pas encore reçu l’ordre de nous accueillir. Nous ne sommes pas une priorité. Nous demandons l’autorisation d’atterrir. Si vous le souhaitez, nous resterons à l’intérieur de notre vaisseau.

Il y eut un instant de silence.

— Accordée. Rendez-vous au hangar huit.

Tout le monde se détendit. Ils n’étaient pas une menace pour le destroyer après tout.

Ils pénétrèrent le bouclier de protection et se posèrent sur l’air. Une petite troupe vint les rejoindre à l’entrée du transporteur. La Lieutenante Connix, sous le grade de Vice-amiral, s’avança avec Finn à ses côtés.

— Bienvenu. Je suis surprise de vous trouver dans un transporteur, Madame.

— Il a pour ordre de me déposer à un avant-poste. Nous aimerions rencontrer votre amiral.

— Il est occupé. Vous pouvez rejoindre les quartiers des officiers si vous le souhaitez.

Finn s’approcha plus près du soldat et se concentra.

— Je pense que votre amiral appréciera de nous rencontrer, dit-il discrètement.

— En effet… je… je pense qu’il souhaiterait vous rencontrer, finis par dire le soldat.

— Nous devrions amener les autres soldats avec nous, pour leur montrer le chemin des quartiers du personnel. Ils ne trouveraient pas leur chemin dans un si grand vaisseau.

— Vous avez raison. Veuillez me suivre avec vos soldats.

La troupe sortit du vaisseau en rangs, attirant l’attention des quelques personnes présentes sur l’aire d’atterrissage, mais personne ne dit quoi que ce soit et reprit des occupations.

Ils marchèrent un moment avant de rejoindre le pont de commandement. Le soldat leur ouvrit la porte sans hésitation et tout le monde dégaina dans la seconde. Les officiers se figèrent sur place.

— Mesdames, Messieurs, commença le Général Dameron en retirant son casque, veuillez vous ranger sur le côté sans tenter le moindre mouvement. On ne sort pas son arme, on ne déclenche pas de système d’alarme et on reste les mains bien en l’air.

Ils obéirent sans broncher, pas particulièrement tentés de mettre en danger leur vie pour une épave. Chewie et quelques autres récupérèrent tous les outils de communication et objets dangereux pour se prémunir d’une rébellion.

— Personne ne sera tué si vous faites ce qu’on vous dit, assura Finn.

— C’est vrai qu’il n’y a vraiment personne dans ce vaisseau, remarqua Rose.

— Je ne suis pas mécontent que ça se passe avec simplicité de temps en temps, admit Lando en souriant.

— Trêve de bavardage, les interrompit Poe. Il est temps d’y aller. BB8, trouve-nous les codes d’identification du vaisseau.

Comme ils s’y attendaient, les données de géolocalisation d’Exegol étaient déjà dans le système de navigation.

Le personnel de commandement ne se fit pas prier et donna les ordres pour retourner sur Exegol. Ils enclenchèrent l’hyperdrive et filèrent droits sur leurs ennemis.

À la seconde de leur arrivée, on leur demanda de rester en position stationnaire le temps de vérifier une nouvelle fois leur identité. Les résistants envoyèrent les codes et la Lieutenante Connix donna le numéro d’immatriculation du capitaine du vaisseau. Ils prétendirent avoir des problèmes de maintenance électrique dans la zone de travaux qui affectait les commandes d’ouvertures des portes de l’ensemble du bâtiment.

Leur excuse sembla convaincre et un vaisseau de transport léger fut envoyé. Depuis le poste de commande, ils pouvaient voir le champ de bataille. Ils ne s’étaient pas éparpillés sur la planète, ils avaient choisi une zone peu touchée et restauraient un maximum de vaisseaux. Et il y avait beaucoup de travail. Des carcasses monstrueuses étaient avachies les unes sur les autres sur le sol dévasté. Les vaisseaux étaient éventrés, fracassés et certains fumaient encore des incendies qui devaient les manger de l’intérieur depuis des mois. Le plus grand cimetière qu’ils aient vu. Au loin brûlait en immense feu. Rose prit les jumelles. Il s’agissait d’un brasier qui réduisait en cendre les corps des soldats qui avaient péri dans la bataille. Ils avaient oublié cette atmosphère sombre et oppressante. Les éclairs qui frappaient le sol, continuant à détruire les épaves. Ces nuages noirs qui assombrissaient le ciel semblaient étouffer la vie. Mais il fallait continuer.

Ils se concentrèrent, le vaisseau de transport arriva avec quelques soldats pour les accueillir.

Ils laissèrent certains d’entre eux et Chewie sur le pont de commandement pour garder la situation bien en main et seuls les six compagnons descendirent à la zone d’atterrissage.

Juste avant d’y parvenir, Poe se retourna :

— BB, R2, détraquez le système d’ouverture des portes, il faut qu’on soit crédible.

Les droïdes se dirigèrent vers un tableau de commande dont BB8 fit sauter le panneau. Il tira sur un câble et R2D2 sur un autre. Ils se tournèrent l’un vers l’autre et choquèrent les câbles. Ils créèrent un arc électrique qui propulsa BB8 au loin. Cela sembla amuser R2.

— BB ! Tu vas bien ? s’exclama Poe en courant vers le droïde qui avançait de travers.

Il émit quelques sons et se secoua. Rien de grave. Ils pouvaient rejoindre l’aire d’atterrissage.

Le vaisseau se posa et quatre soldats sortirent.

— Bonjour Vice-amiral, dit l’un d’eux en s’adressant à la Lieutenante Connix, qui portait la tenue de gradée. Je suis le Sergent Greval.

— Bonjour Sergent. Le bâtiment n’est momentanément plus opérationnel. Nous demandons l’autorisation de rester le temps de régler les problèmes de circuits et de transferts électriques qui affectent notre système. Nous…

La lieutenante ne put finir sa phrase qu’une des portes d’accès au pont se referma brutalement sur un droïde sans prévenir, puis se rouvrit en laissant la carcasse écrasée.

— Accordée. Voici les coordonnées d’un vaisseau qui peut vous accueillir en attendant si vous ne souhaitez pas rester dans votre bâtiment.

— Merci. Comme vous pouvez le constater, notre vaisseau en devient presque dangereux. Ne faites pas monter de soldats supplémentaires, ils pourraient être gravement blessés.

— Entendu, Vice-amiral. Qui est le Mythrol qui vous accompagne ?

— Gobint, ancien chasseur de primes, expert en carburant. Il fait partie des techniciens affrétés spécialement.

Le sergent hocha la tête.

— Bienvenu sur Exegol.

Les troopers remontèrent dans le vaisseau et les deux équipes chargées de l’infiltration les suivirent.

— Alors là, bravo, glissa Poe discrètement. Pas une hésitation, calme, contrôle. Vous avez été parfaite.

— Merci, Général.

Ils atterrirent en douceur sur le sol aride de la planète.

— Bon, il nous faut des engins pour nous déplacer en hauteur, dit Lando après qu’ils se soient éloignés. Il nous faut une meilleure perspective.

— Quand on a atterri, j’ai vu un groupe d’airspeeders à deux vaisseaux d’ici, commença Junn Gobint. J’ai l’impression qu’il y a plusieurs de ces petites flottes. Ça sera très bien pour se déplacer.

— Allons-y, dit Rose en prenant les devants.

Il leur fallut un bout de temps pour rejoindre les speeders. Dès qu’il y avait des soldats, ils devaient marcher tranquillement et attendre d’être hors de vu pour courir.

Il y avait deux soldats en faction qui discutaient à côté des véhicules.

— Ils sont pour moi, déclara Finn.

— Qu’est-ce que tu vas faire ? demanda Poe.

— Leur dire de nous laisser prendre les airspeeders, répondit Finn en s’avançant vers les stormtroopers.

L’apprenti Jedi se concentra pendant qu’il marchait et vint se placer face au soldat. Il mit toutes ses leçons en application.

— On a besoin de ces speeders et vous voulez nous aider.

— Si vous voulez, on a des véhicules pour vous, dit le soldat de droite un peu perturbé.

— Vous nous laissez prendre les speeders et partir comme si de rien n’était.

— Vous pouvez y aller. Tout va bien.

Finn fit signe à ses camarades de venir tranquillement et de s’envoler doucement, sans précipitations.

Ils prirent deux véhicules et montèrent se fondre dans le flux des autres vaisseaux qui sillonnaient au-dessus des épaves

— Tu te débrouilles de mieux en mieux, jeune homme, dit Lando. Ça m’avait manqué de voir les tours de magie des Jedi.

— C’est mieux que de la magie Lando, c’est la Force, répliqua Finn en souriant sous son casque.

— Il faut qu’on repère le vaisseau de commandement, les coupa la Lieutenante Connix. Ouvrez les yeux, il peut être n’importe où.

— Comment on va le reconnaître, demanda Junn. Ils se ressemblent tous.

— Il aura sûrement des installations supplémentaires, plus de soldats, de vaisseaux autour…, supposa Rose. Il doit se distinguer d’une manière ou d’une autre.

— Séparons-nous, proposa Lando. Nous couvrirons plus de terrain.

— Entendu, on reste en contact, dit Finn.

Les deux airspeeders partirent dans des directions opposées. Ils parcoururent le champ de bataille pendant presque une heure, volant à droite à gauche au milieu des épaves jusqu’à ce qu’enfin, un vaisseau les interpelle.

R2D2 se mit à s’agiter pour attirer l’attention de ses camarades. Rose comprit le message et se fit plus attentive :

— Regardez celui-là, dit-elle en montrant du doigt un destroyer entouré d’une structure de métal gigantesque. Vous reconnaissez cette antenne ?

— R2, tu es un génie, sourit Junn. C’est notre cible.

— OK, on y va, dit Finn.

Il contacta l’autre groupe pour les informer et leur donner la position du vaisseau de commandement :

— Trouvez-vous un vaisseau à proximité, ajouta-t-il. Cherchez un maximum d’informations.

— On reste pas loin, répondit Poe. Faites attention.

Les deux groupes posèrent leurs véhicules dans des endroits discrets avant de descendre. Ils avancèrent vers les rampes avec détermination. La mission commençait.

Rey menait la marche. Elle savait parfaitement où elle allait.

— Est-ce qu’il voit tout ce que tu vois ? demanda Kiera.

— Oui.

— Tu as senti tout de suite sa présence ?

— Non.

— Pourquoi n’avoir rien dit aux autres ?

— Je ne voulais pas leur faire de mal.

— Qu’il leur fasse du mal. Pas toi.

— Comment vont-ils ? Est-ce que BB8 est entre de bonnes mains ?

— Oui, ne t’en fais pas, répondit Kiera avec un sourire. Tu leur manques beaucoup.

— C’est trop dangereux, il vaut mieux qu’ils restent loin. L’entrée est là.

Rey leur montra une cavité en forme de triangle dans la paroi de pierre du temple.

— Les portes fonctionnent toutes de la même manière. Soulève-la, ça demande beaucoup d’énergie. Nous verrons quelle épreuve nous attend.

Kiera ne dit rien. Elle jeta un regard à Beaumont qui fit signe qu’il se tenait aux aguets. La jeune femme posa la main sur la pierre. Elle ressentit vite le poids énorme et préféra poser sa deuxième main pour équilibrer sa position. Elle se concentra et leva lentement la porte qui se fissura en plusieurs endroits, puis tint le tout en suspension le temps de découvrir ce qu’il y avait derrière.

Les deux femmes passèrent sous la roche et découvrirent un espace fermé, vide et sombre.

— Est-ce que l’épreuve peut être dissimulée ? demanda Kiera.

— Elle n’est pas invisible, elle au-dessus, répondit Rey en levant la tête.

Tout en restant concentrée, Kiera regarda vers le plafond et vit un immense puits.

— Beaumont, viens.

— Tu veux qu’il vienne ?

— Bien sûr. Sans t’offenser, je ne reste pas seule avec toi.

Le jeune homme se glissa sous le bloc de pierre et Kiera put le reposer à terre.

— Quelle est la suite ? demanda Beaumont.

— Je suppose qu’on doit monter, répondit Rey. Mais je ne vois pas comment.

— Il y a une manette ici. Elle est profondément dans le mur, mais, avec la Force, je devrais pouvoir la tirer.

Un mécanisme s’enclencha et des plateformes sortirent du mur. Dès que Kiera relâcha la manette, tout disparu.

— Ça va être compliqué.

— Les intervalles sont trop éloignés, il faut la Force pour sauter de l’une l’autre. Maintenir la manette tout en s’en éloignant...

— Bien sûr, c’est de ça que parlait C3PO, fit remarquer Beaumont. Nous sommes dans un temple Sith. Je l’ai déjà lu quelque part. Même s’il paraît avoir été construit avant l’établissement de la règle de deux, il semble que le temple y soit quand même soumis.

— La règle de deux ? interrogea Kiera.

— Il s’agit d’une règle de vie des Sith, imposant qu’il y ait toujours uniquement un maître et son apprenti jusqu’à ce que ce dernier soit assez fort pour prendre sa place.

— Pour le tuer, dit Rey.

— Oui. À partir de là, beaucoup de constructions ont également suivi cette règle dans leurs fonctionnements. Être deux pour ouvrir une porte de temple ou activer une arme...

— Quelqu’un tient la manette tirée, l’autre monte. Donc, il doit y avoir une autre manette en haut.

— Exactement.

— OK, ça me paraît faisable, dit Kiera. À deux, on devrait pouvoir te monter.

— Allons-y, dit Rey. Tu sautes la première.

Elle enclencha le mécanisme.

Kiera se souvint de l’erreur qu’elle avait commise quand elle avait essayé pour la première fois de sauter avec la Force. Elle devait élever la Force en elle et non son corps.

— C’est parti.

La jeune femme se positionna et sauta le plus haut possible. Ce bond immense la déstabilisa un peu, mais elle ne perdit pas sa concentration. Elle sauta d’une plateforme à l’autre. À chaque fois, elle tâcha de faire suivre Beaumont. La jeune femme parvint sans problème à rejoindre le palier. Elle trouva l’autre manette et l’activa. Les quatre paliers leur demandèrent beaucoup d’énergie, mais tout le monde parvint en haut sans encombre.

Ils faisaient désormais face à un long couloir au bout duquel se trouvait une nouvelle porte. Kiera sentait que quelque chose clochait. Ça n’avait pas l’air de venir du temple ni de la Force. Quel était ce sentiment ? Bien sûr. Rey n’avait pas assez de force pour soulever le bloc de pierre, mais elle en avait assez pour la projeter quatre fois d’une plateforme à une autre. Elle n’était plus aux commandes. Son cœur s’accéléra.

« Calme-toi ou il va le ressentir », se dit-elle.

Elle ne savait pas ce qui les attendait derrière la porte et la concentration que lui demandait l’utilisation de la Force depuis le début l’épuisait. Elle ne savait pas encore s’en servir sans payer le prix de la fatigue. C’était précisément la raison pour laquelle ils passaient par là. Pour l’épuiser.

Que faire ? Le mieux était peut-être d’assommer Rey. Sauf qu’elle pouvait avoir besoin de ses connaissances. Et puis, il y avait le bébé. Blesser Rey était une chose, mais parvenir à mener un combat sans toucher ou abîmer une partie du corps rendait la tâche ardue. Seulement, la réalité était que la vie du bébé était moins importante que la protection de la galaxie contre l’Empereur. Elle était prête à riposter.

— Il y a un trou sur le côté de la porte, remarqua Rey.

— Un autre mécanisme, nota Kiera.

— Nous sommes allés chercher ça, dit Rey en sortant un objet triangulaire tridimensionnel. Ça peut nous aider.

— Un holocron, fit Beaumont, comme celui pour Exegol.

— Je n’en ai jamais vu, dit Kiera

— Les holocrons sont des objets de grands pouvoirs. Ce sont principalement des réceptacles. On peut y mettre des informations, des images, des plans, des projections holographiques ou encore y enregistrer ses pensées. Certains sont même parvenus à y placer un peu de leur conscience.

— Comment on peut placer sa conscience dans un objet ?

— En allant puiser dans le côté obscur, je suppose. L’intérêt pour nous aujourd’hui, c’est qu’ils servent aussi de clé.

— Tout est une histoire de clé.

Beaumont sourit et prit délicatement l’holocron de la main de Rey. Il plaça l’objet dans le creux prévu à cet effet et la porte s’ouvrit. Elle révéla une grande pièce baignée d’une lumière rouge. Les murs et les piliers noirs étaient couverts de dessins et de symboles gravés en blanc. Il y avait au centre de la pièce deux statues de pierres.

— Est-ce que tu sens la clé quelque part ? demanda Rey.

Kiera ferma les yeux pour feindre de chercher la clé sur les statues, mais ne perdit pas une seconde et projeta une vague sur son ennemi. Palpatine la contra immédiatement et répliqua par une onde de choc qui fit trembler la structure et fractura les statues. Il était dangereux de jouer avec la Force. Chacun activa son sabre, prêts pour une deuxième manche.

— La statue de gauche, poche de pantalon droite ! cria Kiera à Beaumont. Brise la pierre !

La jeune femme se mit entre l’Empereur et son ami pour faire barrage, mais Palpatine se jeta sur elle en tourbillonnant. Kiera se baissa à temps pour éviter le coup circulaire et tenta de frapper à la ceinture sans succès. Son ennemi fit un pas en avant et la frappa d’estoc. Kiera évita la lame et vint abattre la sienne par le haut. Palpatine dévia son sabre et pivota pour la toucher à l’estomac. Kiera recula. Heureusement que Rey affaiblissait l’Empereur. Sans ça, elle serait incapable de tenir le combat. Sans qu’elle ait pu le voir venir, Palpatine projeta Beaumont au loin et se jeta à nouveau sur Kiera. Le jeune homme avait la clé entre les mains. Il se releva aussi vite qu’il le put et courut se cacher derrière un pilier. Kiera subissait l’assaut effréné de l’Empereur sans parvenir à mettre le moindre coup. Soudainement il fit un bon en arrière et s’éleva dans les airs. Palpatine libéra une bombe d’arcs électriques auxquels Beaumont ne put échapper. Kiera fut touchée à l’épaule et le pilier au-dessus de son ami manqua de s’écrouler tellement il était abîmé. Des éclats de pierre se répandirent sur le sol. Tout le monde était un peu sonné, mais Kiera se releva.

L’empereur saisit le sabre à côté du jeune homme.

— Ah, la voici.

— Votre soif de pouvoir n’a pas de limite, dit Kiera sabre en main.

— Chacun une clé. Nous allons devoir faire le chemin à deux, il semblerait.

Kiera était surprise par le pouvoir qu’il avait montré. Elle était étonnée d’avoir pu se relever.

— L’autre clé est trop instable. Vous ne pouvez pas vous en emparer par la force sans risquer qu’il ne soit détruit. C’est pour ça que vous m’avez frappé à l’épaule, un endroit éloigné de son cristal.

L’Empereur se tourna vers elle :

— Ne crois pas qu’il m’empêchera de te détruire. J’en ai le pouvoir. Il est vrai qu’il n’est pas nécessaire de prendre de risque pour le moment. Nous y allons ?

Kiera regarda Beaumont, qui se relevait lentement. Tous les deux étaient d’accord, ils ne pouvaient rien faire. La jeune femme désactiva son sabre et le raccrocha à sa ceinture. Beaumont récupéra son blaster et jeta un dernier regard aux statues abîmées.

Tous deux se sentaient piégés. Il n’y avait qu’eux pour gérer une telle situation et leurs amis étaient bien trop occupés pour leur venir en aide.

Il y avait une autre porte derrière les piliers. Ils y placèrent l’holocron, mais une fois la porte levée, ils trouvèrent un amas de roche écroulé. Le combat avait dû provoquer l’éboulement.

— Il va falloir briser ou déplacer ces roches. Je te laisse t’en occuper, dit Palpatine.

Kiera posa sa main sur la pierre et ferma les yeux. Elle était énervée par la situation.

« Laisser la Force filtrer ton esprit, s’unir à toi, ne faire qu’un avec toi. Ressens la Force, ressens la pierre, ressens le froid, ressens la roche lisse et... »

— Brise-la !

La pierre s’écroula sur elle-même dans un grand fracas et libéra un passage.

— Bien. La colère est le chemin de la puissance.

— Votre histoire de pouvoir ne m’intéresse pas. Je ne l’ai jamais cherché et je ne le cherche toujours pas.

— Tout le monde veut le pouvoir, c’est dans la nature de chacun d’entre nous.

— Vous prenez votre cas pour une généralité.

— Tu es aveuglée par les leçons des Jedi sur l’humilité et le contrôle de soi. Ils auraient pu être tellement plus forts.

— Je ne vois pas comment j’aurai pu recevoir de leçon des Jedi, vu que vous les avez tous tués.

— Ah ah ! Tu es effrontée, mais tu as raison. Ils ne servaient plus à rien, ils étaient trop... limités. Tu ne peux pas prendre la pleine conscience de ce qu’est la Force sans comprendre toute sa nature. Tu dois connaître le côté obscur pour maîtriser son côté lumineux.

— Vous n’essaieriez pas de me tenter par hasard ?

— Tu pourrais apprendre beaucoup à mes côtés.

— Vous cherchez un apprenti ?

— Plus maintenant. Je suis lassé de cette expérience.

— Finis la règle de deux.

Palpatine sourit.

— Disons qu’elle n’est pas absolue.

La conversation prit fin avec la sortie du temple. Il n’y eut qu’une porte à activer et ils purent sortir sans encombre.

— Où est votre vaisseau ? demanda l’Empereur.

— Nous avons un simple transporteur. Pourquoi ne pas prendre le vôtre ?

— La jeune Rey s’est arrangée pour que nous ne puissions pas repartir.

— Elle ne manque pas de ressources, dit Beaumont en passant devant, déterminé. Et nous non plus.

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