Le groupe du Général Finn s’avança vers la rampe d’accès du vaisseau de commandement.
— Ça a l’air sérieusement gardé, fit remarquer Rose.
— Je pense pas que l’accès principal soit une bonne solution, ajouta Junn.
— Le vaisseau est cassé de partout, on doit pouvoir entrer par un autre chemin.
Finn regarda autour du bâtiment. Le droïde attira leur attention.
— Là-bas, dit Finn en montrant du doigt une épave juste à côté. R2 a raison. Si on monte sur celui-ci, on peut rejoindre le troisième pont par l’extérieur.
— Ça me semble faisable, acquiesça Rose. Reprenons le speeder.
Les trois amis et le droïde rebroussèrent chemin et s’envolèrent discrètement vers le destroyer avachi sur le flanc. Le vaisseau de commandement était tellement explosé qu’ils purent rentrer l’airspeeder à l’intérieur pour le cacher.
— Ça a été une sacrée bataille quand même, commenta Junn en regardant les dégâts.
— On a toujours eu du mal à pourparler avec le Premier Ordre, répliqua Rose en descendant du vaisseau.
— Ils n’ont pas la discussion facile, pas vrai ?
— Leur plus grande faiblesse !
— Allez, on se dépêche les amis, dit Finn près de la porte du couloir. Si le protocole a été suivi, la présence d’un Mythrol a dû être signalée dans le rapport de l’arrivée de notre vaisseau. Tu vas attirer l’attention, mais on ne devrait pas avoir de problèmes.
— Je n’attire jamais les problèmes, Général, sourit Junn. Je les crée.
— Je préférerais qu’on soit le plus discret possible.
— Je ferai de mon mieux, conclut le technicien en s’engageant dans le couloir.
Ils marchèrent tranquillement, guidés par Finn et ses connaissances de l’environnement. Ils souhaitaient rejoindre une des cantines pour discuter avec d’autres soldats sans éveiller l’attention. Les stormtroopers mangeaient à toutes heures de la journée de telle sorte qu’il y avait toujours un maximum de personnel actif en permanence.
Ils débouchèrent rapidement sur une immense salle remplie de tables où des troopers en pause se restauraient.
— Plutôt que de poser les mêmes questions, on devrait chacun se renseigner sur un sujet, proposa Rose.
— Excellente idée, dit Finn. Je pourrai me renseigner sur le nombre de soldats présents et leur organisation.
— J’aimerais bien savoir ce qu’ils font de tout ce carburant, fit Junn en réfléchissant. Est-ce qu’ils le stockent ici, ou est-ce qu’ils ont une nouvelle base ?
— Si tu pouvais avoir cette information, ça serait génial, remarqua Rose. Moi, je m’occupe de l’état des vaisseaux et de leurs armements. Si ça se passe mal, on sort par la porte numéro 2, où R2 va se poster, OK ?
Tout le monde acquiesça. Les trois amis allèrent récupérer une portion de nourriture et se répartirent dans la salle, le droïde filant tranquillement à l’autre bout.
Se dernier se demanda ce qu’il pouvait faire pour aider et décida de discrètement télécharger les plans du vaisseau via un panneau de commande, l’air de rien, pendant que ses compagnons abordaient les soldats du Premier Ordre.
Rose se dirigea vers un groupe qui avait plusieurs boîtes d’outils à ses pieds.
— Bonjour, je suis de la maintenance, je viens d’arriver. Je peux m’asseoir ?
— Pas de soucis, répondit une jeune femme sur un ton neutre.
— Vous pouvez peut-être m’aider. On a des soucis avec le système électrique. Il dysfonctionne uniquement sur l’ouverture des portes et accès. Ça va me prendre des semaines de trouver l’origine du problème. Est-ce que c’est le cas sur d’autres vaisseaux ?
— Oui, une dizaine, répondit un homme à la tenue tachée de graisse. Apparemment, c’est lié à l’un des tableaux de commandes du système d’éclairage qui brouille celui des ouvertures.
— D’accord, c’est un dommage collatéral. C’est déjà arrivé que ça se déclenche en vol ?
— Oui, lors des premiers essais, une bonne partie des problèmes se déclarent.
— Il y a beaucoup de vaisseaux qui parviennent à voler ?
— On en a plusieurs dizaines déjà. Pourquoi ?
— Je m’intéresse aux problèmes qui ne sont pas encore visibles. Notamment sur la fonctionnalité des armes. La motricité des canons est souvent atteinte.
— Si y que ça, vous avez eu de la chance. La plupart du temps, ils sont à changer parce qu’ils ont été écrasés par la chute des vaisseaux.
— Oui, bien sûr. On a changé la moitié des nôtres, se rattrapa Rose un peu tendue. Je suppose que les vaisseaux qui volent ont leurs armements de prêts. Je devrais peut-être parler à un des mécaniciens qui ont travaillé dessus. Vous savez où je pourrai en rencontrer un ?
— Dès qu’un vaisseau est prêt, ils partent travailler sur un autre. Faudra chercher.
— D’accord, merci pour votre aide, dit Rose en remettant son casque avant de filer vers la sortie.
De son côté, Finn était plus à l’aise :
— Excusez-moi soldats, est-ce que vous pouvez me dire où se trouve le Sergent Greval ?
— Il est en patrouille à cette heure-ci. Vous venez d’où ?
— Je suis sur le destroyer qui était aux anneaux Silken. On a un problème avec les circuits électriques d’ouverture des portes. Et vous, ça fait longtemps que vous êtes ici ?
— Je suis arrivé y a deux mois. Jalab est là depuis plus longtemps.
L’homme en face hocha la tête.
— Ouais, notre vaisseau est l’un des premiers qui ont quitté la planète. Ça fait… je sais même plus combien de temps ! sourit Finn.
— Le premier est sorti y a huit mois.
— Déjà ! J’ai toujours admiré l’efficacité du Premier Ordre. Il recrute de plus en plus à ce que je vois, ajouta Finn en regardant autour de lui. On est combien sur la planète aujourd’hui ? Mille ? Deux mille ? Ça fait un moment que je suis pas venu.
— Ça se voit. On doit être cinq ou six mille de plus à terre, je pense. Le reste est sur les vaisseaux en fonction. Sauf qu’ils ont dû diviser par vingt les effectifs à bord. Pas étonnant qu’ils aient besoin de recrues, y a tout juste de quoi piloter.
— Merci camarades. Je vais tâcher de trouver le Sergent, dit Finn en se levant.
Il rejoignit la sortie rapidement pendant que Junn entamait la conversation avec des techniciens du secteur de l’hyperdrive qu’il avait reconnu à leurs uniformes.
— Vous inquiétez pas, j’ai arrêté de tuer des soldats y a longtemps, dit-il en s’asseyant.
Les trois techniciens se firent petits à côté du Mythrol.
— Je manque de soldats pour déplacer du coaxium jusque dans le vaisseau. On a une cargaison à livrer sur une autre planète demain et j’aime pas être en retard. Ça vous dirait de me filer un coup de main ?
— Je croyais que les transporteurs ne revenaient que demain. Pourquoi vous êtes déjà là ?
— J’ai une tête de soldat ? demanda Junn avec sérieux. On m’a payé pour augmenter la cadence.
Alors j’ai ramené mon vaisseau et je vais faire le boulot pour lequel on me donne des crédits. J’ai pas assez de gars avec moi.
— Il reste des transporteurs pourquoi vous venez avec votre vaisseau ?
— Je trouve que les vôtres sont pas assez équipés si on se fait attaquer.
— La flotte est protégée par des chasseurs et personne sait qu’on est là. On livre la marchandise pas loin, y a rien à craindre.
— Se faire attaquer, ça prend moins de temps que tu le penses.
— On dépose le carburant à trois lunes d’ici, détends-toi. On s’attaque pas comme ça au Premier Ordre.
— Si vous le dites. Mon vaisseau est à deux carcasses de destroyers au nord. Retrouvez-moi là-bas dans deux heures si vous voulez augmenter votre paye en me filant un coup de main.
Junn se leva tranquillement et alla retrouver ses amis dans le couloir.
La cantine était un lieu de passage. Ils marchèrent plus loin pour se mettre à l’abri des regards et parler sans se faire repérer. Rose et Finn retirèrent leur masque.
— Vous avez réussi à récupérer des infos, demanda Finn avec empressement.
— Je sais qu’ils ont moins de cent vaisseaux actifs, mais qu’ils sont tous parfaitement armés, répondit Rose. Il faut qu’on sache précisément combien. Attaquer trente vaisseaux et en attaquer quatre-vingt-dix, c’est pas pareil.
— Les décisions se prennent dans la salle de commandement. Ils doivent avoir tout le répertoire des vaisseaux et dans quel état ils sont. Il faut qu’on y accède.
— Alors, allons-y, dit Junn.
— Vous réalisez que je suis le premier propriétaire de ce vaisseau. Je connaissais Han depuis des années et Chewie depuis aussi longtemps.
— Vous avez raison, mais il est peut-être temps d’en faire don à une nouvelle génération de pilotes. Des pilotes qui respectent votre vaisseau et qui le considèrent comme l’emblème de la liberté contre l’oppression des Sith.
— Vous avez déjà rencontré un Sith, Général ?
— Euh non. Mais je sais ce que représente le Faucon, un symbole !
— Je veux bien vous laisser le piloter, je sais que vous êtes très doué dans ce domaine. Je me méfie juste des dégâts que font les pilotes qui ont un peu trop confiance en eux.
— Lando…
— Taisez-vous, tous les deux, les interrompit la Lieutenante Connix.
Ils approchaient d’un couloir plus fréquenté.
— Bon, où est-ce qu’on va ? demanda Lando.
— Hum, aucune idée, répondit Poe. On devrait peut-être s’approcher de la salle de commandement. On a une gradée avec nous, ça nous permettra de parler avec des officiers supérieurs.
— Bonne idée. Il faut qu’on monte.
Les trois comparses se dirigèrent vers l’ascenseur le plus proche, comme si de rien. Quelques troopers montèrent avec eux et saluèrent Connix.
— Dites-moi, soldats, savez-vous qui est aux commandes de la base actuellement ? J’ai appris que cela avec changé depuis mon dernier passage.
— Ah bon ? Non, c’est toujours le Commandant Malaga, Madame. Mais les Chevaliers sont là depuis cinq jours, donc c’est eux qui donnent les ordres pour le moment.
Poe et Lando se regardèrent.
— Vraiment ? fit Connix. Les Chevaliers de Ren sont sur Exegol ?
— Oui, Vice-amiral, c’est assez rare, mais ils reviennent à la base de temps en temps. Je serai vous, je serai prudente. Leur maître est également là.
— Savez-vous où je peux les trouver ? J’aimerais les rencontrer.
L’ascenseur s’arrêta au pont de commandement.
— Non, Madame, je ne sais pas. Je suppose qu’ils sont sur le vaisseau principal.
— Merci soldats, conclut Connix en sortant.
Plusieurs personnes dans la salle se retournèrent et un Lieutenant vint les rejoindre.
— Je peux faire quelque chose pour vous Vice-amiral ?
— Oui, je souhaiterais rencontrer les Chevaliers. On m’a dit qu’ils étaient ici, mais ce n’est apparemment pas le cas.
— En effet, ils sont sur le vaisseau principal. Pourquoi souhaitez-vous les voir ?
— Informations confidentielles, Lieutenant. Ce serait contre mes ordres de vous les transmettre.
— Je comprends, personne ne veut aller à l’encontre des ordres. Je crois qu’ils restent quelques jours, vous aurez le temps de les trouver. Je vous laisse.
La Lieutenante et la Capitaine se saluèrent et les résistants retournèrent à l’ascenseur. Ils enlevèrent leur casque.
— Merde. Finn m’avait dit qu’il suspectait un autre ennemi derrière tout ça.
— Quelqu’un d’autre que l’Empereur ? demanda Lando.
— Palpatine était dans la lumière, il attirait toute l’attention, laissant quelqu’un dans l’ombre tirer d’autres ficelles.
— Palpatine n’est pas un pantin, assura Connix.
— Non, ils auraient formé un duo parfait pour maintenir la galaxie sous leur coupe.
— Quand on y pense, contrôler une galaxie seul, ça relève de l’impossible.
— Sans parler du fait que si Rey est la petite fille de l’Empereur, il a bien fallu d’autres acteurs dans son histoire.
— Je n’avais jamais pensé que Palpatine ait pu avoir un enfant avec quelqu’un d’aussi puissant que lui, admit Lando.
— Et pourtant. Il est en constante recherche de pouvoir. Mais que cherche notre autre ennemi ?
— On doit informer les autres au plus vite. Ils sont peut-être en danger.
— Il faut qu’on connaisse le plan des Chevaliers, qu’on obtienne des informations, n’importe quoi.
— On devrait commencer par contacter l’autre équipe, suggéra Lando en se tournant vers BB8.
— Tu peux nous bloquer l’ascenseur ?
Le droïde fit comprendre que oui et s’attaqua au système de contrôle. Ils ralentirent jusqu’à s’arrêter complètement. Poe sortit son communicateur :
— Finn, tu nous reçois ?
Il n’y avait aucune réponse.
— Rose ? Junn ? Il y a quelqu’un ?
— Ils ont dû couper la transmission pour rester discrets, dit Connix. Ne perdons pas de temps. BB8, redémarre l’ascenseur et allons sur le vaisseau les trouver.
— Le pont des officiers est trop endommagé, ils ont dû déplacer la salle de commandement ailleurs.
— Tu as une idée d’où ils l’on mise ? demanda Rose.
— Aucune.
Le droïde essaya d’attirer leur attention.
— Pas maintenant R2, dit Finn en réfléchissant.
— On n’a qu’à demander, suggéra Junn.
— Ouais, ça me paraît plus facile que de faire le tour du vaisseau.
L’apprenti Jedi se dirigea vers deux soldats qui passaient dans le couloir.
— Excusez-moi, on vient d’arriver, vous pourriez nous guider jusqu’à la salle de commandement. On doit y retrouver le Sergent Greval.
— Va en poste, dit l’un des soldats à son camarade. Je te rejoins. Vous, venez avec moi.
Les trois compagnons suivirent le stormtrooper dans le couloir. Ils marchaient depuis une dizaine de minutes quand un gradé habillé en noir croisa leur route.
— Bonjour soldats.
— Capitaine, salua la troupe.
Le gradé a eu un instant d’hésitation.
— Quels sont vos numéros de matricule, soldats ?
— QH411811.
« Les chiffres ont changé, se dit Finn pendant que le gradé vérifiait l’identité. »
— FN815165…
Le capitaine regarda ses données. Il n’y avait personne dans le couloir.
— FN je ne vous trouve pas dans le registre.
Personne ne dit rien.
— Je vais vous demander de me suivre, reprit-il en prenant son arme.
Le soldat à côté sortit de l’emprise de Finn et dégaina son arme :
— Qu’est-ce que vous m’avez fait ?! Vous êtes des impos...
Finn n’attendit pas la fin de la phrase et les envoya valser contre le mur pour les assommer.
Junn et Rose se précipitèrent et aidèrent Finn à dissimuler les corps.
— On a marché pendant un moment, on doit pas être loin, dit Finn.
R2D2 en profita pour se faire entendre.
— Qu’est-ce qu’il y a ? lui demanda Rose.
Le droïde se balança à droite et à gauche pour exprimer son mécontentement avant de déployer les plans du vaisseau.
— R2, tu es génial ! s’exclama Rose.
— Tu as assuré mon grand, le complimenta Junn.
Finn, penché sur la carte, trouva rapidement où était le nouveau centre de commandement.
— Ils l’ont déplacé au-dessus du pont d’artillerie. Merci R2.
Le droïde émit des sifflements. Il appréciait les félicitations. Bon, télécharger illégalement des données sur des destroyers était quand même une de ses fonctions classiques.
La petite équipe repartie de plus belle, descendant de quelques étages supplémentaires.
— Tu peux ordonner à un soldat de nous télécharger les données qu’on veut ? demanda Rose en se tournant vers Finn alors qu’ils étaient postés à un angle.
— Si le téléchargement est long, je suis pas sûr de pouvoir tenir le contrôle pendant longtemps. Je peux leur suggérer de nous laisser le champ libre. On peut réussir à pirater des informations, mais on va vite attirer l’attention et, honnêtement, je cois qu’ils sont beaucoup trop nombreux pour moi tout seul. Si seulement Kiera était là.
— Ce qu'il nous faut, c‘est une petite diversion, dit Junn. Y a que des épaves ici. Une explosion de plus ou de moins.
— On a rien amené avec nous, remarqua Finn. Qu’est-ce que tu proposes ?
— Vous vous souvenez des économies de carburant que j’ai essayé de faire en mélangeant deux, trois trucs…
— L’explosion qui a failli nous coûter quatre vaisseaux ? fit Rose.
— Bon, vous voyez, on a ce qu’il faut, rétorqua Junn.
— Vous vous trimbalez avec des substances explosives ?! s’inquiéta Finn.
— Qu’est-ce que vous croyez que j’ai dans mon sac ?
— Vous êtes un grand malade.
— Je vous la fais votre bombe, oui ou non ?
— Allez-y, cramez-moi tout ça.
— Avec plaisir.
Junn déposa son sac sur le sol et sortit quatre bouteilles et une trousse avec des fioles allongées.
— Tu es sûr de ce que tu fais ? demanda Rose.
— C’est très simple. Je mets ces trois liquides dans une bouteille et j’ajoute cette fiole de verre à
l’intérieur. On tire dessus, les liquides se mélangent et ça fait boum.
— OK. Où on la met et comment on tire dessus sans se faire exploser ou attirer l’attention sur nous ?
— Il faut la mettre à l’intérieur de la salle, répondit Finn.
— On va la faire exploser, mais on a besoin des ordinateurs, remarqua Rose.
— Je peux diminuer les doses, mais pourquoi pas à l’extérieur ? demanda Junn
— Ils enverront quelques soldats voir ce qu’il se passe, mais les officiers ne sortiront pas si le danger ne vient pas de l’intérieur, expliqua Finn.
— Je peux rééquilibrer les liquides pour faire une petite explosion avec beaucoup de fumée.
— Les officiers n’ont pas de casque, c’est une idée géniale Junn.
— Maintenant, comment on la fait rentrer, puis exploser ? redemanda Rose.
— La faire exploser, je m’en occupe, répondit Finn. Pour la faire rentrer…
— Tu peux utiliser la Force, suggéra Junn.
— Le problème c’est pas de la déplacer, mais de le faire discrètement. Si les gens voient une bouteille se balader toute seule, ils risquent de se poser des questions.
— Et si on utilisait le déguisement de R2 ? proposa Rose. On lui retire, on met la bouteille dedans et tu déplaces le tout.
— OK, ça, je peux le faire.
Ils allèrent un peu plus loin pour dissimuler le droïde débarrassé de son camouflage et mirent en place leur stratagème. La fiole de verre dans la bouteille, la bouteille sous le déguisement et voilà que le tout se déplaçait très lentement vers la salle de commandement.
— Tu peux pas aller un peu plus vite ? chuchota Rose.
— Ne me déconcentre pas, répondit Finn.
Cet exercice était assez nouveau. Il avait déjà déplacé des objets, mais rarement plusieurs en même temps, sans les avoir en visuel et certainement pas des explosifs sensibles.
Les sensations étaient différentes. C’était comme si son esprit se déplaçait avec l’explosif. Il percevait l’environnement à mesure qu’il avançait et pouvait agir au fur et à mesure.
Une fois dans le long couloir, il put accélérer un peu pour paraître plus normal. Il se cala sur le rythme d’un officier et passa la porte en même temps que lui, comme s’il l’accompagnait. Finn glissa le déguisement le long du mur aussi loin des équipements que possible, puis fit exploser la fiole.
Le fracas fut moins impressionnant qu’il ne le pensait, mais la fumée fit parfaitement son œuvre. Tout le monde sortit en trombe de la salle de commandement, permettant aux résistants de rentrer sans se faire repérer. Le système de sécurité scella la porte derrière eux. R2 s’assura qu’elle resterait bloquée même après la désactivation.
— OK, dit Junn en retirant son masque respiratoire. La ventilation est sacrément efficace ici.
— C’est une salle de commandement, pas un dortoir, fit remarquer Rose.
— Pas le temps de parler, dit Finn en s’approchant des machines. R2, c’est à ton tour de jouer.
Le droïde s’empressa de se connecter et de faire le tour des dossiers. Il devait trouver les fichiers sur l’état d’avancement de la réparation des vaisseaux. Pendant que ses circuits s’activaient, son récepteur reçut un signal. Momentanément en sécurité, il le réactiva sans peur de se faire repérer.
— Ici Connix, vous me recevez ?
— C’est bon, on vous reçoit, répondit immédiatement Rose. Comment ça se passe de votre côté ?
— On sait que les Chevaliers sont sur le vaisseau de commandement. Général Finn, vous aviez raison, ils ont bien un maître à leur côté et il est ici aussi. On va vous rejoindre.
— J’espérai me tromper. En tout cas ça veut dire qu’ils ne sont pas après Kiera et Beaumont. C’est une bonne nouvelle. Ils ne seront pas difficiles à trouver. Il faut que vous retourniez au vaisseau.
— On a plein d’informations qu’il faut qu’on transmette à la base pour qu’ils commencent à organiser une attaque contre Exegol, ajouta Junn. Ils ont moins de cent vaisseaux actifs, on a toutes nos chances de prendre le contrôle.
— D’autant qu’ils ont moins de cinq mille soldats par bâtiment, dit Finn.
— Ils ont quelques vaisseaux de combats qui protègent les cargaisons de coaxium, faudra faire attention à eux, leur apprit Junn.
— OK, transmettez vos infos à BB, on retourne au vaisseau pour les envoyer à la Résistance.
— Il faudra protéger vos communications, elles sont toutes surveillées.
— Si les Chevaliers sont sur le vaisseau, tu penses pouvoir les repérer, Finn ? demanda Kaydel.
— Je dois pouvoir percevoir le côté obscur mais il ne faut pas qu’ils me repèrent.
— Si vous trouvez les Chevaliers, vous ne tentez rien, on est d’accord ? insista Poe.
— Je ne peux pas dissimiler la Force en moi. Il faudra que je reste à distance de toute manière, le rassura Finn.
— On s’occupera de les espionner, dit Rose.
— Reçu ! Tenez-nous au courant, termina la Lieutenante Connix.
Pendant qu’il discutait, R2D2 avait fini de collecter les informations dont ils avaient besoin et envoyait le tout à son compagnon. Ils savaient que du monde s’agitait de l’autre côté de la porte et il allait falloir un moyen de faire demi-tour.
— Comment on ressort ? demanda Rose.
— On inverse la filtration, proposa Junn.
R2 ne se le fit pas répéter et rebrancha immédiatement ses circuits sur le tableau de bord. Ça faisait longtemps qu’il ne s’était pas autant amusé. Un tour de clé, et la fumée était de retour après quelques instants. Junn remit son masque et ils revinrent se poster près de la porte de sortie.
— R2, tu vas débloquer les portes. Dis Finn. Je vais essayer de pousser la fumée le plus loin possible pour qu’on puisse se glisser dans un couloir rapidement, OK ?
Tout le monde acquiesça et se tint prêt. Cela ne leur prit que quelques secondes pour échapper à la surveillance de tout le monde et s’éloigner discrètement.
— Maintenant, il nous faut un endroit tranquille.
— Là, montra Rose, cette pièce à l’air condamnée.
— C’est parfait.
Junn dégagea la porte abîmée et tout le monde entra se mettre à l’abri. Ils se détendirent un petit peu pendant que Finn se concentrait.
Assis en tailleur, il se remémora les enseignements et les mit en application pour déployer lentement son esprit dans le vaisseau. Il sentit un peu plus le froid qui l’entourait depuis qu’ils avaient pénétré l’atmosphère d’Exegol. L’empreinte du côté obscur le taraudait constamment. Trouver les Chevaliers au milieu de l’ombre fut difficile, mais il parvint à faire la distinction entre la Force ambiante et la Force active qui émanait de ses ennemis. Il en eut des frissons et stoppa l’expansion de son esprit, tendu.
« J’espère qu’ils ne m’ont pas senti ».
Il revint lentement à lui, comme s’il essayait d’être discret, puis rouvrit les yeux.
Rose et Junn le regardaient attentivement.
— Je n’aime pas l’air que tu as, fit Rose en fronçant les sourcils.
Finn se ressaisit.
— Il y a une Force obscure extrêmement puissante avec eux. Je n’avais jamais ressenti ça. Si vous restez à proximité, ils vous repéreront immédiatement. Ils ne sont pas sur leurs gardes et je les ai juste effleurés.
— On va placer un mouchard sur l’un des gardes qui les accompagnent, le rassura Junn. Comme ça on restera à distance.
— Tu es trop repérable, Junn. Je me charge du mouchard et vous retournez au vaisseau.
— OK, soit prudente Rose, dit Finn en se relevant.
R2D2 sortit un petit gadget contenant la carte du vaisseau pour que Rose puisse les rejoindre facilement.
Les deux compagnons et le droïde devaient se dépêcher de partir, car R2 n’avait plus de déguisement. Ils allaient devoir faire de long détour par des couloirs moins envahis pour retrouver leurs amis et amener Finn le plus loin des Chevaliers.
Sous sa capuche, la Sith souriait.
Comme s’il pouvait lui avoir échappé. L’une des recrues Jedi était sur le vaisseau. Parfait, elle allait l’emmener sur Tenmaera. Darth Sidious lui avait transmis les coordonnées, il avait les choses en main. Il ne faudra pas grand-chose pour qu’ils les suivent et elle pourrait rayer les derniers Jedi de la galaxie. Jusqu’au prochain. Il est facile de tuer des êtres sensibles à la Force, mais tuer une idéologie relève de l’impossible. Il y aura toujours quelqu’un pour revenir et croire en la noble et ancestrale cause des Jedi. peut-être devrait-elle pervertir cette légende pour y mettre un terme ?