Star Wars : Permis de Sauver

Chapitre 1 : 007, Permis de tuer

Par piitiite

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Le soleil incandescent terminait sa course céleste, plongeant progressivement la planète dans une aura écarlate crépusculaire.

Mais si la nuit approchait, le ciel de Coruscant lui, ne connaissait pas de repos.


Des milliers de voies aériennes s'entrecroisaient entre les immenses tours de verre et d'acier éclatantes, dessinant un ballet de speeders, de cargos et de navettes diplomatiques tel un flux artériel palpitant qui alimentait constamment le cœur de l'œcuménopole.


Et bien loin en dessous de ce trafic vital, les néons du niveau inférieur se perdaient dans une brume de pollution grisâtre. Des bars mal famés aux enseignes criardres côtoyaient des établissements aux services douteux desquels entraient et sortaient des cohortes d'individus louches provenant des quatre coins de la galaxie.


Et quelque part au centre de ce décor sombre et glauque...un homme courait à vive allure.


Son costume noir était impeccable malgré ses grands mouvements athlétiques, et pas une mèche de ses courts cheveux blonds n'était décoiffée. Il semblait voler au dessus du sol comme si son sprint ne lui demandait aucun effort, et il était à peine essouflé.


Dans sa main gauche, l'individu tenait fermement une mallette en duranium qui se balançait au bout de son bras. Dans l'autre, il serrait un petit blaster chromé qui paraissait davantage conçu pour dissuader que pour tuer.


Son regard bleu glacier était fixé droit devant lui, et sa volonté était entièrement tournée vers son objectif : placer le puissant artefact qu'il transportait en sécurité et sauver la galaxie de la menace fantôme qui planait insithieusement sur elle.


Et il n'avait pas le droit à l'erreur.


La République faisait rarement appel aux agents double zéro, préférant habituellement la diplomatie et la vertuosité légendaires des Jedi pour maintenir la paix et l'équilibre. Mais si le Sénat avait mandaté les services du Sixième M Intergalactique aujourd'hui, c'est que la finesse et l'habileté des Chevaliers de la Force ne suffisaient plus. Là où les membres de l'Ordre du Temple se devaient de traduire en justice malfaiteurs et assassins, l'agent double zéro, lui, avait tout simplement le permis de tuer.


Sa mission était capitale, sa réussite non négociable.


Derrière l'homme en costume, plusieurs explosions retentirent et l'arrachèrent brusquement de ses pensées : une dizaine de mercenaires armés jusqu'aux dents le poursuivait et avait la ferme intention de l'éliminer avant qu'il ne puisse atteindre son but.


Les tirs écarlates de leurs fusils magnétiques frappaient les murs, les passerelles et les enseignes lumineuses, créant des gerbes d'étincelles tout autour du blond en cavale.


Loin d'être impressionné, l'agent double zéro se pencha légèrement sur le côté et visa derrière lui avec son minuscule blaster, sans même prendre la peine de se retourner, prenant appui sur son flanc gauche pour stabiliser son arme.

Et il pressa la détente.


Pew ! Pew ! Pew !


Trois bruits de chute lui indiquèrent qu'il avait atteint plusieurs cibles.



-C'est impossible ! Il esquive... et il tire sans ralentir... et sans se retourner..., hurla une voix effrayée et haletante dans son dos.



-Ferme-la et continue, Bolt, tu crois peut être qu'on est payé pour se plaindre, fulmina une seconde voix derrière lui.



L'agent double zéro esquissa un bref sourire face au désœuvrement de ses ennemis, sauta par-dessus une rambarde de chantier et atterrit souplement sur une plateforme de chargement où il poursuivit sa course effrénée.


Plusieurs grincements métalliques lui indiquèrent que les assaillants restants étaient toujours à ses trousses et le talonnaient de près.


L'individu en costume sombre glissa alors son blaster dans sa veste et en profita pour sortir d'une des poches intérieures cinq petites billes opalescentes qu'il jeta avec désinvolture par dessus son épaule.



-Oh, mais qu'est-ce que...



Big Boum Badaboum !


Une déflagration intense balaya la plateforme et souffla une bonne partie des mercenaires, qui ne se relevèrent pas.


Satisfait par son petit tour de passe-passe, l'agent double zéro se promit de féliciter Q à son retour au bureau du Sixième M Intergalactique. Ce jeune prodige Mon Calamari n'était pas en reste pour sortir de ses ateliers d'ingénierie les gadgets les plus efficaces et inattendus qui soient, et ses missions avaient bien souvent tourner en sa faveur grâce à ces formidables joujoux.


L'espion blond fonçait désormais droit vers un hangar automatisé et, après un saut impressionnant, s'accrocha à une sonde de service qui commençait son ascension vers les hauteurs de Coruscant.

Le petit appareil perdit momentanément de l'altitude à cause de la brusque surcharge mais il réussit à se rétablir rapidement grâce à ses puissants propulseurs.


La main droite agrippée à l'objet volant, la gauche serrant toujours fermement sa précieuse malette, l'agent double zéro lança un regard vers le sol : la surface miteuse de la planète s'éloignait de plus en plus vite au fur et à mesure que la sonde accélérait vers le haut, et les deux derniers assaillants survivants furent bientôt aussi petits que des fourmis sous ses pieds.


Décidément cette mission se déroulait sans aucun accroc et il avait réussi à se débarrasser rapidement de ses ennemis. Le grand blond rejoindrait bientôt le point de rendez-vous avec le dignitaire chargé de la protection finale de l'artefact, signant par-là même un nouveau succès pour le Sixième MI. La galaxie serait une nouvelle fois sauvée grâce à cette organisation secrète qui agissait dans l'ombre, et double-zéro-sept recevrait alors son assignation suivante. C'était ainsi que cela fonctionnait. C'était ainsi que cela fonctionnait toujours.


Double-zéro-sept.


Cette pensée arracha un nouveau sourire à l’homme en costume sombre tandis que la sonde continuait son ascension rapide vers les hauteurs de Coruscant. En effet, double-zéro-sept était le seul nom par lequel il était appelé depuis des décennies. Personne ne connaissait sa véritable identité, mise à part ce simple matricule et ses initiales : J.B, dont les exploits légendaires étaient connues aux quatre coins de l'univers.


Bientôt, l'appareil volant perça la brume de pollution et 007 put alors admirer le soleil couchant qui éclaboussait les tours et les gratte-ciel d'une sublime lueur rubis.

Mais l'agent double zéro n'eut pas le loisir de s'émerveiller davantage sur le paysage que l'œcuménopole offrait au crépuscule : de nouveaux tirs de fusils magnétiques fusèrent dans les airs, le manquant cette fois de peu.


L'agent double zéro baissa les yeux et vit non sans surprise les deux derniers malfaiteurs à bord d'un speeder vert décapotable, armes au poing, fonçant droit sur lui.

Ils étaient donc plus coriaces qu'ils n'en avaient l'air, mais qu'importe : un agent double zéro va toujours au bout de sa mission.

Gainant son corps à la musculature impressionnante, 007 entreprit de se contorsionner en tout sens sous la sonde afin d'éviter les traits mortels de ses ennemis. Il ne pouvait cependant pas riposter pour l'instant, ses deux mains étant occupées, et il ne pouvait pas non plus diriger la sonde qui se déplaçait de manière autonome. Mais par chance, les mercenaires semblaient encore moins doués au tir qu'au sprint, et le blond put aisément éviter de se faire toucher.


Les bandits rapprochèrent cependant dangereusement leur véhicule et entreprirent de viser la sonde automatique à laquelle 007 était accroché.


Un léger frisson parcourut le corps de l'agent double zéro. Si l'appareil volant explosait sous le tir ennemi, il ferait une chute de plusieurs centaine de mètres, compromettant la mission et la survie de la République. Et cela était tout simplement inacceptable.


L'agent du Sixième MI se concentra, calculant sa trajectoire en une fraction de seconde, tous ses muscles tendus et prêts à fournir l'effort extrême. Et lorsque le véhicule vert fut enfin à portée, il lâcha la sonde et sauta.


L'homme en costume sombre atterrit souplement sur le capot du speeder qui piqua légèrement du nez sous le choc.

Le mercenaire aux commandes tenta de le désarçonner en donnant de grands coups de levier, mais en vain.

L'agent double zéro bondit alors sur le siège arrière et assomma son premier ennemi d'un puissant coup de malette avant que celui-ci ne puisse faire feu. Les dents du malfrat volèrent en tout sens tandis que ce dernier était projeté par dessus bord dans un cri terrifiant.


Un grognement de fureur retentit alors dans le dos de l'agent double zéro : le malfaiteur aux commandes enrageait littéralement de voir son dernier complice rendre l'âme, aussi il brandit son fusil pour viser directement la poitrine de l'homme en costume sombre.


Mais 007 était parfaitement entrainé et il réagit avec des réflexes surhumains. Il balança à nouveau la malette de duranium en plein dans l'estomac de son assaillant, dont le corps alla percuter le tableau de bord du speeder.


Le véhicule volant fit une brusque embardée et fonça soudain vers le ciel, ses commandes désormais verrouillées en mode ascension maximale.


Le speeder filait à toute allure, quasiment à la verticale, et il dépassa bientôt les premières lignes du trafic nocturne entre les immenses gratte-ciel de Coruscant.


Pew !


Le mercenaire avait profité de cette diversion pour ouvrir le feu sur 007. L'agent du Sixième MI pivota juste assez pour que le trait passe au ras de son épaule et, poursuivant son mouvement, il rabattit le bras armé de son adversaire vers le bas.


Pew !


Le nouveau coup de fusil ennemi partit dans le plancher dans une gerbe d’étincelles, et le speeder tangua légèrement.

Le malfaiteur rugit de colère et asséna un violent coup de crosse au visage de l'espion blond.

007 encaissa sans broncher puis il répondit d'un direct fulgurant qui fit à nouveau voler deux dents dans le vide.


Sous la puissance de l'accélération, les deux hommes roulèrent par dessus les sièges, chacun tentant de prendre l'avantage tandis que le véhicule poursuivait sa folle ascension au milieu de la circulation.


Une navette diplomatique les évita de quelques mètres, puis un cargo en provenance de Malastare klaxonna furieusement.



-Regardez devant vous, espèce de...



La fin de la phrase du conducteur se perdit dans le vacarme du trafic et de l'air qui sifflait à leurs oreilles.


Le grand blond finit par coincer violemment le bras de son adversaire contre la carrosserie et un craquement sinistre retentit.

Le mercenaire lâcha son arme et poussa un hurlement de douleur.



-Mauvaise journée, pas vrai demanda calmement 007.



D'un geste précis, l'homme en costume sombre arracha alors une capsule argentée fixée à sa ceinture.

Un nouveau petit cadeau de Q qu'il abandonna sur le siège conducteur tandis qu'un voyant se mit immédiatement à clignoter à sa surface.


Bip... Bip... Bip...


Le mercenaire, qui s'était prostré sur la banquette arrière, blêmit :



-C'est une bombe ?



Bond esquissa un sourire :



-Aucune idée. Disons que j'aime bien faire des expériences.



L'agent prit ensuite appui sur le rebord de l'engin et, sans un regard en arrière, se laissa tomber dans le vide.


Une seconde plus tard, le speeder vert explosa en une gigantesque boule de feu.

Privée de contrôle, l'épave percuta de plein fouet un immense panneau publicitaire holographique dont l'image (une famille souriante contemplant les eaux cristallines d'une planète paradisiaque :

LES QUARANTE LACS DE NABOO :

Le paradis existe, réservez dès aujourd'hui !) vacilla un instant.


Et pendant ce temps, l'homme en costume chutait, les bras le long du corps et parfaitement détendu, comme si tomber de plusieurs centaines de mètres faisait partie de sa routine quotidienne.


Loin en dessous de lui, un élégant speeder décapotable couleur ivoire glissait paisiblement entre les voies aériennes.


Une fois de plus, l'espion calcula sa trajectoire, visa et atterrit avec une déconcertante facilité sur le siège passager.


La conductrice, une sublime petite rousse aux yeux de biches et richement vêtue, poussa un hurlement de surprise tout en donnant un coup de manche qui fit bondir son véhicule sur le côté.


007 rajusta légèrement sa cravate :



-Pardonnez-moi pour cette entrée.



-Par les étoiles... enfin c'est insensé ! Vous sautez souvent dans le speeder des inconnus ?



L'homme en costume tourna son regard bleu glacier vers la jeune femme :



-Seulement lorsque la conductrice possède une magnifique carrosserie.



La rouquine, encore sous le choc, ne parut pas saisir immédiatement la portée de ses mots. Une légère teinte rosée colora cependant ses joues lorsqu'elle sentit sur elle les yeux à la fois brûlants et froids comme la glace de ce mystérieux inconnu.



-Souhaitez-vous... que je vous dépose quelque part, finit-elle par balbutier d'une voix tremblante.



-Sur cette plate-forme de chantier, ce serait parfait, susurra le grand blond en montrant du doigt une immense terrasse de métal et de béton.



Quelques secondes plus tard, le speeder se posa sur un vaste complexe de construction qui jouxtait le lieu de rendez-vous de 007.


L'homme en costume sombre descendit élégamment du véhicule et referma doucement la portière :



-Merci beaucoup pour cette petite balade... vivifiante.



-Est-ce que je vous reverrais un jour, demanda la petite rousse d'une voix hésitante.



-Je vous le déconseille fortement.



Et sur ces mots, 007 disparut dans l'obscurité.

Son point de rendez-vous, situé au niveau d'un des embarcadères de la ville, n'était plus qu'à un bâtiment d'ici. Plus que quelques minutes et le précieux artefact contenu dans la malette serait entre les mains de son nouveau gardien, et sa mission toucherait alors à sa fin.


L'agent double zéro retira sa veste et la plia avec soin sur son avant bras gauche, profitant de l'air nocturne pour se rafraîchir, tout en resserrant sa prise autour de l'anse de la valise de métal.


Des grincements et des bourdonnements retentissaient tout autour de lui : même au cœur de la nuit, les chantiers de Coruscant ne dormaient pas. Des dizaines de droïdes, de navettes auto-commandées et de grues autonomes dansaient un balai mécanique, s'affairant pour étendre la ville toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus vite.


Et quelque part bien au dessus de la tête de 007, un minuscule boulon céda.


Crac


Un grincement sinistre déchira l'air tandis qu'une des grues pivota, brusquement déséquilibrée par son lourd chargement. Son crochet se rompit à son tour, faisant basculer le conteneur dans le vide.

L'homme qui avait enlevé sa veste de costume sombre eut tout juste le temps de lever la tête.


Big

Boum

Badaboum


Le silence revint brutalement sur le chantier. Alerté par le bruit de la chute, un droïde de gestion et de surveillance s'avança jusque sur les lieux de l'incident.

Ses détecteurs et nombreuses caméras scannèrent la scène, puis il enregistra les informations avant de les transmettre pour rapport à l'agence de construction principale :



<.Incident de manutention numéro 45 873. >

<. Rapport des pertes matérielles : quatre cent cinquante mille crédits républicains.>

<.Rapport des pertes biologiques : humain, quantité : un. Situation critique. Probabilité de survie : 0.003%. >

<.Correction : probabilité de survie : 0%.>

<. Fin de transmission.>





***





Quelques centaines de mètres plus loin, une silhouette solitaire attendait dans la pénombre de la plateforme d'embarquement.


La jeune dignitaire Twi'lek était grande, élancée, d'une grâce presque irréelle. Sa peau d'un bleu azuréen semblait refléter la moindre parcelle de lumière tandis que sa longue cape violine dissimulait à peine sa silhouette.


Malgré son maintien digne et son calme apparent, ses doigts se crispèrent un instant sur le datapad qu'elle tenait entre ses mains fines.

La navette à destination d'Ossus ne tarderait plus à décoller. C'était la dernière liaison autorisée avant plusieurs jours, et sans doute l'unique occasion de mettre l'artefact à l'abri dans l'antique sanctuaire de cette planète, loin des convoitises des Forces obscures.


Pourvu qu'il arrive à temps...


La jeune femme ne connaissait rien de l'agent du Sixième MI qu'elle devait rencontrer, seulement son matricule :

Double-zéro-sept.

Et ses initiales :

J. B.

Le reste relevait simplement de la légende.


La jeune dignitaire avait entendu dire que cet homme pouvait anéantir une armée sans être vu, et qu'il avait empêché plus de guerres qu'aucun diplomate de la République. Certains prétendaient même qu'il pouvait tuer à main nue plusieurs dizaines d'ennemis, et qu'aucun être vivant n'avait jamais aperçu son visage.


Les minutes s'étirèrent, entre excitation contenue et tension palpable.


Puis, enfin, une haute silhouette émergea de l'obscurité du chantier voisin.


Une silhouette vêtu d'une veste de costume sombre, une mallette métallique à la main.


La Twi'lek sentit aussitôt la tension quitter ses épaules.


L'agent était enfin arrivé.





***





Jar Jar Binks n'avait jamais eu beaucoup de chance au cours de sa vie.

Depuis sa plus tendre enfance, tout ce qu'il entreprenait semblait se terminer en catastrophe généralisée.


Jar Jar avait un jour voulu devenir garde. Il avait failli embrocher son voisin et on lui avait dès lors interdit de toucher une lance.


Il avait essayé de vendre des coquillages sculptés.

Il avait réussi à faire s'effondrer son propre étal en écrasant le silure de compagnie de sa tante.


Pendant un temps, il avait même rêvé de devenir le styliste personnel de Boss Nass.

Mais personne n'avait jamais osé porter ce qu'il avait créé.


Alors un jour, son peuple l'avait banni, loin de Gungan City, loin des siens, loin de Naboo.


Et depuis, Jar Jar errait de planète en planète, sans jamais trouver le sanctuaire où son drôle de cœur cesserait enfin d'avoir le mal du pays.


Et Coruscant était sans doute le pire endroit de tous : du métal, du verre, une chaleur étouffante le jour, un froid mordant la nuit.

Pas un lac, pas une rivière, pas un poisson.

Aucun arbre, aucun buisson, pas même un petit oiseau pour chanter au lever du soleil.



-Horrrrrible planète..., marmonna Jar Jar en grelottant et en faisant battre ses deux longues oreilles tombantes. Horrrrrrrible planète missa pense...



Alors il avait pris sa décision : il rentrerait chez lui. Une navette décollait bientôt pour Naboo sur la plateforme d'embarquement.

Peut-être que les siens ne lui pardonneraient jamais, peut être serait-il aussitôt jeté dans les cachots de Gungan City mais au moins, il pourrait revoir les lacs de son enfance.


Ses pieds palmés, desséchés par les interminables avenues métalliques de Coruscant, le faisaient souffrir à chaque pas. Aussi avançait-il lentement vers l'embarcadère le plus proche lorsqu'une étrange agitation attira son attention.


Sur un chantier voisin, une nuée de petits droïdes de maintenance s'affairait autour d'un immense conteneur renversé.

En apercevant le Gungan s'approcher, les machines interrompirent leurs tâches de nettoyage avant de s'éloigner méthodiquement vers une autre zone, laissant Jar Jar seul dans l'obscurité.


Le Gungan baissa les yeux et aperçut une élégante veste noire repliée au sol.



-Oh...



Il ramassa délicatement l'habit sombre.



-Ça jolie veste. Missa chance aujourd'hui.



Le tissu était épais, chaud et il l'enfila aussitôt avec un soupir de soulagement.

À quelques pas de là gisait également une solide mallette métallique.

Jar Jar essaya d'en ouvrir les fermoirs, en vain.



-Hmmm... Issa sûrement très important. Missa va trouver qui a perdu Issa.



L'amphibien prit la valise et poursuivit sa route, revigoré par ses trouvailles.

Il atteignit péniblement la plateforme d'embarquement et à peine eut-il posé un pied sur la passerelle qu'une silhouette surgit vers lui.


Une créature irréelle.

Grande.

Magnifique.

Sa peau bleue semblait presque opalescente sous les éclairages du quai.

Jar Jar n'avait jamais vu un être aussi gracieux.

La jeune femme s'arrêta devant lui, le souffle court, ses yeux brillant d'espoir.



-Vous êtes... l'agent double zéro ? Celui que l'on nomme... J.B ?



Le cœur de Jar Jar sembla manquer un battement, se rétracter et gonfler à la fois, et une immense chaleur envahit sa poitrine.

Personne ne l'avait jamais accueilli avec un tel sourire.



Et sa voix trembla légèrement lorsqu'il répondit :



-Missa'ppelle... Binks.



Il déglutit péniblement avant de reprendre :



-Jar Jar Binks.



La Twi'lek baissa les yeux un instant et soupira, soulagée.

L'agent était enfin arrivé.











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