Les Chroniques d'un Jedi - Tome 1 : Les premiers pas…
Chapitre 5 – Kuat
Le chantier spatial de Kuat orbitait autour de la planète comme une couronne de métal en perpétuel mouvement. Des anneaux colossaux s’entrecroisaient lentement, traversés par des cargos, des navettes de maintenance et des remorqueurs chargés de pièces gigantesques.
Depuis le hublot de la navette Jedi, Jaden avait le nez collé à la vitre.
— C’est… énorme, souffla-t-il.
Un long moment de silence suivi.
— Tu crois qu’ils ont oublié de s’arrêter de construire ? Demanda-t-il.
Vyze, assis en face de lui, observait la structure avec une attention silencieuse. Il sentait quelque chose. Pas une présence nette. Plutôt une dissonance, comme une note fausse dans une symphonie parfaitement réglée.
— Ce lieu est inquiet, murmura-t-il.
— Les lieux peuvent être inquiets ?
— Quand trop de gens ont peur au même endroit, oui.
La navette s’arrima dans un souffle hydraulique.
À peine la rampe abaissée, un homme s’avança vers eux d’un pas rapide, suivi de deux assistants nerveux. Il portait un manteau sombre aux lignes strictes, marqué du sceau industriel de Kuat.
— Je suis Halren Voss, dit-il sans préambule. Directeur du chantier spatial.
Son regard glissa aussitôt sur Vyze et Jaden.
Puis il se figea.
— C’est une plaisanterie ?
Le Jedi qui les accompagnait s’inclina légèrement.
— Voici les Jedi que le Conseil a jugés aptes à cette mission.
Voss pinça les lèvres.
— Avec tout le respect que je dois au Conseil, répliqua-t-il, nous parlons de morts, de sabotages, et de pertes se chiffrant en milliards de crédits… Et vous m’envoyez des enfants.
Jaden leva la main.
— Je suis peut-être petit, mais pas enfantin.
Vyze lui lança un regard désespéré.
— Monsieur Voss, dit Vyze calmement, nous sommes ici pour aider et pour comprendre.
Voss les observa longuement. Puis il soupira.
— Très bien… Mais si l’un de vous se fait aspirer par un conduit de maintenance, je refuse d’en être tenu responsable.
— C’est noté, répondit Jaden.
Ils pénétrèrent dans le cœur du chantier.
Partout, des ouvriers s’affairaient, leurs visages marqués par la fatigue. Des droïdes de sécurité patrouillaient en nombre inhabituellement élevé.
— Les incidents ont commencé il y a trois semaines, expliqua Voss en marchant. Des défaillances ciblées. Toujours sur des sections critiques. C’est comme si quelqu’un savait exactement où frapper.
Vyze ferma brièvement les yeux.
— La peur est partout ici, dit-il. Et la colère aussi.
Voss s’arrêta net.
— Vous ressentez vraiment ce genre de choses ?
— Oui… Et ce que je ressens, ne vient pas d’un ouvrier mécontent.
Ils arrivèrent devant une immense baie vitrée donnant sur une coque de vaisseau inachevée.
Soudain, une alarme retentit.
— Secteur C-12 ! Cria une voix dans les haut-parleurs. Perte de gravité !
Voss pâlit.
— C’est exactement ce que je disais.
Sans attendre, Vyze se mit à courir.
— Hé ! protesta Voss. Vous n’avez pas l’autorisation !
— Il y a des gens là-bas, répondit Vyze sans se retourner.
Jaden soupira et le suivit.
— On avait dit observer et non de foncer tête baissée !
— On observe, tout simplement, mais en courant, répondit Vyze.
Au fond de lui, la Force s’agitait.
Et cette fois, elle n’attendrait pas.