Les Chroniques d'un Jedi - Tome 2 : Chercher sa voie
Chapitre 3 - Des maîtres sans réponses
Le Temple Jedi n’avait jamais semblé aussi vaste.
Depuis leur retour d’Ilum, Vyze avait l’impression que les couloirs s’étaient allongés, que les regards pesaient plus lourd. Le Conseil n’avait rien dit officiellement, mais le silence parlait pour lui.
Jaden marchait à ses côtés, son cristal de kyber soigneusement rangé contre lui.
— Ils te regardent comme si tu avais défié quelqu’un, murmura-t-il. Pas comme si tu avais échoué.
Vyze hocha la tête.
— C’est pire, répondit-il. J’ai parlé quand ils attendaient que je me taise.
Vyze chercha Qui-Gon Jinn, il se tenait près d’une haute verrière. Coruscant brillait sous la lumière artificielle.
— Tu poses de bonnes questions, dit-il calmement. Mais tu les poses au mauvais moment.
Vyze fronça les sourcils.
— Le Conseil refuse de regarder ce qui se cache derrière leurs certitudes.
— Peut-être, répondit Qui-Gon. Ou peut-être savent-ils que certaines vérités ne peuvent être affrontées sans conséquences.
— Et moi ? Demanda Vyze. Que suis-je censé faire ?
Qui-Gon sourit légèrement.
— Écouter la Force vivante. Même quand elle ne te mène pas là où tu voudrais aller.
Il alla ensuite à la rencontre du jeune Obi-Wan, qui l’accueillit avec sérieux, sans froideur, mais sans la chaleur habituelle.
— Ce n’est pas ce que tu as dit lors du débrief qui a posé problème, commença-t-il. C’est surtout, comment tu l’as dit !
Vyze baissa les yeux.
— Je voulais comprendre pourquoi une mission aussi dangereuse avait été validée sans que tous les paramètres soient connus.
— Et le Conseil t’a entendu, répondit Obi-Wan. Mais tu as remis en question leur jugement, devant eux, sans retenue.
Il marqua une pause.
— Un Jedi peut douter, mais il doit apprendre à exprimer ce doute sans provoquer de rupture.
— Et si le doute est trop grand ? Demanda Vyze.
Obi-Wan hésita.
— Alors il faut du temps…. Pas une confrontation.
Il trouva peu après Mace Windu, qui ne tourna pas autour du sujet.
— Ton comportement lors du débrief de Kuat a été jugé inapproprié, déclara-t-il. Tu as outrepassé ta place.
— J’ai vu un danger que vous refusiez de considérer, répondit Vyze.
— Tu as cru voir, corrigea Mace. Ce genre de certitude est précisément ce que nous surveillons.
Il croisa les bras.
— Aucun maître ne souhaite actuellement te prendre comme Padawan.
Les mots restèrent suspendus.
— Cela signifie que… murmura Vyze.
— Que ton maintien au sein de l’Ordre dépendra de ton évolution prochaine.
Pour finir, il tomba sur le Comte Dooku, qui l’écouta longuement, sans l’interrompre.
— Tu viens d’apprendre une chose essentielle, dit-il enfin. Je t’ai observé avant ton départ pour Ilum… L’Ordre tolère les questions… tant qu’elles ne menacent pas sa stabilité.
— Et si la stabilité est déjà compromise ? Demanda Vyze.
Dooku esquissa un sourire sombre.
— Alors ceux qui la signalent deviennent le problème.
— Que feriez-vous à ma place ? Demanda Vyze.
Dooku détourna le regard.
— Je ne suis pas certain d’être un exemple à suivre.
Mais dans sa voix, Vyze sentit une fracture ancienne.
Plus tard, assis sur les marches du Temple, Vyze regardait les vaisseaux décoller.
Jaden vint s’asseoir à côté de lui.
— Alors ? Tu as trouvé un maître ?
Vyze secoua la tête.
— Aucun.
— Et le Conseil ?
— Ils observent, répondit Vyze. Comme si j’étais une expérience en cours.
Jaden sourit faiblement.
— Tu sais… même sans maître, tu restes mon meilleur allié.
Vyze posa une main sur son épaule.
— Et toi, la seule chose qui me rappelle pourquoi je continue.
Mais au fond de lui, Vyze savait une chose : S’il continuait sur ce chemin, l’Ordre Jedi finirait par lui fermer ses portes.