Le Sénat n’avait jamais été aussi agité.
Et il y avait de quoi.
La nouvelle était tombée quelques instants auparavant.
Le Chancelier suprême, Finis Valorum, avait été victime d’un attentat dont il n’avait pas réchappé.
Cet acte odieux avait eu lieu sur la planète Eriadu, pendant la réunion de crise impliquant la Fédération du Commerce. Les négociations devaient mener à un terrain d’entente entre les deux parties afin d’éviter tout blocus pouvant perturber gravement l’économie et l’équilibre commercial de la République. Mais l’attentat avait empêché le débat et la mort du Chancelier avait clos le dossier définitivement. la Fédération ferait son blocus et plus rien ni personne ne l’en empêcherait.
Lott Dod, le représentant de la Fédération du Commerce au Sénat, souriait en voyant ses collègues sénateurs s’agiter de partout. Il pensait intérieurement <<Ça, une République ?>>. Il était vraiment temps que quelqu’un mette de l’ordre dans tout cela. Ce quelqu’un était peut-être arrivé, en la personne du Sith qui avait contacté son Vice-Roi, Nute Gunray, quelques temps plus tôt : Dark Sidious.
Tout comme Dod, Gunray frissonnait à chaque fois qu’il se retrouvait devant l’hologramme bleuté du seigneur noir. Mais ils ne pouvaient refuser son offre, ils avaient tout à gagner dans ce juteux contrat.
Sidious voulait que la Fédération prenne possession de la planète Naboo pour des « raisons politiques », selon ses dires. Gunray avait avoué à Dod qu’il ne comprenait pas vraiment son objectif et Dod ne chercherait certainement pas à en savoir davantage. L’homme était effrayant, mais il payait bien et s’occupait de tous les détails. Là encore, il financerait le très coûteux blocus de Naboo et l’armée de droïdes de combat pour le maintenir autant de temps que nécessaire. Une fois la planète entre ses mains, il la laisserait à Gunray qui pourrait en exploiter le précieux plasma. Ce serait une simple affaire commerciale de plus.
Le brouhaha cessa soudain, tous les regards s’étaient braqués sur le podium central qui venait de s’élever en silence. A son bord se trouvait le conseiller Mas Amedda et... Valorum lui même ?
Le silence laissa place à une pluie de chuchotements que Mas Amedda réprima immédiatement.
- Silence, je vous prie ! La parole est au Chancelier Suprême.
Valorum s’exprima :
- Mes chers collègues, la situation est très grave. Comme vous le savez, on a attenté à ma vie alors qu’une transition pacifique était en train d’être assurée avec la Fédération du commerce sur Eriadu. Les auteurs de cette attaque seront traqués sans relâche et punis comme il convient, mais le problème n’est pas là. Les négociations qui étaient en cours doivent reprendre au plus vite. Cela va au-delà de ma simple personne, il en va de la stabilité et de l’avenir de la République.
La nacelle de Lott Dod s’avança vers le centre de la rotonde.
- Chancelier Suprême, la Fédération du Commerce exprime son soulagement de vous savoir indemne suite à cette lâche tentative, heureusement ratée. Nous acceptons, bien entendu, de reprendre les négociations. En espérant qu’elles permettront de trouver un terrain d’entente mutuellement profitable, afin d’éviter de très fâcheux désagréments pour nous tous ici présents.
- Très bien, Sénateur Dodd, le Sénat est témoin de votre volonté de trouver un accord et vous en remercie. Nous vous laissons toute la liberté de choisir le nouveau lieu des négociations.
- Nous vous convions à bord de notre vaisseau amiral qui orbite actuellement autour de Naboo.
- Naboo ? Pourquoi Naboo ?
- C’est la planète que nous avons prise pour cible pour notre blocus, selon le droit que nous accorde la loi.
- L’article 213-3 du code commercial vous confère ce droit, en effet, mais vous ne devez en aucun cas avoir recours à la force armée contre les habitants de la planète.
- Bien entendu, je vous assure que ce sera un simple blocus commercial, totalement pacifique.
- Dans ce cas, des négociateurs seront envoyés dans les prochains jours sur Naboo.
- Nous serons ravis de les accueillir. Croyez bien que nous sommes vraiment navrés de devoir en arriver à cette périlleuse situation.
- Je comprends, Sénateur Dodd, le débat sur la taxation des routes commerciales est loin d’être terminé. Très bien, la séance est levée.
Valorum convoqua les Jedi Obi-Wan Kenobi et Qui-Gon Jinn, ceux qui l’avait sauvé de la mort sur Eriadu.
- Je préférerai éviter d’avoir à me rendre sur Naboo, vu ma condition actuelle.
- Nous comprenons, Chancelier, répondit Qui-Gon.
- C’est pourquoi je vous ai désigné, en accord avec le Conseil des Jedi, en tant que négociateurs. Votre discrétion et votre sagesse permettront de mettre un terme rapide à ce conflit, j’en suis sûr.
- Nous nous en occuperons avec honneur, Chancelier Suprême.
Les Jedi s’inclinèrent respectueusement. Valorum eut un soupir de soulagement, le premier depuis longtemps.
- Très bien. Un croiseur diplomatique vous attendra et je vais avertir la reine Amidala de votre arrivée. Faites vite et bien, Jedi, c’est pour moi une question de crédibilité.