Nouvelles d'une galaxie lointaine, très lointaine

Chapitre 20 : L'éclipse d'Alderaan

Par DarkSpielberg

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


2 jours avant la bataille de Yavin


« Sa Majesté Impériale, l’Empereur Palpatine ! » Annonça Mas Amedda à l’assemblée convoquée en session extraordinaire, avant de se retirer.

Palpatine se leva de la capsule circulaire placée au centre de l’immense rotonde du Sénat et s’avança jusqu’à son bord pour déclarer, avec son habituelle voix éraillée :

- Sénateurs, vous n’entendrez plus jamais le mot « insécurité » dans la galaxie, désormais. L’arme absolue de l’Empire : L’Étoile Noire, vient d’être achevée. Dorénavant, toute planète qui s’opposera à l’Empire sera anéantie !

Les Sénateurs applaudirent. Davantage par obligation que par adhésion.

- C’est pourquoi, le moment est venu de réformer un élément législatif de l’Empire qui n’a plus lieu d’être.

Tout le monde se tut brusquement.

- J’annonce qu’à partir de ce jour, le Sénat sera dissous de manière permanente.

Bail Organa, le sénateur et vice-roi d’Alderaan, bondit hors de son siège.

- Vous ne pouvez pas faire ça ! Le Sénat existe depuis les fondements de la République !

- République ? Vous n’êtes plus en République, mais en Empire !! Un Empire fort, prospère, bâti pour durer 1000 ans ! Un Empire invincible ! MON Empire !

- Vous avez perdu la raison ! Vous ne pourrez jamais gouverner la galaxie sans nous !

En guise de réponse, Palpatine eut un rire sinistre qui glaça le sang de toute l’assistance.

- Je suis le maître de cette galaxie et vous n’êtes plus rien désormais ! Les gouverneurs régionaux détiendront toute autorité sur leurs territoires.

L’ex-sénateur Organa se rassit. Inutile d’intervenir davantage. La République était définitivement morte désormais. Il faudrait agir autrement et rapidement.


Après la séance, il se rendit directement au bureau de Palpatine, situé sous le podium central de l’immense rotonde du Sénat, pour lui demander audience. Mas Amedda le fit entrer après en avoir reçu la permission par l’Empereur lui-même.

Palpatine était assis dans son fauteuil, ses deux gardes rouges d’élite derrière lui, prêts à fondre sur la moindre tentative d’attaque.

- Vice-roi Organa ! Votre intervention fut aussi téméraire que vaine.

- Majesté, je me dois d’insister. Vous ne pouvez pas effacer comme ça ce qui a mis plus de 1000 ans à être instauré !

- Je le peux, j’ai le pouvoir.

- Mais pourquoi prendre une mesure aussi extrême ?

- Parce que l’Empire est désormais en pleine capacité d’enfin exterminer les maudits rebelles que vous êtes !

- Quoi ?

Pour la seconde fois de la journée, Bail entendit le rire sinistre de l’Empereur.

- Vous pensiez pouvoir agir dans l’ombre, comploter pour me renverser. Vous et votre « Délégation des 2000 ».

Bail ne pouvait plus reculer. Ce n’était, de toutes façons, pas son intention. Il fit un pas en avant.

- Oui.

- Ahahahahaha ! Sale vermine rebelle ! Dire que ce sont des insectes comme vous qui veulent me détruire ! Ahahahahaha !

Il n’avait qu’à dégainer son blaster et tirer. Simple, rapide. Il se ferait abattre sur le champ par les gardes d’élite, mais, peu importe, son sacrifice libérerait enfin la galaxie du joug de ce tyran.

Pourtant, il hésita. Il avait agi par pure panique et impulsivité, sans réfléchir en profondeur aux conséquences, à court terme, qu’aurait un tel acte. L’Étoile Noire était en orbite, quelque part, prête à anéantir toute planète révélée comme étant dissidente à l’Empire, dont Alderaan. Et Leia, il ne savait même pas où elle était actuellement, si elle avait pu sortir indemne de l’attaque de Scariff. Non, il ne pouvait pas agir, pas encore. Il devait attendre le bon moment, et ce ne serait pas aujourd’hui. Il se contenta de prendre une profonde inspiration pour se maîtriser, puis déclara :

- Vous avez anéanti la liberté, détruit tous les droits et principes de tous les êtres vivants de la galaxie. Vous ne méritez que d’être destitué et jugé pour haute trahison envers la République !

Au grand étonnement de Bail, Palpatine ne répondit rien. Un silence des plus inconfortables envahit la pièce souterraine confinée. Le visage déformé de l’Empereur prit un air de colère furieuse. Ce misérable humain ne l’avait que trop défié depuis l’interruption de son discours dans la rotonde.

Bail n’eut que le temps d’apercevoir des éclairs jaillir des mains de l’Empereur pour l’atteindre de plein fouet et le projeter par terre, le laissant inconscient une bonne dizaine de secondes. Il reprit ensuite ses esprits, le corps complètement endolori. Palpatine n’avait pas bougé de son fauteuil.

- Disparaissez, Organa ! Soumettez votre insignifiante rébellion à l’Empire, ou périssez avec elle !

Bail se releva péniblement.

- Votre folie vous perdra, Empereur.

Il sortit en boitant sévèrement, son assistant courut vers lui afin de lui apporter son aide.

- Majesté, qu’est-il arrivé ?

- Pas le temps de discuter, retournons sur Alderaan au plus vite, je dois les prévenir !


Le croiseur consulaire fonçait à travers l’hyperespace. A bord, Bail était plus nerveux que jamais.

- A-t-on des nouvelles du Tantive IV ?

- Le Général Draven a reçu confirmation du Capitaine Antilles que la Princesse et la corvette ont pu quitter l’espace de Scariff avec les plans de l’Étoile Noire.

Bail eut un sourire de soulagement.

- C’est une excellente nouvelle !

L’officier garda son air grave.

- Qu’y a-t-il ? Demanda Bail, le regard de nouveau assombri.

- Le Général Draven a perdu le contact avec le Tantive IV, peu après. Il a intercepté des transmissions impériales dans le secteur de Tatooine faisant part de la poursuite d’une corvette officielle d’Alderaan par le destroyer stellaire de Dark Vador, le Devastator. Il l’a abordé. L’équipage a été exécuté et la corvette détruite.

- Et Leia ??

L’officier fit un signe négatif de la tête et l’univers sembla brusquement avoir englouti Bail.

- Je suis désolé, Monsieur.


Le croiseur se posa sur Alderaan quelques heures plus tard. Bail se dirigea immédiatement vers le palais royal afin de retrouver son épouse, Breha. Elle admirait les montagnes de Juran depuis le balcon, comme à son habitude. Quand Bail approcha, elle se tourna vers lui, entendant ses pas et courut le prendre dans ses bras.

- Te revoilà enfin ! J’étais morte d’inquiétude !

Ils s’enlacèrent longuement. Il restait silencieux. Elle sentit que quelque chose n’allait pas.

- Qu’y a-t-il ?

- J’ai de mauvaises nouvelles.

- J’ai appris pour la dissolution du Sénat. Palpatine a étouffé toute voix dissidente. Tout repose sur l’Alliance à présent.

Bail acquiesça mais garda son air grave et abattu. Il prit une profonde inspiration.

- J’ai… J’ai quelque chose d’autre à te dire.

Breha comprit qu’il s’agissait de quelque chose de plus grave que tout. Rien d’autre n’aurait pu faire flancher ainsi un homme comme le sien. Elle devint subitement pâle à l’idée de ce qu’il pouvait lui annoncer, car elle ne voyait qu’une chose.

- Est-ce que l’escadron de Scariff s’en est sorti ? Est-ce que… Leia...

Bail eut du mal à prononcer les mots. Il ne put sortir qu’un murmure.

- Le Tantive IV a été détruit. Leia… Leia…

Il s’effondra à genoux. Breha éclata en larmes.

- Non ! C’est impossible ! Pas elle ! Pas Leia ! Tu la connais aussi bien que moi, elle a forcément survécu ! Nous devons en savoir plus sur ce qu’il s’est passé à bord ! Retrouver l’épave, des survivants, des témoins. On ne peut pas abandonner comme ça !

Malgré son chagrin épouvantable, Bail acquiesça.

- Allons, relève-toi mon amour ! Il ne faut pas perdre espoir ! L’espoir est tout ce qui nous maintient encore en vie !

Elle l’aida à se remettre debout. Il respira un grand coup et retrouva, dans le regard de sa femme, la force et la détermination qui le caractérisait depuis toujours.

- Je vais envoyer un escadron enquêter près de Tatooine. Là où le Tantive IV a émis pour la dernière fois. Nous ne pourrons pas faire davantage pour le moment. La guerre est déclarée contre l’Alliance, elle a besoin de toutes les ressources disponibles. Même si je veux retrouver notre fille au plus vite, notre besoin personnel ne doit pas interférer avec ceux de l’Alliance. Nous devrons rester ici, en sécurité, jusqu’à ce que l’escadron revienne avec Leia.

Breha acquiesça, il l’embrassa.

- Nous la reverrons, Breha, je te le promets.

Il prit le comlink à sa ceinture pour donner l’ordre de former et envoyer l’escadron.

Mais il ne donna jamais l’ordre.

Le ciel bleu était subitement devenu noir. Bail et Breha levèrent les yeux et virent le soleil totalement éclipsé par la lune. Bail plissa le regard. Non. Ce n’était pas la lune.

Il fut instantanément horrifié et se tourna vers sa femme, sans parvenir à sortir un mot. Sa respiration s’étant tellement accélérée. Après de longues secondes, il parvint à dire :

- Le destructeur de planètes !

- Mon amour, ils ne feraient pas ça !

- Ils ont dû découvrir que Leia détenait les plans. Ce sont des représailles !

Acceptant l’horrible fatalité qui les attendait, il prit les mains de Breha dans les siennes.

- Au moins, nous serons ensemble.

- Non ! Il… Il doit encore y avoir du temps ! L’astroport est trop loin, mais nous pourrions rejoindre notre navette privée. Nous… Nous pourrions évacuer autant de personnes que possible ! Il doit y avoir quelque chose ! N’importe quoi que nous puissions…

Un intense rayon de lumière verte en provenance de l’Étoile Noire vint l’interrompre, plongeant dans le socle océanique de la planète, à une dizaine de kilomètres devant eux, pour le faire éclater dans un vacarme assourdissant.

Bail attira l’amour de sa vie contre lui. Elle le regarda dans les yeux et ils s’embrassèrent une ultime fois, les yeux débordants de larmes, tandis que les vagues se déchaînaient au loin, formant un tsunami titanesque.

Blottie dans les bras de son époux adoré, tremblante et terrorisée. Breha ferma les yeux.

- Elle s’en est sortie. Je le saurais si elle n’était plus là, Bail.

Il vit les montagnes s’effondrer autour de lui et déposa un baiser sur les cheveux de sa femme.

- Elle est en vie. Elle est en vie.

Elle releva la tête pour croiser son regard une dernière fois.

- Je sais.


Quelques secondes plus tard, le palais craqua de toutes parts. De larges fissures apparurent, jusque sous les pieds de Bail qui tenait toujours fermement Breha.


Il sentit la chaleur de son corps contre le sien, elle sentit son souffle contre sa nuque.


Puis ils sentirent l’odeur de cendres et de fumée, et l’instant d’après, le néant.





Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés