Les Chroniques d'un Jedi - Tome 4 : La Dissidence

Chapitre 8 : La Promesse des Ombres

1119 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 20/08/2026 12:47

Chapitre 8 : La Promesse des Ombres


Quelques semaines plus tard, Vyze se rendit au bureau d’Alyna, Kaelen Vance était là.

— Mes excuses, je vous dérange peut-être ?

— Non, répondit Alyna, je te présente Kaelen Vance, mon futur fiancé.

— Maître Vyze Polaekys, dit-il en s’inclinant légèrement.

— Je suis ravi de vous rencontrer, Maître Jedi. Alyna m’a beaucoup parlé de vous. Elle prétend que vous êtes l’homme le plus sérieux de Coruscant. Je commence à croire qu’elle a sous-estimé l’ampleur du défi.

Il souriait, mais ses yeux vifs et intelligents scrutaient Vyze.

— Vous avez une étrange signature, Maître Polaekys, continua Kaelen. Vous portez la Robe Jedi, mais vous avez le regard d’un homme qui attend une tempête que personne d’autre ne voit. Est-ce un trait de caractère ou une déformation professionnelle ?

Vyze resta immobile, surpris par la franchise directe du Corellien, mais son regard se fit plus tranchant. Il n’y avait aucune hostilité chez Vance, juste une fascination sincère.

— Un peu des deux, répondit Vyze humblement.

— Fascinant, murmura Kaelen en se tournant vers Alyna. Tu avais raison, chère amie. Il ne discute pas, il constate. Je comprends pourquoi tu as accepté son invitation sur Naboo.

— J’ai simplement offert à Alyna un instant de répit, chose que vous n’aviez pas su lui offrir…

Kaelen eut un petit rire sans joie, mais ses yeux restaient fixes.

— Bien vu, il est vrai que je n’ai pas votre… sensibilité.

Un léger silence, puis :

— Alyna, j’ai quelque chose à te dire, reprit Vyze. En privé.

— Je vous laisse, dit Kaelen, ne faites pas de bêtises.


Une fois seuls, Vyze reprit :

— Après Jaden, tu es la personne en qui j’ai le plus confiance dans cette galaxie. Je te demande simplement de m’écouter jusqu’au bout.

Alyna fronça légèrement les sourcils.

— D’accord… mais je sens déjà que cela ne va pas être facile à entendre.

Vyze inspira lentement.

— Depuis mes dix ans, je suis hanté par une vision… Je vois de nombreux Jedi tomber… et une ombre qui me poursuit. Elle respire comme une machine…

Il marqua une pause.

— Ni les Jedi, ni le chancelier de l’époque ne m’ont pris au sérieux. Alors j’ai préparé quelque chose… de très gros, de colossal même.

Un nouveau silence.

— Alyna, seuls Jaden et le directeur Voss de Kuat sont au courant… Je suis en train de construire un croiseur pour protéger l’avenir.

Il hésita encore un instant avant d’ajouter :

— Depuis le blocus de Naboo, je sais que ma vision finira par arriver. Alors j’ai créé une arme de défense en utilisant mon cristal kyber… J’espère ne jamais avoir à l’utiliser.

Alyna resta longtemps silencieuse.

Ses doigts se posèrent lentement sur le bord du bureau, comme pour s’assurer que tout cela était bien réel.

— Un croiseur… répéta-t-elle doucement.

Elle releva les yeux vers lui.

— Vyze… tu te rends compte de ce que tu viens de me dire ?

Elle fit quelques pas dans la pièce, visiblement troublée.

— Si ce que tu dis est vrai… cela signifie que tu prépares une guerre que personne d’autre ne voit venir. Comme Sifo-Dyas… qui est mort récemment.

Elle s’arrêta devant la baie vitrée, réalisant soudain toute l’ampleur du danger.

— Et si quelqu’un découvre ce que tu fais… le Conseil Jedi pourrait te bannir, et le Sénat pourrait te faire arrêter.

Elle se tourna vers lui.

— Pourtant…

Un léger silence.

— Je te crois.

Vyze resta immobile.

Alyna croisa les bras.

— Pas parce que je crois aux visions… mais parce que je te connais.

Elle le fixa droit dans les yeux.

— Tu n’es pas quelqu’un qui agit par peur.

Une nouvelle pause.

— Tu agis parce que tu es certain que quelque chose approche.

Elle soupira doucement.

— Alors je vais te poser une seule question, Vyze. Je dois savoir… comment finances-tu tout cela ?

— Je vends mes services aux Pykes. Avec Jaden, nous négocions des produits de contrebande et remplissons des contrats de chasseurs de primes… mais jamais d’exécutions. Tout l’argent sert à acheter les matériaux du vaisseau. Et j’arrêterai tout dès qu’il sera terminé.

Alyna secoua lentement la tête.

— C’est encore pire… Si quelqu’un l’apprend, Vyze, ce sera considéré comme de la trahison.

Elle le regarda longuement.

— Tu portes ce fardeau seul, avec Jaden, depuis tes dix ans ?

Elle inspira lentement.

— C’est donc ça que je vois dans tes yeux quand tu regardes les étoiles… Ce n’est pas de l’ambition.

Un silence.

— C’est de la peur.

Elle le fixa avec gravité.

— Dis-moi… cette ombre qui respire comme une machine… tu penses vraiment qu’un vaisseau pourra l’arrêter ?

— Je l’espère. Ce vaisseau faisait partie de ma vision… comme une ombre protectrice.

Vyze resta silencieux quelques secondes.

La pièce sembla soudain trop grande, trop calme.


Alyna détourna le regard vers la baie vitrée. Les étoiles s’étendaient au-delà du verre comme une mer immobile.

— Une ombre protectrice… répéta-t-elle doucement.

Elle resta là un moment, pensive, puis se reconcentra sur lui.

— Tu sais ce que cela signifie, Vyze ?

Il ne répondit pas.

— Si ta vision est réelle… alors ce vaisseau ne sera pas seulement une arme.

Un silence.

— Ce sera une promesse.

Vyze fronça légèrement les sourcils.

— Une promesse ?

— Oui. La promesse que quelqu’un aura essayé de protéger l’avenir… même si personne ne l’écoutait.

Elle marqua une pause, puis ajouta plus doucement :

— Mais à partir de maintenant, tu ne porteras plus ce fardeau seul.

Vyze la regarda, surpris.

— Alyna…

Elle leva la main pour l’interrompre.

— Je ne dis pas que j’approuve tout ce que tu fais. Mais je suis certaine d’une chose : Jaden ne t’aurait jamais suivi si cela n’avait été qu’une simple folie.

Elle se dirigea vers la porte de son bureau, lui signifiant que l’entretien touchait à sa fin.

— Alors termine ton vaisseau, Vyze.

Puis elle ajouta sans se retourner :

— Et prie pour que ta vision se trompe.

Vyze répondit doucement :

— Je te jure que c’est ce que je fais depuis dix ans.

Un silence retomba.

Vyze resta quelques secondes immobile, regardant les étoiles à travers la baie vitrée.

Au fond de lui, il connaissait déjà la vérité.

Sa vision ne se trompait jamais.



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