Les Chroniques d'un Jedi - Tome 4 : La Dissidence

Chapitre 13 : Arbitrage

Par AmiralVyze

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Chapitre 13 — Arbitrage


La cité flottait dans une lumière dorée.

Les plateformes de Bespin dérivaient lentement dans les nuages, tandis que les convois de gaz tibanna montaient depuis les profondeurs, canalisés par d’immenses structures industrielles. Tout semblait calme. Trop calme.

Vyze se tenait face aux représentants des compagnies minières et aux autorités locales. Les voix étaient posées, les mots choisis avec soin, mais la tension était palpable.

—  La République exige une exploitation équitable, déclara Vyze. Le gaz tibanna est une ressource stratégique, pas un levier de pression économique.

—  Facile à dire pour un Jedi, répondit l’un des délégués. Ce sont nos installations. Nos risques.

Jaden observait la scène en retrait, attentif.

—  Et bientôt, reprit Vyze, ce seront des flottes entières qui dépendront de cette ressource. La neutralité n’est plus une option.

Un silence s’installa.

L’arbitrage se conclut sans éclat. Un compromis fragile, comme tant d’autres.


Alors qu’ils quittaient la salle, un holo-écran s’alluma dans le couloir.

« Flash d’information. Tentative d’attentat explosive contre la sénatrice Amidala sur Coruscant. L’enquête est en cours. »

Jaden s’arrêta net.

—  Quoi ?

Vyze sentit la Force se tendre, comme une corde prête à rompre.

—  Ce n’est plus de l’intimidation, dit-il. C’est une stratégie.

Ils échangèrent un regard grave.


Le voyage de retour fut silencieux.

À bord de leur vaisseau, Vyze consulta des rapports, des projections, des scénarios de crise. Les mots revenaient sans cesse : sécurité, urgence, pouvoirs exceptionnels.

—  Tu penses au Delphinus, dit Jaden.

—  Oui.

—  Tu crois que le Conseil acceptera ?

Vyze ferma les yeux un instant.

—  Non, voici venue l’heure de mon choix...


Le Conseil Jedi se montra aussi inflexible que prévu, la révélation de l’existence du Delphinus a créer comme un séisme parmi les membres du conseil.

Kit Fisto prit la parole, le regard empreint de regret.

—  Le contexte est grave, Vyze. Mais ton vaisseau… son armement, son autonomie, sa capacité de projection… Ce n’est pas une réponse Jedi.

—  Ce n’est pas une réponse Jedi, répéta Vyze calmement. C’est une réponse Républicaine.

—  Tu as agi dans le plus grand secret, continua Mace Windu. Sans autorisation, sans aucun contrôle et désormais sans confiance.

Le verdict fut prononcé sans colère.

—  Par décision du Conseil… Tu es exclu de l’Ordre Jedi.

Le silence pesa lourd.

—  Alors je pars aussi ! Déclara Jaden.

—  Réfléchis bien, Jaden Aurelios, dit Ki-Adi-Mundi.

—  Je l’ai déjà fait !

—  J’accepte votre jugement, reprit Vyze. Je vois votre aveuglement face à la corruption du Sénat… Ne me considérez pas comme exclu, je pars simplement en mon âme et conscience…

Ils quittèrent le Temple ensemble.


Quelques heures plus tard, le bureau du Chancelier baignait dans une lumière douce, presque rassurante. Trop, peut-être.

Palpatine observait Coruscant à travers la large baie vitrée lorsqu’ils entrèrent.

—  Votre arbitrage sur Bespin a été… instructif, dit-il sans se retourner. Le gaz tibanna est au cœur des conflits à venir. Peu de Jedi l’ont compris à temps.

Vyze resta droit.

—  Je ne suis plus un Jedi.

Palpatine se tourna vers lui, un sourire calme aux lèvres.

—  Les titres importent peu quand les intentions sont claires. Vous souhaitez servir la République ? ... Avec votre vaisseau ? ... Et un équipage ?

—  Oui.

Le Chancelier s’approcha lentement de son bureau et s’assit.

—  Je peux vous accorder cela… Officiellement et légalement.

Jaden se raidit légèrement.

—  Mais ? Demanda Vyze.

Palpatine joignit les mains.

—  Il y a toujours une condition, Maître Polaekys. La République fonctionne ainsi.

Un silence.

—  Le Sénat va bientôt voter des pleins pouvoirs exceptionnels... Une mesure temporaire, bien sûr… mais décisive.

Vyze fronça les sourcils.

—  Je ne suis pas sénateur, Chancelier !

—  Non, répondit Palpatine doucement. Mais vous connaissez quelqu’un qui l’est.

Le nom ne fut pas prononcé tout de suite.

Il n’en avait pas besoin.

—  Alyna Rhee est respectée, poursuivit le Chancelier. Écoutée… Son vote pourrait… rassurer bien des indécis.

Le cœur de Vyze se serra.

—  Vous me demandez de l’influencer !

—  Je vous demande de lui parler, corrigea Palpatine. Vous savez le faire avec beaucoup de… sincérité.

Un silence lourd s’installa.

—  Pourquoi elle ? Demanda Vyze.

Le sourire de Palpatine se fit plus fin.

—  Parce que certaines rencontres ne sont jamais fortuites… Je vous ai vus, un soir, à l’opéra… Vous pensiez être discrets.

La révélation frappa Vyze comme un coup invisible.

Il revit la loge, les murmures, l’invitation.

La proposition de s’éloigner.

—  Vous m’observiez, dit-il.

—  Je m’intéresse aux êtres qui regardent plus loin que leur rôle, répondit Palpatine. Et vous, Maître Polaekys… vous regardez toujours l’horizon.

Jaden sentit la tension monter.

—  Et si elle refuse ? Demanda-t-il.

Palpatine inclina légèrement la tête.

—  Alors le Delphinus restera un magnifique monument à l’intention… Rien de plus !

Le choix était posé, net, implacable.

Vyze inspira profondément.

Il venait de comprendre que l’opéra n’était pas qu’un souvenir.

C’était le début d’une dette.

—  Je lui parlerai, dit-il enfin.

Le sourire du Chancelier s’élargit imperceptiblement.

—  Dans ce cas… la République vous remercie déjà pour votre loyauté.

En quittant le bureau, Vyze sentit la Force se refermer autour de lui.

Il n’avait pas été manipulé par la colère.

Ni par la peur.

Mais par l’attachement.

Et c’était, de loin, le piège le plus dangereux.




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