Chapitre 5 — La bête traquée
Le sol vibrait encore des derniers impacts orbitaux lorsque Vyze posa le pied sur la terre noire et vitrifiée.
— Il est là, dit-il simplement.
Jaden ne posa pas de question. Il ressentait la même chose.
Une présence dissonante, grinçante dans la Force, comme un métal tordu qui refuse de se briser.
Autour d’eux, les clones et le Commandant Max sécurisaient le périmètre, mais Vyze leva la main.
— Pas plus loin. Ce combat n’est pas pour vous.
Les soldats obéirent sans discuter.
Ils avancèrent entre les ruines industrielles, silhouettes découpées par les colonnes de fumée. Des carcasses de droïdes jonchaient le sol, éventrées de l’intérieur.
Puis la Force hurla.
— À couvert ! Cria Jaden.
Une poutre d'acier arrachée d'un bâtiment fondit sur Vyze comme un projectile.
Il eut à peine le temps de se retourner.
Le commandant Max se jeta sur lui.
Tous deux furent projetés au sol dans un nuage de poussière. La poutre traversa l'endroit où se tenait Vyze une fraction de seconde plus tôt.
Max roula sur le côté, son plastron marqué par l'impact.
— Amiral ! Vous allez bien ?
Vyze resta un instant immobile, surpris.
— Max… pourquoi ?
Le clone se releva difficilement.
— Parce que vous auriez fait la même chose.
Jaden esquissa un léger sourire.
— Tu viens de le sauver.
Max regarda les deux hommes comme si cela n'avait aucune importance.
— Avec tout le respect, Général Aurelios… c'est juste ce qu'on fait.
Et quelque part, dans son casque, Max sentit une étrange fierté, parce que, pendant une seconde, il avait oublié qu'il avait été créé pour mourir et s'était simplement comporté comme un homme.
Un rire métallique résonna alors parmi les ruines.
La présence qu'ils traquaient venait de les trouver.
Un râle mécanique, sifflant, presque moqueur.
— Jedi… Toujours trop sûrs d’eux.
Grievous surgit d’une passerelle effondrée, se déployant dans toute sa hauteur. Ses bras se dédoublèrent, puis encore, quatre sabres laser jaillirent dans un tourbillon de lumière.
— Un maître… et son élève, continua-t-il. Quelle délicate attention. J’ai hâte d’ajouter tes sabres noirs à ma collection !
Jaden se plaça instinctivement légèrement devant Vyze.
— Cette fois, tu ne t’échapperas pas, dit-il.
Grievous inclina la tête.
— Cette fois… nous verrons.
Il attaqua.
Le choc fut immédiat.
Jaden encaissa la première vague, sabre levé, pieds ancrés dans le sol. Vyze prit l’angle opposé, cherchant l’ouverture, mais Grievous était une tempête. Chaque coup était une feinte, chaque feinte un piège.
— Il s’adapte ! Lança Jaden.
— Comme un prédateur, répondit Vyze.
Un coup trop large.
Une fraction de seconde.
Grievous força l’ouverture et frappa Vyze d’un revers brutal. Son sabre vola, s’éteignant en roulant dans la poussière, il s’écroula et fut projeté sur plusieurs mètres.
— Vyze ! Cria Jaden.
— Continue ! Hurla Vyze.
Jaden redoubla d’intensité, bloquant, reculant, avançant encore, sabre contre sabres, retenant la bête à quelques mètres de Vyze.
Grievous rit de plus belle.
— Voilà donc le stratège désarmé.
Il frappa plus fort, plus vite, cherchant à briser Jaden.
C’est alors que Vyze bougea.
Grievous ne sentit rien au début.
Juste une douleur fulgurante.
Une lame jaillit sous le poignet droit de Vyze, courte, silencieuse, d’un éclat noir. Il se glissa sous une attaque, pivota et frappa.
La lame secrète trancha à travers une plaque d’armure et entailla profondément la jambe mécanique, vérins hydrauliques et tuyauteries inclus, de Grievous.
Un cri rauque, furieux, déchira l’air.
— Traître… !
Grievous recula, boitant, ses sabres tourbillonnant de manière désordonnée. Il repoussa Jaden d’un coup brutal et bondit en arrière, agrippant une paroi.
— Ce n’est pas fini, Jedi, siffla-t-il. Je vous retrouverai !
— Non, répondit Vyze, calme malgré la douleur. C’est toi qui fuis !
Grievous retourna sur la passerelle d'où il était venu et attrapa un jet-pack, activa ses propulseurs dorsaux et disparut dans les hauteurs, laissant derrière lui une traînée de fumée et de rage.
Le silence retomba.
Jaden se tourna vers Vyze, haletant.
— Tu es blessé ?
Vyze regarda sa main vide, puis la lame secrète encore déployée.
— Non, dit-il doucement. Mais la guerre, elle, vient de nous montrer les dents.
Ils restèrent un instant immobiles, conscients d’une chose essentielle :
Ils n’avaient pas gagné… Mais Grievous non plus.