Chapitre 8 — Ouvrir la voie
Coruscant n’était plus qu’un nœud de feu et de duracier.
Autour de la planète, des centaines de vaisseaux s’affrontaient dans un chaos presque total. Les croiseurs séparatistes formaient un verrou dense autour du secteur gouvernemental, un mur vivant destiné à empêcher toute percée vers le vaisseau amiral de Grievous.
Sur la passerelle du Delphinus, Vyze observait la carte tactique holographique.
— Ils ont organisé leur flotte comme une mâchoire, dit-il calmement. Ils veulent nous broyer si nous avançons de front.
Jaden suivait les mouvements avec attention.
— Anakin et Obi-Wan approchent par le corridor sud, annonça-t-il. Mais ils n’y arriveront jamais si ce verrou tient.
Vyze ferma brièvement les yeux.
La Force lui montra non pas l’avenir… mais les intentions, les flux, es failles.
— Alors on ne l’attaque pas, dit-il. On le fait glisser.
Il releva la tête.
— Acclamators un et deux : pression maximale sur le flanc gauche. Croiseurs légers : harcèlement constant, pas d’engagement prolongé… Nous, on avance lentement. Très lentement.
— Lentement ? Répéta Jaden.
— Ils doivent croire que nous hésitons.
Le Delphinus s’avança, majestueux, encaissant les premiers tirs sans répondre. Ses boucliers ondulaient, solides, presque provocants.
Les séparatistes mordirent à l’hameçon.
Ils concentrèrent leurs tirs.
— Maintenant, dit Vyze.
Les Acclamators frappèrent de concert. Non pour détruire mais pour déplacer. Forcer les croiseurs ennemis à se resserrer, à corriger leur formation.
Le verrou se tendit.
— Ils se referment, confirma Jaden. Comme tu l’avais prévu.
— Et maintenant… ils vont rompre.
Un escadron de chasseurs républicains jaillit dans l’ouverture créée, suivi par deux destroyers légers qui se glissèrent exactement là où Vyze l’avait anticipé.
La formation séparatiste céda.
— Corridor ouvert ! Cria un officier. Les chasseurs Jedi passent !
Sur l’holocarte, deux signatures filèrent à toute vitesse.
— Skywalker et Kenobi sont en route, annonça Jaden.
Vyze ne répondit pas. Il observait autre chose.
Au cœur du dispositif ennemi, un croiseur massif tentait de se repositionner. Trop lentement.
— Ils vont contre-attaquer, dit-il. Ils n’ont plus rien à perdre.
Le Delphinus trembla sous un impact direct.
— Boucliers à 72 %, annonça la passerelle.
Vyze inspira profondément.
— Très bien.
Il se tourna vers Jaden.
— Prépare le canon kyber.
Jaden se figea.
— Maintenant ?
— Pas encore, répondit Vyze. Mais ils doivent le sentir.
Un frisson parcourut le Delphinus.
Au cœur du vaisseau, le grand cristal kyber noir s’éveilla, Vyze vibra avec lui.
Les senseurs ennemis s’affolèrent.
— Ils paniquent, dit Jaden. Ils essaient de se disperser.
— Trop tard !
Le croiseur séparatiste central tenta un dernier mouvement désespéré, pivotant pour protéger le reste de la flotte.
— C’est lui, dit Vyze. Un tir. Un seul.
— Cible verrouillée, répondit Jaden, la voix tendue. Charge maximale atteinte.
Vyze posa la main sur la console.
— Feu !
Un rayon d’énergie noire pure jaillit du Delphinus, silencieux, implacable.
Le croiseur fut traversé de part en part. Sa coque se fissura, puis se désintégra dans une explosion blanche qui illumina l’orbite entière.
Le champ de bataille se figea.
Les vaisseaux séparatistes rompirent la formation.
Puis, un à un, ils battirent en retraite.
— Bataille gagnée, annonça la passerelle.
Vyze ne sourit pas.
Il regardait le vide laissé par le croiseur détruit.
— Le chemin est ouvert, dit-il simplement.
— À eux, maintenant.
Dans le silence qui suivit, quelque part au-dessus de Coruscant, deux Jedi fonçaient vers leur destin.
Et Vyze, pour la première fois, sentit que même la victoire avait un goût amer.