Chapitre 9 — Ce que l’on ose enfin demander
La rencontre n’eut lieu ni sur Coruscant, ni sur un monde loyal, ni sur une route officielle.
Un relais orbital désaffecté, vestige de la République, dérivait lentement dans le vide.
Le Delphinus resta à distance.
Une navette Thêta neutre accosta seule.
Dans une salle de conférence du relais, la pièce était nue avec simplement une table avec trois sièges.
Mon Mothma arriva la première, capuche abaissée, silhouette discrète.
Alyna entra à sa suite, visage fermé, attentive.
Puis Vyze. Sans uniforme. Sans insigne.
— Merci d’avoir accepté, dit Mon Mothma. Vous prenez déjà un risque en étant ici.
Vyze inclina la tête.
— Je vis dans le risque depuis longtemps, Sénatrice.
Ils s’assirent.
— Je vais être directe, reprit Mon Mothma. Vos actions ralentissent l’Empire. Mais elles ne le blessent pas.
Vyze soutint son regard.
— Blesser l’Empire frontalement serait signer mon arrêt de mort. Et celui de tous ceux qui dépendent encore de mon ombre.
— Justement, répondit-elle calmement. C’est votre ombre qui nous intéresse.
Un silence s’installa.
— Le Delphinus est trop visible, poursuivit-elle. Trop symbolique. Trop surveillé.
Alyna serra légèrement les mains.
— Mais une flotte ne repose pas que sur ses vaisseaux amiraux, continua Mon Mothma. Elle repose sur ses routes. Ses carburants. Ses pièces de rechange.
Vyze comprit.
— Vous voulez que je disparaisse… sans disparaître.
— Exactement, dit Mon Mothma. Sous couvert d’un autre bâtiment. Plus petit. Sans signature impériale claire.
Elle posa un datapad sur la table.
— Sabotages ciblés. Détournements discrets. Retards impossibles à prouver
— Et jamais de victoire revendiquée, ajouta Alyna. Juste des mondes qui respirent un peu plus longtemps.
Vyze prit le datapad… puis le posa sans l’ouvrir.
— Si je fais cela, dit-il, Je ne serai plus simplement un homme qui protège. Je deviendrai un homme qui attaque.
Mon Mothma le regarda sans ciller.
— L’Empire ne tombera pas par accident. Seulement par choix.
Un long silence suivit.
Vyze ferma les yeux : Il pensa à ses enfants, Ryn et Syla. À Jaden. À Kara.
À tous ceux qui vivaient encore parce qu’il avait retenu un tir, retardé une flotte, détourné un ordre.
— Il y aura des conditions, dit-il enfin.
Mon Mothma hocha la tête.
— Bien sûr.
— Jamais de cibles civiles. Jamais d’attaque directe contre des populations. Et si l’Empire me soupçonne… Je ferai en sorte de tomber seul.
— Accepté, répondit-elle sans hésiter.
Vyze inspira profondément.
— Alors je le ferai ! Quelque part, j’attendais ce moment depuis longtemps…
Alyna posa sa main sur la sienne.
— Nous ferons attention, murmura-t-elle.
Vyze releva les yeux vers Mon Mothma.
— Trouvez-moi un vaisseau… Et des routes que personne n’ose regarder.
Un léger sourire passa sur le visage de la sénatrice.
— Le mouvement n’a pas encore de nom, dit-elle. Mais il vient de trouver son premier stratège.
Vyze se leva.
— Ne l’appelez pas un mouvement…
Il se dirigea vers la sortie.
— Pour l’instant… Ce n’est qu’une nécessité.
La porte se referma derrière eux.
Dans le vide, le relais continua de dériver,
Ignorant qu’en son sein venait de naître
La première décision irréversible.