Les Chroniques d'un Jedi - Tome 8 : Le Gambit de l’Amiral
Chapitre 5 — L’imperfection
L’espace autour du convoi impérial était saturé de signaux : Balises de détresse factices, fréquences de ravitaillement volontairement non cryptées.
Un appât conçu pour attirer un esprit précis.
Sur la passerelle du destroyer amiral de la Cinquième Flotte, le Delphinus, Vyze observait la carte tactique, immobile.
— Toutes les unités en position, annonça l’officier de navigation. Le couloir est fermé. Aucune sortie hyperespace possible.
Thrawn se tenait légèrement en retrait, mains croisées derrière le dos.
— Le Cygnus arrivera, dit-il calmement. Il ne peut ignorer une faille aussi élégante.
Comme pour lui donner raison, un signal apparut.
— Contact furtif détecté ! Cria un opérateur. Signature compatible avec le Cygnus !
Les écrans s’animèrent.
Le vaisseau fantôme surgit brièvement, frappant le convoi avec une précision chirurgicale.
Deux cargos furent neutralisés en moins de trente secondes.
— Fermez la nasse, ordonna Thrawn.
La flotte se resserra, les destroyers pivotaient lentement, implacables.
— Le Cygnus est pris au piège, déclara un officier.
Un instant, puis soudain, le Cygnus tira un missile à impulsion ionique :
— Problème sur l’Auriga, annonça une voix tendue. Perte de puissance moteur ! Réacteur secondaire hors ligne !
Un des destroyers clés du dispositif dérivait lentement… ouvrant un interstice.
— Impossible, murmura l’officier tactique. Les systèmes ont été vérifiés ! Le bouclier aurait dû tenir au moins deux charges de plus.
Le Cygnus vira instantanément, Vyze eu un léger sourire en coin qu’il effaça rapidement.
— Il accélère ! Il fait cap sur la brèche ! Reprit l’officier.
— Interceptez ! Cria Vyze. Dank Farrik ! Il nous échappe !
Trop tard : Le vaisseau disparut en hyperespace, laissant derrière lui un silence lourd et humiliant.
Sur la passerelle, personne ne parlait.
Thrawn observait toujours la carte figée.
— Rapport, demanda-t-il enfin.
— La panne semble… authentique, répondit un technicien. Aucune trace de sabotage externe. Une défaillance interne rare, causée par la charge ionique, mais possible.
Thrawn se tourna lentement vers Vyze.
— Intéressant…
— Vous doutez de ce rapport ? Demanda Vyze.
— Je doute des coïncidences, répondit Thrawn. Surtout quand elles favorisent toujours la même entité.
Il activa une nouvelle projection.
— Le Cygnus ne fuit pas à l’aveugle. Il attend le moment exact où la structure se fragilise.
Il fixa Vyze.
— Comme si quelqu’un connaissait le plan…
Un silence tendu.
— Vous m’accusez, Grand Amiral ? Demanda Vyze d’une voix neutre.
— Non, répondit Thrawn. Je vous observe.
Il s’approcha.
— L’Auriga est un destroyer de votre flotte, son commandant, Valle, a servi sous vos ordres pendant dix ans… Et il tombe en panne précisément quand le Cygnus en a besoin… Notamment quelques nanosecondes avant l’impact de ce missile…
Il laissa planer ses mots.
— Ce n’est pas une preuve mais c’est un motif.
Vyze soutint son regard sans ciller.
— Alors que comptez-vous faire ?
Thrawn inclina légèrement la tête.
— Adapter le piège.
— Comment ?
Un sourire froid.
— En éliminant les variables humaines. Y compris celles que je respecte.
Il tourna les talons.
— La chasse continue, Amiral. Et désormais… Elle est personnelle.
Vyze resta seul face aux étoiles.
Quelque part dans l’hyperespace,
Jaden respirait enfin.
Mais Vyze savait une chose : Le jeu venait de changer de niveau.