Chapitre 9 — Ceux qui veillent
Vyze avait cessé de croire au hasard.
Chaque rencontre, chaque regard un peu trop long, chaque silence dans les couloirs impériaux lui semblait désormais chargé d’intention.
L’Empire observait et Thrawn calculait, mais la Force… murmurait.
C’est pour cela qu’il les chercha : Pas des Jedi, ni des guerriers mais des survivants.
Le premier était un colosse qui vivait sur un monde minier oublié, employé comme contremaître.
Il sentait les éboulements avant qu’ils ne surviennent.
Jamais assez pour l’expliquer.
Toujours assez pour sauver des vies.
— Tu savais, dit Vyze après l’avoir observé travailler. Tu as toujours su.
L’homme ne nia pas.
— Je croyais que c’était de la chance.
— Ce n’est pas le cas.
Il accepta sans poser de questions, après que Vyze l’ai aidé à résoudre ses problèmes avec l’Empire.
La deuxième était guérisseuse, dans les bas-niveaux de Coruscant.
Elle apaisait les douleurs sans toucher, calmait les esprits trop brisés pour dormir.
— Je ne veux pas me battre, dit-elle.
— Tant mieux, répondit Vyze. Ce n’est pas ce que je te demanderai.
Elle aussi eut une reconnaissance éternelle envers Vyze après l’avoir aidée avec les autorités Impériales.
Le troisième était un ancien éclaireur impérial, réformé pour “instabilité émotionnelle”.
Il ressentait les présences avant de les voir.
Les embuscades avant qu’elles ne prennent forme.
— On m’a dit que j’étais trop sensible, cracha-t-il.
Vyze hocha la tête.
— Ils n’aiment pas ce qu’ils ne contrôlent pas, j’ai signé ton ordre de transfert… Vers un néant administratif… Aujourd’hui, aux yeux de l’Empire, tu n’existes plus !
Les trois autres vinrent de mondes différents.
Un navigateur qui suivait des routes qu’aucune carte n’indiquait.
Une jeune femme capable de masquer sa présence et celle des autres dans la Force.
Un homme âgé, silencieux, qui entendait les échos des lieux marqués par la mort.
Six au total, six étincelles, pas assez pour changer la galaxie : Mais assez pour protéger ce qui comptait.
Ils se retrouvèrent dans un lieu neutre, ancien refuge de la République abandonné depuis la guerre.
Vyze se tenait devant eux, sans uniforme, sans titre.
— Je ne vous offrirai ni gloire ni reconnaissance, dit-il. Seulement un devoir.
Il activa une projection : Alyna avec Ryn et Syla. Jaden et Kara avec leurs enfants, Rho et Lio.
— Vous protégerez ces vies. Sans poser de questions. Sans chercher à comprendre ce qui se joue au-dessus de vous.
— Contre qui ? Demanda l’éclaireur.
Vyze répondit sans détour.
— Contre l’Empire… Et contre moi, si un jour je tombe.
Un silence.
— Qui sommes-nous censés être ? Demanda la guérisseuse.
Vyze ferma un instant les yeux.
— Des gardiens, dit-il. Pas des chevaliers… Ni des juges.
Il rouvrit les yeux.
— Des Medjaÿ !
Le mot résonna doucement.
— Un ancien terme, expliqua-t-il. Ceux qui veillent entre les mondes, ceux qui protègent sans être vus, je vous apprendrais les rudiments de la Force… Mais vous ne serez pas des Jedi… Je vous apprendrais à vous protéger du côté obscur et à rendre votre esprit fort.
Ils se regardèrent. Aucun ne recula.
Plus tard, seul, Vyze observa Coruscant depuis une baie discrète.
Il sentait l’étau se refermer.
Les questions trop précises.
Les regards trop insistants.
Le temps se comptait désormais en battements.
— Bientôt, murmura-t-il.
Il pensa à Alyna.
À leurs enfants.
À Jaden, qui lui faisait confiance sans réserve.
Et pour la première fois depuis longtemps,
Vyze ne chercha pas à voir l’avenir.
Il se contenta de le préparer, comme quand il était enfant.