Les Chroniques d'un Jedi - Tome 8 : Le Gambit de l’Amiral
Chapitre 12 — Le poids du Cristal
Dans le hangar tribord du Delphinus, une navette Delta se posait. Orson Krennic descendit la rampe, à ses côtés, Galen Erso avançait la tête basse, ses yeux fatigués parcourant déjà l'architecture du vaisseau.
Un inspecteur du BSI, un homme nommé Kaldor, marchait dans leurs pas
— Amiral Polaekys, lança Krennic. Vos états de service mentionnent un canon à focalisation Kyber d'une puissance... inédite. Mon département en réclame les plans.
Vyze soutint le regard de l'homme à la cape blanche avec une indifférence glaciale.
— Les plans ont brûlé avec les archives tactiques lors de notre défaite contre le Général Grievous pendant la Guerre Noire, Directeur. Ce canon est un vestige mal entretenu d'une époque révolue.
Dans les entrailles du vaisseau, près de la chambre de résonance, Kara guidait Galen Erso à travers un labyrinthe de câbles et de conduits de refroidissement. L’inspecteur du BSI, marchait dans leurs pas, notant chaque mot sur son terminal.
— La structure moléculaire du cristal semble... instable, murmura Galen. Comment gérez-vous la saturation thermique ?
Kara ne cilla pas. Elle posa une main sur une console de contrôle et débita un charabia technique avec un aplomb héroïque :
— Nous ne la gérons pas, Docteur. Nous utilisons un cycle de pré-ionisation inverse pour dissiper le surplus dans les boucliers secondaires. C'est inefficace, dangereux, et cela risque d'arracher la coque à chaque tir. C'est pour cela que les plans n'ont jamais été dupliqués. C'est une erreur d'ingénierie.
Galen fronça les sourcils. Il sentait que quelque chose clochait, mais la complexité des faux schémas que Kara affichait sur l'écran le laissait perplexe.
Plus tard, l'Inspecteur Kaldor intervint :
— L'Empire a besoin de ce canon, Amiral. Un groupe de dissidents s'est retranché sous le massif de granit de la planète Orizon. Nous allons tester votre "vestige" sur eux.
Vyze jeta un regard à Jaden dans l'ombre de la passerelle. Le signal fut transmis instantanément. Pendant que le Delphinus se mettait en position de saut hypersatial, Alyna, depuis son bureau sur Coruscant, envoyait un message codé à Bail Organa…
— Amiral ! Cria un technicien. Le cœur du réacteur passe en mode maintenance automatique ! La poussée hyperspatiale est réduite de 50% !
Krennic frappa du poing sur la balustrade.
— Qu'est-ce que cela signifie ?
— Cela signifie, Directeur, répondit Vyze calmement, que ce vieux vaisseau refuse d'être bousculé. Nous arriverons à Orizon... avec du retard.
Le voyage, qui aurait dû durer quelques heures, s'étira en une éternité. À l'autre bout de la galaxie, des navettes de transport civiles évacuaient frénétiquement les montagnes d'Orizon sous la supervision discrète des agents de Bail Organa.
Lorsque le Delphinus sortit enfin de l'hyperespace devant la planète, le canon Kyber mit un temps infini à charger. Les turbines gémissaient, les lumières de la passerelle vacillaient.
— Charge à 80%... 90%... Annonça Kara via l'interphone.
Vyze observa les derniers échos radar des navettes rebelles disparaissant derrière la lune de la planète. L'espace était désormais vide.
— Feu, ordonna-t-il.
Un rayon noir déchira l'espace et frappa le sommet de la montagne. L'explosion fut colossale. Le granit se transforma en lave, la montagne s'effondra dans un fracas apocalyptique.
L'Inspecteur Kaldor observa les capteurs thermiques.
— Cible vaporisée. Aucune signature de vie détectée dans les décombres. Beau travail Amiral, quand je pense qu’au bureau certains doutent de vous…
Krennic sourit, satisfait de la démonstration de force brute. Galen Erso, lui, restait pensif, regardant les relevés d'énergie qui n'avaient aucun sens logique.
Une fois les officiels repartis dans leur navette, le calme revint sur la passerelle. Jaden s'approcha de Vyze.
— Krennic est convaincu que le canon est une merveille, mais l'Inspecteur Kaldor... il a failli remarquer que les quais de chargement étaient vides bien avant l'impact.
Kara apparut, un sourire fatigué aux lèvres.
— Galen Erso est un génie, mais il veut tellement croire que cette technologie est défaillante qu'il a accepté tous mes mensonges. Il préfère que le canon soit un échec plutôt qu'une réussite impériale.
Vyze regarda la planète Orizon s'éloigner sur l'écran.
— Nous avons sauvé des vies aujourd'hui en faisant passer notre plus grande arme pour une épave. C'est une victoire que Krennic ne pourra jamais comprendre.