Les Chroniques d'un Jedi - Tome 11 : Le dernier seuil

Chapitre 8 : Les cicatrices de l’Ombre

Par AmiralVyze

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Chapitre 8 — Les cicatrices de l’Ombre


Le Delphinus était silencieux.

Un silence lourd, presque irréel, seulement brisé par les alarmes médicales étouffées et le bourdonnement régulier des systèmes de survie. Le vaisseau avait survécu à l’Executor. Son amiral, peut-être pas.

Vyze était allongé sur une civière antigrav, inconscient, pâle, le torse entouré de champs de contention. La brûlure du sabre avait frôlé le cœur, traversé des tissus que même la médecine impériale considérait comme irrécupérables sans intervention immédiate.

— On le perd, murmura Alyna.

Jaden ne répondit pas. Il marchait à côté de la civière, une main posée sur le champ énergétique comme s’il pouvait, par la seule volonté, retenir Vyze dans ce monde.

— Pas aujourd’hui, dit-il simplement. Pas maintenant.

La cuve de bacta se referma dans un chuintement doux.

Le liquide bleu enveloppa le corps de Vyze, suspendu entre vie et mort. Des sondes se connectèrent à sa colonne, à son cœur, à son esprit.

Les médecins secouèrent la tête.

— Les dégâts sont profonds. Pas seulement physiques.

Alyna s’arrêta devant la vitre translucide.

Vyze semblait si… petit, ainsi. Lui qui avait tenu tête à l’Empire, réduit à un corps fragile, dépendant d’un liquide et de machines.

Elle posa la main contre la paroi.

— Reviens, murmura-t-elle. Tu n’as pas le droit de partir maintenant.

Derrière elle, les enfants entrèrent.

Jeunes adultes forgés par la guerre, la fuite, les secrets. Ils avaient combattu des TIE, vu des mondes brûler. Mais rien ne les avait préparés à cela.

À voir leur père ainsi.

Ce qu’ils ont senti.

— Ce n’était pas seulement une blessure, dit Ryn à voix basse. J’ai… senti quelque chose.

— Moi aussi, répondit Syla. Comme un gouffre.

Jaden ferma les yeux.

— Le côté obscur, dit-il. Votre père l’a appelé. Et il a répondu.

Un silence choqué suivit.

— Il… l’a utilisé ? Demanda Syla.

— Oui, répondit Jaden. Pour nous sauver.

Alyna se tourna vers lui, les larmes aux yeux.

— Et pour se perdre, murmura-t-elle.

Dans la cuve, les doigts de Vyze frémirent.

Les enfants s’approchèrent instinctivement.

La Force ondula doucement.

Il n’était pas conscient… mais il entendait.


Plus tard, la cuve s’ouvrit partiellement, juste assez pour que la voix de Vyze puisse sortir, faible, râpeuse.

— Je suis… désolé…

Les enfants se figèrent.

— Papa… ne recommence pas, dit Ryn. Pas ça.

— On a senti ce que tu as senti, ajouta Syla. Et on ne veut plus jamais ressentir ça.

Vyze inspira avec difficulté.

— Il fallait… Il fallait l’arrêter…

— Non, coupa doucement Syla. Il fallait rester toi.

Un silence lourd tomba.

Puis, à tour de rôle, ils parlèrent.

— Promets-nous.

— Plus jamais.

— Promets que tu ne laisseras plus cette chose te guider.

— Quoi qu’il arrive.

Vyze ferma les yeux.

La Force l’enveloppa. Calme. Présente. Comme un rappel.

— Je vous le promets, murmura-t-il. Plus jamais !

Vyze resta silencieux un long moment, comme s’il rassemblait ses dernières forces.

Sa voix revint, plus faible encore, mais claire.

— Il y a… une chose que je ne vous ai jamais assez dite…

Ryn et Syla se rapprochèrent instinctivement de la cuve.

— Je vous aime. Tous les deux. Plus que tout… Et je suis fier de ce que vous êtes devenus.

Le silence qui suivit n’était plus lourd, il était vivant.

Syla posa doucement sa main contre la paroi de la cuve.

Ryn baissa la tête, submergé, incapable de parler.

Mais Vyze avait compris

Alyna hocha la tête, silencieuse.

Jaden posa une main sur l’épaule de Vyze.

— Tu as franchi le seuil, dit-il doucement. Maintenant… reste de ce côté.

Le temps était suspendu.


Les jours devinrent des semaines.

La bacta faisait son œuvre lentement, patiemment. Les brûlures se refermaient. Les tissus se régénéraient. Mais les cauchemars persistaient.

Vyze rêvait de Vador. De respirations brisées. De choix irréversibles.

Parfois, il se réveillait en sursaut, la respiration courte, entouré de silhouettes inquiètes.

À chaque fois, quelqu’un était là : Alyna, Jaden, Ryn ou Syla.

Et peu à peu… la douleur recula.


Quand Vyze sortit enfin de la cuve, amaigri, marqué, soutenu par des exosquelettes médicaux, le Delphinus entier sembla retenir son souffle.

Il était vivant. Pas intact. Mais vivant.

Il leva les yeux vers ceux qu’il aimait.

— Je suis encore là, dit-il. Grâce à vous.

Les enfants échangèrent un regard.

Ils avaient vu le monstre.

Et ils avaient vu l’homme revenir.




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