Chapitre 2 — Les chemins invisibles
Plus tard, le Delphinus glissait dans l’obscurité, ses flancs illuminés par les étoiles lointaines. Les moteurs ronronnaient doucement, comme si le vaisseau lui-même retenait son souffle.
Dans le salon d’observation, Alyna se tenait face aux hublots, les bras croisés. La lueur froide de l’espace soulignait la tension de son visage.
— Tu t’es trompé, Vyze.
Il ne répondit pas tout de suite. Assis derrière elle, il observait le lent déplacement des constellations, perdu dans ses pensées.
— Luke avait besoin de toi, reprit-elle. Pas d’un symbole. Pas d’un conseil vague. D’un maître.
Vyze se leva et la rejoignit.
— Je le sais, dit-il calmement. Et c’est justement pour cela que j’ai refusé.
Alyna se tourna brusquement vers lui.
— Depuis quand fuis-tu ce que tu es ?
Il esquissa un sourire triste.
— Depuis que j’ai compris que la Force ne nous appartient pas. Elle nous traverse… et parfois, elle nous contourne.
Il posa la main contre la vitre.
— Quand Luke m’a parlé, je n’ai pas senti un chemin qui passait par moi. J’ai senti… un détour. Comme si la Force l’appelait ailleurs.
Alyna baissa les yeux.
— Et si tu te trompes ?
— Alors, répondit Vyze doucement, La Force me le fera payer.
Un silence lourd s’installa.
Puis une voix résonna dans le salon.
— Sortie d’hyperespace dans trente secondes.
Alyna inspira profondément.
— Nous approchons de Home One.
L’immense croiseur mon calamari émergea de l’obscurité, majestueux et organique, entouré d’une myriade de chasseurs et de frégates rebelles. Le Delphinus sembla presque austère à ses côtés, mais sa silhouette inspirait un respect silencieux.
Sur la passerelle de Home One, l’Amiral Ackbar attendait déjà, entouré d’officiers et de projections holographiques instables.
— Amiral Polaekys, Sénatrice Rhee, dit-il en inclinant légèrement la tête. Votre présence tombe à point nommé.
Le briefing débuta sans détour.
— Depuis plusieurs jours, poursuivit Ackbar, nos cellules signalent une activité impériale inhabituelle.
Des hologrammes s’animèrent : des systèmes isolés, des routes commerciales mineures, des mondes glacés, désertiques, oubliés.
— Des droïdes sondes, dit Ackbar. Des centaines de milliers. Envoyés dans toutes les directions.
Vyze fronça les sourcils.
— Pas une reconnaissance militaire classique… Ils ne cherchent pas des flottes.
— Exact, répondit Ackbar. Ils cherchent quelque chose.
— Ou quelqu’un, reprit Vyze.
Alyna échangea un regard inquiet avec Vyze.
— L’Empire ne disperse jamais ses ressources sans raison, dit-elle. Surtout pas après Yavin.
Vyze sentit alors un léger frisson courir le long de son échine.
Un écho. Lointain. Froid.
— Ce n’est pas une chasse ordinaire, murmura-t-il. C’est une traque guidée.
Ackbar inclina la tête.
— Votre intuition rejoint nos craintes. Si l’Empire déploie autant de sondes… C’est qu’il est prêt à frapper dès qu’il aura trouvé ce qu’il cherche.
Vyze pensa à Hoth.
À Luke.
À son regard lorsqu’il avait refusé.
— Alors il ne faut pas les laisser trouver en premier, dit-il enfin. Ni comprendre ce qu’ils cherchent vraiment.
Le silence retomba sur la passerelle.
Et, quelque part dans la galaxie, un droïde sonde impérial venait d’atterrir sur un monde de glace.