Les Chroniques d'un Jedi - Tome 12 : L’Ombre et la Flamme

Chapitre 3 : Les cendres de la glace

1205 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 29/09/2026 09:34

Chapitre 3 — Les cendres de la glace


Vyze méditait sous la passerelle du Delphinus, il sentit le froid envahir Luke, la neige... Une grotte… Un Wampa… Vyze força un peu plus : "Réveille-toi"… La vision se troubla ensuite vers autre chose : la base Echo en flamme. Vyze se redressa brusquement et sonna l’ordre de départ.

L’hyperespace se déchira brutalement devant l’étrave du Delphinus.

Les alarmes se turent aussitôt, remplacées par un silence irréel.

Devant eux s’étendait Hoth.

Ou plutôt ce qu’il en restait.

La planète de glace était zébrée de panaches de fumée noire, visibles jusque dans l’orbite basse. Des débris dérivaient lentement : coques éventrées de transports rebelles, fragments d’AT-AT abattus, carcasses de chasseurs carbonisés. La bataille était terminée… mais son écho vibrait encore dans la Force.

Vyze sentit immédiatement le vide.

—  Ils sont partis, dit-il à voix basse.

Jaden, debout à ses côtés sur la passerelle, acquiesça.

—  Vador aussi.

Un officier se tourna vers eux.

—  Des signaux de détresse subsistent à la surface. Des groupes dispersés. Principalement des prisonniers.

Vyze ferma les yeux un bref instant.

La Force lui répondit. Faiblement. Fragmentée. Mais vivante.

—  Équipe d’intervention, avec moi, ordonna-t-il. Jaden, tu prends l’aile est. Les Medjaÿ, priorité absolue : extraction, pas d’affrontement prolongé.

Les silhouettes encapuchonnées s’inclinèrent en silence. Depuis des années, ils opéraient sans bruit, sans gloire, là où l’Empire pensait avoir déjà gagné.


La navette Thêta se posa dans un nuage de neige soulevée par les réacteurs.

Le froid de Hoth mordit immédiatement les visages. Autour d’eux, les tranchées rebelles étaient en ruines, écrasées sous les pas des marcheurs impériaux. Des câbles arrachés pendaient comme des entrailles figées dans la glace.

—  Mouvement à vingt mètres, annonça un Medjaÿ.

Un groupe de stormtroopers escortait une dizaine de prisonniers rebelles, menottés, épuisés, certains blessés. Les impériaux riaient, sûrs d’eux. La victoire leur appartenait déjà.

Ils n’eurent jamais le temps de comprendre.

Les Medjaÿ frappèrent sans un mot. Rapide. Précis. Inéluctable.

Un trooper s’effondra, neutralisé avant même d’avoir levé son blaster. Un autre tenta d’alerter par comlink, une lame discrète trancha net la transmission. En quelques secondes, le silence revint, seulement troublé par le vent hurlant.

Vyze s’approcha des prisonniers.

—  Vous êtes en sécurité, dit-il simplement.

Une femme releva la tête, le regard encore embrumé par la peur.

—  Le… le Seigneur Noir ? Il est parti ?

Vyze hocha la tête.

—  Il a déjà d’autres proies.

Il n’ajouta rien.

Il n’avait pas besoin de dire lesquelles.

Soudain un marcheur AT-ST approcha, Vyze ordonna le retrait, il allait faire diversion.

Le sol trembla sous les pas métalliques du AT-ST, ses canons se verrouillant sur Vyze. Chaque pas écrasait la neige, chaque mouvement respirait la puissance brute de l’Empire.

Vyze ne bougea pas, calme et immobile.

Puis, lentement, son bouclier noir se déploya sur son bras gauche dans un éclat sombre, parcouru de reflets d’énergie.

Le marcheur ouvrit le feu.

Vyze tendit la main et esquivant le tir : La Force jaillit.

Le bouclier quitta son bras comme une lame circulaire vivante et frappa la cabine du marcheur, puis continua sa course, tournoyant autour du cockpit à la verticale, encore… et encore… traçant un cercle d’énergie noire si rapide qu’il devint un anneau lumineux emprisonnant la tête du marcheur.

Les pilotes paniquaient à l’intérieur, le métal grinça, les capteurs explosèrent et la cabine vibra violemment.

D’un geste sec, Vyze rappela son bouclier qui revint se fixer à son bras avec un claquement sourd.

Un instant de silence.

Puis Vyze leva lentement les deux mains, la Force se concentra, lourde, écrasante : Le marcheur gémit, le métal hurla.

Dans un fracas brutal, l’AT-ST se déchira en deux, arraché par une puissance invisible. Les deux moitiés s’effondrèrent lourdement de chaque côté de Vyze, soulevant neige et débris.

Les trappes des fenêtres s’ouvrirent en urgence.

Les deux pilotes impériaux tombèrent au sol, hébétés, incrédules.

Leurs blasters s’arrachèrent soudain de leurs mains, attirés par la Force, et vinrent glisser aux pieds de Vyze.

Il s’approcha d’eux, sans colère ni haine, juste une autorité calme.

—  Partez.

Les pilotes échangèrent un regard, incapables de comprendre pourquoi ils étaient encore en vie.

—  Fuyez, répéta Vyze.

Ils ne demandèrent pas leur reste, l’un d’eux trébucha et se foula la cheville, l’autre le laissa sur place sans chercher à l’aider, Vyze approcha.

—  Aidez-moi, appela le pilote, je ne peux plus me lever.

Vyze s’agenouilla près de lui et toucha sa cheville et la soigna avec la Force, une chaleur douce parcourut la jambe du pilote et la douleur disparut peu à peu, l’homme pu à nouveau se lever.

—  Pourquoi… Pourquoi m’avoir aidé ? Lança l’homme encore plus troublé.

—  Parce que tu me l’as demandé…

L’homme se leva et partis en courant, incapable de répondre à ce geste de bonté offert par son ennemi.

Quelques secondes plus tard, il ne restait que le vent… et les deux moitiés de la carcasse fumantes du marcheur impérial.

Vyze resta immobile un instant, une violente douleur le saisit au cœur, un instant, un souffle et la douleur disparut

Puis il reprit sa route.


Plus loin, Jaden menait sa propre extraction. Là où les Medjaÿ étaient l’ombre, lui était la présence rassurante. Il portait un blessé sur son épaule, ignorant le froid et la douleur.

—  Accrochez-vous, cria-t-il au-dessus du vent. Le Delphinus ne vous laissera pas ici.

Un jeune pilote rebelle le regarda, incrédule.

—  On pensait que tout était fini…

Jaden esquissa un sourire fatigué.

—  Ça ne fait que commencer.

Lorsque les derniers prisonniers furent embarqués, Vyze resta un instant seul sur la glace, observant l’horizon blanc. Là où les marcheurs avaient avancé, la neige était brisée, souillée, comme une cicatrice béante.

Il sentit encore l’empreinte de Vador. Lourde. Écrasante.

Mais déjà lointaine.

—  Tu arrives trop tard, murmura-t-il pour lui-même. Comme toujours.

La Force ne répondit pas.

Ou peut-être l’avait-elle déjà fait, à Hoth, à Luke, sur ce chemin qu’il avait refusé de tracer.

—  Amiral, transmission entrante, annonça un Medjaÿ depuis la rampe. Le Delphinus est prêt à partir.

Vyze se détourna enfin.

—  Alors partons. Avant que l’Empire ne revienne nettoyer ses propres traces.

La navette s’éleva, laissant derrière elle les ruines gelées.

Hoth venait de tomber.

Mais la guerre, elle, venait de changer de visage.

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