Chapitre 2 — Les Fils du Destin
Le soleil de Naboo déclinait sur la terrasse de la maison de Vyze, baignant les colonnes et le lac d'une lumière ambrée. Ici, loin des rapports de bataille et du froid de l'hyperespace, le temps semblait avoir suspendu sa course.
Deux arches de fleurs blanches marquaient le centre de la terrasse.
Vyze ajusta machinalement la tunique de Ryn. Son fils avait hérité de sa carrure, mais ses yeux brillaient d'une certitude que Vyze n'avait acquise qu'au prix de mille cicatrices.
— Tu es prêt ? Demanda Vyze.
Ryn sourit, un sourire qui rappelait celui d'Alyna.
— Pour ça ? Plus que pour n'importe quelle bataille, père.
De l'autre côté, Syla rayonnait. Sa robe de soie légère flottait dans la brise. Elle tenait la main de Caelis Vance. Le fils de Kaelen avait l'élégance naturelle de son père.
Kaelen s'approcha de Vyze. Les deux hommes s'observèrent un instant. Les années avaient marqué leurs visages, mais l'ancienne rivalité avait laissé place à une fraternité indéfectible.
— Qui l'aurait cru, Vyze ? Murmura Kaelen en observant Syla et Caelis. Nos familles... enfin liées par autre chose que la guerre et les secrets.
Vyze posa une main sur l'épaule de son ancien rival.
— C’est la plus belle victoire que nous ayons jamais remportée, Kaelen.
Alyna s'avança au milieu du silence. Elle était le lien, le cœur de cette assemblée. Elle regarda ses deux enfants, puis Maera, la compagne de Ryn, et enfin Caelis.
— Nous avons passé nos vies à reconstruire ce qui était brisé, commença-t-elle. Aujourd'hui, nous ne reconstruisons rien. Nous créons. Que ces unions soient le rappel que même dans l'obscurité, la lumière trouve toujours un chemin pour s'enraciner.
Les échanges de vœux furent brefs, mais chargés de tout le poids de leur histoire : Ryn et Maera se promirent la force. Syla et Caelis se promirent la vérité.
Lorsque les mains se joignirent, Vyze sentit une pulsation dans la Force. Pas un cri, pas une alerte, mais une onde de chaleur. Un équilibre parfait, pour quelques battements de cœur.
Plus tard, alors que la musique résonnait doucement, Vyze s'isola un instant sur le balcon. Jaden le rejoignit, portant deux verres.
— Tu penses à quoi ? Demanda son vieil ami.
— À ce que le père d'Alyna disait autrefois, répondit Vyze avec un léger sourire. Il voulait un Amiral pour sa fille. Aujourd'hui, il a une dynastie.
Jaden rit doucement.
— Et il a surtout des petits-enfants qui n'auront peut-être jamais à porter d'uniforme. C'est ça, le vrai luxe, Vyze.
Vyze regarda Alyna s'avancer vers lui. Elle semblait plus rayonnante que jamais. Elle n'était plus la sénatrice déchirée entre deux mondes, elle était la matriarche d'une nouvelle ère.
— Ils sont heureux, dit-elle en se glissant contre lui.
— Ils sont libres, rectifia Vyze.
Au loin, quelque part dans l'hyperespace à venir, le Crépuscule de l'Empire continuait sa chute. Mais ici, sur cette terrasse de Naboo, l'aube avait déjà gagné.