Les Chroniques d'un Jedi - Tome 14 : L’Homme après la Force

Chapitre 4 : Les sables de Jakku

Par AmiralVyze

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Chapitre 4 — Les sables de Jakku


Un an après avoir défendu Naboo contre l’opération Cendres des restes de l’empire.

Jakku n’était qu’un point perdu sur les cartes stellaires.

Un monde sec, sans importance stratégique apparente, oublié par la République comme il l’avait été par l’Empire… jusqu’à ce que les derniers vestiges de celui-ci viennent s’y réfugier.

Le Delphinus sortit de l’hyperespace dans un silence pesant.

Devant lui, l’espace était saturé de débris : coques éventrées de destroyers impériaux, carcasses de croiseurs rebelles, fragments calcinés dérivant lentement autour de la planète. La bataille avait déjà commencé. Ou peut-être se terminait-elle.


Sur la passerelle, Vyze observait sans un mot.

— L’Empire a rassemblé tout ce qu’il lui restait, dit Jaden en consultant les capteurs.

— Non, répondit Vyze calmement. Ce qu’il lui reste… et ce qu’il refuse de lâcher.

La flotte impériale formait un noyau dense autour d’un ancien chantier orbital. Des vaisseaux de lignes disparates, mal réparés, mais encore dangereux. Des officiers qui se battaient moins pour l’Empereur, mort depuis longtemps, que pour une idée qui refusait de mourir.

— Ordres ? Demanda le timonier.

Vyze hésita.

Il sentit la Force, diffuse, chaotique. Pas d’appel clair. Pas de vision. Rien à accomplir… sinon terminer ce qui devait l’être.

— Nous ne sommes pas là pour gagner, dit-il enfin.

— Alors pourquoi être venus ? Demanda Jaden.

Vyze posa une main sur la rambarde.

— Pour que cela s’arrête.

Le Delphinus s’enfonça dans la mêlée.

Contrairement aux grandes flottes de la Nouvelle République, il manœuvrait seul, glissant entre les lignes ennemies, frappant les systèmes, les relais, les vaisseaux de commandement. Ryn et Syla, désormais chefs d’escadrons aguerris, menaient leurs X-Wing avec une précision presque instinctive, comme s’ils lisaient l’espace avant même qu’il ne bouge.

Les Medjaÿ coordonnaient les abordages, neutralisant sans massacrer.

Pas de vengeance. Pas de haine. Seulement une fin.

Le vide était en feu, autour du Delphinus, l’espace n’était plus qu’un océan de tirs turbolaser, d’explosions et de débris. Un croiseur de la nouvelle république, déjà éventré, dérivait lentement, son cœur sur le point de céder. À son bord : plus de huit cents vies.


Sur la passerelle, un officier criait.

— Leur réacteur va exploser ! On ne peut plus les remorquer !

Jaden serrait les poings. Il le sentait aussi. Une onde… une fracture imminente dans la Force.

Vyze, lui, ne bougeait plus, il regardait le croiseur condamné.

Puis il murmura, presque pour lui-même :

— Pas encore… pas aujourd’hui.

Il s’avança et ferma les yeux : La bataille disparut. Plus de tirs. Plus de cris. Plus de guerre. Seulement la Force vivante, immense et infinie.

Il sentit : Les centaines de cœurs paniqués dans le croiseur, la peur des pilotes, la douleur du métal déchiré et au centre… la surcharge du réacteur, une étoile prête à mourir.

Alors Vyze fit ce qu’aucun Jedi ne cherchait à faire : Il n’imposa pas sa volonté… Il demanda.

— Aide-les…

La Force répondit.

L’impossible… mais à un prix

Autour du croiseur, l’espace sembla se plier.

L’explosion commença… puis ralentit, pas arrêtée mais bien retenue.

Comme si une main invisible empêchait une étoile de naître.


Sur la passerelle du Delphinus, Jaden posa ses mains sur les épaules de Vyze.

— Vyze… non…

Vyze tremblait, son souffle se brisait, ses mains vibraient sous l’effort.

Il ne contenait pas une explosion, il contenait des centaines de morts.

Dans la Force, il vit : Obi-Wan, Yoda, Anakin… avant la chute.

Tous silencieux, pas pour juger mais pour observer.

Alors Vyze comprit : Il ne devait pas être le mur, il devait être le passage.

Dans un dernier souffle, il murmura :

— Maintenant… partez.

L’explosion fut libérée et dirigée vers l’extérieur du croiseur

Une vague de lumière balaya l’espace… sans tuer.

Le croiseur survécut.

Vyze tomba, vidé… jusqu’à l’âme.

Jaden le rattrapa.

— Pourquoi… toujours te sacrifier…

Vyze ouvrit à peine les yeux.

Et répondit faiblement :

— Parce qu’un Jedi… ne protège pas la galaxie… Il protège les vies.

Une douleur sourde traversa sa poitrine, l’ancienne blessure de Vador manquait de se rouvrir.

Vyze ferma les yeux un instant… puis relâcha la Force.

Son cœur le rappela à l’ordre comme une vieille dette de guerre… Vyze comprit.


Mais l’Empire, même mourant, refusait de tomber sans entraîner quelqu’un avec lui.

Un ancien croiseur de classe impériale, gravement endommagé, se détacha de la formation et fonça droit sur le Delphinus.

— Boucliers à trente pour cent !

— Propulseurs tribord hors ligne !

— Collision imminente !

— Non, murmura Vyze.

Il n’étendit pas la main. Il ne ferma pas les yeux. Il n’appela pas la Force, de toute façon, il était trop faible.

— Plein avant, ordonna-t-il simplement.

Le choc fut terrible, le Delphinus dévia juste assez pour éviter l’impact frontal, mais la coque hurla. Les alarmes se succédèrent. Le vaisseau perdit de l’altitude, happé par la gravité de Jakku.

— On ne tiendra pas ! Cria quelqu’un.

— Trajectoire incontrôlable !

Vyze se redressa.

— Évacuez les escadrons, évacuez tout le monde !

— Et toi ? Demanda Jaden.

Vyze croisa son regard : Un regard de frère. De maître. D’ami.

— Quelqu’un doit le poser.

Vyze pris la barre du Delphinus qui entra dans l’atmosphère comme une étoile mourante, laissant derrière lui une traînée de feu. Il s’écrasa dans les dunes de Jakku dans un fracas assourdissant, soulevant des kilomètres de sable.

Vyze resta devant le cœur du réacteur expérimental qui les avait portés jusqu’ici depuis la première fois sur Kuat… Il ferma les yeux, une larme perla, il pressa le bouton d’arrêt d’urgence. Quand tout s’arrêta, il n’y eut plus que le vent.


Des heures plus tard, les survivants se rassemblèrent autour de l’épave à moitié ensevelie. Le vaisseau qui avait traversé la guerre, l’Empire, la rébellion… reposait enfin.

Vyze descendit lentement la rampe tordue.

Il posa une main sur la coque brûlante.

— Merci, murmura-t-il.

Le Delphinus ne volerait plus jamais.

Et pour la première fois depuis très longtemps, Vyze sentit que lui non plus… n’avait plus à le faire.




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