Stargate Arcadia : Toutes les étoiles par

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Crossover / Aventure / Action

7 Chapitre 4

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Chapitre 4

 

Des échos métalliques lointains résonnaient à travers la pierre, assourdis par l’épaisseur des parois. La faible lueur d’une torche se frayait péniblement un chemin par-dessous l’encadrement de la porte. Un rongeur d’espèce indéfinie trottina avec curiosité vers le milieu de la pièce et entreprit de renifler prudemment ce qui y avait été déposé. En tant que rongeur, il se réjouissait du regain d’activité des lieux. Les nouveaux arrivants avaient apporté avec eux de la nourriture en abondance, ce qui le dispensait à présent de chasser des insectes et autres vers. Il grignota un morceau de tissu dans l’espoir d’atteindre la chair qu’il sentait dessous, mais la forme bougea brusquement et l’envoya valser d’un revers.

Ignorant le rongeur qui couinait d’un ton désapprobateur dans un coin de la pièce, Harlock se redressa en massant son avant-bras. Cette saleté de bestiole avait entamé sa manche et laissé des traces de morsures sur son bras !

— Ne compte pas sur moi pour te servir de dîner, dit-il au rat. Je ne suis pas encore mort.

Le rongeur fit mine de ne pas comprendre et disparut dans un trou du mur… malheureusement trop étroit pour que le capitaine puisse le suivre.

Harlock essaya de faire bouger les deux grosses pierres disjointes dans l’espoir d’élargir le passage, mais sans succès. Le reste de sa cellule n’offrait pas davantage de possibilités d’évasion. La seule ouverture sur l’extérieur était un soupirail muni de barreaux de fer solidement enchâssés dans la pierre, précaution totalement inutile vu l’étroitesse du conduit, qui ne laissait passer ni lumière, ni le moindre souffle d’air frais. Quant à la porte… Chêne massif, ou équivalent, verrou extérieur… Aucune chance.

La pièce était petite et nue. Guère plus grande qu’un placard à balais. Et qui conservait les odeurs des occupants précédents. De toute évidence, l’architecte des lieux avait potassé à fond la définition de « geôle moyenâgeuse » avant de passer à la construction. Il est vrai que les geôliers jouaient parfaitement bien leur rôle eux aussi.

Harlock s’adossa au mur opposé à la porte. Il n’était pas blessé… Enfin, il n’avait pas de blessures récentes. À bien y réfléchir, c’était même bizarre qu’il n’en ait pas, mais il n’arrivait pas à trouver le détail qui n’allait pas.

— Chevron sept, enclenché !

— Vous êtes bien sûr de vouloir venir ? demanda O’Neill. Parce que ce qu’on s’apprête à faire, c’est voyager dans l’espace. Sans vaisseau, sans scaphandre…

— Je pense avoir saisi les bases de fonctionnement de vos portes des étoiles, merci. C’est de l’inconscience de traverser comme ça, mais d’un autre côté, je ne peux pas vous laisser partir tout seul. Mes garanties de retour dépendent de la fiabilité de votre réparation de fortune.

— Vous ne faites pas confiance à Carter ? Selon elle, la réinitialisation ne devrait prendre que quelques minutes… Une opération de routine…

O’Neill et lui avaient traversé la porte après le major Carter et Teal’c. Daniel Jackson était resté sur Terre malgré ses protestations.

— Jack, vous ne pouvez pas m’obliger à vous attendre au SG-C ! argumenta Daniel. Je suis sûr que ces ruines recèlent des trésors technologiques !

— Et moi, je suis sûr que ces ruines recèlent plein de Jaffas. Cette mission a pour unique objectif de réparer la porte, pas de mettre en place des fouilles archéologiques.

Finalement, il aurait peut-être mieux fait de rester tenir compagnie au professeur.

Il ne savait même pas si la porte des étoiles avait été réparée.

Un bruit de loquet qu’on déverrouille se fit entendre, et une lumière jaunâtre se déversa dans la cellule lorsque la porte s’ouvrit. Une silhouette se découpa dans l’embrasure.

— Dehors ! grogna-t-elle.

Harlock préféra obtempérer sans protester. Il ne connaissait pas suffisamment les Jaffas pour tenter une évasion du premier coup… S’ils étaient tous du gabarit de Teal’c, il faudrait mieux ne pas y penser. Légèrement ébloui, il s’arrêta à la sortie de la pièce pour accommoder sa vision… Et reçut sans tarder un coup du plat d’une lance dans le dos, qui manqua de le faire tomber.

— Plus vite !

D’accord. Pas la peine de s’énerver.

Une escorte de quatre Jaffas l’attendait à l’extérieur. Harlock n’aurait pas pensé cela possible, mais ils avaient l’air de posséder encore moins d’humour que Teal’c. Il fut poussé dans des couloirs sombres, éclairés çà et là par de simples torches.

Tandis qu’il marchait sans savoir ce qui l’attendait, il se demanda où pouvaient se trouver les autres membres du groupe. Probablement avaient-ils eu droit à une cellule identique à la sienne. Il doutait qu’un seul d’entre eux ait pu s’enfuir.

— Les environs sont déserts, colonel O’Neill, mais j’ai relevé de nombreuses traces de passage récentes.

— Ça nous fait un peu de répit, répondit le colonel. Au boulot, Carter, vous devriez déjà avoir fini.

— Je n’en ai que pour quelques minutes, mon colonel.

— Teal’c, postez-vous de ce côté. Tenez-vous prêt à rappliquer en vitesse dès que la porte sera rouverte. Nous deux, nous allons nous placer en couverture devant le DHD. Vous savez vous servir de ça ? fit O’Neill en donnant à Harlock un de ses pistolets automatiques.

— Je préfère les armes à laser, mais faute de mieux…

Rétrospectivement, cette mission apparaissait comme ce qu’elle était réellement. Un suicide. L’anneau se situait au milieu d’une clairière, dans une cuvette. D’après O’Neill, les ruines qu’ils avaient explorées étaient à moins de trois kilomètres. Totalement invisibles de la porte car derrière les collines environnantes.

Il avait suffi d’un guetteur bien positionné, avec une bonne paire de jumelles. Ils avaient été attaqués moins de cinq minutes après être arrivés… Tous les Jaffas du coin devaient les attendre.

Ce qui était parfaitement logique, en fin de compte.

Une cellule de crise s’était réunie d’urgence au SG-C. Contre l’avis des médecins, Daniel était passé prendre Kei à l’hôpital. La jeune femme était encore faible et ne maîtrisait pas parfaitement l’anglais, mais Daniel avait estimé qu’elle devait être tenue au courant des événements.

Ils n’avaient eu aucune nouvelle de P4X-48C depuis quarante-huit heures. Le général Hammond avait refusé l’envoi de renforts tant qu’il ne pourrait pas être certain que la réparation de la porte était effective. Il ne restait qu’à attendre et espérer que le major Carter saurait déterminer l’origine de la panne là-bas. Mais les heures avaient passé sans que la porte ne se réactive.

Jusqu’à maintenant.

Aucun code de sécurité n’ayant été reçu, l’iris nouvellement réinstallé n’avait pas été ouvert. Le message leur était parvenu sous forme holographique.

Ba’al…

— Votre misérable tentative de sabotage de la porte des étoiles a échoué. Je détiens votre équipe SG-1. Je peux vous assurer que je serai sans pitié, à moins que vous n’apportiez des éléments de négociation valables. Et n’espérez pas envoyer d’autres équipes, je ne vous laisserai jamais vous emparer des trésors de cette planète.

Le gros problème, c’était qu’aucun des Terriens présents n’avait la moindre idée de ce à quoi Ba’al pouvait faire allusion. Et ce qui ennuyait encore plus Daniel, c’était que le général Hammond comptait visiblement sur lui pour lui fournir des explications.

— Je pense que Ba’al est à la recherche de l’artefact dont vous avez trouvé la description dans les ruines, docteur Jackson, disait Hammond. Il nous faut absolument savoir de quoi il s’agit, si ces tablettes révèlent leur emplacement et s’il est possible de le négocier contre la libération de SG-1.

— C’est que… je n’ai pas encore réussi à déchiffrer les inscriptions dans leur totalité, répondit Daniel. Elles sont écrites dans un dialecte que je n’avais jamais rencontré auparavant… apparemment une sorte de mixage entre la langue des Anciens et celle des Asgards. La seule chose qui ressort clairement pour l’instant, c’est qu’elles parlent d’une arme, ou du moins d’un appareil de grande puissance.

— Et c’est tout ? interrompit le major Davis, déçu.

— Ce n’est pas ça qui va nous aider, continua un officier, en bout de table. Mon général, il faut préparer une opération d’exfiltration ! SG-1 ne résistera pas longtemps.

L’ensemble des équipes SG était volontaire pour une opération de sauvetage. Mais tout le monde savait qu’une telle opération, si elle avait lieu, était vouée à l’échec sans un minimum d’informations sur la situation de l’autre côté de la porte.

— C’est hors de question, trancha Hammond. Je n’enverrai personne sur une planète qui semble être le QG actuel de Ba’al.

— N’avons-nous aucun moyen de contacter la Tok’ra pour qu’elle envoie un espion sur place ? fit Davis.

— Impossible, répondit le général. La porte refuse toujours de s’ouvrir sur d’autres planètes que P4X-48C. Nous ne pouvons contacter ni la Tok’ra, ni la rébellion Jaffa. Et nous ne pouvons par conséquent pas envisager le débarquement d’un détachement par navette.

Daniel avait beau tourner le problème dans tous les sens, il ne voyait pas comment sortir de l’impasse. Les militaires s’étaient lancés dans un débat animé, visant à déterminer la meilleure stratégie pour forcer le passage. Mais il fallait être réaliste, vu leur technologie, il ne valait mieux pas penser à une attaque frontale.

Kei lui donna un discret coup de coude.

— Si je comprends bien, fit-elle, le capitaine et vos hommes sont coincés sur une planète, et vous ne disposez d’aucun vaisseau pour vous y rendre, n’est-ce pas ?

Elle avait un accent plus prononcé qu’Harlock, mais Daniel avait été surpris de la rapidité avec laquelle elle s’était adaptée à leur langue.

— La seule voie d’accès consiste à traverser la porte, et compte tenu du message qui nous a été envoyé, je doute fort que personne ne nous attende de l’autre côté… Ils sont retenus par un grand maître Goa’uld, expliqua-t-il. Ba’al. Un des plus dangereux.

— J’ignore ce qu’est un Goa’uld, répondit-elle.

— Il vaut mieux pour eux qu’ils ne restent pas trop longtemps entre ses mains.

— Alors je suppose que vous accueillerez à bras ouverts un vaisseau spatial, quel qu’il soit.

Le silence se fit dans la salle.

— Que voulez-vous dire ? demanda Daniel.

— J’ai cru comprendre que vous avez déjà eu une tentative de contact de l’Arcadia.

— Euh… Nous n’en sommes pas sûrs, mais c’est ce qu’a affirmé Harlock.

— Si c’est le cas, c’est probablement ça qui bloque votre système… Tochiro ne renoncera pas tant qu’il ne sera pas passé, fit-elle avec un sourire.

Daniel hésita. Le général sembla sur le point de dire quelque chose, mais se ravisa. En réalité, ils avaient dû faire face à une dizaine d’activations non conformes depuis que la porte avait été installée en zone 51. Mais l’équipe scientifique n’avait pas pu déterminer si leur provenance était identique.

— Le mieux, c’est d’essayer de le contacter par radio la prochaine fois qu’il tentera d’ouvrir un vortex, continua Kei. Je vais vous donner les codes de cryptage de notre fréquence d’urgence, afin que vous puissiez adapter vos appareils.

La jeune femme semblait plus disposée à leur donner des renseignements qu’Harlock, qui avait systématiquement éludé toutes les questions qu’avait pu lui poser Jack.

— C’est parfait, déclara Hammond. Mais pensez-vous que vos amis accepteront de transporter des équipes SG jusqu’à P4X-48C ?

— Mes amis ne laisseront jamais leur capitaine entre les mains d’un ennemi, répondit Kei. Et je pense qu’une fois que nous serons là-bas, nous pourrons en profiter pour délivrer aussi vos hommes.

Il courait entre les arbres, ignorant les branches basses qui lui griffaient le visage. Il pouvait entendre les cris de ses poursuivants et les tirs des lasers qui trouaient la végétation. Il avait jeté son arme, faute de munitions, mais il refusait de se laisser prendre aussi facilement.

Il s’arrêta à l’abri d’une souche, pour reprendre son souffle. En contrebas, deux Jaffas scrutaient les arbres, à l’affût du moindre mouvement…

Il n’avait en main que le couteau de survie, qu’O’Neill lui avait donné en même temps que sa tenue de combat. Le premier Jaffa prit un coup de couteau dans l’oreille avant de comprendre ce qui lui arrivait. L’autre tira au jugé juste avant de s’écrouler, l’arme plantée dans un œil.

Un rocher à proximité explosa en une gerbe de projectiles incandescents. Le tireur était invisible.

Il plongea sous le couvert d’une fougère géante. Une langue de feu lui déchira le dos quand le deuxième tir l’atteignit. Il roula sur lui-même, lutta pour se relever et poursuivit sa course. Le tir avait transpercé son épaule, inondant ses vêtements de sang. Ses oreilles bourdonnaient. Il passa la main sur sa figure. Elle était en sang. Les éclats de roche… Il ne sentit pas le troisième tir, mais ses jambes se dérobèrent sous lui…

Pas maintenant…

Pas ici…

— Avance ! fit le Jaffa.

Harlock secoua la tête. Il était debout, dans un couloir sombre, entouré des quatre Jaffas patibulaires qui étaient venus le chercher dans sa cellule.

Ce n’était pas normal. Pas après avoir été la cible de tirs lasers.

Il fut violemment poussé à l’intérieur d’une salle richement décorée.

— À genoux devant ton dieu ! cria le Jaffa.

Un dieu ? Bon sang, ces types étaient dingues !

— Je ne me mets à genoux devant personne ! répliqua Harlock en tentant de se dégager de la poigne du Jaffa, qui lui broyait l’épaule.

Pour toute réponse, le capitaine reçut un coup de pied dans les jambes qui le força à mettre un genou à terre. Le Jaffa intensifia la pression sur son épaule, et lui tordit le bras jusqu’à ce qu’Harlock cède et pose l’autre genou.

— Seigneur Ba’al, voici le prisonnier, annonça le Jaffa.

— Bien. Laissez-nous.

Les quatre Jaffas s’inclinèrent avec déférence avant de disparaître. Harlock se releva en se massant l’épaule et dévisagea le maître des lieux. Le seigneur Ba’al avait l’apparence d’un homme d’une quarantaine d’années, mais il dégageait une aura qui n’avait rien d’humain.

— Qui t’a permis de te mettre debout, humain ? demanda-t-il.

— Je l’ai dit. Je ne me mets à genoux devant personne ! répondit Harlock sans détourner le regard.

— Quelle impudence !

Les yeux de Ba’al s’illuminèrent brièvement. Il leva la main, mettant en évidence le bijou ouvragé qui ornait sa paume. Il y eut un éclair, et Harlock fut plaqué contre le mur. Un étau invisible comprimait sa poitrine. Le souffle coupé, il essaya de se libérer de l’emprise de cette espèce de filet énergétique, mais ses efforts ne rencontrèrent que le sourire narquois de Ba’al.

— Tu es différent des autres humains, déclara Ba’al. Tu ne viens pas de la Tauri.

La Tauri ? Ah oui, c’était comme ça que les aliens appelaient la Terre par ici.

Ba’al ferma brusquement le poing, faisant cesser du même coup les effets du bijou. Harlock s’effondra sur le sol.

— D’où viens-tu ? insista Ba’al. Réponds !

Harlock releva la tête et fixa Ba’al dans les yeux. Celui-ci avait une expression de prédateur qui sait sa proie à sa merci. Il irradiait d’autosuffisance, et de confiance en sa puissance. Et d’autre chose aussi, d’indéfinissable mais vraiment vicieux. C’était donc ça, un Goa’uld.

Une partie de l’esprit du capitaine enregistra avec détachement le sens de la mise en scène de l’alien. Tout était fait pour accentuer le contraste entre le prisonnier et son geôlier, et pour convaincre le visiteur de la supériorité de la race goa’uld. Ambiance menaçante, présence d’artefacts bizarres pointus, tranchants ou dentés – voire les trois – disposés à des endroits stratégiques de la pièce de façon à en voir au moins un quelle que soit la direction où l’on regardait. Et comportement froid et hautain du propriétaire, qui faisait étalage d’entrée de jeu de ses petits gadgets technologiques.

Mais il n’allait pas se laisser impressionner si facilement.

Ba’al le toisa un instant avec dédain.

— Il est inutile de t’obstiner à te taire, reprit-il enfin. Tu ne fais que te condamner à une agonie plus lente et plus douloureuse. Puis je te ressusciterai encore et encore avec le sarcophage, et tes souffrances n’auront pas de fin.

Voilà qui devait expliquer pourquoi il était toujours vivant. Il faudrait qu’il demande à O’Neill comment fonctionnait ce… sarcophage. Ou plutôt au major Carter.

— Je te le demande une dernière fois, continua le Goa’uld. Je veux savoir ton nom, le nom de ta planète, et ce que tu faisais ici avec les Tauris.

Si Ba’al ne l’avait pas accueilli aussi peu… diplomatiquement, Harlock aurait été tenté de le lui dire. Après tout, les petits conflits locaux de cette époque ne le concernaient pas. La guerre entre humains et Goa’ulds était terminée pour lui depuis tellement long­temps qu’il n’en avait jamais entendu la moindre allusion. Mais il ne supportait pas qu’on tente de lui arracher des renseignements par la force. À partir de là, il était exclu de révéler quoi que ce soit. Question de principe. Et puis, il appréciait mieux le courage d’O’Neill et son équipe maintenant qu’il avait rencontré leur ennemi. Quelque part, ils défendaient la même chose. Leur planète. La Terre.

Il se redressa, et fixa son adversaire d’un air de défi. Le Goa’uld bougea brusquement, un mouvement si rapide que le capitaine n’eut pas le temps de réagir. Ba’al plaqua sa main contre le front d’Harlock, et celui-ci eut l’impression que sa tête explosait quand la pierre s’activa. Il serra les dents, refusant de laisser échapper le moindre gémissement.

Je ne lui ferai pas ce plaisir !

La pression du bijou augmenta. La douleur s’intensifia.

Ne cède pas.

Des langues de feu s’insinuaient dans son cerveau. La pièce prit une teinte rougeâtre. Une traînée douloureuse s’enroula autour de sa colonne vertébrale, descendit le long de ses jambes, se fragmenta en une multitude d’aiguilles incandescentes.

Ne cède pas.

Son rythme cardiaque s’emballa. Sa bouche s’emplit de sang. Ses bras furent agités de tremblements, et il serra convulsivement les poings pour les faire cesser.

Ne… cède…jamais !

Il cracha un peu de sang, et regarda farouchement Ba’al. Les yeux du Goa’uld brillèrent.

Ah. Il l’avait contrarié.

Ba’al relâcha son emprise. Harlock vacilla, mais réussit à ne pas tomber tandis que le Goa’uld le scrutait d’un œil calculateur. Une impression fugitive d’incrédulité transparut sur son visage, remplacé presque aussitôt par un masque impénétrable.

Il avait aussi réussi à l’impressionner, songea-t-il. Et surtout, à le mettre en colère.

Ba’al se dirigea vers une série de fioles posées sur un meuble, hésita quelques secondes, puis saisit un flacon rempli d’un liquide ambré.

— Je ne pensais pas me servir de ça maintenant, fit-il à mi-voix. Mais…

Il parut soudain se rendre compte qu’il parlait tout haut. Il plissa les yeux, soucieux, avant d’arborer un sourire triomphant.

— Ceci, continua-t-il d’une voix plus forte en désignant les bouteilles, est mon hobby. Il s’agit d’acides qui ont tous une action bien spécifique. Celui-ci par exemple, déclara-t-il en secouant légèrement le flacon qu’il tenait, ronge uniquement les nerfs…

Ba’al déboucha précautionneusement la fiole tout en observant attentivement les réactions du capitaine. Harlock s’efforça de rester de marbre tandis que le Goa’uld activait un invisible panneau de commande. Une partie du mur derrière Harlock s’escamota. Une dizaine de tentacules métalliques sortirent en crissant et s’enroulèrent autour de ses bras et ses jambes. Ses mouvements n’eurent pour résultat que de resserrer l’étau.

— Cependant, finissait Ba’al alors qu’il transférait le contenu du flacon dans une sorte de pipette, tous mes acides ont un point commun…

Il arracha d’un coup sec le tee-shirt du capitaine et déposa quelques gouttes de liquide sur sa peau.

— Ils sont mortels.

Le monde bascula.

— Tous systèmes parés pour le saut !

Tochiro inspira profondément avant d’enclencher la navigation warp. Il espérait que cette fois serait la bonne. Tous ces sauts hyper­spatiaux avortés ébranlaient sérieusement le moral de l’équipage. Lui-même commençait à douter de ses capacités à mener l’Arcadia jusqu’au capitaine.

Le vaisseau se dématérialisa normalement et commença sa navigation sans aucun problème… Comme toutes les autres fois.

Mais ils étaient systématiquement bloqués au même endroit.

— Nous approchons de l’anomalie, annonça Mimee.

Juste avant la rematérialisation, l’Arcadia rencontrait une résistance qui n’avait pas lieu d’être, un obstacle solide qui l’empê­chait de terminer sa navigation. Là, quelle que soit la quantité d’énergie que Tochiro pouvait insuffler dans le système, il n’avait jamais réussi à passer au travers – même s’il lui semblait être proche du but à chaque fois.

Simplement, il lui manquait des informations sur ce qui provoquait cette anomalie. Aucune de ses recherches n’avait abouti. Il n’y avait pas de référence à un phénomène semblable dans les archives de la bibliothèque informatique de l’Arcadia.

— Impact imminent.

Le vaisseau fut secoué de la proue à la poupe, mais l’expérience des précédents essais limita les dégâts au minimum.

— Navigation warp interrompue. Dégâts structurels mineurs, énonça un opérateur.

— Et voilà. Nous sommes encore coincés, fit un autre, fataliste.

Les doigts de Tochiro volèrent sur son clavier. Il allait tenter une nouvelle séquence pour forcer le passage. S’il était assez rapide, il pourrait faire un deuxième essai avant que les sécurités du vaisseau ne rematérialisent automatiquement l’Arcadia en espace normal. La quantité d’énergie qui était engloutie pour maintenir un vaisseau de cette taille en équilibre instable contre un obstacle inconnu leur interdisait de s’attarder très longtemps.

Alors qu’il peaufinait ses dernières lignes de code, un voyant d’alarme se mit à clignoter.

— Professeur ! s’exclama le radio en examinant ses consoles, l’air de ne pas y croire.

— Que se passe-t-il ?

— Nous… nous recevons une communication codée sur notre fréquence d’urgence… En provenance de l’anomalie !

Harlock se réveilla dans sa cellule. Il ne se souvenait pas de la fin de sa rencontre avec Ba’al, et n’avait aucune idée du temps qui avait bien pu s’écouler depuis qu’il avait été reconduit ici. Les événements lui revenaient par bribes.

Un flash lumineux.

Il avait repris conscience dans un cercueil métallique, baigné d’une lumière irréelle. Il avait frappé les parois, mais les bruits assourdis qu’il avait provoqués n’avaient eu aucune conséquence notable.

Il avait perdu la notion du temps. Il aurait très bien pu s’être débattu pour sortir pendant des heures, des jours, ou seulement quelques minutes. Puis la partie supérieure avait fini par s’ouvrir. Il se souvenait avoir été traîné dans les couloirs, incapable de faire réagir son corps.

Il se souvenait avoir croisé O’Neill.

Le capitaine fit quelques pas dans la cellule tout en faisant jouer ses articulations l’une après l’autre. Apparemment, il avait retrouvé sa pleine fonctionnalité. Le dispositif que Ba’al appelait « sarcophage » était sans conteste le système de régénération le plus performant qu’il ait jamais rencontré.

La médaille possédait un revers, forcément, mais lequel ?

Harlock fit le tour de la pièce, à l’affût de la moindre faille. Visi­blement, le point le plus faible de la cellule restait la porte. Il l’étudia attentivement, éprouvant minutieusement chaque jointure dans l’espoir d’en trouver une qui ait un peu de jeu.

Il avait été soulagé de voir que le colonel O’Neill était toujours en vie… Même si le contraire l’aurait étonné, Ba’al jouant à la perfection le rôle du sadique qui tient à garder ses prisonniers vivants le plus longtemps possible. Pas le genre à les exécuter sur un coup de tête… Ou plutôt si, tout en sachant pertinemment qu’il pourrait recommencer.

La porte resta obstinément close, quelles que soient les pressions qu’il exerça sur les panneaux de bois, et malgré le coup de pied dépité qu’il finit par lui donner.

Il s’adossa au mur, laissant le froid de la pierre pénétrer ses omoplates. La sensation était diffuse, comme si son corps refusait de recevoir une quelconque information. Il ne savait pas s’il s’agissait de la conséquence du traitement infligé par Ba’al, ou du sarcophage.

Certainement un peu des deux.

Il resta dans cette position pendant un temps indéfini, ses pensées vagabondant sans trouver de point d’ancrage fixe.

La porte s’ouvrit.

Les Jaffas le reconduisirent dans la même salle sombre. Aucun de ses efforts pour se défaire de son encombrante escorte n’avait abouti. Les Jaffas s’étaient laissés surprendre lorsqu’il les avait bousculés avant de piquer un sprint dans un couloir, au jugé, mais il n’avait pas pu trouver d’endroit où se dissimuler. Pour ce qu’il en avait vu, le bâtiment semblait uniquement composé de couloirs.

Il s’était rapidement fait rattraper et roué de coups.

Ba’al l’attendait. Les Jaffas se retirèrent.

— Je t’ai laissé du temps pour réfléchir, humain. Tu sais ce qui t’attend à présent. T’es-tu décidé à être plus coopératif ?

Harlock ne répondit pas.

— Je n’ai pas bien entendu, insista Ba’al.

Le Goa’uld joua avec le bijou, sur sa main, l’activant et le désactivant avec une lenteur délibérée. Le capitaine se força à ne pas bouger lorsque Ba’al dirigea le rayon vers lui. La pièce était fermée, à coup sûr gardée par le groupe de Jaffas qui l’avait conduit ici. Il ne pouvait pas s’enfuir. Et il ne tenterait pas d’éviter les rayons, pas plus qu’il ne supplierait cet alien de cesser.

Il se contenta de le fixer. Indomptable.

Ba’al stoppa son manège. Il sourit franchement, écartant les bras.

— Et bien ? demanda-t-il. Tu ne tentes rien ? Aucune rébellion ?

— Je n’ai aucune chance de m’approcher de vous tant que vous porterez ceci, répondit Harlock en désignant le bijou.

— Tu reconnais donc la toute-puissance de notre race sur la tienne ?

— Je ne reconnais rien du tout. Sauf que le rapport de forces actuel n’est pas… favorable pour moi.

Ba’al hocha la tête. Il restait à une distance suffisante pour pouvoir contrer à temps le capitaine, si celui-ci décidait d’agir. Il n’arriverait jamais à se déplacer assez vite pour se jeter sur le Goa’uld et l’empêcher d’utiliser la pierre de son bijou.

Lentement, plissant les yeux à demi, Ba’al défit l’attache en or qui maintenait le bijou sur sa main.

C’est un test.

Sans quitter Harlock des yeux, il posa le bijou sur le bureau. Puis pas après pas, il s’en écarta.

Un test. Il veut te faire réagir. Ne bouge pas.

Les deux hommes se jaugèrent du regard.

Une éternité passa, puis Harlock saisit un objet sphérique sur la table et le lança en direction de Ba’al. Le Goa’uld détourna son attention de lui pour éviter le projectile. Harlock bondit, les jetant tous deux au sol. Il fut surpris par la contre-attaque de Ba’al, qui l’immobilisa avec une facilité déconcertante.

Évidemment. C’était un alien, il fallait s’attendre à ce que sa force ne soit pas équivalente à un humain. Ba’al le plaquait au sol, un genou sur sa poitrine, la main lui enserrant la gorge.

— Qu’espérais-tu ? interrogea Ba’al.

Harlock se contorsionna pour se dégager. Il n’arrivait pas à repousser la prise de Ba’al, et ses forces le lâchaient. Il étouffait. Un voile noir obscurcit son champ de vision. Au bord de l’inconscience, il essaya d’aspirer quelques goulées d’air, tentant à deux mains de desserrer les doigts du Goa’uld. Il avait l’impression de vouloir plier une barre d’acier.

Ba’al le lâcha et se releva, le gratifiant au passage d’un coup de pied.

— C’est inutile de t’entêter. Je te suis définitivement supérieur.

— Allez… au… diable ! hoqueta Harlock, qui peinait à retrouver son souffle.

Ba’al recula de quelques pas. Harlock resta allongé sur le dos. Le Goa’uld avait dû lui casser des côtes. En tout cas, il avait distinctement entendu ses os craquer.

— Cependant, je suis forcé d’avouer que je n’ai jamais rencontré d’humain aussi combatif que toi, continua Ba’al, tout en s’affairant à son bureau.

Harlock ne bougea pas. S’il voulait s’enfuir, il ne faudrait pas compter sur la réussite d’une confrontation frontale. Il essaya de localiser de sa position un objet susceptible de l’aider à forcer la porte de sa cellule… ou de lui donner un avantage physique sur Ba’al. Mais il ne voyait rien que de la pierre nue.

— Même O’Neill sait quand il faut s’arrêter d’être insolent, disait le Goa’uld.

S’il pouvait subtiliser un couteau… ou la pierre lumineuse de Ba’al…

— Je dois dire que je gardais le contenu de cette jarre pour lui. Cela me tenait particulièrement à cœur.

Ba’al revint vers lui. Il portait avec précaution un récipient d’une trentaine de centimètres de haut. Ce récipient était… il dégageait quelque chose.

— Mais je pense qu’avec toi cela pourra être… plus intéressant.

Le capitaine roula sur le côté, ignorant l’élancement douloureux dans sa poitrine. Il avait un mauvais pressentiment.

Ba’al posa la jarre sur la table, puis dirigea vers Harlock un appareil qui ressemblait de loin à un stylo. Harlock s’affaissa comme une marionnette dont on aurait coupé les fils.

— Paralysie légère, expliqua Ba’al. Je ne voudrais pas que tu manques le spectacle.

Le Goa’uld ouvrit la jarre et en sortit ce qu’elle contenait.

— C’est vraiment dommage de n’avoir pu en obtenir qu’un seul, fit Ba’al en exposant avec délectation ce qu’il tenait. J’aurais tellement aimé faire ce cadeau également à O’Neill. Mais il fallait faire un choix. Tu peux t’estimer… honoré par mon présent.

Déployant une collerette grisâtre, le serpent siffla d’un air mauvais en direction du capitaine.

Daniel observait les dernières décharges électriques parcourir l’anneau. Les « ouvertures non conventionnelles », comme elles avaient été nommées par le personnel scientifique, se produisaient à intervalles plus ou moins réguliers – entre quatre et six heures – et leur puissance s’était stabilisée. Pour la première fois, ils avaient néanmoins réussi à identifier ce qui se trouvait derrière.

— Je leur ai dit tout ce que j’ai pu sur votre système de navigation, déclara Kei en reposant le micro.

Malgré une fréquence de travail inhabituelle et un code de cryptage qui avait donné des sueurs froides aux informaticiens qui avaient dû l’installer, le personnel du SG-C avait réussi à monter de toutes pièces un appareil de transmission compatible.

— La communication ne pouvait pas durer plus longtemps ? demanda Daniel.

Il n’avait pas pu suivre la conversation que la jeune femme avait eue avec son vaisseau – et il doutait que quelqu’un ait réussi cet exploit –, mais les quelques minutes qu’avait durées l’ouverture lui semblaient insuffisantes pour transmettre toutes les informations nécessaires à faire passer un vaisseau spatial venu du futur par une porte des étoiles.

— La navigation consomme trop d’énergie, répondit Kei. Tochiro a dû retourner en espace normal le temps de recharger les générateurs.

— Vous dites ça comme s’il s’agissait d’une opération de routine, s’étonna le scientifique civil qui avait pris la direction de l’équipe depuis que le major Carter était retenue sur P4X-48C.

Un dénommé MacKay. Daniel ne pouvait pas s’empêcher de partager le sentiment de Sam à son sujet. Le scientifique canadien était certes brillant, mais il en était parfaitement conscient et ne ratait jamais une occasion de le faire savoir aux autres. Ce qui devenait vite exaspérant.

— Je suis bien placé pour connaître les problèmes liés à la production et au stockage de trop grandes quantités d’énergie, puisque je travaille sur l’exploitation du naquadriah, continua MacKay. Vos amis ont dû prendre des risques insensés pour vous contacter !

— D’après ce que j’ai compris, pas vraiment. En fait, le seul problème est que l’Arcadia est bloquée par votre porte. Comme Tochiro n’avait aucun moyen de connaître la nature de l’obstacle de son côté, les sécurités du vaisseau l’empêchaient de quitter la dimension warp par le vortex de sortie… Et à mon avis, ajouta Kei après avoir jeté un coup d’œil à l’anneau, votre porte doit aussi être un peu réticente à laisser passer un vaisseau plus grand qu’elle.

— Mais… Mais vous ne pouvez tout de même pas produire de telles quantités d’énergie d’un simple claquement de doigts ! reprit MacKay, interloqué. C’est techniquement impossible, ajouta-t-il d’un ton docte. J’ai fait des simulations !

— Oh, Tochiro a dit que cela devrait prendre environ six heures pour recharger complètement… Je suppose qu’il fera un saut immédiatement après.

Daniel eut la satisfaction de voir MacKay rester la bouche ouverte, incapable de répondre à Kei. Il est vrai que le comportement de la porte et les enregistrements contredisaient toutes les simulations du scientifique.

Il était impatient de voir ce vaisseau.

L’Arcadia s’était rematérialisée en espace normal sensiblement à sa position de départ. Tochiro soupira. Une porte… Il comprenait pourquoi il avait échoué à passer. Il se doutait qu’il y avait quelque chose de solide de l’autre côté, mais il n’avait jamais considéré qu’il s’agissait de ce qui contenait le vortex – et accessoirement, le créait. L’obstacle ne serait pas trop difficile à contourner.

En revanche, il était plus ennuyé par le reste de la transmission de Kei.

Un voyage dans le passé.

Il devrait pouvoir gérer. Ce genre de problèmes était inhérent au principe même de la navigation warp.

Des aliens en guerre contre les Terriens.

Bon, il avait l’habitude, même si ce n’étaient pas les mêmes.

Le capitaine retenu par l’un d’entre eux.

Ça, c’était plus embêtant. D’autant plus qu’il ne connaissait rien de la technologie qu’ils employaient. Même s’il prenait peu de risques avec l’Arcadia. Il doutait qu’en remontant le temps, il puisse trouver un vaisseau capable de rivaliser avec le sien.

Il contempla un moment la console radio. Allez, Harlock ne lui reprocherait pas d’avoir été trop prudent, même si cela lui ferait perdre un peu de temps… Il ouvrit une fréquence et tapa un code d’accès compliqué. Et puis, il en mourait d’envie…

Il regarda l’écran afficher un emblème caractéristique, sur fond rouge sang.

Thor éteignit la console de transmission holographique. Comme il l’avait pressenti, le Haut Conseil n’avait pas apprécié son rapport. Il avait reçu toute latitude pour agir dans cette zone. Le Conseil avait même détaché deux vaisseaux de la flotte asgard, qui le rejoindraient dans les plus brefs délais. Et ce, malgré la situation militaire délicate là-bas.

Les réplicateurs…

Il lui avait été ordonné d’agir de manière plus efficace que la dernière fois. Enfin, ce n’était pas le mot que le Conseiller Suprême avait employé. Il avait utilisé « radical » : les vaisseaux qu’on lui envoyait étaient des destructeurs. Des Mange-planètes. Thor espérait qu’il ne serait pas conduit à de telles extrémités.

Bien plus tard, mais pas beaucoup plus loin…

À l’abri dans une base de ravitaillement dissimulée en astéroïde, l’unique occupant du vaisseau en forme de zeppelin terminait l’installation d’un programme de camouflage sophistiqué. Son vaisseau n’avait pas vraiment besoin de ça. Ses dispositifs de défense étaient entièrement automatisés, et ceux de la base également. Tout ce qui s’approcherait d’un peu trop près serait impitoyablement engagé s’il n’envoyait pas le bon code d’identification. Un code qu’elle avait entré elle-même dans le pupitre de contrôle et n’avait donné à personne. Et jusqu’à présent, aucun de ses ennemis n’avait résisté à sa puissance de feu.

Elle ressentait un pincement au cœur désagréable à l’idée de laisser son vaisseau. Mais ceux de l’Arcadia avaient besoin d’aide. Elle n’avait pas souvent l’occasion de se rendre à bord de ce vais­seau. Ni d’assurer l’intérim du commandement.

Un petit appareil monoplace attendait dans le hangar, prêt au décollage.

Laisse-moi tranquille ! Je refuse de te laisser contrôler mon corps ! Je ne veux pas que tu entres dans mon esprit ! Je ne veux pas ! Je… ne… veux pas…

Sors de ma tête ! Va-t’en ! Tais-toi !

Tais-toi…

Non…

Je ne… te laisserai… jamais…

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