Stargate Arcadia : Toutes les étoiles par

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Crossover / Aventure / Action

11 Chapitre 8

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Chapitre 8

 

Harlock s’était immobilisé au pied du ha’tak. Il avait laissé O’Neill et les autres aux prisons, sous la garde de Mel’tek et de ses Jaffas. Il ne prenait pas trop de risques de ce côté. Le primat était tout à fait disposé à embrasser la cause de la rébellion, et les derniers événements n’avaient dû que renforcer son opinion. Harlock comptait bien que le talent naturel du colonel pour amener ses interlocuteurs à adopter la même opinion que lui servirait d’élément déclencheur.

Le capitaine s’inquiétait davantage de la réaction d’Emeraldas. Il ignorait si, après ce qu’il lui avait appris, elle déciderait de s’occuper seule du « problème ash » ou si elle resterait sur son objectif premier – à savoir s’occuper de lui.

Il ne se faisait pas d’illusions. Il ne gagnait qu’un court répit, de toute façon. Emeraldas ne le laisserait jamais se balader librement alors qu’il était infecté par une espèce intelligente de parasite, qui avait à ses ordres une armée bien entraînée et des vaisseaux d’une technologie suffisamment avancée pour être dangereux. Surtout depuis qu’ils connaissaient les points faibles de l’Arcadia.

Harlock secoua la tête. Il parvenait à mieux cacher ses pensées au Goa’uld à présent, mais il n’avait rien pu faire lorsque celui-ci avait pris le contrôle de son esprit la première fois. Et il n’arrivait toujours pas à l’empêcher de reprendre le dessus lorsque lui-même avait besoin de repos.

Syssend’har émit un sifflement sarcastique, qui se répercuta douloureusement à l’intérieur de son crâne.

« Ce n’est pas la peine de me rappeler que tu es là, » pensa Harlock à l’intention de l’alien, « je sais ce que tu es capable de me faire. »

Pour toute réponse, le Goa’uld se contenta d’exercer une pression sur sa colonne vertébrale, comprimant les nerfs. Harlock laissa échapper une grimace de douleur.

Arrête ça !

Le Goa’uld continua jusqu’à ce qu’Harlock s’effondre sur le sol en se recroquevillant sur lui- même, les mains crispées autour de son cou pour tenter d’atténuer les élancements qui en partaient et se propageaient le long de sa moelle épinière.

Arrête !

S’il criait, il risquait d’alerter les Jaffas en poste à l’entrée du ha’tak, voire Ba’al… Il se mordit le poing pour s’empêcher de faire le moindre bruit, puis se traîna péniblement derrière un arbre mort, à l’abri des regards.

Il fallait tenir. Il ne devait surtout pas perdre connaissance maintenant, sinon Syssend’har en profiterait. Et lui était bien moins indulgent à propos d’O’Neill, Emeraldas et les autres. Harlock avait eu un mal fou à l’empêcher de les exécuter, au moment où il avait retrouvé l’équipe du colonel Norton.

Finalement, la douleur devint plus supportable. Le capitaine se força à respirer profondément.

T’es content de toi ?

Ses jambes tremblaient encore trop pour qu’il puisse envisager de se lever. Il entendait Syssend’har proférer des menaces, dans un coin de sa tête… Il ne pouvait pas échapper à sa voix.

Ça va, j’ai compris !

Il se releva en s’aidant des branches de l’arbre mort. Sa tête tournait. Il sentait le serpent, tapi quelque part au fond de son esprit.

Harlock savait que le Goa’uld prenait son temps. Il l’aurait à l’usure. Même s’il continuait à résister à des attaques comme celle-ci, tôt ou tard, la fatigue le terrasserait.

Il ne pourrait pas lutter contre le sommeil indéfiniment.

— Mon général ! annonça Daniel en entrant dans la salle commune, hors d’haleine. Nous venons d’arriver dans l’orbite de P4X-48C.

— Vous avez reçu des nouvelles d’en bas ?

— Juste un message automatique. D’Emeraldas.

Daniel peinait à retrouver son souffle. Il avait quitté une passerelle en effervescence juste après la rematérialisation en espace normal. Le vaisseau avait décollé grâce aux réparations de fortune qui avaient été réalisées en un temps record… Mais qui visiblement avaient mal résisté au voyage.

Il avait laissé MacKay en plan alors qu’il était en train de l’assommer de questions techniques auxquelles il était bien incapable de répondre. Comme si Kei lui avait montré tous les plans de l’Arcadia… Et qu’il les avait compris.

Il n’avait pas saisi la totalité du message d’Emeraldas, mais une phrase avait retenu son attention. En particulier parce qu’Emeraldas avait bien détaché ses mots à ce moment, comme pour insister sur l’importance de ce passage. Il y avait de quoi.

— Vous devriez monter, reprit Daniel.

— Vous êtes sûr que le professeur Oyama…

— Ça ne lui pose pas de problèmes, mon général. Je pense qu’il va avoir un besoin urgent de nos conseils… En matière de Goa’ulds.

Le général haussa les sourcils et le suivit dans les coursives.

— Il y a un souci, fit-il alors qu’ils atteignaient l’ascenseur qui menait à la passerelle.

Ce n’était pas une question. Une simple constatation.

— Ce n’est pas peu dire, répondit Daniel. D’après ce que j’ai compris du message, Harlock aurait reçu un symbiote goa’uld…

— Un cadeau de bienvenue de Ba’al ?

— Apparemment. Le problème, c’est que là-haut, ils ne semblent pas conscients de ce que cela implique… Ils ne connaissent rien des Goa’ulds…

— Je vois, fit Hammond. Autre chose ?

— Euh… Je ne suis pas vraiment qualifié pour ce genre de choses, mais j’ai l’impression qu’ils ont de sérieux problèmes techniques…

La porte de l’ascenseur s’ouvrit dans un chuintement.

— Préparez-vous à un atterrissage d’urgence ! hurlait quelqu’un.

— Effectivement, déclara le général.

La passerelle était envahie d’alarmes sonores. Tochiro Oyama était debout à proximité du module de navigation, MacKay près de lui. Il leur jeta un regard courroucé.

— Ce n’est pas le moment des visites ! cria-t-il.

— Je m’en occupe, intervint Kei, qui attrapa au passage le bras de MacKay pour l’entraîner à l’écart.

Elle fit signe à Daniel de se diriger vers le fauteuil de commandement. Le général leva un sourcil étonné lorsqu’il l’aperçut, mais ne fit aucun commentaire. Pourtant, la présence de ce fauteuil en bois ouvragé, décoré de têtes de mort, était plutôt déplacée au milieu d’une passerelle de vaisseau spatial. Et l’antique barre à roue, en bois également, rajoutait à l’incongruité de la scène.

Daniel se demandait si cette barre servait d’élément décoratif ou si elle était vraiment opérationnelle. Quand on pensait au château arrière du vaisseau, ou à son pavillon, ce n’était plus aussi étrange.

Sans compter le vautour…

— Lâchez-moi, enfin ! protestait MacKay. Laissez-moi regarder les circuits internes de vos consoles, je suis sûr que je peux vous être utile.

— Continuez comme ça, interrompit Kei en jetant à Daniel et au général un regard où perçait l’exaspération, et vous pourrez être sûr d’être éjecté du vaisseau par un vide-ordures.

— Mais…

— Ça suffit, MacKay, coupa le général sèchement. Je ne suis pas venu pour visiter les lieux, ajouta-t-il à l’intention de Kei. J’ai cru comprendre que vous avez reçu un message de Mademoiselle Emeraldas… Parlant de Goa’ulds…

— En effet, répondit-elle. Nous avons eu un contact direct avec elle peu après le départ de Daniel. Elle nous a indiqué un endroit pour nous poser. À proximité de la porte des étoiles, apparemment.

— Je crois que je vais attendre la fin de l’atterrissage pour ajouter plus de détails et définir d’une stratégie, concéda le général… Il semble que vous ayez quelques difficultés, termina-t-il avec un signe du menton en direction de l’avant de la passerelle.

Kei se retourna comme pour analyser la situation, puis eut un sourire.

— Oh, je pense que Tochiro s’est un peu emballé avec son atterrissage d’urgence, fit-elle. Nous avons perdu les systèmes de navigation principaux en sortant de l’hyperespace, mais les systèmes de secours sont opérationnels en puissance normale et tout à fait capables de nous faire atterrir sans dommages…

Elle haussa les épaules.

— Même le dispositif de camouflage fonctionne à cent pour cent, finit-elle. Personne ne devrait pouvoir nous détecter lors de notre rentrée dans l’atmosphère…

Harlock se glissa jusqu’au centre de contrôle du ha’tak. Aucun Jaffa n’avait fait mine de l’arrêter, et avec un peu de chance, Ba’al était resté dans l’ancienne ville et il ne le croiserait pas.

« Tu as peur de ne pas pouvoir faire illusion ? »

Syssend’har n’avait pas renoncé à reprendre l’ascendant sur lui, mais il se contentait pour l’instant de le harceler verbalement – ce qui était déjà franchement pénible à supporter.

Harlock activa les commandes du panneau principal. Un diagramme animé de la planète s’afficha sur l’écran. Un texte en goa’uld défila sur le côté. Être habité par un symbiote goa’uld avait au moins un avan­tage. Le capitaine connaissait intuitivement le fonctionnement du ha’tak et la langue de ces aliens.

« Tu le sais parce que j’ai bien voulu que tu le saches. »

Évidemment, d’un autre côté, le Goa’uld avait eu accès à l’inté­gralité de sa mémoire. Cette bestiole avait beaucoup plus d’entraîne­ment que lui pour exploiter les connaissances d’un deuxième esprit.

« Je fais partie d’une race supérieure. Tu ne peux que te soumettre. »

Syssend’har agrémenta cette dernière phrase d’une petite vague de douleur générale, qui fit tressaillir Harlock. Le Goa’uld n’avait pas encore mis sa principale menace à exécution, à savoir endomma­ger le corps dans lequel il s’était installé – simplement parce qu’il espérait encore pouvoir l’utiliser pleinement. Mais Harlock sentait qu’il s’impatientait.

« Tu as peur… »

Le capitaine parcourut rapidement le rapport des senseurs. Rien.

Il s’efforça d’ignorer les sarcasmes de l’alien et entra une nouvelle commande sur le panneau de contrôle. Le diagramme changea, sans le satisfaire pour autant. Il avait pourtant modifié les réglages des senseurs du ha’tak pour qu’il soit en mesure de détecter l’Arcadia. Le vaisseau devait être en orbite. Emeraldas ne serait jamais venue seule. Et il valait mieux qu’il explique précisément à Tochiro les précautions à prendre à son égard avant qu’il ne soit plus capable de le faire.

Le capitaine s’appuya un instant au dossier du fauteuil du naviga­teur. Il avait une migraine digne des plus belles soirées arrosées qu’il avait connues et l’impression que son cerveau allait s’échapper par ses oreilles, sans compter les images bizarres que le Goa’uld s’ingéniait à lui faire visualiser. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le serpent était imaginatif. … Mais lui, il était têtu.

Ce n’est pas ça qui me fera céder !

Syssend’har lui renvoya une scène extraite de sa mémoire génétique. Avec beaucoup de sang dedans. Les âges sombres de l’ère goa’uld, apparemment.

Ça ne m’impressionne pas !

Ou peut-être un peu, mais il n’allait pas lui faire plaisir en l’avouant.

— Que fais-tu ici ? demanda une voix dans son dos.

Ba’al. Oh non. Ce n’était vraiment pas le moment, là. Harlock ne se retourna pas. Il fixa désespérément l’écran de contrôle.

Tochiro, où es-tu ?

— J’attends ! s’impatienta Ba’al.

La pression de Syssend’har se fit plus insistante. Une des mains du capitaine se mit à trembler. Il la crispa sur le dossier du fauteuil.

Ba’al se rapprocha et le saisit violemment par l’épaule, le forçant à le regarder en face.

— Seigneur Ba’al… fit Harlock.

Ba’al plissa les yeux d’un air contrarié.

— On dirait que mon vassal a perdu le contrôle de son corps, déclara-t-il.

— Ce n’est pas son corps ! protesta Harlock.

— Silence, isolent ! coupa Ba’al en envoyant le capitaine valser de l’autre côté du pupitre de contrôle d’un revers.

« Aucune chance… Laisse-moi faire. »

Pas question !

— C’est regrettable, continua Ba’al en s’approchant, mais je pense pouvoir y remédier facilement.

« Ne résiste pas… »

Harlock serra les dents. Il ne pourrait pas faire face à deux Goa’ulds en même temps.

— Un vaisseau arrive… lâcha Harlock.

Il sentit distinctement Syssend’har bouger. Par réflexe, il plaqua ses deux mains de chaque côté de son cou, un geste qui n’échappa pas à Ba’al, lequel leva un sourcil intéressé.

— Précise, fit-il.

Sa seule chance : convaincre Ba’al de traiter avec lui plutôt qu’avec Syssend’har.

— Mon vaisseau. L’Arcadia… Plus puissant que ce ha’tak.

Le persuader que son vassal envisageait de s’emparer de ce vaisseau pour son seul profit.

— Je connais leurs fréquences de travail… Les codes de leur brouillage…

Ce qui n’était que la vérité, en fin de compte.

— Je peux vous les dire… Mais c’est lui qui m’en empêche.

Monter les deux aliens l’un contre l’autre… Syssend’har était désavantagé, il ne contrôlait pas son corps à plein temps.

Ba’al devait savoir comment le neutraliser définitivement. Il avait le même parasite le long de la colonne vertébrale, après tout.

Jack O’Neill se félicitait de sa bonne fortune. Sitôt après le départ d’Harlock, il avait convaincu Mel’tek de rejoindre définitivement leur camp. Il avait été quelque peu surpris de cette rapidité, mais, au fond, cela l’arrangeait bien. Apparemment, et contrairement à ce qu’avait pu affirmer Harlock, l’armée de Ba’al comptait dans ses rangs un noyau de rebelles jaffas bien organisés. Et assez conséquent : seuls deux des Jaffas de l’escorte avaient été désarmés et avaient pris la place des Terriens dans les prisons.

O’Neill ne se faisait pourtant guère d’illusions. Les trois équipes SG et la poignée de Jaffas qui composaient leur petit groupe ne faisaient pas le poids face au reste des forces de Ba’al. Ils devaient quitter cette planète au plus vite. Et donc éviter les nombreuses patrouilles qui se concentraient à coup sûr dans un périmètre restreint autour de la porte des étoiles. Il faudrait jouer serré.

— Lorsque nous serons parvenus à la porte, disait Carter, j’aurai besoin de cinq bonnes minutes pour désactiver et réactiver le DHD. Cela devrait suffire pour réinitialiser la porte et donc détruire le couloir persistant entre la Terre et P4X-48C.

— Cinq minutes ! s’exclama Norton. Nous ne tiendrons jamais aussi longtemps !

— En effet, renchérit Teal’c. Il est même plus que probable que nous ne pourrons jamais atteindre la porte. Ba’al va certainement concentrer toutes ses forces dans ce secteur.

— Je suis d’accord, acquiesça Mel’tek comme O’Neill le consultait du regard.

— Très bien, céda ce dernier. Quelqu’un a une autre idée pour partir d’ici avant que Ba’al nous trouve ?

— Le vaisseau, fit Norton. Emeraldas était certaine qu’il nous suivrait de peu.

Carter eut une moue dubitative.

— Je doute qu’il puisse voyager aussi vite, dit-elle. Nous ne sommes pas encore capables de la maîtriser complètement, mais je peux cependant affirmer que les bases de la propulsion hyperspatiale sont fondamentalement différentes du système de portes des étoiles.

— Ça reste quand même du voyage plus rapide que la lumière, argumenta O’Neill.

— Euh… En effet, mon colonel. Mais, en simplifiant au maxi­mum, je dirais que le principe est exactement inversé. Les portes utilisent une quantité d’énergie phénoménale pour créer un couloir quasi-instantané, mais limité en portée et en temps d’ouverture. Un vaisseau, au contraire, va économiser son énergie pour augmenter son autonomie. Et donc il ira moins vite.

— Mouais… Mais n’oubliez pas que c’est un vaisseau du trentième siècle…

— Ce ne sont que des suppositions, mon colonel, répondit Carter avec un sourire.

O’Neill déchiqueta machinalement une fougère qui passait à sa portée. Les suppositions ne suffiraient pas pour les sortir de ce piège.

— Que décidez-vous, colonel O’Neill ? demanda Teal’c.

Les autres Jaffas le regardaient l’air interrogatif. Apparem­ment, il avait été promu chef du groupe par l’ensemble des partis en présence. Il n’allait pas s’en plaindre.

— Si les patrouilles ne nous trouvent pas, déclara-t-il, Ba’al enverra des planeurs pour scanner toute la surface de la planète. Si nous ne pouvons pas atteindre la porte, il faut se procurer un vaisseau. Soit celui d’Emeraldas, soit un vaisseau cargo goa’uld.

— Ba’al possède plusieurs tel’taks, annonça Mel’tek, mais ils sont parqués à l’intérieur de son ha’tak.

— Ne peut-on contacter cette Emeraldas ? proposa Teal’c. Elle pourrait certainement nous donner des informations sur le temps de trajet de son vaisseau.

Le colonel réfléchit un instant. C’était l’option sur laquelle il y avait le plus d’inconnues… Mais aussi la plus sûre pour l’instant.

— Norton ! appela-t-il.

— Je t’écoute.

— Ton amie dispose bien d’une radio ?

— Hein ?

— La rousse qui t’accompagnait… Une créature superbe… Ne me dis pas que tu ne l’as pas remarquée, le taquina O’Neill.

— Oh, répondit Norton d’un air abattu. Oui… Je vais voir si elle veille toujours la fréquence, se ressaisit-il, avant qu’O’Neill ait pu émettre le moindre commentaire sarcastique.

Thor s’était téléporté depuis le cœur directement dans son vaisseau. Il avait pensé que Vigrid l’y attendrait, mais l’immense nef asgard était vide.

— Initialisation des senseurs pour un scan planétaire, annonça-t-il à l’ordinateur.

— Nature de la recherche ? répondit la voix métallique de l’unité centrale.

— Formes de vie.

— Chargement du programme.

Il se rapprocha de l’interface visuelle. Le balayage ne passerait certainement pas inaperçu des Goa’ulds, mais cela importait guère. Il ne craignait pas leur puissance de feu.

— Senseurs opérationnels, continuait l’ordinateur. Connexion aux sondes de surface. Début de la séquence de scan. Analyse des données en cours… Compilation terminée. Aucune donnée sur la face cachée. Poursuite de la recherche…

Thor éteignit le programme manuellement. Le satellite resté en place depuis sa dernière visite l’avait déjà renseigné sur ce point. Les seules traces de vie intelligente se concentraient autour de la porte des étoiles. Il plissa les yeux, contrarié, tandis que le diagramme s’affichait sur l’écran central. Beaucoup de Jaffas, une minorité d’humains (moins de cent), et deux Goa’ulds. Cela ne faisait que confirmer ce qu’il supposait. Par un moyen ou un autre, les Goa’ulds devaient avoir eu connaissance de la particularité de cette planète. Et ils tenteraient de l’exploiter, bien sûr.

Un signal retentit au-dessus de l’interface de contrôle. L’un des deux autres vaisseaux cherchait à le contacter.

— Quelle est votre estimation de la situation, commandant suprême ? demanda son occupant une fois qu’il eut établi la communication. Devons-nous commencer l’intervention ?

L’Asgard essayait de dissimuler son impatience aux yeux de son supérieur hiérarchique, sans grand succès d’ailleurs. Thor ne pouvait lui en vouloir. Le dossier avait été classé, et le projet développé ici n’avait concerné qu’un nombre restreint de chercheurs. Pour ces deux vaisseaux de guerre, il ne s’agissait que de détruire une ancienne arme asgard, susceptible d’être dangereuse si elle tombait entre les mains de peuples inférieurs. Détruire, sans avoir aucune conscience des effets secondaires.

— Pas encore, répondit Thor. Le cœur et sa matrice sont intacts, enchaîna-t-il comme il voyait poindre une protestation. J’ai déclen­ché l’autodestruction de la planète. Nous ouvrirons le feu dès le début de l’explosion sur les points de rupture, afin d’intensifier la réaction et empêcher sa propagation au système solaire.

Son interlocuteur cligna des yeux, perplexe.

— Sauf votre respect, commandant suprême, ne devrait-ce pas plutôt être l’inverse ?

— Non, fit Thor, amusé. L’intensification du feu va entraîner la densification du cœur. La déflagration sera en effet plus violente, mais aussi plus locale.

Du moins, c’est ce que les scientifiques affirmaient…

— Dans ce cas, pourquoi ne commence-t-on pas le bombarde­ment maintenant ? rétorqua l’autre, buté.

Thor soupira. Il avait déjà choisi cette option une fois… Un bombardement localisé, après avoir incité les autochtones à s’éloigner vers des positions plus sûres…

— Les rayons amorceront une réaction superficielle, mais ne détruiront pas le cœur, déclara-t-il.

— Mais, en insistant…

— Nous ne pourrons pas insister ! s’emporta-t-il. Les ondes générées par la surface se propagent immédiatement vers l’espace ! Nous serons forcés de nous replier !

L’Asgard sur l’écran eut l’air choqué. Thor se détourna de la console de communication. Évidemment. Sa colère devait paraître bien illogique pour quelqu’un qui venait ici pour la première fois.

— Le choc électromagnétique primaire est trop violent pour nos vaisseaux, reprit-il plus calmement. Nous serons obligés de rester en bordure de la zone d’influence lors du bombardement, ce qui réduit d’autant la puissance des armes et empêche par conséquent la destruction totale. De plus, lorsque la réaction atteint l’étoile, elle provoque des éruptions solaires et des jets de particules qui peuvent eux aussi endommager nos systèmes… Je vais vous transmettre les données qui avaient été recueillies lors de la première mission, ajouta-t-il en joignant le geste à la parole. Il va de soit que ces données sont confidentielles.

Sur l’autre vaisseau, son homologue eut un hochement de tête entendu tandis qu’il recevait le rapport et les notes sur son propre terminal.

— À propos… demanda Thor alors que le transfert s’achevait. Savez-vous où se trouve le scientifique Vigrid ? J’aurais souhaité entendre son compte-rendu de vive voix.

Il espérait que le ton de sa voix était resté neutre. Il commençait à s’inquiéter sérieusement. Il n’avait eu aucun contact depuis qu’il s’était rendu dans le cœur. Ce n’était pas dans les habitudes de Vigrid.

— Il n’y a pas eu d’autre transfert, commandant suprême. Vous êtes le premier à rentrer.

Thor mit quelques secondes à répondre.

— Je viens à l’instant de scanner la planète, fit-il enfin. Les senseurs ne l’ont pas localisé.

Il parcourut rapidement le diagramme de scan, toujours affiché sur l’écran central.

— S’il s’est fait surprendre par nos ennemis, conclut-il, je crains que nous ne devions nous attendre au pire…

Après deux ou trois tentatives infructueuses, Norton avait réussi à obtenir un contact avec Emeraldas.

— Elle se dirige vers nous, annonça-t-il. Et le vaisseau aurait atterri au sud de la porte des étoiles.

— Déjà ? demanda Carter, surprise.

— Elle a dit texto « l’Arcadia a atterri », répondit Norton. Cela dit, l’anglais n’est pas sa langue maternelle et elle a très bien pu se tromper dans les conjugaisons… mais ça m’étonnerait.

— Si leur vaisseau est déjà arrivé, s’enthousiasma Carter, alors leur hyperpropulsion est totalement différente de ce que nous connaissons. Que ce soient les ha’taks ou même les vaisseaux asgards, aucun n’est capable de franchir une telle distance aussi rapidement !

Norton afficha un air que le major ne put définir. Quelque chose entre la résignation et l’abattement. Si Emeraldas s’était comporté avec lui comme Harlock avec O’Neill, cela pouvait aisément se comprendre. Les attitudes du genre « je ne fais pas partie de votre armée, et donc j’ai l’intention de faire ce que je veux » finissait vite par taper sur les nerfs des officiers qui devaient le gérer.

Sam se demanda comment le général Hammond avait réagi lorsque le vaisseau était arrivé.

Un aéronef franchissant la porte des étoiles ! Dire que j’ai manqué cette occasion. Et en plus, j’ai dû laisser cet abruti de MacKay à la tête de l’équipe scientifique. Il va me répéter les détails de ce qu’il a fait pendant mon absence pendant des semaines.

Tout en essayant de chasser cette horrible perspective, Sam s’empressa de rejoindre le colonel O’Neill. Celui-ci était posté un peu plus loin, à proximité d’une formation rocheuse naturelle qui surplombait le sentier et flanqué de Teal’c et Mel’tek.

— Je ne comprends pas, disait ce dernier. Ba’al devrait être à notre recherche. Nous aurions déjà dû apercevoir des planeurs…

— Il a peut-être d’autres soucis en tête, déclara O’Neill.

— Vous pensez à Harlock, colonel O’Neill ? demanda Teal’c.

— Que ce soit lui ou le symbiote, il a toutes les raisons de mettre des bâtons dans les roues de Ba’al.

Carter sourit en voyant la réaction des deux Jaffas à la métaphore du colonel.

— Quelle que soit la cause de ce répit, cela nous arrange, intervint-elle.

— Vous avez du nouveau, major ? fit O’Neill.

— Oui mon colonel. Le colonel Norton a contacté Emeraldas, qui devrait nous rejoindre d’ici peu. Elle nous conduira ensuite vers le site d’atterrissage du vaisseau.

— Qui est… ?

— Au sud de la porte, mon colonel. Je n’ai pas plus de précisions pour l’instant. À part que, visiblement, il serait déjà arrivé.

— Il est plus rapide que vous ne pensiez, hmm ? sourit O’Neill.

Son excitation, toujours la même lorsqu’elle se trouvait face à un défi scientifique particulièrement stimulant, n’avait pas dû lui échapper.

— C’est ce qu’il semblerait, sourit-elle à son tour. J’ai hâte de voir ça.

En un rien de temps, une base militaire avait surgi à quelques centaines de mètres de l’Arcadia. Deux postes d’observation avaient été installés un peu plus loin, sur des promontoires qui leur donnaient une vue d’ensemble de la vallée où le vaisseau avait atterri.

Kei avait quitté le refuge de l’Arcadia pour rejoindre le général Hammond à son QG provisoire, une simple tente en apparence, mais qui abritait des systèmes à la pointe de la technologie… pour l’époque, du moins.

— Vous savez, déclara-t-elle en guise d’introduction, nous avons des instruments similaires à bord qui sont plus performants que ceux-ci.

— Je n’en doute pas, madame, répondit Hammond. Mais je tiens à garder un certain contrôle de la situation, et je préfère disposer de mes propres données plutôt que de dépendre entièrement de celles que voudront bien me fournir vos amis.

— Je vois, sourit Kei. Vous avez peur que nous favorisions le sauvetage de personnes particulières et en oublions d’autres ?

Le général ne répondit rien, mais le regard qu’il lui renvoya était éloquent. Kei se raidit.

— Je pensais que nous avions passé un accord ? reprit-elle d’un ton glacial. Ce n’est peut-être pas évident pour vous, mais pour ma part, j’estime que nous avons fait assez d’efforts afin de nous aligner sur votre façon de procéder…

Un des officiers également présents dans la tente eut un reniflement de dédain, immédiatement refoulé lorsqu’il s’aperçut de l’expression d’Hammond.

— Ce n’est pas seulement une visite de courtoisie, n’est-ce pas ? fit ce dernier. Vos hommes s’impatientent…

— En effet. Même Tochiro trouve que nous ne devrions pas rester là à attendre… Général Hammond, nous avons repéré les positions exactes des émissions radios d’Emeraldas et du colonel Norton ! Nous pouvons au moins envoyer des chasseurs pour les récupérer plutôt que de les laisser nous rejoindre à pied !

— Vous oubliez que vous avez également détecté un vaisseau goa’uld. Un ha’tak puissamment armé et qui vous enverra ses propres chasseurs s’il vous voit sur ses radars.

— Pff… Ce n’est pas ça qui m’inquiète.

Le général soupira.

— C’est ce que je craignais, et c’est pourquoi j’ai installé cette base temporaire à l’extérieur de votre vaisseau. Jusqu’ici, vous avez fait preuve de bonne volonté, et je vous en remercie, mais je ne pourrais probablement pas vous empêcher de n’en faire qu’à votre tête d’ici peu. Si l’Arcadia doit affronter Ba’al dans une confrontation directe, je préfère qu’aucun membre du SG-C ne soit à son bord… C’est peu de choses, mais ce sera peut-être un peu plus facile à gérer d’un point de vue diplomatique.

— Vous êtes en guerre, non ? s’exclama Kei. Pourquoi cherchez-vous à vous défiler ?

C’était une provocation gratuite de sa part. Elle appréciait la combativité des troupes d’Hammond. Elle avait vu trop d’armées humaines accepter la fatalité de la défaite pour dénigrer ses ancêtres du vingt-et-unième siècle, qui avaient toujours la volonté de se battre malgré leur technologie primitive. D’autant plus que l’ordinateur de l’Arcadia lui avait détaillé les caractéristiques du vaisseau alien juste avant qu’elle ne se rende à la tente d’Hammond. Le ha’tak, comme il l’avait appelé. Elle se demanda pourquoi la Terre n’avait pas déjà été balayée tant la disproportion des forces semblait flagrante.

— Comment osez-vous… ! s’exclama un soldat en s’avançant, l’arme pointée vers elle.

— Calmez-vous ! s’interposa vivement Hammond. Quant à vous, miss, vous devriez modérer vos expressions si vous voulez que nous gardions nos bonnes dispositions à votre égard.

— Les pirates n’ont pas la réputation d’être diplomates, répondit-elle.

— J’ai vu. Mais mes hommes n’ont pas de leur côté la réputation de… se défiler, ajouta le général fermement. Comme vous l’avez vous-même fait remarquer, notre technologie est bien inférieure à la vôtre, ainsi qu’à celle de nos ennemis. Nous sommes désavantagés lors d’une attaque directe. C’est pourquoi nous devons tant que possible éviter les contacts.

— … Ou vous cantonner à des opérations d’infiltration ou de sabotage discrètes. Je comprends, finit Kei.

Elle fit demi-tour, coupant court à la conversation.

— Je convaincrai Tochiro d’attendre encore un peu, déclara-t-elle avant de quitter la tente. Mais cela ne me plaît pas.

— Nous y sommes presque, annonça Emeraldas en entreprenant d’escalader un bloc rocheux qui bloquait le chemin.

Elle avait rejoint le groupe suite à l’appel radio de Norton, sans toutefois montrer un réel enthousiasme de les retrouver. Les questions qu’O’Neill, puis Carter, lui avaient posées n’avaient obte­nu que des réponses évasives. Le colonel avait bien tenté d’insister, optant pour une approche plus insidieuse, mais s’était heurté à un mutisme têtu. Norton, lui, n’avait même pas essayé d’engager la conversation avec sa coéquipière forcée.

— Corrigez-moi si je me trompe, mais vous ne nous avez pas déjà dit la même chose il y a une dizaine de minutes ?

Jack ignora à la fois les mimiques d’avertissement de Norton et le regard exaspéré que lui lança Emeraldas.

— Vous êtes sûre de la fiabilité des coordonnées ? continua-t-il.

— Évidemment ! coupa Emeraldas sèchement.

O’Neill constata tout de même avec une certaine satisfaction que la jeune femme consultait furtivement l’appareil qu’elle portait en bandoulière. Un genre de détecteur portatif qui n’appartenait sûrement pas au SG-C, vu la façon dont les yeux de Carter brillaient lorsqu’ils se posaient dessus. Il réprima un sourire.

J’arrive toujours à décontenancer des jeunes blancs-becs du futur qui se croient les meilleurs à tous points de vue. Ça va, je ne suis pas encore bon pour la retraite…

Emeraldas parut soudain déceler son manège, et elle le transperça de son regard bleu azur.

— Je crois avoir mal estimé notre vitesse de progression, reprit-elle d’un ton qui donnait à penser qu’elle aurait plutôt voulu dire autre chose, mais qu’elle se retenait par correction. La végétation est vraiment très dense et nous ralentit considérablement… Il reste à peine trois cents mètres, conclut-elle.

Elle reprit sa progression, mais s’arrêta après quelques pas et secoua la tête, visiblement agacée.

— Ce que je ne comprends pas, fit-elle, plus pour elle que pour O’Neill – ou n’importe qui d’autre, d’ailleurs –, c’est que cela aurait été beaucoup plus rapide de venir nous chercher… Quand je verrai Tochiro, il va m’entendre !

O’Neill jugea prudent de ne rien répondre. Inutile de jeter davantage d’huile sur le feu. Cette fille semblait tout à fait capable de l’embrocher avec son pseudo-sabre lors d’une saute d’humeur… Et apparemment, c’est ce qu’avait également décrété Norton.

Quelques minutes suivirent pendant lesquelles seul le crissement des feuilles mortes sous les bottes fut perceptible, puis, sans qu’aucun signe n’ait permis de le deviner, la forêt s’éclaircit d’un coup, et le colonel se retrouva face à un vallon dégagé de tout arbre… mais loin d’être désert. Emeraldas descendait déjà la pente herbeuse, en direction du vaisseau posé en contrebas.

— J’imaginais ce vaisseau plus petit, colonel O’Neill, déclara simplement Teal’c.

— Euh… À vrai dire, moi aussi, répondit le colonel distraitement, sans parvenir à détacher ses yeux de l’imposante structure métallique.

— On finit par s’y faire, Jack, ironisa un Norton qui venait juste d’émerger du couvert des arbres. Et je peux t’assurer que c’était autrement plus impressionnant de voir ce truc sortir de la porte !

Norton s’éloigna à son tour, bifurquant légèrement pour se diriger vers le camp de tente qu’O’Neill pouvait distinguer derrière le vaisseau.

— Impossible… fit Carter. La porte ne peut pas emmagasiner et restituer une telle quantité de données. Ils ont dû utiliser leur propre module de restructuration, et court-circuiter la quasi-totalité des sécurités de la porte. Et leur propulsion hyperspatiale est forcément fondée sur des paramètres différents de ce que nous connaissons !

Le major avait définitivement adopté une expression qui laissait croire que le père Noël était passé en avance cette année. O’Neill n’était pas loin de penser la même chose, d’ailleurs. Il ne se souciait guère de comprendre les bases scientifiques des artefacts aliens que les équipes SG trouvaient sur le terrain – du moment que cela fonctionnait sans trop de danger pour l’utilisateur – mais il savait reconnaître une arme de haute technologie quand il en voyait une. Et même si le mixage d’un galion espagnol avec un engin spatial était plutôt bizarre, le résultat reflétait indubitablement un sentiment de puissance.

O’Neill secoua la tête. Il espérait seulement que les propriétaires de ce vaisseau ne se mettraient pas à faire n’importe quoi. La situation était déjà suffisamment tendue avec les Goa’ulds. Ce n’était pas le moment de mettre le feu aux poudres.

Il se rendit brusquement compte qu’il était seul. Teal’c menait le groupe des Jaffas vers le camp terrien, après avoir rassuré d’un geste les soldats postés en sentinelle. Norton avait déjà atteint les premières tentes, et ses hommes étaient en train de se disperser. Emeraldas avait disparue, probablement à l’intérieur du vaisseau. Seul Carter traînait un peu. Le colonel se hâta de la rattraper.

— Cessez de baver devant cet engin, major, dit-il. Nous, nous avons le Prométhée et franchement, je trouve son design plus… comment dire… moins fantaisiste.

— S’ils peuvent se permettre de telles fantaisies, comme vous dites, mon colonel, c’est qu’ils disposent d’un niveau de technologie bien supérieur au nôtre… Et supérieur à ce que j’avais imaginé.

— Ils ont neuf siècles d’avance sur nous, major, répondit le colonel. Harlock nous l’a assez répété.

Carter sourit.

— À mon avis, mon colonel, continua-t-elle, vu la tête que fait le colonel Norton, Emeraldas a dû le lui répéter un certain nombre de fois elle aussi.

Quelqu’un arrivait vers eux. Daniel les avait aperçus depuis le camp et venait à leur rencontre.

— Jack ! Sam ! s’exclama-t-il lorsqu’il fut à portée de voix. Content de vous revoir sains et saufs !

— Je vois que vous avez amené des renforts conséquents avec vous, répondit O’Neill. Avec tous les moyens déployés ici, vous avez vraiment dû vous faire du souci… Ce n’était pas la peine, vous savez. Nous étions parfaitement capables de nous en sortir seuls.

Le colonel ignora le regard de reproche de Carter. Quelle importance s’il embellissait un peu la réalité…

— Désolé de vous casser votre effet, Jack, reprit Daniel. Mais tous ces gens ne sont pas venus dans l’unique but de vous secourir.

— Vous avez utilisé ce vaisseau car la porte des étoiles ne fonctionne toujours pas, n’est-ce pas ? demanda Carter.

— Effectivement.

— Je n’ai pas pu réinitialiser le DHD ici, continua Carter. Et je ne sais pas du tout comment nous allons pouvoir nous en approcher sans attirer l’attention de Ba’al…

— Je n’en ai pas la moindre idée non plus, fit Daniel. Et je ne crois pas que le DHD soit au premier plan des préoccupations de l’état-major pour le moment.

— Je ne comprends pas, l’interrompit O’Neill. Si l’objectif de ce déploiement de forces n’est pas de nous récupérer, ni de réparer la porte, alors à quoi sert-il ?… Vous êtes au courant, pour l’arme ?

— En fait, répondit Daniel, tout ceci – il fit un geste en direction du camp de tentes – est surtout destiné à surveiller que l’équipage de cela – il se retourna pour montrer le vaisseau – n’oublie les mesures élémentaires de diplomatie… Quelle arme ?

— L’arme qui est mentionnée dans vos tablettes gravées, expliqua Carter. C’est un système qui englobe la planète dans sa totalité.

— Quoi ?

— J’ai peu d’éléments à fournir, mais ils sont tout de même préoccupants, poursuivit Carter. Nous supposons que Ba’al convoite également cette arme… Je n’ai pu voir qu’une infime partie de sa puissance, mais il faut absolument empêcher que Ba’al ne mette la main dessus… Qui commande cette mission ?

— Le général Hammond.

— Hammond est ici ? s’exclama O’Neill.

— Avec tout un détachement paré à prendre le contrôle du vaisseau.

— Eh bien ! Je ne pensais pas que la situation était aussi… tendue.

— Ce sont des pirates, Jack, déclara Daniel. Aucun d’entre eux ne cache qu’ils préféreraient régler la question en tirant dans le tas…

— Qu’est-ce qui les retient ? Si seulement ils pouvaient nous débarrasser de Ba’al une bonne fois pour toutes…

— Jack !

— Oui, je sais, répondit celui-ci avec un air faussement contrit. Inutile de provoquer les Goa’ulds davantage, la position de la Terre est déjà suffisamment précaire et l’appui des Asgards n’est pas infaillible… N’empêche, c’est tentant.

— N’allez pas le dire à Emeraldas, elle n’attend que ça…

À l’intérieur du vaisseau asgard, un voyant d’alarme clignota pour la seconde fois. La flotte, toujours dissimulée dans l’ombre de la lune, se faisait scanner par un faisceau d’origine inconnue. Thor supposait qu’il s’agissait d’une sonde automatique. Deux, s’il en croyait les relevés des interceptions électromagnétiques. Il avait facilement localisé la première, un appareil goa’uld assez grossier, qui ne l’aurait pas inquiété outre mesure si ses réglages n’avaient pas été subtilement modifiés. Les brouilleurs asgards n’avaient dévié le faisceau d’onde que de justesse. Quant à la deuxième… Malgré les scans effectués par les trois vaisseaux, sa position n’avait pas pu être déterminée avec précision.

Aussi improbable que cela puisse paraître, cette sonde possédait un dispositif de brouillage plus performant que celui des Asgards. Et la signature des ondes était sensiblement identique à celle de la sonde goa’uld… Même si la puissance d’Anubis, et les technologies qu’il possédait, étaient considérables, Thor ne pouvait croire que la sonde fantôme était de facture goa’uld. Anubis lui avait certes volé des connaissances lorsque l’Asgard était tombé entre ses mains, mais il semblait inconcevable que les Goa’ulds aient construit un appareil de technologie supérieure à celle des Asgards. Ces parasites n’étaient pas réputés pour leur imagination. Thor ne connaissait aucune civilisation capable de supplanter les systèmes de défense asgards. La faiblesse de son peuple résultait de sa lente agonie. Les générations qui se succédaient ne se renouvelaient plus depuis bien longtemps, et aucun sang neuf n’était capable d’apporter un peu de vigueur au patrimoine génétique asgard. Mais si le nombre pouvait éventuellement rivaliser avec les forces asgards, celles-ci conservaient encore leur suprématie technologique.

Alors qui ?

Le commandant suprême asgard avait scanné plus précisément la surface de la planète. Il n’avait pas cherché bien longtemps. Au sud de la porte des étoiles, sa sonde-espion avait transmis des images d’un camp militaire récent. Des Terriens. Qui visiblement, n’étaient pas arrivés par la porte. Thor n’avait pas besoin de l’analyse de l’ordinateur central pour savoir qu’il avait déjà rencontré ce vaisseau.

Un vaisseau spatial de type inconnu. Longueur estimée trois cents mètres. Capacité de navigation autonome en hyperespace. Probablement armé.

Effectivement armé.

Il avait trouvé ce qui avait généré le phénomène énergétique qui avait endommagé la porte des étoiles terrienne.

— Tu disais la vérité. Même avec le peu de transmissions interceptées, je peux me faire une idée du degré de technologie de vos installations. Et aussi de vos objectifs. Tes amis ont repéré les intrus qui se sont lâchement cachés derrière la lune, mais ils n’ont pas jugé utile de le dire aux Tauris. Ils sont venus pour toi, n’est-ce pas ? Dans ce cas, une petite visite s’impose… Je pense qu’ils vont être surpris…

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