Stargate Arcadia : Toutes les étoiles par

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Crossover / Aventure / Action

15 Chapitre 12

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Chapitre 12

 

L’Arcadia roulait violemment bord sur bord mais heureusement, les saisines des chasseurs tenaient bon. Emeraldas courut jusqu’à l’appareil le plus proche en profitant d’une accalmie. Elle avait réenclenché la procédure d’ouverture, et le local était déjà envahi de courants d’air. La pirate rousse devait s’accrocher pour ne pas se faire balayer. Quant au chasseur, il entama une inexorable glissade vers le fond du hangar lorsqu’elle fit sauter les saisines.

Emeraldas décolla en slalomant entre des pièces de rechanges qui s’étaient échappées de leur poste de rangement. Le chasseur traversa un écran de fumée noire avant de se retrouver à l’air libre. La coque de l’Arcadia était déchirée sur une dizaine de mètres au niveau des tubes lance-torpilles, et la fumée s’en échappait en continu.

La pirate ne s’attarda pas à contempler les dégâts. Le chasseur que Ba’al avait « emprunté » n’était plus en vue, mais il n’avait pu se rendre qu’à un seul endroit.

Elle fit piquer son appareil en direction du ha’tak qui se découpait parfaitement en bordure de la capitale, et bascula en mode furtif.

Harlock enfonça le bouton de contrôle du pilote automatique puis se laissa tomber lourdement dans le fauteuil de commandement.

— Situation, ordonna-t-il.

Il avait trouvé un terrain un peu plus vallonné et avait stoppé l’Arcadia en vol stationnaire entre deux collines. Ce n’était pas un camouflage très performant, mais au moins un vaisseau en orbite serait-il forcé d’effectuer un balayage radar précis pour les détecter. Cela leur ferait perdre un peu de temps.

L’écran principal commença à dérouler son programme de diagnostic. Harlock s’efforça de rester concentré sur les informations qui défilaient, mais le texte était de plus en plus flou. Avec ce calme relatif, son taux d’adrénaline était retombé. Son corps était en train de lui rappeler qu’il n’était pas en très grande forme.

Le capitaine se massa les tempes en soupirant.

— Vous pouvez me résumer ça dans les grandes lignes ? demanda-t-il à personne en particulier.

— Recommencez un coup comme celui-ci et on va droit au carton, captain, lui répondit Macchi.

Le chef machine était monté évaluer de visu les dégâts en passerelle. Harlock s’efforça d’ignorer le regard inquiet qu’il lui lança. Les mains du capitaine tremblaient, et il avait l’impression que l’intérieur de l’Arcadia s’était transformé en chambre froide. Le chef se planta résolument devant lui.

— Je pense que vous êtes attendu par le doc, captain. Impatiemment.

— Ils vont revenir, rétorqua Harlock.

— Oui, probablement… Et à mon avis, vous ne nous serez d’aucune utilité dans votre état.

— Je…

— … Veux pas l’savoir ! coupa le chef en secouant la tête. Vous allez retourner à l’infirmerie, et pendant que je tenterai de rafistoler votre vaisseau, le doc essaiera de vous rafistoler, vous.

Harlock soupira de nouveau.

— Bien… Je suppose qu’il est inutile de résister…

— Essayez, pour voir !

Le capitaine se laissa entraîner – à vrai dire, traîner était le terme plus juste – par le chef machine jusqu’à l’ascenseur.

— Je ne vous accompagne pas, j’ai comme qui dirait quelques avaries à traiter d’urgence. Vous réussirez à trouver le chemin tout seul ?

— Ça ira.

Il y avait un problème avec la stabilisation du vaisseau. La passerelle penchait dangereusement vers l’avant. Harlock se demanda pourquoi Macchi ne semblait pas en être affecté.

— Captain ! Z’allez pas tourner de l’œil maintenant !

Ah. Ce devait être pour ça.

Il entendit Macchi crier en même temps qu’il observait avec détachement les perspectives de la passerelle se dilater.

— Appelez l’infirmerie ! Dites au doc qu’on a besoin de lui en passerelle de toute urgence !

Harlock se retrouva par terre sans vraiment comprendre comment il avait fait pour y arriver. Une silhouette nébuleuse était penchée sur lui. Ç’aurait très bien pu être n’importe quel membre de son équipage.

Ç’aurait très bien pu être personne, d’ailleurs.

Les coursives du ha’tak étaient sombres et désertes. Emeraldas n’avait rencontré qu’une patrouille, dans le vaste hangar par lequel elle était arrivée. Les Jaffas avaient paru surpris de voir un appareil inconnu franchir apparemment sans encombre le champ de force qui barrait l’entrée. Elle ne leur avait pas laissé le temps de se rendre compte que le chasseur était totalement incapable de redécoller dans l’autre sens.

Le chasseur que Ba’al avait utilisé n’était pas en vue. Il devait y avoir d’autres hangars aviation comme celui-ci ailleurs dans le ha’tak. Bah. Pour le retour, elle monterait à bord d’un des planeurs qu’elle avait aperçus plutôt que de chercher un appareil monomoteur dans un vaisseau bien plus vaste que l’Arcadia.

Elle avait atteint les ponts supérieurs, et cherchait la passerelle. Elle bifurqua au hasard dans une coursive, puis une autre, toutes deux désespérément vides. Où étaient les forces armées que Ba’al se vantait de posséder ? Personne. Aucun bruit, aucune alarme, aucun équipage. Elle avait forcé un champ énergétique et démoli deux serrures sécurisées depuis qu’elle était arrivée. C’était impossible qu’elle soit passée inaperçue.

Elle aboutit à une artère plus large. Au bout se trouvait une vaste pièce semi-circulaire, équipée d’écrans tactiques et de panneaux de contrôle. Le fauteuil placé en son centre était occupé.

Elle brûlait.

— Si vous vous étiez contentée de suivre le chemin que j’avais laissé ouvert à votre intention, vous auriez été plus rapide, déclara nonchalamment Ba’al lorsqu’elle entra.

— Vous devriez savoir que je n’apprécie pas qu’on me force dans mes choix, répondit Emeraldas.

Ba’al sourit.

— Vous désirez poursuivre la conversation que nous avons interrompue sur l’Arcadia ? demanda-t-il.

— Il ne s’agissait pas d’une conversation, rétorqua Emeraldas en dégainant. Mais d’un duel.

— Bien sûr.

Le Goa’uld croisa les bras et ne bougea pas de son fauteuil.

— Croyez-moi, je n’ai aucune intention de vous nuire, reprit-il. Sinon, vous auriez croisé bien plus de monde avant de parvenir jusqu’ici…

— Vraiment ? Vous n’aviez pas non plus l’intention d’endom­mager l’Arcadia, en ouvrant le feu sans sommation ?

— Je voulais que vous ripostiez, pour pouvoir mieux apprécier votre puissance de feu. J’ai tiré manuellement, avec des corrections de trajectoire plus qu’approximatives, et pourtant j’ai infligé de sérieux dégâts à un vaisseau-nef asgard. J’aurais été curieux de voir ce que pouvaient faire des professionnels… Mais apparemment, vous préférez vous occuper de moi plutôt que de vos hommes…

— Ce ne sont pas mes hommes, corrigea Emeraldas machinalement.

— C’est vrai. J’oubliais.

Ba’al fit un geste dans le vide. Des Jaffas surgirent de nulle part et se placèrent derrière les différentes consoles de contrôle de la passerelle du ha’tak.

— Tout est prêt, mon seigneur, fit le plus proche.

— Bien. Décollage.

Le ha’tak vibra à peine sous les pieds d’Emeraldas lorsqu’il commença à s’élever verticalement. Ba’al la considéra avec une expression narquoise.

— Et que comptez-vous faire maintenant ? demanda-t-il ironique­ment. Pensez-vous que vous aurez plus de chances de prendre le contrôle de mon vaisseau que je n’en ai eu pour m’emparer du vôtre ?

— Je suis venue pour l’antidote, rétorqua Emeraldas sèchement.

— Ah, oui. Pour votre ami…

Ba’al joignit pensivement ses mains à hauteur de son menton.

— Qu’ai-je à y gagner ?

Emeraldas se pencha en avant et plongea ses yeux dans ceux du Goa’uld.

— Vous voulez quitter cette planète vivant, répondit-elle froidement, en ignorant l’expression de colère de Ba’al. Vous avez parié sur le fait que nos ennemis seront bien trop occupés avec l’Arcadia pour remarquer votre départ… Mais je trouve cela un peu… hasardeux. N’oubliez pas qu’il y a trois vaisseaux.

Ba’al la repoussa d’un revers agacé.

— C’est un risque à courir.

— Vous nous avez toujours sous-estimés, répliqua Emeraldas avec dédain. Vous avez fui l’Arcadia alors qu’elle vous offrait le meilleur refuge… Et je vous avais donné ma parole de vous déposer sain et sauf sur la planète de votre choix…

— Votre vaisseau n’est plus qu’une épave, coupa Ba’al.

— Vous nous sous-estimez, répéta Emeraldas. Ce vaisseau a plus de ressources que vous ne le pensez.

— Quelle importance. Je serai sorti de l’orbite dans quelques minutes… Et vous avec moi, ajouta-t-il.

Il sourit, et la dévisagea de la tête aux pieds, une expression pensive au fond des yeux. Emeraldas ne réagit pas immédiatement.

— Cessez de me déshabiller du regard, serpent lubrique ! finit-elle par lui jeter. Vous êtes indécent.

— Et vous, vous pourriez presque être une Goa’uld.

Ce fut au tour d’Emeraldas de sourire.

— Suis-je censée prendre ceci comme un compliment ?

— C’était l’intention, en effet.

Ba’al se leva, marqua un temps d’hésitation quasi-imperceptible, puis enlaça d’un bras la taille d’Emeraldas.

— Je suis certain que nous pourrions réaliser de grandes choses ensemble, lui murmura-t-il à l’oreille.

— Vous vous écartez du sujet, mon cher, rétorqua Emeraldas.

— Vraiment ?

— Oui… L’antidote, lui rappela-t-elle alors qu’il s’enhardissait à lui passer la main dans les cheveux.

Elle se dégagea d’un mouvement souple et appuya son poignard sur la carotide de Ba’al.

— Je vous demanderai aussi de me fournir un véhicule pour quitter votre bord, ajouta-t-elle.

Une alarme stridente se déclencha avant que Ba’al n’ait le temps de répondre.

— Mon seigneur ! annonça un Jaffa. Nous venons de nous faire scanner par un des vaisseaux asgards. Il a verrouillé ses radars de tir sur nous !

— Eh bien ? demanda Emeraldas. Pensez-vous toujours disposer d’assez de temps pour vous enfuir ? Ou alors vous sentez-vous de taille à l’affronter ?

— Parce que votre vaisseau a plus de chances ? répliqua Ba’al amèrement.

Emeraldas s’écarta du Goa’uld et examina l’écran tactique en croisant les bras.

— Oh, c’est vous qui étiez au pupitre de tir tout à l’heure, fit-elle, sarcastique. Vous m’avez vous-même déclaré leur avoir infligé des dégâts importants alors que vous tiriez n’importe comment…

— Regardez-moi… Serrez les doigts, capitaine… Capitaine !

Il avait froid. Il essaya de bouger, mais son corps semblait immobilisé. Pourtant, rien n’avait l’air de le retenir.

Le docteur était penché sur lui.

— Je ne peux plus attendre. Il faut l’amener en salle d’opérations, je vais tenter d’extraire le parasite.

Le parasite ? Ah, oui. Syssend’har.

Harlock tenta de bouger une nouvelle fois. Il n’avait plus entendu la voix de Syssend’har résonner à l’intérieur de son crâne depuis que Ba’al avait consciencieusement transpercé son symbiote à l’aide d’une longue aiguille effilée. Tout au plus sentait-il encore une faible présence, dans un recoin de son esprit.

Une étincelle de vie en train de vaciller…

Il entendit le docteur jurer.

— Bon sang ! Je suis en train de le perdre !

— Laissez-moi tenter quelque chose, intervint une voix féminine.

La présence rassurante de Mimee enveloppa l’esprit du capitaine. Celui-ci se rebella avec le peu de forces qui lui restaient. Harlock n’appréciait guère que la jeune alien fasse usage de ses pouvoirs télépathiques envers les humains qui composaient l’équipage, et il détestait tout particulièrement qu’elle s’introduise dans son esprit comme elle était en train de le faire à présent.

Mais il n’avait plus la force de lutter.

« Ouvrez votre esprit, capitaine… Je veux seulement vous aider. »

« Mimee… Tu sais que j’ai horreur que tu fasses ça. »

« Vous êtes en train de mourir, capitaine. J’empêcherai votre esprit de partir, au moins jusqu’à ce que le docteur vous ait opéré. »

« Mmm. »

« Ne vous laissez pas aller ! Continuez à me parler… »

« Je ne te parle pas, alien télépathe ! Je suis inconscient au beau milieu de ma passerelle. »

« C’est de la transmission de pensées, c’est pareil. Mais vous êtes encore récalcitrant à vous ouvrir à un échange complet. Ne résistez pas… »

« Le Goa’uld m’a déjà dit la même chose. Laisse-moi tranquille. »

« Je ne veux pas que vous mouriez, capitaine. Que deviendrais-je, sans vous ? »

« … »

Il abandonna, et laissa l’esprit de Mimee se fondre dans le sien. Il lui sembla qu’il se noyait dans les yeux jaunes et profonds de la jeune femme.

« Harlock… »

Daniel Jackson avait contourné un des piliers effondrés du temple qui faisait face à la porte des étoiles pour tenter d’en atteindre l’entrée. Le bâtiment était entièrement détruit, mais peut-être arriverait-il à récupérer des écrits ou des artefacts intéressants. Lors de sa première visite, Jack ne lui avait pas laissé le temps de s’attarder, sous prétexte qu’ils auraient bien le temps de s’occuper de ce tas de caillou à leur retour de leur exploration. « Tu parles ! », se dit-il amèrement.

Les équipes SG s’étaient disséminées alentours pour répandre le nanovirus dans les couches rocheuses de la planète, sous la direction de Tochiro et MacKay.

Thor était resté au camp de base avec Carter pour essayer de résoudre ses problèmes de communication.

Les Jaffas, menés par Teal’c, étaient partis vers l’ancien site d’atterrissage du ha’tak de Ba’al. Celui-ci avait décollé peu après que l’Arcadia ait manqué de s’écraser sur leur camp. Il semblait que Ba’al ait décidé de s’éclipser avant le cataclysme annoncé.

Dans tous les cas, il ne valait mieux pas pour lui qu’il se retrouve nez à nez avec les vaisseaux asgards, de toute façon.

— Alors, Daniel ? fit une voix ironique derrière son dos. La pêche aux trésors est bonne ?

— Jack, protesta Daniel sans se retourner. N’importe quel vestige de la civilisation de cette planète a une valeur archéolo­gique inestimable.

— Je n’en doute pas.

Daniel n’argumenta pas davantage. Il savait bien que le colonel ne cherchait qu’à le taquiner. Il enjamba d’autres gravas. La roche était friable et il manqua de tomber.

— Cela vous ennuierait de venir m’aider ? demanda-t-il. Je voudrais déplacer ce bloc. J’ai l’impression…

Un bourdonnement familier se fit entendre.

— Daniel, écartez-vous ! cria le colonel.

Les anneaux de transfert se matérialisèrent à deux doigts du bloc qui intéressait Daniel. À la position exacte où il se trouvait quelques secondes auparavant. Quelques gravas et un morceau de colonne disparurent dans la lumière, remplacés par une forme humanoïde.

Rousse.

— Qu’est-ce que vous faites là ? fit Daniel, abasourdi.

— Pas le temps ! répondit Emeraldas. Je dois retourner sur l’Arcadia, vite ! Où puis-je trouver une navette ?

— Justement… commença Daniel alors qu’Emeraldas s’éloignait déjà à grand pas.

— Justement quoi ? demanda-t-elle en s’arrêtant net.

Elle le fixa avec intensité. Son uniforme était déchiré en plusieurs endroits et tâché de sang. Elle serrait un coffret sombre contre sa poitrine.

— Toutes nos communications sont coupées, expliqua O’Neill. On ne peut pas joindre votre vaisseau. Et on ne possède pas de navettes.

Emeraldas se tourna vivement vers le colonel. Daniel aurait juré avoir vu la panique poindre au fond des yeux glacés.

— Emeraldas !

Tochiro accourait vers eux.

— Je te croyais à bord de l’Arcadia !

— Il faut que j’y retourne, répondit-elle.

Elle secoua la tête.

— Ce salopard m’a dit que la téléportation était plus rapide, mais il a oublié de me préciser où il m’envoyait !

Daniel s’abstint de demander des explications. Les anneaux de transfert ne fonctionnaient qu’entre deux plots équipés du même dispositif, et sur une courte distance. En général, ils servaient à assurer une liaison entre la surface d’une planète et un ha’tak goa’uld en orbite… Pourquoi donc Emeraldas s’était-elle retrouvée à bord du vaisseau de Ba’al ? Et surtout, qu’y avait-elle fait ?

— Tu peux contacter l’Arcadia ? reprit-elle à l’intention de Tochiro.

— Trop de brouillage magnétique, répondit celui-ci. Les cartes électroniques les plus fragiles ont grillé, et ça ne va faire qu’empirer durant les prochaines heures.

— Tu n’as pas de moyen de secours ?

— On peut toujours utiliser des fusées, proposa Tochiro en haussant les épaules.

— Vous pouvez nous prêter ça ? demanda Emeraldas au colonel.

Daniel savait que Jack était arrivé à la même conclusion que lui… et qu’il ne s’embarrasserait pas avec la diplomatie.

— Que faisiez-vous chez Ba’al ? interrogea-t-il abruptement.

Emeraldas le considéra avec perplexité le temps d’une respiration.

— J’ai négocié ceci, répondit-elle en montrant le coffret.

— Qu’est-ce que c’est ? fit Tochiro.

— Pour Harlock. Le contrepoison.

— Vous êtes sûre ? demanda O’Neill, soupçonneux.

— Le médecin du bord vérifiera le contenu avant de faire la moindre injection, répliqua Emeraldas. Alors, ces fusées ?

Le colonel se donna quelques secondes de réflexion avant de répondre.

— Il y en a au camp, lâcha-t-il finalement. Je vous accompagne. Daniel, voyez avec MacKay pour avoir terminé avec le nanovirus au plus tôt. Revenez au camp dès que possible. Il faut que nous ayons tous embarqué à bord de l’Arcadia avant que la surface de cette planète ne devienne invivable.

O’Neill jeta un coup d’œil à Emeraldas, mais celle-ci se contenta de sourire.

— Je n’y vois aucun inconvénient, colonel, dit-elle.

Elle s’éloigna avec lui, quasiment au pas de course. Daniel soupira. Il pouvait dire adieu à ses trésors archéologiques.

— Où en êtes-vous ? demanda-t-il à Tochiro.

— Les injections de nanovirus sont terminées autour de la porte des étoiles, répondit le petit homme. Nous devons maintenant appliquer la même procédure autour du cœur. Le professeur MacKay s’en chargera pendant que je mettrai le champ de force en place… Cela prendra plus de temps de se rendre sur les lieux que de tout préparer là-bas.

— Commandant ! Les perturbations magnétiques atteignent un seuil critique ! Au vu des dommages subis par notre vaisseau, entamer une navigation en atmosphère maintenant serait périlleux…

— Nous restons en orbite basse ! ordonna le commandant asgard. Mettez en place une liaison optique avec les autres vaisseaux. Le brouillage s’intensifie, il ne s’agirait pas de perdre le contact avec eux alors qu’ils s’approchent de la surface.

L’Asgard tapota le bras de son fauteuil nerveusement. Les derniers relevés avaient mis en évidence le comportement erratique du champ magnétique de la planète. Les communications en étaient fortement affectées – ils n’avaient toujours pas réussi à joindre Thor. Plus préoccupant encore, le matériel informatique et électronique, mais surtout les cristaux énergétiques, commençaient à accuser les effets de ces vagues magnétiques. La plupart des instruments de navigation du bord étaient passés en mode dégradé, et si le champ magnétique augmentait encore avec la même régularité, tout aurait grillé d’ici quelques heures. Y compris l’équipage, d’ailleurs.

Si le Commandant Suprême Thor n’avait pas eu une telle importance aux yeux de son peuple, il y a longtemps que les trois vaisseaux se seraient mis à l’abri.

Comme s’il était logique de risquer trois de nos meilleurs vaisseaux pour sauver un seul d’entre nous. S’il aime tant être parmi les humains, alors qu’il y reste !

Cependant, le Haut-Conseil considérait Thor comme un héros. Le commandant savait que s’il rentrait sans lui, il avait de fortes chances de tomber en disgrâce et perdrait la possibilité d’accéder à de plus hautes fonctions. Il observa la progression des deux autres vaisseaux à travers les minces couches nuageuses de la basse atmosphère. Le temps était particulièrement dégagé, favorable à la liaison optique. Une chance.

— Commandant ! interrompit l’opérateur. J’ai visuel sur un tir de fusées depuis le camp terrien !

— Un signal ?

— Je l’ignore, commandant. Peut-être est-ce le Commandant Suprême qui essaie d’attirer notre attention ?

— Il ne s’agit pas des procédures en vigueur chez nous. Non, je pense qu’il s’agit plutôt d’une tentative de contact des Terriens.

— Ils chercheraient à contacter le ha’tak qui vient de décoller ?

C’était peu probable. Le vaisseau-mère goa’uld avait été scanné lorsqu’il était passé à portée des détecteurs asgards : le ha’tak était toujours occupé par son propriétaire. Il avait l’air pressé de quitter l’orbite et peu enclin à s’engager dans une confrontation défavorable, aussi les Asgards ne s’étaient-ils pas attardés sur lui.

Mais il restait une solution – une option désagréable.

— Le vaisseau terrien a dû échapper à la destruction. Transmettez aux vaisseaux de redoubler de prudence, et de tirer à vue.

— Vous êtes sûr, commandant ? Après tout, il s’agissait peut-être d’une erreur… Ils ont cessé toute attaque après les quelques salves que nous avons essuyées.

— C’est un ordre ! Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser un vaisseau aussi puissant aux mains d’une race émergente !

L’image vidéo sur l’écran central balayait lentement la région de la capitale.

— Je l’ai trouvé, commandant !

Le vaisseau terrien était une dizaine de kilomètres à l’ouest de la porte des étoiles.

En vol.

Il se dirigeait vers le camp. Sans doute avait-il remarqué les fusées, lui aussi.

Le commandant espérait qu’il s’agissait d’un exemplaire unique. Un prototype. L’appareil terrien avait encaissé la puissance maximum de tir que les trois vaisseaux asgards avaient pu fournir simultanément, et pourtant il semblait toujours opérationnel. Tout au plus laissait-il échapper un peu de fumée.

— Son armement semble intact, commandant, l’informa l’opérateur.

Un seul de ses tirs avait suffi à réduire la puissance du vaisseau asgard touché de trois quarts. Le commandant ne tenait pas à lui laisser le temps de recommencer.

Et tant pis s’il s’avérait après coup que l’attaque initiale n’avait pas été intentionnelle. Le Conseil le féliciterait de s’être débarrassé de cette menace.

Le ha’tak avait dépassé l’orbite lunaire, et croisait pour l’instant en espace normal. Le Jaffa au poste de pilotage finissait d’entrer les derniers paramètres de navigation hyperspatiale.

Ba’al faisait les cent pas derrière lui. L’écran tactique affichait encore les trajectoires des trois vaisseaux asgards. Bien que le ha’tak ait été scanné, il n’avait pas été inquiété : les Asgards s’étaient rapprochés de la planète, et deux d’entre eux étaient entrés en basse atmosphère. Apparemment, ils chassaient un plus gros gibier qu’un ha’tak goa’uld. Ba’al retint un juron. Même si cela faisait mal à son amour propre, il avait tout intérêt à en profiter. Son vaisseau n’était pas de taille à affronter ne serait-ce qu’un seul des aéronefs asgards.

— Nous sommes parés, mon seigneur, déclara le Jaffa.

Ba’al croisa les bras et s’efforça de considérer la situation de façon objective. Peine perdue. Il n’était pas du tout objectif.

— Mon seigneur ? s’inquiéta le Jaffa.

— Silence ! coupa Ba’al, énervé.

Le Jaffa rentra la tête dans les épaules dans l’attente des remontrances. Mais Ba’al n’avait pas le cœur à ça.

— Faites demi-tour, ordonna-t-il.

— Je vous demande pardon ?

— Vous m’avez bien entendu ! Annulez l’entrée en hyperespace et faites demi-tour ! Retournez sur cette planète !

Le Jaffa ouvrit la bouche d’un air ébahi, mais eut la présence d’esprit de ne rien ajouter. Ba’al se cala dans son fauteuil.

S’il les prenait par surprise, il devrait avoir le temps de leur causer quelques dégâts puis de se mettre hors de portée sans subir trop de dommages…

— Cela suffira, fit Emeraldas en rendant le pistolet lance-fusées au colonel.

— Si vous voulez, vous pouvez continuer, répondit O’Neill. Il reste des stocks, et je crois qu’on n’aura pas le temps de les rembarquer.

— J’ai tiré le signal de ralliement, répliqua-t-elle. Deux fois. S’ils ne viennent pas, c’est qu’ils sont trop loin pour distinguer les fusées.

O’Neill soupira.

— Je préférerais que ce ne soit pas le cas.

Il plissa les yeux dans la direction où l’Arcadia avait disparu. Il leur restait à peine quelques heures avant que les radiations ne deviennent fatales.

— Elle arrive, déclara Emeraldas calmement.

O’Neill haussa un sourcil.

— Vous n’entendez pas ? sourit la fille.

Le colonel tendit l’oreille, mais hormis les grésillements des appareils électroniques malmenés par les ondes magnétiques, rien ne lui indiquait qu’un vaisseau approchait. Il secoua la tête en signe de dénégation.

— On perçoit le sifflement du réacteur qu’il leur reste, précisa Emeraldas.

— Vous avez une meilleure ouïe que moi, apparemment.

— Parce que je sais ce que je cherche… Mais vous devez l’entendre, à présent.

Effectivement.

Ce ne fut pourtant pas l’Arcadia qui apparut, mais un appareil plus petit, sensiblement de la taille d’un al’kesh goa’uld.

— Rassurez-moi, ce truc est bien à vous ?

— Oui. C’est une navette de transport. Ne vous inquiétez pas, colonel. Vous pouvez commencer à vous préparer à embarquer.

— Si elle est toute seule, il va falloir faire plusieurs voyages…

Emeraldas lui jeta un regard assassin.

— Ce sera tout de même plus rapide que de faire poser et décoller l’Arcadia, rétorqua-t-elle.

O’Neill ne répondit rien, et regarda la navette atterrir au milieu du camp. Pendant qu’il organisait les différents groupes d’évacuation, Emeraldas entama une conversation animée avec le pilote. Le colonel observa du coin de l’œil la boîte qu’elle avait reçue de Ba’al changer de mains.

Enfin… J’espère qu’elle sait ce qu’elle fait.

Dieu sait ce que Ba’al avait pu mettre dans ce coffret. Il était du genre à faire des cadeaux empoisonnés… Explosifs, pour ainsi dire.

— Ne me dévisagez pas avec cette expression inquiète, colonel, lança Emeraldas en revenant vers lui.

O’Neill se contenta de hausser les épaules.

— Le mécanisme d’ouverture n’est pas piégé, si c’est ce à quoi vous pensiez, continua-t-elle. J’ai vérifié quand j’ai mis le flacon à l’intérieur.

— Oh. Dans ce cas, j’espère pour vous qu’il ne vous a pas fait cadeau d’un virus contagieux.

Emeraldas soupira et observa la navette s’élever rotation avec une expression un petit peu anxieuse.

— Le doc fera une analyse du contenu avant de s’en servir, répéta-t-elle.

— Vous cherchez à vous convaincre vous-même, là, fit le colonel. Je me trompe ?

Emeraldas plongea ses yeux dans ceux d’O’Neill. Le temps d’une respiration, ils ne reflétèrent qu’une immense tristesse. Á cet instant, elle semblait si fragile, si loin de l’image du pirate qu’elle avait donnée jusqu’à présent. Quels événements avaient poussé une jolie fille comme elle à prendre les armes ?

La magie cessa, et son regard se durcit de nouveau.

— De combien de rotations aurez-vous besoin ? demanda-t-elle.

— Après celle-ci, encore deux, répondit le colonel. Je ne compte pas rembarquer tout le matériel… Les bureaucrates du Pentagone vont encore faire un infarctus quand ils verront la facture, plaisanta-t-il.

Emeraldas leva un sourcil perplexe.

— Laissez tomber, fit-il.

Il chercha Carter du regard. Non pas qu’il s’intéressait subitement aux équations du champ magnétique, mais il avait besoin d’un scientifique pour lui donner une estimation du temps qu’il leur restait. Quelque chose d’un peu plus précis que « quelques heures ».

Le major était toujours avec Thor. O’Neill surveilla Emeraldas à la dérobée lorsqu’ils s’approchèrent, mais hormis une crispation involontaire des doigts, elle resta parfaitement de marbre. Il remarqua toutefois qu’elle évitait de fixer l’Asgard en face.

— Où est-êtes-vous, mon colonel ? demanda Carter.

— Daniel n’est pas encore revenu, il a accompagné MacKay et Tochiro jusqu’aux ruines pour terminer l’injection du nanovirus. Hammond est déjà parti avec la première navette. Vous embarquez au prochain voyage, tous les deux, annonça le colonel.

— Ce ne sera pas nécessaire, colonel O’Neill, répondit Thor. Je pense pouvoir contacter mon vaisseau dès que le major Carter et moi-même aurons terminé de remonter cet émetteur.

— L’Arcadia sera un abri plus sûr que la surface de cette planète, intervint Emeraldas, visiblement à contrecœur et toujours sans regarder Thor. Je doute que votre constitution soit plus résistante que celle des humains. Vous pourrez appeler les vôtres avec nos appareils de transmission.

— À moins que vous ne souhaitiez disposer d’un otage ? rétorqua Thor aigrement.

Houlà, vite, désamorcer…

— Combien de temps avons-nous devant nous, major ? coupa-t-il avant qu’Emeraldas ne puisse répliquer.

— D’après les dernières courbes, il reste moins de deux heures, mon colonel.

— Ce sera suffisant pour votre petite manipulation ?

— Nous n’aurons droit qu’à un seul essai.

— Bien… Vous partirez avec la dernière navette, trancha-t-il. Et vous aussi, ajouta-t-il en pointant le doigt sur Thor, sauf si vos petits copains réussissent à vous téléporter avant.

Thor plissa les yeux et grommela quelques mots indistincts en se penchant sur l’écran de son ordinateur. Le sifflement de la navette qui revenait empêcha le colonel de lancer une pique sarcastique.

De toute façon, je ne sais pas s’il aurait apprécié…On est tous un peu sur les nerfs, en ce moment.

O’Neill se concentra sur l’évacuation en cours. Voyons… Après ce voyage, qui resterait-il sur la planète ?

Daniel, l’équipe de Tochiro et MacKay, le major et Thor, Emeraldas…et Teal’c, qui n’est pas rentré.

Et lui, bien sûr.

— Tout se passe bien, colonel O’Neill ?

Teal’c et Mel’tek les avaient rejoints. Le petit groupe de Jaffas contemplait la navette de l’Arcadia d’un air intrigué.

— Est-ce tout ce dont nous disposons pour quitter cette planète ? demanda Mel’tek.

— La navette vous emmène à bord de l’Arcadia, répondit Emeraldas, un brin exaspérée.

— Je suis surpris que votre vaisseau soit toujours en état de voler.

— Votre ex-patron pensait la même chose, fit-elle.

Elle balaya les commentaires en foudroyant le Jaffa du regard.

— Il n’y a pas d’alternative, trancha-t-elle.

— Visuel sur le deuxième appareil, commandant. Il fait des allers-retours entre le vaisseau et le camp terrien.

— Des informations sur le Commandant Suprême ?

— Je ne l’ai pas vu embarquer à bord de la navette. Il est sûrement toujours dans le camp terrien.

Le commandant asgard eut une moue contrariée. De toute évidence, les Terriens évacuaient la planète. Thor risquait de se retrouver à bord du vaisseau qu’il comptait détruire…

D’un autre côté, il y avait de fortes probabilités que le Commandant Suprême n’ait pas encore embarqué.

Et dans le cas contraire… Notre espérance de vie est tellement longue. Il y a trop peu d’occasion d’avoir une promotion…

— Feu à volonté, ordonna-t-il.

La navette revenait juste de son deuxième voyage quand les tirs lasers déchirèrent le ciel et s’abattirent de l’autre côté de la vallée… là où le colonel estimait que l’Arcadia se trouvait.

Emeraldas saisit violemment Thor par le bras.

— Osez prétendre que votre espèce n’est pas belliqueuse ! siffla-t-elle.

— Il est évident que le commandant qui a ordonné cette attaque a outrepassé ses fonctions, répondit Thor calmement. Si j’établis le contact, je le ferai cesser immédiatement, et démettre de ses fonctions.

— Si ?… Nous n’avons pas le temps ! coupa Emeraldas.

Elle tira Thor en direction de la navette.

— Tout le monde à bord ! cria-t-elle. On s’arrache !

— Eh ! Vous n’oubliez personne ? protesta O’Neill. Je vous rappelle qu’il reste une équipe sur le terrain !

— Ça va, je sais ! répondit Emeraldas sèchement. On va les prendre au passage.

Elle se hissa jusqu’au siège du pilote et fit déguerpir le pirate qui s’y trouvait. O’Neill se faufila derrière elle et s’installa à la place du copilote.

— Ne me dites pas que vous savez piloter ceci ? demanda Emeraldas, sceptique.

— J’apprends très vite, sourit O’Neill.

La jeune femme leva les yeux au plafond.

— Tous les mêmes… soupira-t-elle énigmatiquement.

Elle sourit à son tour, et désigna le panneau de contrôle.

— Les commandes de tir sont devant vous, déclara-t-elle. Mais normalement, tout est automatique, alors ne touchez à rien sans que je ne vous le dise…

Elle décolla après un rapide coup d’œil à l’extérieur, et se dirigea en rase-mottes vers les ruines de l’ancienne capitale. Les tirs asgards trouaient toujours l’atmosphère, mais O’Neill avait beau scruter le ciel, il ne parvenait pas à apercevoir le moindre vaisseau-nef. Ils avaient dû juger la situation trop dangereuse pour s’approcher.

Le colonel se demanda comment les vaisseaux asgards géraient les perturbations magnétiques. D’après Thor, le bouclier ferait écran aux radiations, et cela n’affecterait que des auxiliaires sans importance…

Mouais… Et toutes leurs communications, aussi.

— Ils sont complètement inconscients ! entendit-il Carter s’exclamer. L’énergie des tirs risque de déstabiliser la chaîne de nanomachines sans laisser au virus le temps d’agir !

Ils risquaient aussi de détruire leur seul moyen de quitter la planète… Sans compter qu’Emeraldas préférerait sans doute plonger dans un soleil plutôt que de monter à bord d’un vaisseau asgard.

— Je les vois ! annonça Emeraldas.

Elle amorça aussitôt un atterrissage qui fit protester l’estomac du colonel.

Beuh. J’aime le pilotage sportif, mais y’a des limites…

D’autant plus que la navette n’avait manifestement pas été conçue pour ce genre de manœuvres.

— Euh, doucement, Ma’am, protesta faiblement le pilote depuis l’arrière du cockpit. Vous savez que le professeur n’aime pas qu’on martyrise ses appareils…

— Tochiro sera content de ne pas griller sur cette planète, et à mon avis, il va davantage se préoccuper de l’Arcadia que de cette navette, répliqua Emeraldas.

Elle maintint le régime des moteurs pendant que l’équipe embarquait, et redécolla aussitôt que le dernier soldat eut mis le pied à l’intérieur.

— Euh… N’oubliez pas de refermer la porte, tout de même, précisa O’Neill.

— Ahhhh ! cria quelqu’un à l’arrière – une voix qui ressemblait furieusement à celle de MacKay. Où sont les parachutes ?

— Tout le monde est là ? demanda le colonel en se retournant.

Il aperçut Daniel qui leva le pouce à son intention.

— Tout est en place, nous vous rejoignions, dit Tochiro. Il y a une raison à ce décollage en catastrophe ?

Emeraldas fit un signe vers la verrière avant. Le bombardement battait son plein.

— Eh ! protesta MacKay. On se dirige vers la zone des combats ! Je n’ai pas envie de me retrouver sous cette averse !

— Il y a de fortes chances que l’Arcadia se trouve dessous, rétorqua Emeraldas.

Et, de fait, la navette fut brusquement en vue du vaisseau vert. L’Arcadia encaissait tir sur tir, semblait-il sans trop broncher. Sa DCA crachait des salves sporadiques déclenchant des gerbes d’énergie, mais les tirs paraissaient pour la plupart absorbés par le bouclier.

— Accrochez-vous ! lança Emeraldas en plongeant résolument à travers les traits d’énergie.

La navette fut agitée de soubresauts lorsqu’un tir frôla le cockpit. O’Neill s’agrippa à son siège et pria pour qu’ils ne soient pas touchés.

Quelques interminables secondes s’écoulèrent.

Emeraldas bascula sous l’Arcadia et s’engouffra à l’intérieur du hangar après un slalom effréné. O’Neill aperçut vaguement des bras articulés qui devaient servir à la réception automatique des appareils. Mais leur vitesse était trop élevée pour qu’ils soient d’une quelconque utilité.

La navette atterrit lourdement sur le plancher métallique et glissa sur le ventre sur toute la longueur du hangar. Elle finit par stopper contre un chasseur à moitié démonté dans un bruit de tôles froissées.

Emeraldas sauta de la navette et courut vers une coursive sans plus se préoccuper du sort de ses passagers groggy.

— Eh ! Attendez-moi ! cria O’Neill.

Il se faufila de justesse dans l’ascenseur à la suite d’Emeraldas au moment où les portes se refermaient.

— Obstiné, et plutôt collant, hmm ? sourit la jeune femme.

O’Neill haussa les épaules.

L’ascenseur s’ouvrit sur la passerelle.

— Situation ! cria Emeraldas.

— Boucliers à vingt-sept pour cent, en baisse rapide ! répondit un des hommes en poste.

Emeraldas courut jusqu’à la barre. Le vaisseau prit aussitôt une assiette ascendante. O’Neill contempla fasciné la roue de bois pendant quelques secondes en se demandant comment diable la jeune femme pouvait-elle faire monter l’Arcadia de cette manière. Il devait y avoir une commande qu’il n’avait pas vue.

Le colonel fit du regard le tour de la passerelle. Il avait besoin d’agir. Peut-être y avait-il un poste qu’il pourrait occuper… Un tir plus violent le fit trébucher. Emeraldas, cramponnée à la barre, baissa les yeux sur lui.

— Allez donc chercher votre alien gris ! jeta-t-elle. S’il veut contacter ses collègues et les stopper, c’est le moment !

O’Neill acquiesça d’un signe de tête mais n’eut pas besoin de refaire le chemin jusqu’au hangar en sens inverse : au moment où il arrivait devant l’ascenseur, ses portes s’ouvrirent sur le reste de l’équipe SG-1, accompagnée de Thor et pilotée par Tochiro.

— On peut dire que vous tombez à pic, fit le colonel.

Tochiro entraîna l’Asgard vers une console.

— On quitte l’orbite ! lui lança Emeraldas au passage. Donne-moi une distance de sécurité par rapport aux perturbations magnétiques !

Toujours poursuivie par le feu des vaisseaux asgards, l’Arcadia s’arracha en zigzaguant de l’atmosphère de la planète.

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