Stargate Humanity (Partie 1/4)

Chapitre 4 : La Tour de Babel

2118 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 24/05/2026 00:32

Chapitre IV

 

-       Incroyable…, soufflèrent tour à tour les membres de l’équipe.

-       Mais… qu’est-ce que c’est que ce bâtiment ? s’exclama Jade Raven, les yeux écarquillés.

-       On n’en voit même pas le sommet, ajouta Hammond en ajustant ses jumelles. Ça monte sur des kilomètres.

-       Aucun doute, docteur, reprit Jade. Seule une civilisation extrêmement avancée pourrait ériger un édifice pareil.

Daniel, lui, restait silencieux. Son regard glissait lentement sur l’horizon, perdu dans un enchaînement de pensées. Dans son esprit, les pièces d’un puzzle invisible s’imbriquaient : Adam, Sinhar, les cornes de bélier, le poisson, l’écriture akkadienne… Tout convergeait vers une seule conclusion.

-       La Tour de Babel…, murmura-t-il.

-       Qu’est-ce que vous racontez ? fit Hammond en se tournant vers lui.

Daniel redressa la tête, plus assuré.

-       C’est la Tour de Babel. Tout concorde. C’est… fascinant.

-       Vous plaisantez ? La Tour de Babel, celle des récits bibliques ? s’exclama le sergent Johnson.

-       Au fil de nos explorations par la porte des étoiles, nous avons croisé quantité de références à des mythes terriens, expliqua Daniel. Les légendes du roi Arthur et de Merlin face aux Oris, les dieux égyptiens et d’autres panthéons antiques manipulés par les Goa’ulds, ou encore le mythe de l’Atlantide quand nous avons découvert la cité immergée dans Pégase. Tous ces récits ont été romancés, bien sûr, mais ils reposent sur des faits réels…

-       Oui ! Bien sûr ! approuva Jade Raven.

Hammond la fixa, interloqué.

-       Vous n’allez pas vous y mettre vous aussi ?

-       Mais le docteur Jackson a raison, colonel. Tout se tient.

-       Et quoi encore ? On doit s’attendre à croiser Noé ou Moïse, tant qu’on y est ?

-       Euh… colonel…, intervint le sergent Johnson en reprenant ses jumelles. Il y a du mouvement, là-bas.

Le sergent désigna plusieurs points à l’horizon. En un geste sec, le colonel saisit ses jumelles et tenta de comprendre ce qui se profilait au loin.

Au-delà de la vaste mer de sable qui encerclait la tour, on distinguait une forêt sombre à plusieurs kilomètres. Les petits points signalés par le sergent Johnson semblaient surgir au‑dessus d’une barrière d’énergie qui ondulait faiblement dans l’air. Par instants, de brefs éclats lumineux pulsaient à sa surface. Très vite, les points prirent forme. C’étaient de petits appareils, fuselés, qui fonçaient droit vers eux.

-       On a de la visite ! lança Hammond. On retourne à la porte des étoiles, maintenant !

Les sergents Johnson et Stuart levèrent aussitôt leurs armes et encadrèrent le groupe, les poussant vers l’intérieur du bâtiment.

-       Major Telenric, appela Hammond en pressant le bouton de sa radio.

-       Je vous reçois, colonel.

-       Préparez-vous à composer le code de la Terre à mon signal.

-       Qu’est-ce qu’il se passe ?

-       Des appareils approchent de notre position. Préparez l’évacuation. Remballez tout. Rien de compromettant ne doit rester sur place.

-       À vos ordres, colonel.

 

Ils débouchèrent dans la grande salle où trônait la table holographique. À travers les ouvertures de la structure, on voyait déjà les vaisseaux amorcer leur descente, glissant en formation vers la tour comme des rapaces attirés par une proie.

Le sergent Johnson dépassa la table, là même où Pandore était apparue, et s’engagea dans le couloir pour rejoindre le major Telenric et le camp de base. Il n’avait fait que quelques pas lorsque les portes devant lui se refermèrent brusquement. Leur unique voie de fuite venait de disparaître sous leurs yeux.

 

Pendant quelques secondes, l’équipe resta plongée dans une pénombre oppressante, incapable de comprendre ce qui venait de se produire. Ils scrutaient les alentours, tendus, comme des animaux acculés.

Soudain, deux lourdes portes s’ouvrirent à l’autre extrémité de la vaste salle. Une lumière vive jaillit, découpant les silhouettes de dizaines de soldats qui déferlèrent à l’intérieur, armes levées, se déployant avec une précision implacable. En un instant, l’équipe d’Hammond se retrouva encerclée, mise en joue par un mur de canons menaçants.

Hammond, les sergents Johnson et Stuart se regroupèrent près de la table holographique. Ils levèrent leurs armes à leur tour, bien conscients qu’ils étaient en écrasante infériorité numérique.

Un homme finit par émerger de la troupe de soldats. De taille moyenne, il arborait des yeux noirs perçants et des cheveux sombres impeccablement tirés en arrière. Sa tenue différait de celle des autres soldats, plus sobre mais plus marquée d’autorité. Son regard perçant balayait la salle avant de se fixer sur SG-2 et sur Jackson. Il devait s’agir de l’officier qui commandait les soldats d’intervention.

-       Ne vous approchez pas de la Table des Peuples, lança-t-il d’une voix ferme.

-       On se calme, répliqua le colonel Hammond, tentant de garder le contrôle de la situation.

L’officier avança de quelques pas, sans se soucier des armes braquées sur lui.

-       Qui êtes-vous ? Et comment avez-vous réussi à pénétrer dans la tour sacrée ?

-       Abaissez vos armes, et on pourra discuter tranquillement, répondit Hammond en gardant son doigt sur la gâchette.

L’officier hésita un bref instant, jaugeant Hammond et ses hommes. Puis, il fit un signe discret à ses soldats. Les armes s’abaissèrent immédiatement.

-       Alors… qui êtes-vous ? Répondez, je vous prie, demanda l’officier d’un ton ferme.

-       Nous sommes des explorateurs, répondit Hammond. On a vu cette grande tour et on s’est dit que ça valait le coup d’y jeter un œil. Mais avant tout, j’aimerais savoir à qui j’ai affaire.

L’officier haussa les sourcils, visiblement peu convaincu.

-       Vous n’êtes vraiment pas coopératifs. Je me nomme Harush. Il est strictement interdit de pénétrer dans la tour sacrée. Tout le monde le sait. Mes hommes et moi sommes chargés de faire respecter cette interdiction. Alors je vous repose la question : qui êtes-vous, et d’où venez-vous, étrangers ?

Un silence lourd s’abattit sur la salle. Hammond ne répondit pas immédiatement. Voyant son hésitation, Daniel fit un pas en avant.

-       Comme l’a dit notre chef d’équipe, nous sommes des explorateurs, expliqua-t-il calmement. Nous ignorions totalement que cette tour était interdite, et nous nous en excusons.

-       Vous ne saviez pas ? répéta Harush, méfiant.

-       Je vous assure que c’est la vérité. Nous sommes pacifiques. Nous voyageons pour découvrir de nouveaux peuples, pas pour provoquer des conflits.

-       Pacifiques, vraiment ? Pourtant, vous êtes armés…

-       Pour nous défendre uniquement, rien de plus.

Harush plissa les yeux, peu convaincu mais intrigué.

-       Soit. Mais que vous ignoriez l’existence de la tour sacrée est… difficile à croire. Comment se nomme le monde d’où vous venez ?

Daniel jeta un regard vers Hammond, cherchant son approbation. Le colonel hocha la tête.

-       Allez-y, docteur. On n’a pas vraiment le choix.

Daniel inspira profondément.

-       Très bien. Nous venons d’un monde appelé la Terre, situé dans une autre galaxie que nous nommons la Voie lactée. Nous sommes arrivés ici grâce à la porte des étoiles. Nous ne cherchons aucun problème, je vous l’assure.

-       Impossible, trancha Harush. La porte de la Tour sacrée ne fonctionne pas. Elle n’est pas reliée au réseau. Votre histoire ne tient pas debout… tout comme celle selon laquelle vous viendriez d’une autre galaxie. Je veux bien admettre que vous soyez des voyageurs, mais dans ce cas, venez-vous de Cham ou de Sem ?

L’équipe échangea des regards incrédules.

-       Vous comprenez ce qu’il dit, docteur ? demanda Hammond en se rapprochant de Daniel.

-       Pas vraiment… Mais je crois qu’on est encore tombés dans des récits bibliques. Après le Déluge, les survivants se seraient installés dans une région appelée Sinhar, l’ancienne Mésopotamie, et se seraient divisés en trois tribus correspondant aux fils de Noé… Enfin, quelque chose comme ça.

-       Noé ? Vous êtes sérieux ? s’étonna Hammond.

-       Ça suffit, coupa Harush.

Il fit un signe brusque à ses soldats, qui levèrent aussitôt leurs armes, mettant l’équipe en joue.

-       Vous vous êtes assez moqués de moi.

Harush s’approcha de Daniel, lentement, presque en tournant autour de lui comme un prédateur curieux. Son regard glissa sur chaque détail… jusqu’à ce qu’il s’arrête net sur le symbole de la Terre cousu sur l’épaule de l’uniforme.

Il l’arracha d’un geste sec, les yeux soudain écarquillés.

-       Japhet ? Vous êtes des Japhet ! Comment osez-vous revenir ici ?

Daniel resta figé, totalement perdu.

-       Je vous assure que nous ne savons pas de quoi vous parlez.

-       Mensonges ! Les Japhet ne sont pas les bienvenus ici ! Vous n’êtes que des traîtres pervers qui tentent de m’induire en erreur.

Il appela un de ses hommes d’un mouvement de tête et lui murmura quelques mots. Le soldat acquiesça aussitôt.

En quelques secondes, tous les soldats quittèrent la grande salle en rang serré. Harush leur emboîta le pas, mais avant de franchir la porte, il lança d’une voix chargée de haine :

-       Vous allez subir la malédiction des Néphilims !

Les lourdes portes se refermèrent derrière lui, les laissant seuls dans un silence pesant.  

-       Alors là, j’ai rien compris, souffla le sergent Johnson.

-       Quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe ? Docteur ? insista Hammond.

Daniel leva les mains, impuissant.

-       Je n’en sais pas plus que vous.

Un sifflement léger se fit alors entendre. Il monta en intensité, se transformant en un souffle inquiétant. Une fumée verdâtre commença à s’échapper de petites ouvertures dissimulées dans les murs.

-       Du gaz ! s’écria Hammond. Ils veulent nous tuer !


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