Ce que le temps n'efface pas.

Chapitre 7 : Changement de plan

Par enyae

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Deux mois.

Cela faisait maintenant deux mois que Samantha Carter avait quitté le SGC.

Et Jack O'Neill commençait sérieusement à manquer de patience.

Pas avec la mission.

Pas avec les scientifiques.

Pas même avec les rapports.

Avec tout le reste.

Les rapports de P3X-774 étaient devenus particulièrement frustrants.

Depuis quelques semaines, Ethan Miller présentait la majorité des communications vidéo.

Sam était pourtant toujours là.

Jack pouvait parfois l'apercevoir en arrière-plan, traversant le camp avec un dossier sous le bras ou discutant avec un scientifique.

Mais elle faisait rarement le rapport elle-même.

Et lorsqu'elle le faisait, elle semblait presque s'excuser de prendre la place devant la caméra.

Ce matin-là, Ethan apparut à l'écran.

— Bonjour, mon général.

Jack soupira intérieurement.

— Lieutenant.

Le rapport commença.

Jack écouta distraitement les relevés concernant la poche de naquadria.

Puis il aperçut Sam passer derrière Ethan.

Elle s'arrêta.

Regarda brièvement la caméra.

Puis reprit son chemin.

Jack suivit son mouvement jusqu'à ce qu'elle disparaisse de l'écran.

— Mon général ?

Jack revint à lui.

— Quoi ?

Ethan hésita.

— Je disais que les variations énergétiques avaient diminué de quatre pour cent.

— Très bien.

—Pour la fin de la mission, vous serez toujours dans les temps ?

—Il reste 1 mois, Monsieur. Je pense que ça peut le faire.

—Rectification Lieutenant, il reste 26 jours

—Oui mon Colonel, 26, c’est exact.

—Bien, je n’ai plus de question

Daniel, installé derrière lui, prit la parole

—Lieutenant, ici Daniel Jackson, passez le bonjour à Sam et dites lui qu’elle nous manque.

—Ce sera fait, docteur Jackon

—Merci Terminé.

La communication prit fin.

Jack se tourna lentement vers Daniel et croisa les bras.

— Depuis quand fait-on passer des messages personnels lors d'une communication officielle du SGC ?

Daniel le regarda quelques secondes, puis un sourire amusé apparut au coin de ses lèvres.

—Walter, supprimez mon bonjour à Sam du rapport écrit

—Je ne sais pas si je peux, Docteur Jackon, répondit timidement Walter assis devant la console.

Jack haussa un sourcil.

— C’est bon, Walter.

Il marqua une pause.

Puis ajouta, avec un calme désarmant :

—Franchement, Jack, je ne vois pas pourquoi on continuerait à tourner autour du pot.

Jack plissa les yeux, le regard plus dur

— Jackson…

— Elle nous manque, Jack. Point c'est tout.

Le silence qui suivit fut bref.

Mais suffisamment long pour que Jack détourne les yeux.

Daniel, lui, n'insista pas.

Il savait qu'il avait dit exactement ce qu'il fallait.

Jack fixa quelques instants l'écran désormais noir.

Elle nous manque.

Ça paraissait tellement simple dans la bouche de Daniel.

Trois mots.

Pas d'explication.

Pas de justification.

Pas besoin de chercher une excuse professionnelle derrière.

Elle lui manquait.

Alors pourquoi était-ce si difficile pour lui de le dire ?

Pourquoi fallait-il toujours qu'il transforme ce qu'il ressentait en plaisanterie, en remarque sarcastique ou en prétexte pour parler de rapports et de missions ?

Il aurait simplement pu dire :

Vous me manquez, Sam.

Mais même dans sa tête, ces quatre mots lui semblaient beaucoup trop personnels pour des soldats de l’armée de l’air des Etats Unis d‘Amérique. C’était là, le problème.

Jack soupira discrètement.

Daniel avait raison.

Et c'était probablement ça, le plus agaçant.

Il n'arrivait même pas à comprendre pourquoi il avait autant de mal à faire quelque chose qui, pour Daniel, semblait si évident.

Il se leva finalement de son fauteuil.

— Je vais prendre un café.

Daniel sourit.

— Bien sûr.

Jack fit quelques pas vers la porte.

Sans se retourner, il dit:

— Qu’est ce que tu es agaçant à la longue !

 

Le reste de la matinée s'écoula sans événement particulier.

Du moins, rien qui aurait mérité de figurer dans un rapport officiel.

Jack passa d'une réunion à l'autre, valida deux demandes de matériel, signa une pile de dossiers et dut même supporter vingt minutes d'explications particulièrement détaillées concernant le budget d'une prochaine mission.

Il répondit aux questions.

Fit quelques remarques.

Plissa les yeux devant certains chiffres.

Et râla juste assez pour que personne ne puisse dire qu'il n'était pas lui-même. Bon, peut être un peu plus que d’habitude, car, bizarrement, personne ne le dérangeait dans son bureau depuis quelques jours.

Il consulta l'horloge de son bureau. Deux mois.

Vingt-six jours encore.

Puis son regard se posa sur le dossier qu'il venait de signer.

Elle sera bientôt de retour.

Il se força à penser à autre chose.

Ce n'était pas comme si elle lui manquait.

Enfin…

Pas seulement à lui.

Daniel l'avait dit lui-même.

Elle nous manque.

Voilà.

C'était collectif.

Beaucoup plus simple.

Jack se leva pour aller chercher un autre café.

 

Un peu plus tard, installé derrière son bureau, Jack était au téléphone avec le Pentagone.

— Non, monsieur, je comprends parfaitement votre demande.

Il marqua une pause.

— Mais si vous voulez réellement que cette équipe parte dans trois semaines, il va falloir accélérer la procédure.

Il écouta son interlocuteur en silence.

La porte de son bureau s'ouvrit.

Daniel entra.

Jack leva brièvement les yeux vers lui, puis continua sa conversation.

— Oui.

Daniel ne dit rien.

Il s'approcha simplement du bureau.

Dans sa main se trouvait une petite feuille pliée en deux.

Il la déposa devant Jack.

Un simple mouvement.

Presque anodin.

Jack baissa les yeux.

Et se figea.

Un mot croisé.

Pendant quelques secondes, il oublia complètement la personne au bout du fil.

Il fixa la grille.

Les cases.

Les définitions.

Et surtout cette petite feuille posée exactement là où Sam avait l'habitude de déposer les siennes.

Un défi, général.

Il se souvenait parfaitement de la première fois.

Puis de toutes les suivantes.

Elle arrivait avec son air innocent, déposait les mots croisés devant lui. Et Jack savait très bien ce qu'il y avait derrière. Un pari. Toujours un pari. S'il ne terminait pas la grille, il lui devait quelque chose.

Un café.

Un déjeuner.

Parfois simplement la satisfaction de l'avoir battu.

Et Sam adorait gagner.

Jack leva lentement les yeux vers Daniel.

Daniel, lui, affichait un sourire beaucoup trop innocent.

— Non, monsieur, je suis toujours là, répondit Jack au téléphone.

Daniel pointa discrètement le mot croisé du doigt. Puis il se dirigea vers la porte.

Avant de sortir, il se retourna.

— C'est pour que tu sois moins grognon.

Jack le regarda disparaître. La porte se referma.

Il resta quelques secondes, immobile. Toujours au téléphone.

— Oui, monsieur.

Son regard revint vers la grille.

Il passa lentement le bout de son doigt sur la première définition.

Puis sur la deuxième.

Un sourire presque imperceptible apparut sur son visage.

Il savait exactement ce que Daniel venait de faire.

Et, surtout, il savait pourquoi ce simple bout de papier lui faisait autant d'effet.

Parce que ce n'était pas seulement un mot croisé. C'était un petit morceau de Sam.

Une habitude. Une provocation. Un rituel qu'ils avaient construit sans même s'en rendre compte.

Jack reporta son attention sur la conversation.

— Oui, je vous écoute.

Mais son regard resta posé sur la grille. Et pendant quelques secondes, il imagina Sam assise en face de lui, un crayon à la main, attendant avec ce petit sourire satisfait qu'il reconnaissait si bien.

Alors, général ?

Il secoua légèrement la tête.

— Très bien. Envoyez-moi les documents.

Puis, après une courte pause :

— Et je regarderai ça.

Il raccrocha. Le silence retomba dans le bureau. Jack prit le crayon posé à côté de son téléphone. Il regarda une dernière fois la grille.

Et il commença à remplir la première case.

 

Sur P3X-774

 

À plusieurs milliers d'années-lumière de là, Samantha Carter n'avait aucune idée de ce qui se passait au SGC.

Elle avait bien trop à faire.

Le soleil de P3X-774 commençait à décliner derrière les montagnes rocheuses qui entouraient le camp scientifique.

Depuis plusieurs heures, Sam était penchée au-dessus d'une console portable, comparant les relevés effectués dans la matinée.

À quelques mètres d'elle, Ethan Miller vérifiait une série d'échantillons.

— Les concentrations augmentent à mesure qu'on descend, annonça-t-il.

Sam releva la tête.

— De combien ?

— Environ dix-huit pour cent sur les trente derniers mètres.

Elle se redressa aussitôt.

— C'est beaucoup.

Ethan lui tendit sa tablette.

— Et ce n'est pas tout. Regardez la structure minérale.

Sam parcourut rapidement les données.

Ses yeux s'illuminèrent.

— La matrice est beaucoup plus stable que ce qu'on avait prévu.

— Ce qui signifie ?

— Qu'on pourrait peut-être extraire le naquadriah sans provoquer les réactions énergétiques qu'on craignait.

Ethan sourit.

— Vous venez de me faire travailler douze heures pour me dire qu'on aurait pu trouver ça dès le premier jour ?

Sam lui lança un regard amusé.

— Je ne vous ai jamais promis que la science serait rapide.

— Je commence à m'en rendre compte.

Sam allait répondre lorsqu'un bruit sourd retentit à l'autre bout du camp.

Elle se retourna brusquement.

Une seconde plus tard, une colonne de fumée noire s'éleva derrière le laboratoire.

— Qu'est-ce que c'était ?

Ethan avait déjà posé sa tablette.

— Aucune idée.

Sam se précipita vers le bâtiment.

— Carter !

Le major Williams, responsable de SG-3 sur le terrain, arriva dans leur direction.

— Tout le monde va bien ! cria-t-il. Reculez !

Sam ralentit.

Une deuxième détonation, beaucoup plus faible, se fit entendre.

Puis le silence.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle.

Williams désigna le laboratoire.

— Le spectromètre secondaire a explosé.

Sam pâlit légèrement.

— Le spectromètre ?

— Apparemment une surcharge électrique. On ne sait pas encore.

Ethan regarda vers le bâtiment.

— Il y avait trois échantillons à l'intérieur.

Sam ferma les yeux un instant.

— Lesquels ?

— Ceux prélevés ce matin.

Elle échangea un regard avec Ethan.

— Le laboratoire principal fonctionne encore ?

Williams secoua la tête.

— L'alimentation a été coupée par sécurité.

Sam se passa une main sur le front.

— D'accord.

Elle reprit immédiatement son ton professionnel.

— Personne ne rentre dans le laboratoire tant que nous n'avons pas vérifié la structure et les installations.

Williams acquiesça.

— SG-3 s'en charge.

Sam regarda Ethan.

— Nous allons devoir changer notre plan.

— Parce qu'on ne peut plus analyser les échantillons ici ?

— Exactement.

Elle se tourna vers le laboratoire enfumé.

— Les analyses les plus importantes devront être faites sur Terre.

Ethan fronça les sourcils.

— Vous voulez envoyer les échantillons par la Porte ?

— Oui.

— Ça va ralentir le programme.

Sam eut un léger sourire.

— C'est mieux que de faire exploser le laboratoire avec nous à l'intérieur.

Ethan hocha la tête.

— Je ne peux pas vraiment contredire ça.

Quelques minutes plus tard, Sam était déjà en train de réorganiser son travail.

Elle nota les prélèvements prioritaires, vérifia les conditions de conservation, les fameux conteneurs blindés et établit une liste des analyses à effectuer au SGC.

Ethan travaillait à côté d'elle.

— Je vais préparer les conteneurs.

— Très bien.

Il hésita.

— Vous savez ce qui m'étonne ?

— Quoi ?

— Vous êtes capable de rester calme même quand tout explose autour de vous.

Sam eut un petit rire.

— Vous n'avez pas connu certaines de mes anciennes missions.

— J'ai entendu quelques histoires.

— Alors vous savez que celle-ci est plutôt tranquille.

Ethan sourit.

Sam reprit ses notes.

Mais son regard s'arrêta un instant sur la date inscrite en haut de son rapport.

Encore vingt-six jours.

Elle pensa au SGC.

À Daniel.

À Teal'c.

Et, malgré elle, à Jack.

Elle se demanda ce qu'il faisait.

S'il avait reçu ses derniers relevés.

S'il trouvait les rapports suffisamment complets.

Et, pendant une fraction de seconde, une autre pensée lui traversa l'esprit.

Est-ce qu'il pense à moi ?

Sam baissa les yeux sur ses données.

Elle secoua légèrement la tête.

Ce n'était pas le moment. Ne pense pas à lui, Ne pense pas à Kerry. Chacun sa vie, maintenant.

Et elle, elle avait une mission à terminer.

— Major Carter ?

Elle releva les yeux.

— Oui ?

Ethan désigna les conteneurs.

— Ceux-là sont prêts.

Sam hocha la tête.

— Parfait. Je préviens le SGC.

Elle regarda une dernière fois vers le ciel assombri de P3X-774.

 

Au SGC

L'ascenseur descendait lentement vers les niveaux inférieurs du SGC.

Jack était appuyé contre la paroi, les bras croisés, tandis que Daniel consultait distraitement quelques notes.

Un silence confortable s'était installé entre eux.

Daniel finit par lever les yeux.

— Alors ?

Jack tourna la tête.

— Alors quoi ?

— Le mot croisé.

Jack eut un sourire en coin

— Je bloque sur une définition

— Vraiment ?

— Absolument.

 « Archéologue agaçant qui se mêle trop des affaires des autres. »

   En sept lettres

Daniel ouvrit la bouche, outré.

— Jack !

— Quoi ?

— Tu es vraiment…

Daniel ne put finir sa phrase. Une alarme retentit brutalement.

Les deux hommes se figèrent.

La voix automatique résonna dans l'ascenseur.

Activation non programmée de la Porte des étoiles.

Jack abandonna immédiatement son sourire. Les portes s'ouvrirent quelques secondes plus tard.Il sortit rapidement avec Daniel et se dirigea vers la salle de contrôle.

— Walter ?

— Activation extérieure, mon général.

Jack s'approcha de la console.

— Quel code ?

Walter vérifia l'écran.

— P3X-774.

Jack se redressa.

Pendant une fraction de seconde, quelque chose passa dans son regard.

Sam.

Jack se força à une expression professionnelle malgré les battements de son cœur. Sam apparut sur l’écran.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Nous avons eu un incident au camp.

Le visage de Jack se durcit immédiatement.

— Quel genre d'incident ?

— Une explosion dans le laboratoire secondaire.

— Des blessés ?

    Vous allez bien ?

La question sortit beaucoup trop vite.

Sam sembla le remarquer.

— oui, ca va, monsieur. Personne n'est blessé.

Jack relâcha imperceptiblement ses épaules.

— Qu'est-ce qui a explosé ?

— Le spectromètre secondaire. Une surcharge électrique, apparemment. Nous devons encore déterminer exactement ce qui s'est passé.

Jack hocha la tête.

Depuis deux mois, il cherchait n'importe quel prétexte pour la faire revenir.

Un rapport.

Une question scientifique.

Une demande de matériel.

N'importe quoi.

Et voilà qu'une explosion lui offrait une raison parfaitement légitime de lui parler.

— Et vos échantillons ?

— C'est justement le problème. Plusieurs analyses ne pourront plus être réalisées sur place.

Jack sentit son cœur accélérer légèrement.

— Vous voulez les renvoyer au SGC ?

— Oui. Les échantillons les plus importants doivent être analysés sur Terre.

— Très bien.

Il n'hésita même pas.

— Venez les analyser sur Terre

Sam acquiesça.

— Nous allons préparer les conteneurs.

Jack la regarda quelques secondes.

Il aurait pu couper la communication.

Il aurait dû.

Mais il n'en avait aucune envie.

— Et vous, Carter ?

Sam releva légèrement les yeux.

— Moi ?

— Vous allez bien ?

Un petit silence s'installa.

— Oui, mon général.

Jack hocha la tête.

— Bien.

Il aurait voulu ajouter quelque chose.

Vous me manquez.

Mais ces mots restèrent coincés quelque part entre sa gorge et sa fierté.

Alors il choisit la seule chose qu'il savait faire.

— Tenez-moi au courant.

— Bien sûr.

Sam hésita à son tour.

— Merci, mon général.

La communication s'interrompit.

L'écran redevint noir.

Jack resta immobile devant lui.

Daniel s'approcha lentement.

Il avait tout vu.

Le soulagement de Jack lorsqu'il avait appris que personne n'était blessé.

Mais surtout…

Il avait vu son regard lorsqu'il avait découvert que Sam allait envoyer les échantillons au SGC.

Daniel esquissa un sourire.

— Tu sais que tu viens de trouver un excellent prétexte pour la faire revenir.

Jack lui lança un regard.

— Ce n'est pas un prétexte.

— Non ?

— C'est une procédure scientifique parfaitement normale.

Daniel hocha gravement la tête.

— Évidemment.

Jack se détourna.

Mais son visage trahissait malgré lui quelque chose que Daniel connaissait déjà.

Il avait passé deux mois à prétendre que Sam avait besoin de temps.

Deux mois à se convaincre qu'elle devait faire son deuil.

Son père.

Pete.

Tout ce qu'elle avait vécu.

Il avait respecté son silence parce qu'il croyait que c'était ce dont elle avait besoin.

Jack regarda une dernière fois l'écran désormais vide.

Elle allait revenir.

Au moins pour les analyses.

Et cette fois…

Il aurait quelques heures.

Peut-être davantage.

Il ne savait pas encore ce qu'il allait lui dire.

Mais pour la deuxième  fois depuis deux mois, il avait une chance de lui parler autrement qu'à travers un écran.

Et cette perspective lui arracha un sourire qu'il ne chercha même pas à cacher.

 

La Porte des étoiles s'activa de nouveau quelques heures plus tard.

Jack se trouvait déjà dans la salle de contrôle.

Il n'avait pas vraiment besoin d'être là.

Walter pouvait parfaitement réceptionner une équipe scientifique et des échantillons.

Mais Jack avait trouvé une raison.

Une vérification de sécurité.

Il voulait simplement s'assurer que le transfert des échantillons se déroulerait correctement.

Daniel et Teal'c étaient installés quelques mètres derrière lui.

Eux aussi attendaient le retour de Sam.

Jack jeta un bref coup d'œil vers eux.

— Vous êtes tous les deux bien silencieux.

Daniel sourit.

— On attend.

Jack haussa un sourcil.

Teal'c répondit avec son calme habituel :

— O'Neill, je suis aussi impatient que vous de revoir le colonel Carter.

Jack ouvrit la bouche.

Puis la referma.

La Porte se mit à tourner.

Le premier chevron s'enclencha.

Puis le deuxième.

Jack se redressa malgré lui.

Son regard resta fixé sur l'horizon bleu.

Encore un chevron.

Puis un autre.

Daniel échangea un regard amusé avec Teal'c.

Jack ne le vit pas.

Le vortex s'établit.

Un silence.

Puis une silhouette apparut.

Jack sentit son cœur accélérer.

Mais la silhouette était trop grande.

Ce n'était pas Sam.

Ethan Miller franchit la Porte, accompagné de deux membres de SG-3 portant des conteneurs sécurisés.

Jack resta immobile une seconde.

Puis son expression redevint professionnelle.

Teal'c observa la scène.

— Ce n'est pas le colonel Carter.

Jack lui lança un regard.

— Merci, Teal'c.

Ethan retira son casque.

— Mon général.

— Lieutenant.

Jack descendit de la salle de contrôle pour les rejoindre.

— Tout s'est bien passé ?

— Aucun problème, monsieur.

Les deux membres de SG-3 déposèrent les conteneurs sur la plateforme de transfert.

Jack les observa rapidement.

Puis son regard revint vers Ethan.

— Le lieutenant-colonel Carter ?

— Elle va bien, mon général.

Jack acquiesça.

Il aurait pu s'arrêter là.

Mais il posa malgré tout la question qu'il avait retenue depuis qu'Ethan avait franchi la Porte.

— Elle n'est pas venue ?

— Non, monsieur.

Une légère déception passa dans les yeux de Jack.

Daniel la vit.

Teal'c aussi.

Ethan poursuivit :

— Elle préfère rester sur P3X-774. L'explosion nous a fait perdre une partie du matériel d'analyse. Elle veut profiter du temps restant pour remettre en état le labo.

— Bien sûr, murmura Jack.

Teal'c demanda :

— Le colonel Carter est-elle en sécurité ?

— Oui. SG-3 reste avec elle.

Teal'c acquiesça.

— C'est satisfaisant.

Ethan sourit.

— Elle m'a aussi demandé de vous rassurer.

Jack releva les yeux.

— Moi ?

— Elle a dit : « Dites au général O'Neill que tout est sous contrôle  et qu'il n'a aucune raison de s'inquiéter. »

Daniel regarda Jack.

Un sourire discret apparut sur son visage.

Jack, lui, resta impassible.

— Je ne m'inquiétais pas.

Daniel haussa un sourcil.

Teal'c resta parfaitement sérieux.

— Bien sûr, O'Neill.

Puis Ethan regarda Daniel et Teal'c.

— Et elle m'a demandé de vous dire quelque chose à vous deux.

Daniel se redressa.

— Ah ?

Ethan prit un air pensif.

— Elle veut savoir combien vous lui manquez.

Daniel sourit.

— Vraiment ?

— Oui.

Ethan marqua une pause, puis ajouta :

— Elle m'a demandé de mesurer ça en fonction de la quantité de gelée bleue de la cafétéria que je vais lui ramener.

Daniel éclata de rire.

Teal'c inclina légèrement la tête.

— Je pense que le colonel Carter a de sérieuses raisons de croire que nous souffrons.

— Je crois aussi, répondit Ethan.

Daniel secoua la tête en souriant.

— Elle n'a pas changé.

Jack, lui, n'avait pas bougé.

Il affichait toujours son expression professionnelle.

Mais quelque chose venait de se serrer dans sa poitrine.

Elle leur avait demandé de mesurer combien elle leur manquait.

À eux.

Il savait parfaitement que c'était une plaisanterie.

Et pourtant…

Il aurait aimé qu'elle demande aussi combien elle lui manquait, à lui.

Jack détourna légèrement les yeux.

— Bon.

Son ton resta parfaitement neutre.

— Les échantillons doivent être transférés au laboratoire.

Ethan acquiesça.

— Oui, mon général.

Il fit quelques pas avant de se retourner.

— Une dernière chose.

Jack releva les yeux.

— Oui ?

— Elle pense que le gisement est beaucoup plus important que prévu.

Le regard de Jack se fit immédiatement plus attentif.

— À quel point ?

— Suffisamment pour qu'elle ait oublié de déjeuner.

Daniel secoua la tête.

— Ça, c'est bien elle.

Jack soupira.

— Faites-lui savoir que le règlement du SGC interdit aux scientifiques de mourir de faim pendant les missions.

Ethan sourit.

— Je lui transmettrai.

Il salua puis se dirigea vers les laboratoires avec les membres de SG-3.

Jack resta quelques secondes sur la plateforme.

La Porte se referma derrière eux.

Le silence retomba.

Daniel s'approcha.

— Elle nous manque.

Jack regarda la Porte.

— Je sais.

Mais ce qu'il ne dit pas, c'est qu'elle lui manquait bien plus qu'il n'était prêt à l'admettre.

Et que, pendant quelques secondes, il avait espéré la voir franchir cette Porte.

Pas Ethan.

Sam.




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