Un monde pour nous

Chapitre 5 : Le massacre

1086 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 18/02/2026 15:50

Octobre 1983 


Assise au 2eme rang de la salle de projection numéro 3 qui diffusait le dernier film à la mode, Ellen plongea sa main dans l'immense pot de pop corn qu'elle partageait avec Johnny Stone. Elle fut d'un coup parcourue d'un immense frisson. Un mauvais pressentiment. Comme si quelque chose d'épouvantable venait de se produire, sans qu'elle ne sache quoi. Ellen avait déjà ressenti ce genres d'intuitions. Elle avait appris à les ignorer mais cette fois ci c'était différent, plus intense. Johnny posa une main sur son bras et la regarda inquiet. 


- ça va Ellen ? 


Pour toute réponse elle hocha la tête en tentant de lui sourire. Il arqua un sourcil, pas tres convaincu mais préféra laisse tomber. Ellen l'en remercia intérieurement. Elle ne voulait pas avoir à s'expliquer. Il la prendrait sans doute pour une folle. 


Depuis ses 14ans, Ellen faisait tout pour mener une vie « normale ». Elle n'avait plus remis un pied au labo d'Hawkins et avait cessé d'espionner mentalement Henry. Elle menait désormais une vie banale de jeune femme banale dans une ville banale. Ça avait été dur au début. Elle avait même tenté de se rendre à plusieurs reprises au labo en cachette mais c'était fait refouler dés l'entrée à chaque fois. Finalement Ellen s'est résolue et avait abandonné. 


Les années s'étaient écoulées et désormais elle était une jeune femme de 19ans. Elle avait obtenu son diplôme de fin de lycée avait une mention honorifique et travaillait maintenant à mi temps dans la rédaction d'un petit journal local le temps de trouver mieux. Belle et intelligente elle attirait naturellement les regards, comme l'avait prédis Henry. 


Johnatan Stone n'était pas quelqu'un d'intelligent, lui. Mais il était beau, sportif et avait le mérite de la faire rire. C'était pour ça qu'elle avait accepté de sortir avec lui. Elle savait pertinemment que ce n'était pas de l'amour qu'elle ressentait mais elle était bien à ses côtés et cela lui suffisait pour le moment. 


Les lumières de la salle se rallumèrent tandis que le générique de fin défilait à l'écran. Ellen fut la première à se lever. Johnny la suivit rapidement et l'interpella à plusieurs reprises avant qu'elle ne daigne s'arrêter. 


- Hé Ellen ! Tout va bien ? 


Il lui attrapa le bras et elle se dégagea rapidement comme si elle avait été brûlée par ce contact. Lisant l'inquiétude dans le regard de son ami elle se sentit honteuse. Mais elle devait partir. Cet horrible pressentiment ne voulait pas la quitter. 


- Désolée Johnny je ... j ai oublié que je devais rendre mon article demain matin et je dois encore peaufiner certains détails. Mentit-elle. Elle l'embrassa sur la joue. Je te rappelle. 


Elle ne lui laissa pas le temps de répondre quoique ce soit et s'enfuit en courant. Elle devait se rendre au labo pour parler à son père. Pourquoi ? Elle même ne le savait pas mais son intuition lui dictait de le faire. Elle courut jusqu'à sa voiture, une vieille berline Subaru beige, et démarra en trombe. Tout en conduisant elle priait pour que son intuition soit fausse. 


Mais plus elle se rapprochait du laboratoire, plus elle sentait que quelque chose de terrible s'y était produit. Et son intuition se confirma lorsqu'elle arriva devant les grilles fermées sans aucun garde pour les surveiller comme à l'accoutumée. 


Alors elle descendit de sa voiture et tenta de localiser mentalement son père. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait ça et elle dut s'y reprendre à deux fois avant d'y parvenir. Ce fut la qu'elle vit. Elle vit du sang, des cadavres partout, des enfants, tous morts. 


Ellen retint un cri d'horreur et plaqua une main sur sa bouche. Cela ne pouvait être réel. Elle se reprit et tenta cette fois de localiser Henry, priant inconsciemment pour qu'il ne fasse partie des morts qu'elle avait vu en vision. Mais rien, le néant. Introuvable. Comme si il s'était évaporé. 


- Qu'est ce qu'il s'est passé ici ? 


Elle entra dans le poste de garde inoccupé devant la grille et appuya sur le bouton afin de déverrouiller l'accès. Dans un grondement métallique, le lourd portail s'ouvrit et elle remonta dans sa voiture, la peur la tenaillant un peu plus chaque seconde. 


Elle entra facilement dans le bâtiment. Tous les accès avaient été déverrouillés. Au premier étage elle découvrit avec horreur les premiers cadavres, pour la plupart, des soldats et des chercheurs. Ellen les connaissait presque tous. Ils avaient fait partie de sa vie à une époque pas si lointaine que ça et elle ne put s'empêcher de pleurer pour eux. Mais qu'avait il bien pu se passer ici ? 


Plus elle avançait, plus les corps se multipliaient. Désormais des corps d'enfants, tous plus jeunes qu'elle. Un véritable massacre. Quoiqu'il ait pu se passer ici, c'était l'oeuvre d'une bête. 


« Ellen... »


La jeune femme se retourna et découvrit son père, adossé à un mur, une plaie béante sur le front. Le sang s'écoulait le long de son visage et venait s'écraser sur sa blouse blanche. 


- Papa ! 


Elle se précipita vers lui et le rattrapa de justesse avant qu'il ne s'effondre au sol. Il la regarda droit dans les yeux. 


- Tu dois t'enfuir d'ici ! Il va te tuer toi aussi ! 

- Qui ça, papa ? Qui va me tuer ? 

- Henry ... 


Le cœur d'Ellen rata un battement à l'entente de ce prénom. Non ce n'était pas possible. Ce ne pouvait pas être vrai. Jamais Henry ne ferait de mal a quelqu'un. Son Henry n'était que gentillesse. Il avait toujours était bon avec elle. Alors pourquoi aurait il fait ça ? Pourquoi aurait il tué toutes ces personnes innocentes ? C'était insensé. Elle refusait d'y croire. Et pourtant une partie d'elle connaissait la vérité. Elle n'était pas bête et même si elle refusait de se l'avouer, elle savait que Henry était responsable de la mort de sa famille. 


- Papa, y a-t-il d'autres survivants ? Demanda-t-elle, chassant ces sombres pensées. 

-La... la fille...

- La fille ? Quelle fille papa ? 

- 011 ...

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