Franchement, j’adore Bowser. Il mérite un peu d’attention, vous ne trouvez pas ? C’est un personnage assez complexe qui devrait avoir son propre film, son propre développement. Enfaite, j’aimerais tout de suite la suite du film haha d’ailleurs, qui aimeriez-vous voir dans cette suite ? Personnellement, Bowser Jr, Daisy et Harmonie !
Chapitre 1 - Trouvaille
Bowser était de retour dans son château flottant, planant au-dessus du Pays Noir, le monde qu’il avait façonné à son image. Sous lui s’étendait un océan de lave en fusion, pulsant comme un cœur incandescent, illuminant les cieux d’une lueur rouge sang. Des carcasses de navires oubliés gisaient à demi englouties, tordues et calcinées, comme les vestiges d’un autre temps. Des arbres carbonisés se dressaient encore, silhouettes noires et fantomatiques figées dans une souffrance éternelle. Partout, des créatures maléfiques rôdaient, rampant ou volant, sillonnant chaque recoin de cette terre infertile où la chaleur écrasante semblait ne jamais faiblir. Ce chaos permanent, cette désolation absolue, cette beauté sombre et brutale… C’était son œuvre. Son royaume. Son triomphe. Aucun autre monde ne pouvait rivaliser avec une telle grandeur.
Le plus bel endroit de tout le cosmos selon lui, sans l’ombre d’un doute !
Mais le grand et respecté roi Koopa n’était pas rentré seul de son périple dans la galaxie, et il était impatient de montrer son nouveau trésor à ses nombreux sujets. Par chance, après l’absorption de son vaisseau-château dans l’autre monde à la suite de l’explosion de Bill Ball, celui-ci n’avait pas subi de dégâts majeurs. Enfin… Pas autant qu’on aurait pu le craindre. Certes, la gigantesque tête décorative située à l’avant avait été réduite en miettes, pulvérisée dans une explosion spectaculaire dont il se souvenait encore avec agacement… Mais le reste de la structure était resté étonnamment intact. Les couloirs, les salles, les mécanismes internes… Tout avait survécu, comme si le château avait refusé de céder. Une preuve supplémentaire, selon lui, de sa supériorité incontestable en matière d’ingénierie. Aucun tremblement spatial, aucune anomalie dimensionnelle, aucune explosion de Bill Ball ne pouvait venir à bout d’une si belle œuvre. Personne dans tout l’univers n’était capable de concevoir de telles merveilles. Personne n’avait son génie.
Et cela, Bowser le savait parfaitement.
Et aujourd’hui encore, son château flottant traversait les cieux comme un monument vivant à sa gloire, prêt à impressionner quiconque oserait lever les yeux vers lui. Le Koopa géant passait entre les nombreuses tortues et autres créatures infernales qui l’acclamaient, heureux de retrouver leur chef après cette énième tentative avortée de domination du monde. N’étant pas à leur premier échec, personne ne le jugeait. Tous prêts à lever les armes pour leur souverain bien-aimé. Même si, depuis l’arrivée de ce Mario dans leur monde, tout semblait devenir plus compliqué… Très problématique. Surtout vis-à-vis de la princesse Peach que le chef des Koopas convoitait tant. Car a priori, le nouveau rival de leur roi avait beaucoup plus de chances de conquérir son cœur, après ce premier face-à-face explosif à Brooklyn s’étant terminé par une humiliation publique. En plus de partir avec l’avantage non négligeable d’être un humain, tout comme elle. Ils l’avaient tous vue, cette petite étincelle dans le regard de la princesse ainsi que la dévastation contenue dans celui de leur majesté, anéanti par son échec…
C’était encore difficile à accepter pour tout le monde.
Leurs applaudissements et leurs cris résonnaient avec force dans toute la place centrale du vaisseau immense, tandis qu’ils célébraient le grand retour de Bowser après quelques jours de retrait. L’imposante tortue à piques, silhouette massive et dominante, avançait lentement vers son trône habituel pour faire une annonce digne de ce nom, chacun de ses pas lourds marquant le sol avec autorité. Il saluait la foule en effervescence par quelques gestes mesurés, presque calculés, savourant pleinement cet instant où tous les regards étaient tournés vers lui, où chaque acclamation nourrissait son ego démesuré. Cependant Bowser en voulait toujours plus ! Être idolâtré, respecté… Mais aussi secrètement aimé. Instaurer la peur dans le cœur de chacun pour éviter toute révolte, maintenir cette emprise implacable qui liait chaque membre de sa puissante armée. Afin de pouvoir reconquérir le monde dès que l’occasion se présenterait. Encore une fois, ce n’était que le début d’une longue série de représailles. Il avait peut-être perdu une bataille, mais il n’avait certainement pas perdu la guerre. Car il finirait par anéantir Mario, mettre la main sur le Royaume Champignon et faire de Peach son épouse, avec ou sans son accord.
«Mes sujets, je suis enfin de retour après une très longue et terrible absence !» S’exclama haut et fort Bowser, une fois qu’il atteignit le sommet des marches menant à son trône de pierre de lave. Son museau s’étirant dans un sourire malfaisant, il leva les bras pour encourager le peuple à l’acclamer.
«Mais ça ne fait que deux semaines…» Bégaya un Koopa à carapace rouge tout en levant timidement son doigt pour prendre la parole. Il tremblait de peur lorsqu’il reçut en retour un regard noir de son souverain.
«Peu importe ! L’essentiel, c’est que je sois de retour pour gouverner après ce léger petit contretemps. Mais ce n’est que partie remise, nous finirons par atteindre notre but ! Et nous écraserons tous ceux qui se mettront en travers de notre chemin ! À commencer par ce moustachu en salopette !» Hurla Bowser qui serra le poing avec conviction. Satisfait du retour positif de ses troupes à ces quelques paroles prometteuses, il contempla la foule en délire avant de reprendre la parole avec un peu plus de calme cette fois-ci.
«Mes Koopas, mes Goombas et autres trucs…» Il débuta, toutefois il se tut lorsque Kamek à sa gauche intervint avec anxiété, la main au coin de son bec.
«Psst, des Hériss Sire…» Lui chuchota ce dernier dans la précipitation, ne voulant pas qu’il se trompe comme la dernière fois qu’il avait motivé ses troupes avant de leur annoncer ses plans diaboliques. À force, ils allaient finir par se vexer ! Il glapit de peur quand Bowser lui rugit dessus.
«On s’en fiche ! Maintenant laissez-moi vous montrer ma toute dernière acquisition. Quelque chose qui devrait vous remonter le moral après cette petite défaite de rien du tout. Vraiment trois fois rien. Une surprise de taille ! Je l’ai trouvée lors de mon exil solitaire, seul et abandonné, loin de tout. À la dérive…» Se lamenta-t-il dans un véritable mélodrame, une main posée sur son torse robuste avec le regard perdu dans le vague, jouant pleinement la comédie pour récolter un maximum de compassion auprès de ses sbires. Un franc succès. Puis d’un coup d’œil discret vers Kamek, il lui fit un signe pour poursuivre la mise en scène.
«Oui, votre Méchanceté.» Acquiesça le sorcier à lunettes avec lassitude après avoir donné un coup de baguette dans les airs pour faire apparaître une cage dorée en lévitation.
Recouverte d’un voile noir, elle empêchait quiconque d’apercevoir ce qui se cachait dessous. Désormais tous intrigués, les Koopas se mirent à chuchoter entre eux tandis que la cage flottait au-dessus des rangs jusqu’à atteindre le centre de la place. Le suspense était à son comble. Qu’avait donc trouvé leur roi durant son périple solitaire ? Une nouvelle arme ? Un prisonnier à interroger ? L’attente devint presque insoutenable. Deux gardes ailés s’approchèrent alors de la cage, attendant le signal de leur chef pour en dévoiler le contenu. Après un dernier regard échangé, Bowser leur donna l’ordre. Les deux Koopas tirèrent le voile d’un geste théâtral… Révélant l’humaine aux cheveux de feu recroquevillée contre les barreaux.
«Une humaine ?» S’étonnèrent certains alors que Bowser descendait tranquillement les marches en direction de la cage toujours en lévitation grâce à la magie de Kamek.
«Son chant a le pouvoir d’apaiser les âmes les plus coriaces et de détruire vos pensées les plus sombres. Il manipule votre esprit, c’est de la magie noire ! Un tel pouvoir ne devrait jamais se promener seul dans la nature… Il pourrait tomber entre de mauvaises mains.» Sarcastique, le roi des Koopas leva un sourcil rouge à l’humaine prostrée au fond de sa cage, le sourire s’agrandissant quand il sentit sa peur. Ses grands yeux verts effrayés passaient de ses soldats émerveillés aux siens remplis de malice, ses longs cheveux ondulés coulant en cascade sur ses épaules frêles. Elle était terrassée par l’apparence menaçante de Bowser, tandis qu’il agrippait le haut de la cage pour la soulever à son niveau afin d’établir un premier vrai contact visuel.
«Regarde-moi ça… Tremblante comme un Goomba sous la pluie.» Dit-il à voix basse, son timbre profond et moqueur faisant vibrer les barreaux. Il n’avait même pas remarqué que les yeux de la jeune femme étaient d’un beau vert pomme, aussi grands et aussi innocents que sa tendre princesse… Mais il préférait les siens. Au moins les siens ne le regardait pas avec peur ! Plutôt avec du dégoût… Ce qui n’était pas forcément mieux après réflexion. Avec sa main libre, le Koopa géant pointa une griffe dans la direction de l’humaine qui, à ce simple geste, se colla plus loin contre la grille à l’opposé d’un souffle de terreur. S’accrochant aux barreaux pour la vie chère, ses cheveux rougeoyants tombèrent sur une partie de son visage pendant qu’elle fixait la tortue redoutable aux caractéristiques inhabituelles. Son torse se levait et redescendait frénétiquement au rythme de ses battements de cœur.
Allait-il l’offrir en guise de repas à ses sujets ? Ou la garder pour lui pour un encas entre deux feuilles de salade ? Ou pire, la jeter dans la lave comme offrande ? Son cœur se serra lorsque la créature épineuse avec deux cornes sur le crâne se pencha vers elle puis qu’un large sourire malveillant étira les coins de son museau pour apercevoir des dents pointues.
«Chante pour moi !» Réclama-t-il dans sa grosse voix effrayante.
Les murmures s’arrêtèrent subitement à l’exclamation de Bowser, alors que tous les regards se focalisaient sur la cage dorée contenant l’humaine. Un silence pesant s’installa sur la place, si profond qu’on aurait pu entendre une mouche voler. Les Koopas s’échangèrent des regards incertains avant de sursauter lorsque leur chef exigea une seconde fois que la jeune femme emprisonnée chante. Certains se recroquevillèrent dans leur carapace, attendant l’implosion inévitable de leur monarque, réputé pour son manque de patience légendaire. Était-elle suicidaire ? La question était légitime lorsqu’on connaissait Bowser et ses crises de colère fréquentes… Kamek se téléporta au centre de la plateforme volcanique pour se tenir aux côtés du Koopa géant, ses yeux se rétrécissant derrière ses lunettes-loupes pendant qu’il observait la femme blottie contre les barreaux. Un doigt replié sous son bec jaune, le magicien en robe bleue se pencha légèrement vers la cage pour l’examiner.
«Je t’ai donné un ordre ! Alors chante !» Aboya rudement Bowser en secouant brièvement la cage pour intimider l’humaine silencieuse. L’effet semblait fonctionner, à en juger par son regard terrifié qui passait sans cesse de Kamek à lui.
«Peut-être qu’elle est sourde ? Ou qu’elle ne comprend pas notre langage ?» Tenta de tempérer Kamek en haussant les épaules, se recroquevillant sur lui-même lorsque Bowser montra les dents en réponse. De la fumée s’échappa des narines du grand Koopa avant qu’il ne mugisse de colère. Fou de rage de ne pas obtenir ce qu’il voulait, la tortue à la crinière flamboyante se détourna de son conseiller pour fusiller du regard l’humaine, qui n’avait toujours pas prononcé un seul mot depuis son arrivée. Plissant légèrement les yeux pour la menacer du regard, il reprit finalement le contrôle de sa colère, avant d’éclater d’un rire dédaigneux.
«Oh, le petit oiseau ne veut pas chanter ? Dans ce cas, tu vas croupir en prison jusqu’à ce que tu te décides enfin à m’obéir. Alors peut-être que tu retrouveras la parole. Kamek ! Emmène-là hors de ma vue et fais en sorte qu’elle ne puisse pas s’échapper ! Je m’en occuperai plus tard.» Ordonna aussitôt le roi après avoir jeté la cage dans les airs pour que le Magikoopa puisse la reprendre à temps avec sa baguette avant qu’elle ne touche le sol.
«Oui, votre Altesse. Ce sera fait.» Répondit-il automatiquement d’un signe de tête respectueux, maudissant sous son souffle la jeune femme qui était à l’origine de la mauvaise humeur de son maître, pourtant de bonne humeur ce matin-là.
Et c’était qui qui allait en subir les conséquences maintenant ? C’était bibi ! Comme d’habitude.
D’un soupir théâtral, Kamek fit apparaître son balai bambou puis s’éleva dans les airs avec la cage, se frayant un passage parmi les soldats et les autres créatures qui n’osaient rien ajouter. De peur de contrarier davantage leur chef déjà particulièrement irritable. Mieux valait ne pas attiser sa colère… Certains risquaient de finir en Skelerex ! La dernière fois déjà, l’un d’eux en avait fait les frais à cause d’une question malheureuse. Une punition amplement suffisante pour servir d’exemple. Bowser regagna son trône et congédia tout le monde d’un grognement agacé, réclamant un semblant de tranquillité. Affalé dans son siège, il posa sa joue contre son poing, les yeux rouges perdus dans le vide. Cette douleur dans son cœur de pierre était revenue… Plus forte, plus vive encore. Elle ravivait toute la colère accumulée depuis sa défaite face aux deux frères moustachus. D’abord la princesse Peach, et maintenant cette humaine… Pourquoi personne ne le respectait ?
Le rugissement de frustration de Bowser donna un frisson à Kamek qui se dirigeait déjà vers la prison avec la cage en lévitation derrière lui, enveloppée dans un nuage bleuté. Il descendit rapidement le grand escalier en colimaçon menant tout droit au centre même du château flottant, là où la lave était éternellement en fusion. Il détestait cet endroit ! La chaleur y était insupportable. Laissant échapper un gémissement d’inconfort, le Magikoopa se ventila d’un geste agacé avant de se dépêcher d’installer la cage dorée sur un crochet situé à quelques mètres au-dessus de la lave. Le métal grinça légèrement sous le poids, suspendu au-dessus du vide incandescent. Les cages voisines étaient pour le moment vides, oscillant doucement dans le courant chaud ascendant, après que les otages aient été libérés lors du combat contre la princesse et les autres. Le silence de la prison n’en était que plus dérangeant, presque anormal dans un lieu habituellement rempli de plaintes et de suppliques. Mais ce n’était qu’une question de temps avant qu’elles ne soient à nouveau toutes remplies de prisonniers fraîchement capturés… Dès que Bowser mettrait en place un nouveau plan d’invasion.
«Et voilà !» S’exclama la tortue à lunettes avec les poings sur les hanches, un sourire satisfait étirant son museau tandis qu’il passa sa langue dessus d’un air suffisant. S’assurant que le verrou trois fois plus grand que l’humaine était bien fermé à double tour, il se volatilisa dans les airs d’un petit pop sonore.
Abandonnant la jeune femme aux cheveux rouges dans sa nouvelle prison.
Il faisait atrocement chaud, et le silence était oppressant dans cette partie-là du vaisseau... Il n’y avait rien que le grondement de la lave ainsi que celui des turbines qui le brisait. Toujours en proie à la peur, elle attendit quelques minutes de plus dans la même position avant d’étirer prudemment une jambe et puis l’autre pour soulager ses muscles endoloris. Chaque mouvement lui arrachait une tension douloureuse, comme si son propre corps protestait contre cet enfermement. Ses mains lui faisaient mal à force d’exercer une si grande pression autour des barreaux de sa cage à peine plus grande qu’elle. Le métal froid contrastait cruellement avec la chaleur étouffante ambiante, lui laissant des marques douloureuses dans les paumes. Jetant un premier coup d’œil aux alentours à sa toute nouvelle demeure, l’humaine remarqua qu’elle était bien seule dans cet endroit. La lave formait des bulles en dessous d’elle et le rebord le plus proche se trouvait à environ trois mètres de sa position. Une distance dérisoire en apparence, mais impossible à atteindre. Elle était coincée dans cet environnement hostile pour un temps indéterminé.
Se rasseyant contre les barreaux, elle tira doucement ses genoux contre sa poitrine avant d’enrouler ses bras autour de ses tibias. Sa robe n’était plus aussi blanche qu’avant, il y avait des traces de suie un peu partout sur le tissu désormais ruiné. Ses yeux verts se remplissaient bientôt de larmes alors qu’elle enterrait son visage dans ses genoux, sa gorge se nouant à ce sentiment familier d’être à nouveau prise au piège. La créature qui l’avait attrapée était terrifiante… Elle n’avait jamais rien vu de tel ! Mais le pire de tout restait sa voix grave et bourrue, une voix qui résonnait dans tous ses os à chaque fois qu’il s’exprimait. Comment pouvait-elle chanter dans de pareilles circonstances ?! Le chant ne pouvait avoir le même effet si elle était sous l’emprise de la terreur ! Mais dorénavant, cela n’avait plus aucune importance. Car elle était emprisonnée dans cette petite cage, dans un endroit lugubre privé de la lumière du jour avec ce tyran écailleux comme nouvelle compagnie.
Les larmes finirent par dévaler ses joues pâles. Elle sortit une petite montre à gousset de l’une de ses poches, faisant glisser délicatement son pouce sur la surface froide. Sa liberté ne fut que de courte durée.
À suivre…