Bleed it out

Chapitre 6 : Confrontation

Par voirloup

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 13.


Il se lève à l’aurore et disparaît dans la ville avant même que quelqu’un ne le voit. Il se doute que Castiel l’a entendu, ce dernier étant dans le jardin à regarder les oiseaux chanter au soleil levant. Mais qu’importe.


Il marche et n’a pas besoin de sa voiture ou d’une arme pour aller là où il va.


Il toque à la porte du motel et attend.


Il prie une pensée à l’ange, pour que ce dernier ne s’inquiète pas trop pour ce qui va suivre, et il regarde son paternel ouvrir la porte.


« Ouais. On a besoin de parler. Calmement. »


Son père ferme les yeux un instant, avant de le laisser entrer dans la pièce. Il remarque immédiatement le craquement de la peinture et du mur là où Castiel a poussé John la nuit dernière. Il grimace.


« Ton dos ça va ? »


John ricane à la question, s’asseyant et posant une deuxième tasse de café devant lui. Dean ne se fait pas trop prier et s’assoit face à son paternel.


« Le lit n’est pas top mais cela m’a visiblement permit de le remettre en place, si cela a du sens. »


Il ricane à son tour, buvant une gorgée.


Il n’a aucune idée de par où commencer.


« Écoute. » fait-il en même temps que son père lança un « Dean. »


John lui fit un signe pour qu’il commence.


« Je vais te dire certaines choses que je n’ai jamais voulues que tu saches. » commença-t-il, faisant froncer les sourcils de son paternel. « Sur ces années où tu n’étais pas là et certaines avant ça. Si notre conversation ne reste pas calme, je me barre et tu peux prendre tes affaires, partir et jamais te retourner. Ce sont des choses pour lesquels ni moi, ni Sam ne céderont, qu’importe que tu sois notre père ou non. Ok ? »


« Ok. »


Dean lève les yeux vers le plafond en prenant une grande respiration.


« Tu m’as envoyé en chasse, ici, tu te souviens ? »


« Oui, un corps mutilé non ? » il acquiesce « Tu devais avoir… quinze, seize ans ? »


Il acquiesce à nouveau. « Seize. J’ai jamais tué le monstre qui a causé ça. »


Son paternel hausse un sourcil, il peut voir le début d’irritation mais prompt à sa parole, John ne dit rien en buvant une gorgée de son café.


« Le monstre est bien mort, c’était un Okami. Je ne l’ai appris que bien des années plus tard. J’ai découvert le cadavre de l’Okami et il y avait une femme, Talia, dont je te parlerai plus tard, qui m’a dit que c’était réglé, que je pouvais rentrer d’où je venais. »


« Une autre chasseuse ? » Il hoche négativement la tête mais son paternel ne demande pas plus.


C’est la seule façon dont il aurait des réponses à ses questions, il le sait.


« Durant mes recherches pour trouver le monstre et ce que c’était, j’ai rencontré une fille à l’université de la ville voisine. Claudia. Je lui ai donné mon numéro, parce qu’en fouillant les archives, j’avais l’impression que beaucoup de choses se passaient dans le coin et je m’étais dit que c’était pas une mauvaise idée d’avoir des nouvelles de temps en temps pour venir en cas de besoin. »


Ce à quoi John acquiesce « Bonne pensée fils. J’ai fouillé et cette ville est vraiment un aimant à créatures. Tu es donc revenu plusieurs fois pour protéger la ville et c’est comme ça que tu as connus les Argents ? »


Il grimaça. « Non. »


« Je ne te suis pas. »


Dean pousse un soupir et préfére regarder son café plutôt que son paternel. C’était le moment ou jamais n’est-ce pas ?


« Elle m’a bien donné des nouvelles. Mais pas de la ville. Plutôt du fait qu’elle était enceinte. »


Quand il relève les yeux vers son père, ce dernier a la bouche grande ouverte. Il ne lui laisse pas le temps de dire quoique ce soit.


« C’était le mien. Obligatoirement, si tu vois ce que je veux dire. J’ai appris durant le même appel qu’elle avait dix-huit ans. Et elle a appris que j’en avais seize. Elle avait hâte d’être mère, terriblement hâte. J’ai raccroché. Je l’ai rappelé une heure après, tu dormais et Sam aussi. De là, j’ai été avec elle dès que tu m’envoyais dans une chasse non loin ou que l’on n'était pas loin. »


« Tu es- »


« Elle a accouché, encore à l’université. Je crois que tu étais en chasse contre un Wendigo à ce moment-là. J’ai pris Sam, l’ai foutu dans une chambre de motel, et accouru à l’hôpital le jour suivant. Un p’tit garçon. Elle l’a nommé Genim Shea Dean Gajos. J’en avais rien à foutre. Il était en bonne santé et c’était tout ce qui comptait. »


« Ce gamin, il a… »


« Plus de vingt ans maintenant, ouais. » sourit doucement Dean. « Seul secret que j’ai réussi à te cacher. Bobby a été le premier à le savoir. Avant Sam d’ailleurs, mais j’ai été forcé à lui dire. »


« Bobby l’a - »


Une petite voix dans sa tête fait ‘’Et toc’’ en voyant l’air ahuri et désemparé de son père à l’idée que Bobby Singer ait su qu’il avait eu un petit-fils avant lui.


« Quand Sam est parti à l’université et que tu es parti de ton côté, j’ai crashé chez Claudia. Et son fiancé. Je les ai plus ou moins foutus ensemble d’ailleurs, parce qu’il l’avait rejeté en pensant qu’elle était en couple avec moi, relation à distance tout ça. C’est ce que les meilleures amies de Claudia faisaient passer pour que les hommes ne l’approchent pas et ne profitent pas d’elle et du petit. »


Il sourit en repensant à la ferveur de Talia et Nathalie, encore jeunes adultes, regarder John et Claudia s’afficher ensemble quelques jours après leur mise en couple. Il se rappelle l’appel où les deux jeunes femmes avaient, plus ou moins choquées et mortes de rires, déclaré qu’elles avaient été des chiens de garde pour lui pendant des mois alors que ça ne servait à rien.


« Je chassais toujours, mais que dans la région et jamais longtemps. Je profitais de mon gamin, pendant que Claudia bossait et que Noah passait ses concours. Un an après mon arrivé, Claudia est tombée malade. Deux ans après mon arrivée, elle est morte. »


Il se tait durant quelques secondes et son père entrouvre la bouche une fois ou deux avant de parler.


« Je suis désolé fils. »


Il se doute que ce n’est pas tout ce que son paternel voulait dire mais il semble tenir sa parole et ne lance rien qui pourrait causer un haussement de voix.


« Elle était une mère géniale. » sourit-il tristement. « Elle n’a jamais vraiment posé de question sur ma vie et le pourquoi je squattais chez elle. J’ai été son témoin à son mariage avec Noah, tenant notre gamin de trois ans sur mes genoux. Elle est morte à l’hôpital, avec Genim qui lui tenait la main. J’étais en chasse à ce moment-là. Je devais y aller, je devais rentrer. Alors j’ai appelé Bobby en panique, lui disant que j’avais besoin d’un remplacement et que je laissais toutes les infos que j’avais récoltées dans la chambre que j’avais loué. C’est comme ça qu’il a su. »


Bobby lui avait demandé où il était à la seconde où il avait fini la chasse de Dean. Et il lui avait envoyé l’adresse sans réfléchir. Quelques heures après, le vieux grincheux était à la porte en demandant des explications. Son père adoptif n’avait même pas fini sa phrase en voyant que le blond portait un gamin de six ans dans ses bras.


Il n’a jamais réfléchi au pourquoi Bobby avait été le seul numéro qu’il avait appelé. Mais en même temps, il n’en a pas besoin. Jamais, au grand jamais, il n’aurait appelé John Winchester à ce moment-là de sa vie. Ou Sam.


La première personne qu’il aurait pu appeler était la défunte, la deuxième la personne le prévenant.


La troisième était un chasseur grincheux qui l’avait toujours poussé à oublier la chasse, à se concentrer sur ses études et sur la vie en règle générale.


« L’année d’après, je suis allé chercher Sam parce que tu avais disparu et j’ai appris pour la mort de Talia. Elle était une des meilleures amies de Claudia et la femme que j’ai vu devant le corps de l’Okami. Sa famille et elle sont mortes dans un incendie volontaire de leur maison, dans la réserve de la ville. »


John ferme les yeux fortement à cela. Yup. La mort par le feu est une chose horrible à imaginer, à entendre ou à voir. Même pour eux chasseurs qui des fois doivent la faire subir aux monstres.


« Noah m’a appelé, vu qu’il était adjoint au poste de Shériff, pour me dire qu’il trouvait l’affaire louche. Il savait que je traînais dans des affaires bizarres. Je ne lui en ai parlé que bien des années après mais j’avais fini par en parler avec Claudia. Ce qui faisait que notre fils en savait déjà bien trop sur les créatures surnaturelles à l’âge de six ans, même sans savoir qu’elles existaient. J’ai appelé Bobby, parce que j’étais occupé avec Sam à te chercher, pour qu’il enquête à ma place. »


Il prend une gorgée de café. Son père en profite pour poser une question.


« Qu’est-ce qu’il a découvert ? »


Le chasseur sait qu’il devrait être heureux que ce soit cette question que son paternel pose et non une autre. Mais c’est la deuxième chose compliquée à expliquer qu’il doit annoncer maintenant.


« Que la famille de Talia était des loups-garous. » son paternel s’étouffe dans son café. « Yup. Mais j’ai vécu dans la ville, aucune des morts avant que j’arrive et durant mon séjour n’a été causée par un loup. Ni ici, ni dans la région. Bobby m’a dit que cela devait être une vengeance venant d’une autre meute, ou un chasseur de passage. »


Quand il y repense, il veut vomir.


Et surtout, il empêche son père de reposer une question en continuant.


« J’ai pas énormément vu Genim alors qu’on te cherchait. Je l’appelais souvent mais je passais rarement, Sam n’était pas au courant après tout. Je ne sais pas exactement ce qu’il t’a dit de ces dernières années mais cela n’a rien de beau. »


« Anges, démons et apocalypses. » résume son père. Il acquiesce en buvant.


« Ouais.’Fin bref. Après ta mort, on a cherché à comprendre tout le bazar avec le sang de démon. Longue histoire courte, Sam est mort, j’ai fais un deal pour le sauver. »


« Quoi ? » s’étrangle John mais il ne s’arrête pas, déblatérant.


« Après tout, c’était mon boulot de protéger Sam. Sur le moment, j’ai haï tout l’univers. Faire un choix entre mon gamin et mon boulot de frère aîné. Mais je l’ai fait, parce que j’avais plus peur de ton fantôme venant me hanter pour avoir laissé mourir Sam que de Genim n’ayant plus de parents biologiques. Après tout, Noah l’a toujours aimé comme son gamin. Il lui a même donné son nom de famille et l’a adopté. »


« Dean att- »


« Ce qui m’a donc forcé la main à avouer à Sam pour mon fils. Et à Noah pour le surnaturel. J’avais eu un deal d’un an. Un an où on a fait équipe avec un démon, Ruby, parce que Sam était persuadé qu’elle pouvait trouver une solution pour me sauver. Puis j’suis mort. »


« Dean... »


La voix de son père semble vaincue, à bout de souffle.


« Pourquoi… »


« Quoi ? » ricane-t-il, amer. « Tu peux pas m’en vouloir pour ça. Regarde comment tu as réagi quand je t’ai amené au bunker et que Sam n’était pas là. Tu as failli me cogner à ce moment même. »


John ferme la bouche et les yeux. Ne niant pas.


Déjà une bonne chose, il imagine.


Mais le manque de répartie lui fait plus de mal que si son père avait commencé à hurler. Son frère avait visiblement dit déjà pas mal de choses pour le faire réfléchir un minimum. Non pas qu’il s’en plaigne vraiment.


« Mais tu es vivant. » énonce-t-il plutôt, comme une évidence.


« Yup. »


« Comment ? »


Dean poussa un nouveau soupir. « Castiel. »


« Castiel. » son paternel fronce les sourcils, puis son visage devint noir de colère en repensant à la nuit précédente. « Qu’a-t- »


« Il m’a sauvé. » coupe-t-il. « Sur ordre du Paradis. »


« Ordre du pa- » une lueur d’illumination et de compréhension passe dans les yeux de son père.


« C’est un ange. » dit-il à voix haute, confirmant ce que son vis-à-vis vient de comprendre. « Il avait pour mission de me sauver des Enfers. Il l’a fait. À nouveau, histoire longue, version courte. Sam a continué à bosser avec Ruby alors que je bossais avec Castiel. On a appris que l’on était destiné bibliquement à être les réceptacles de Lucifer et Micheal, permettant l’apocalypse. Bref. Lucifer fût libéré, déclenchant la fin du monde. Sam a laissé Lucifer prendre possession de lui et s’est envoyé dans la Cage, a.k.a l’endroit dont le Diable venait de sortir. Et, sachant que cela était impossible de venir le sauver, je suis retourné à Beacon Hills. »


« C’est... »


« Beaucoup. Crois-moi, je l’ai vécu et pourtant beaucoup de choses me semblent encore totalement folles. C’est à ce moment-là qu’on a appris que toi et maman avaient été un ordre du Paradis. Parce que ta lignée avait la capacité de devenir un réceptacle pour Micheal et celle de maman, de Lucifer. C’est dans le sang, l’ADN. En bref, tu descendais d’Abel, maman de Caïn. Et pour lancer l’apocalypse, le Paradis avait besoin que les deux lignées se rassemblent en une, afin d’avoir à nouveau une fratrie maudite. »


John se lève, prend une bouteille de bière et en boit une grande gorgée, avant de se rasseoir. Ses paumes de mains rencontrent ses yeux.


« Nous n’étions pas parfaits. » commence-t-il d’une voix douce. « Mais j’aimais ta mère si fort… Je ne conçois pas... »


« Je sais. » fait-il tout simplement. « Je sais. Sam n’a pas voulu le croire non plus, mais j’avais un point de vue différent. »


Son père le regarde quelques secondes avant de s’adoucir.


« Tu te rappelles des disputes. » il acquiesce. « Oh, Dean.. »


« Je pense que vous auriez fini par vous quitter. Vous n’auriez jamais arrêté de vous aimer parce que la magie des Cupidons est bien trop forte, mais vous auriez fini par ne plus pouvoir vivre sous le même toit. »


L’homme face à lui réfléchit à la chose en buvant une nouvelle gorgée de sa bière. Avant de pousser un soupir.


« Probablement, oui. »


Il ferme les yeux une seconde en se disant qu’à quelques années, quelques mois peut-être, près, rien de toute cette vie ne serait arrivée.


Puis, il pense à Stiles et se dit que, malgré toute son enfance, cela valait le coup.


« D’ailleurs, truc drôle sans l’être, en bossant avec les anges, j’ai pu remonter dans le passé. Ce qui n’a rien changé à ce dernier d’ailleurs vu qu’on est là, mais bon. J’ai donc rencontré maman. Qui était en fait une chasseuse. »


« Je l’ai appris, oui. » il hausse un sourcil à cela. « En rencontrant de nombreux chasseurs, tu apprends des noms. Les Argents, par exemple. Et un jour, on m’a parlé des Campbell. En apprenant cela, j’ai ri à l’ironie. Et j’en ai voulu à ta mère pour ne pas nous avoir protégés assez. »


Il peut comprendre le ressentiment. Même s’il ne lui en a jamais vraiment voulu de cette manière. Il s’est reconnu en elle, durant cette nuit où elle avait le corps de son fiancé mort dans les bras, un démon dans le corps mort de son père, avec ce désir de vivre une vie loin, loin de toute cette douleur et de cette violence.


« Tu te souviens de la nuit où son père est mort ? » son père acquiesce en buvant. « J’étais là. Elle a fait un pacte avec Azazel pour te ramener. Contre le fait de pouvoir entrer dans la maison, qu’importe les protections, dix ans après le deal. »


John ouvre la bouche en grand, lâchant sa bière, avant de la rattraper une fois qu’une bonne partie finie sur la table. Il jure, frappant la table une fois. Deux fois. Avant de porter ses mains à son visage.


« Même si elle nous avait protégés, il serait rentré. La condition était qu’il ne soit pas dérangé. Elle l’a fait, en voulant protéger Sammy. Pour ça qu’elle est morte. »


Son père tremble à force de serrer ses poings. Puis il prend plusieurs grandes inspirations, avant de regarder son fils à nouveau.


« Étrangement. » reprend Dean « je t’ai toujours haï plus qu’elle après avoir su. »


La bouche de son père s’ouvre à nouveau. Cette fois, le choc semble passer par le désespoir et non la colère. Entendre ça de la bouche de son enfant ne doit pas être facile. Mais Dean n’en est plus un depuis si longtemps.


« Enfin bref. Je divague pas mal là. Je suis donc rentré à Beacon Hills après que Sam se soit sacrifié pour sauver le monde. Et j’ai trouvé mon gamin avec un loup-garou dans sa chambre. »


« De- »


« Ouais, ça m’a fait un choc de voir le fils de Talia dans la chambre de mon gamin, crois-moi. Mais après avoir écouté Genim, j’ai vite compris que le fils de Talia essayait juste de venger sa sœur, morte quelques jours avant par un autre monstre alors qu’elle venait enquêter sur les morts survenues justement. »


Ah, cette soirée était toujours fraîche dans sa mémoire. Maintenant, il en rit un peu. Quelle façon drôle de re-rencontrer son futur-beau-fils.


« Longue histoire courte à nouveau, » continue-t-il sans faire attention à son paternel qui veut en placer une. « Le frère de Talia est devenu fou durant son coma. ‘Fin fou. Fou de vengeance. Le fils de Talia sortait avec une chasseuse. Il était mineur, elle non. Elle a réussi à lui faire avouer des secrets mettant sa famille en danger et en à profiter pour les enfermer et foutre le feu à la baraque. Le truc, c’est que la famille de Talia était plus des chasseurs que des monstres. Étant la cheffe de meute, elle s’occupait régulièrement des créatures passant sur ces terres, que ce soit avec de bonnes ou mauvaises intentions. Donc Kate Argent a foutu le feu à une famille de loup-garou pacifiste avec autant d’humains que de loups à l’intérieur, sans faire attention au fait qu’il y avait des autant d’adultes que d’enfants. »


« Le métier - »


« Dont. » coupe Dean avec force, « le bébé humain de Peter, le frère de Talia qui resta dans le coma à cause des brûlures car il a tout fait pour essayer de sauver son enfant des flammes. » Il regarde son père dans les yeux. « Ça ne te rappelle pas quelqu’un ? »


John ferme les yeux, avant qu’acquiescer avec lenteur.


« Il n’a pas réussi. Et, d’après le fils de Talia, le fait que Peter ait vécu des années dans le coma sans pouvoir vraiment profiter de son loup, enfermé dans sa propre tête, cela a fait ressurgir ses instincts primaires une fois qu’il a commencé à se réveiller. 2010, l’année où Sam sauva le monde, la famille Argent se réinstalle à Beacon Hills à cause de morts étranges. Dont la fameuse Kate. »


« J’imagine qu’elle n’a pas fait long feu. »


Son père grimace à son jeu de mot involontaire.


« Nope. J’étais là, le soir où Peter l’a tuée. Quelques secondes après, mon gamin était en train de lui jeter un cocktail Molotov’ dessus alors que je lui avais interdit de sortir de sa chambre. »


Son paternel émit un pouffement à cela. Et ouais, ok, c’est drôle sur le papier.


Lui avait plus eu une crise cardiaque mais bon.


« Dooonc, mon gamin appris pour le surnaturel à seize ans. Parce qu’après ça, pas trop le choix, je l’ai entraîné. Surtout que dans la foulée, plusieurs loups ont été créés. Et une créature autre naquit également, devenant une sorte de marionnette tueuse pour la volonté d’un maître. Donc j’ai chassé avec mon gamin pour sa première chasse officielle. »


Il ne veut pas vraiment insinuer quelque chose mais… Un peu quand même. John semble le comprendre parce qu’il baisse les yeux pour boire sa bière à moitié vide. Visiblement, avoir les mains dans la bière en train de sécher sur la table ne parais pas l’importuner plus que ça avec ce que Dean lui dit.


« Puis Sam est réapparu. J’ai appris plusieurs mois après que c’est Castiel qui l’avait sorti de la Cage. Il avait reçu un petit coup de boost niveau pouvoir de la part de Dieu et il en avait profité. Bref, je suis retourné en chasse. Aidant Genim au téléphone pour la fin de la marionnette tueuse. Quelques mois après, on se battait contre les Léviathans, a.k.a les premières créations de Dieu après les anges. Et je me suis retrouvé au Purgatoire. »


Dean essaye vraiment de ne pas repenser au Nogistune mais il prend tout de même une grande respiration alors que les mots des messages vocaux lui reviennent en mémoire.


« J’y ai passé un an, avec Castiel. J’en suis sorti, sans lui, il s’est sacrifié pour que j’en sorte sans problème parce qu’on avait la moitié des monstres vivant là-bas à nos trousses. Et vu que le Purgatoire est littéralement là où les créatures surnaturelles finissent... »


Son père comprend que cela devait être un trèès grand nombre, vu la grimace.


« J’ai pas retrouvé Talia là-bas. Ni Laura, sa fille aînée, celle qui est morte en revenant ici. J’aurais aimé lui dire que son gamin va bien. Et que son frère est un casse-couille. »


John a un rictus à cela.


« ‘Fin bref. J’suis sorti du Purgatoire, j’ai retrouvé mon gamin. Pendant mon année d’absence, il a dû combattre un monstre millénaire, un truc que j’ai jamais combattu à vrai dire. Et cela l’a profondément marqué. Pas mal de ses amis et lui ont failli mourir durant cette chasse d’ailleurs. »


Son père grimace et lui essaye de tasser la culpabilité au fond de son ventre.


« Après ça… Les chasses ont continué. On s’est retrouvé dans un combat pour les paroles de Dieu, des tablettes écrites de façons dont seuls des prophètes peuvent les lire. Et encore lire est un grand mot. On a combattu des Chevaliers des Enfers, des anges à nouveau. Je suis mort en portant la Marque de Caïn, afin de tuer les dit Chevaliers. Je suis devenu un démon, puis redevenu humain. Pour m’enlever la marque, Sam a trouvé un sort qui a relâché les Ténèbres. A.k.a Amara. Pour contrer Amara, Castiel s’est laissé posséder par Lucifer. Lucifer a fui. J’ai aidé Amara a retrouver Dieu et faire la paix. T’es arrivé, tada. »


Il y a un long silence durant lequel Dean fait comme si de rien n’était. Il finit son café, regarda l’heure sur son téléphone, répondit aux textos de Stiles qui l’engueule d’être parti sans prévenir personne, à ceux de Sam lui souhaitant bonne chance. À ceux de Castiel qui réagissent en live à ses pensées qui deviennent prières sans qu’il le veuille.


Il sourit devant l’amour de sa famille. 


Puis retrouve le regard de son père qui semble le regarder sans savoir que dire.


Alors Dean reprend.


« Voilà. Ce fût ma vie, celle que tu as loupée parce que tu étais trop aveuglé par ta vengeance et celle que tu as loupée avec ta mort. J’ai tué bien plus de choses que tu ne pourrais l’imaginer. Mon année au Purgatoire seule dépasse ton nombre de chasses réussites, parce que j’étais le seul humain dans ce monde et que t'imagine bien que j’ai dû tuer tous ceux qui voulaient ma peau, mon sang, mon espérance de vie, mon cerveau, chaire ou autre. Je ne dois ma vie qu’à la bonté d’un vampire qui voulait retrouver sa famille qui m’a sauvé la vie un nombre que je n’ai pas compté et à celle de Castiel parce qu’il faisait exprès d’être loin de moi, étant un ange dans un monde de monstre, pour tenir le plus gros de la menace sur lui, a.k.a les Léviathans qu’on venait de remettre dans leurs cages. »


Son père parait se murer dans le silence, alors il continue.


« J’ai un fils à l’université qui étudie pour aider les chasseurs et les créatures surnaturelles qui en ont terriblement besoin. J’ai un fils qui a grandi en ayant une enfance plus que convenable parce que j’ai refusé de l’élever sur les routes. J’aurais pu, après la mort de Claudia, le prendre avec moi. J’aurais pu forcer Claudia à venir avec moi et à ce qu’on chasse ensemble. Elle aurait été une merveilleuse chasseuse. J’aurais pu voler mon fils à l’hôpital, parce que la femme qui m’a offert ce cadeau dormait quand je suis arrivé. Et je sais. Je sais que c’est ce que tu as fait pour Adam. »


John le regarde à nouveau, de nouveau choqué par la révélation. Et il veut en rire.


« Ouais, on sait. Une goule a pris son apparence et a appelé ton portable pour te tuer. Les enfants de la goule que tu as tuée. J’ai vu les photos, j’ai vu la vie qu’on aurait pu avoir si tu avais décidé de le faire. Mais tu as préféré la vengeance. »


« Je devais - »


« Tu ne devais rien du tout ! » il grimace à son ton et lève les mains en l’air avant de reprendre d’un ton moins fort. « Tu ne devais rien du tout. Bobby aurait pu nous garder, il n’allait presque plus en chasse vu qu’il était la bibliothèque de la moitié du pays. Tu aurais pu nous laisser là-bas et venir entre tes chasses. »


« Je n’avais - »


« Pas confiance. Trop peur de nous laisser ? Parce que nous laisser dans une chambre de motel sans toi, c’est tellement mieux. »


« Je sais que- »


« Non. » fait sa voix, ferme, dure. Il n’avait jamais entendu ça alors qu’il parlait à son père. « Non, tu ne sais rien. Bobby a plus été un père pour moi que toi. J’ai tout fait pour que Sam aie une enfance. Je l’ai élevé, je l’ai habillé, je l’ai nourri, j’étais éveillé durant ses cauchemars, ses maladies. Toi, tu rentrais, râlais pour la bouffe, buvais et dormais. Sais-tu combien de fois, je n’ai pas mangé pour que Sam mange ? »


Son paternel semble à une statue de marbre, plongée à jamais dans le choc.


L’image le fait tout aussi rire que ce qu’il va dire.


« Sais-tu combien d’argent un gamin de dix ans se fait en suçant une queue ? »


Le silence est sa réponse. Alors que les yeux de son père deviennent horreur.


« Tu partais, me laissant gérer Sam et l’argent, sans savoir combien de temps tu allais disparaître. Souvent, trop souvent, l’argent ne suffisait pas. Tu crois que la fois où tu m’as envoyé à la pension fût la seule fois où j’ai volé ? Si tu savais le nombre de fois où je me suis fait chopper mais où ma bouille de gamin m’a permis de fuir, contre la bouffe que j’avais volée et un goût de sperme dans la gorge. »


Il se souvenait de la première fois. Il se souvenait toujours de la première fois. Des larmes sur ses joues, de sa mâchoire trop petite qui lui faisait un mal de chien. Des mains dans ses cheveux, tirant ces derniers.


Du goût que cela avait laissé derrière. De l’argent qu’il tenait fermement dans la main.


Des écorchures sur ses genoux, malgré son jean.


« Le pire ? Ça m’a pas empêché de tourner bi. M’a pas empêché d’aimer les queues. Mais quand tu l’as deviné, wow. Il a fallu que tu m’envoies tuer un fantôme qui n’avait rien demandé. Une femme qui hantait l’amour de sa vie. Le pire, c’est que l’amour de la vie en question était heureuse. Elle était heureuse de voir la morte malgré tout. »


Jusqu’à ce que la mort ne nous sépare pas, se souvient-il.


« J’ai vu Joseph t’sais. » la grimace sur le visage de son père en dit assez. « Ouais. C’est lui qui t’a donné la chasse, parce que tu lui as demandé. Le fantôme était là depuis un an déjà. Et tu lui as ordonné de rester pour qu’il surveille que ta tapette de fils fasse bien le boulot. »


« Dea- »


« Oh t’inquiète. J’avais compris le message. J’ai pas touché un homme durant des années. J’ai enfermé cette partie de moi si fort que quand elle a ressurgi, je me suis maudit pendant des années. M’interdisant le bonheur possible qui était à portée de main. »


Son sourire est forcé, amer. Mais son père ne reprend pas. Il en ricane.


« Franchement, si tu n’étais pas revenu cette nuit-là, j’aurais probablement embrassé Castiel à peine rentré au Bunker. Qu’importe que Sam voit. »


John grince des dents, serrant ces dernières au point où Dean est presque sûr d’entendre l’émail s’émousser. Il sourit, impertinent qu’il est.


« Parce que Sam ? Il s’en fout. J’pense même qu’il sera très heureux de plus à avoir à gérer la tension sexuelle entre moi et Cas’. Parce que bordel, qu’est-ce qu’il peut être bandant quand il se bat. Si tu n’avais pas été la personne qu’il avait foutue au mur hier soir, j’aurais probablement voulu me le faire direct en rentrant. »


Les poings de son père se serrent quasiment aussi fort que ses dents et Dean continue, sourire mauvais aux lèvres.


« Ouaaaaaaaaaaaaaais… Enfin bon. D’ailleurs, pour tout te dire, tant qu’à y être. » les yeux bruns s’ouvrirent une nouvelle fois, alarmés. « Ouais, une dernière pour la route. Genim, ton p’tit-fils ? À six ans, il s’est rendu compte que les américains ne savaient pas prononcer son prénom comme il faut, alors il a décidé de se faire appeler autrement. Tu devines ce que c’est ? »


Silence. Il se lève.


« Langue au chat ? Ouais j’comprends ça fait beaucoup. Son prénom, c’est Stiles. T’sais celui qui sort avec un homme, comme sa pédale de père, tiens, et qui est un sorcier. Le gamin que t'as eu en ligne de mire hier. »


Il commence à marcher vers la porte et quand il se retourne, il est à peine surpris de voir un canon d’arme à feu pointé vers lui. Dean regarde son père qui tremble, de fureur, d’horreur, de dégoût, qu’importe, de manière lasse.


« T’sais, la première chose que t’as fait quand t’es revenu, c’est me combattre et me traiter de monstre. J’ai passé les tests. Et pourtant, tu préfères croire que ton fils est un démon plutôt qu’accepter le fait que je suis humain, père et gay pour un ange. » il ouvre la porte derrière lui. « Si tu me cherches, moi, Sam, Stiles ou Cas’ à vrai dire, on vit chez les Stilinski, a.k.a le shériff. On va chasser les Vetalas, en espérant que tu ne nous aies pas foiré la chasse. Au revoir John. »


Dean ferme la porte derrière lui, son dos contre le bois, les yeux fermés. Il pousse un long soupir, écoutant son père s’effondrer sur sa chaise derrière la porte, le bruit de son flingue tombant sur la table. Il entend les jurons.


Il prend une grande respiration, ouvre les yeux. Qui se remplirent de larmes en voyant Castiel l’attendant.


L’ange marche vers lui et il fait tout ce qu’il peut pour ne faire aucun son, pour que son géniteur ne l’entende pas. Il se laisse attraper, relever – quand est-ce qu’il est tombé au sol ?- et ils disparaissent loin de cette chambre de motel une fois que le brun l’attrape dans ses bras.




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