14.
« J’ai quelque chose à te dire. » avait commencé Stiles, un soir, quelques jours après ses dix neuf ans.
Il avait loupé les dix-huit ans en étant dans une autre dimension. Il n’en raterai plus aucun hors force majeur. C’était une des promesses qu’il s’était faite à lui-même, sans en parler au principal intéressé. Son gamin n’avait pas à savoir combien de promesse Dean avait réussi à tenir ou avait brisé depuis sa naissance.
Plus de tenues que de brisées néanmoins.
« J’t’écoute. »
Ils étaient perdus en campagne, Sam était non loin en train de récupérer du bois pour le feu tandis que Noah était parti chercher la glacière qu’ils avaient oubliée dans l’Impala. Une petite soirée semi-camping, juste pour ce soir, avant que lui et son frère repartent à la chasse au Metatron.
« Je sors avec Derek. »
Le chasseur avala sa bière de travers et commença à tousser sous les paroles inquiètes de son gamin. Il lui fit signe que ça allait. Derek hein ? Oh merde.
Talia et Claudia auraient tellement aimé être là pour voir ça.
« Je- » il avait la voix un peu enrouée et continuait de toussoter un peu. « Je pense que ta mère aurait adoré voir ça. »
Le visage de son fils passa d'anxieux et inquiet à surpris.
« Oh, je la vois bien avec Talia en train de nous dire avec Noah qu’elles avaient raison. »
« Tu m’as perdu. » lança Stiles, ne sachant toujours pas comment prendre la réaction de Dean face à son coming-out.
Il ricana légèrement avant d’attraper son gamin dans les bras. Il pouvait s’imaginer les deux femmes rire et roucouler comme beaucoup de mères le font quand leurs enfants commencent à découvrir les amours. Dean vendrait tant de choses pour que sa meilleure amie puisse voir leur gamin grandir.
Mais il était trop tard pour ça.
« Tu as tiré un joli lot, vu comment la moitié des meufs de la ville bavent dessus. »
Stiles ricana dans sa veste. Ils faisaient la même taille, à quelques centimètres près, maintenant. Cela lui faisait toujours aussi bizarre. Son gamin était adulte. Son gamin n’avait plus besoin de lui pour lui tenir la main, pour le porter sur ses épaules afin de voir ‘’le monde des grands’’. Son gamin voyait à la même hauteur que lui.
Il recula légèrement pour prendre le visage de son gamin entre ses mains.
« T’es toujours mon gamin. »
Ce dernier ferma les yeux, soulagé de sa réponse. Dean ne se demanda pas comment aurait été cette conversation s’il avait été à la place de Stiles et son père à la sienne. Il le savait déjà. Mais, la première promesse qu’il s’était faite avait été de n’être en rien John Winchester.
« Je plains Derek quand même. » fit-il en ricanant.
« Wsh ! » s’outra son fils en sortant de son étreinte pour lui rentrer son doigt dans les côtes. « Derek est très heureux de m’avoir, merci bien ! T’as vu son historique romantique ?! »
Dean se mit à rire, bien vite suivit par son gamin.
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15.
Le chasseur souffle une énième fois, reprenant en main ses émotions et son état mental. Il est le pro du déni n’est-ce pas ? Il est maître dans le fait de cacher, de fermer les vannes et cloîtrer le tout derrière des murs de bétons.
Il n’avait pas ouvert les yeux depuis le moment où ils avaient disparu. Il se doute qu’ils sont quelque part de calme, quelque part non loin de la ville car le bruit de cette dernière est lointain, coupé par les bruits silencieux de la nature.
Probablement quelque part dans la réserve.
Il souffle une fois de plus. Les bras autour de lui ne bougent pas d’un centimètre, seulement un pouce caresse son épaule gauche, celle où la marque de l’ange a disparu des années avant. Cette marque lui manque.
Il souffle une dernière fois, avant d’ouvrir les yeux et de tomber sur un point panoramique qu’il ne connait pas.
Pourtant, il avait passé des années dans cette putain de forêt.
Dean se tourne vers Castiel qui lui offre un léger sourire.
« Derek m’a montré cet endroit y a quelques années, je crois sur la chasse qu’on avait eue avec la Coulobre. Il a dit que Talia les emmenait souvent ici durant les pleines lunes et qu’il faisait de même maintenant. Je me suis dit qu’on serait tranquille. »
Fuck.
Il aime cet ange.
Ledit ange sourit un peu plus à sa pensée et il se retint très fortement de fuir en réalisant qu’il l’a entendu.
Oui. Il s’est rendu compte que Cas’ l’entend. Le voir en action est différent ok ?!
Il embrasse le brun, le coupant dans sa phrase, qui devait probablement être quelque chose de rassurant. Comme un ‘’promis je n’écoute pas toujours tes prières slash pensées.’’ Mais là, il s’en fout.
Il a besoin de Cas’.
Il veut oublier ces dernières heures et l’horreur sur le visage de celui qui a autant été son héros que son bourreau. Bordel, il aime le contact des mains de Castiel dans sa nuque, sur ses joues. Il veut oublier qu’il a dit ses plus grands secrets à celui qui le battrait pour les avoir. Il tire légèrement sur les cheveux brun, faisant geindre son compagnon dans sa bouche.
Bordel. P’être qu’il peut crever maintenant. À nu autant par ses pensés et secrets révélés à son paternel que par les mains de l’homme qu’il désire depuis des années.
Les mains sont acharnées mais si tendres. Dirigées avec un objectif depuis si longtemps défini. Combien de fois il avait rêvé de cette situation ? Combien de fois il y avait pensé, seul, dans un lit ou une douche ?
Putain.
« Cas’. » gémit-il alors qu’il reprend de l’air.
Les dents du brun attrape sa lèvre inférieure et il a l’impression de se faire consumer par la grâce divine.
Sa respiration est courte à nouveau. Pour biens des raisons différentes.
Il laisse Castiel lui embrasser le visage de légers baisers alors qu’il redescend de sa montée vers le paradis.
Il ricane à cette pensée. Ce qui fait hocher un sourcil à l’ange.
« Tu m’as envoyé au paradis. »
Les yeux bleus passent de questionneurs à torves et cela le fait rire encore plus.
« Bien entendu, il a fallu que tu fasses une blague. »
« Désolé. » répond-il, en essayant de calmer son rire. « Ça m’est venu tout seul. »
L’ange pousse un soupir, ses yeux pleins de tendresse pour lui. L’homme brisé. L’homme qui s’était enfoui sous terre pour ne pas voir la vérité en face. L’homme qui avait été père trop jeune. L’homme qui s’était caché de lui-même.
Lui. Dean Winchester.
« Putain, je t’aime. »
Les deux hommes écarquillent les yeux à la confession. L’un parce qu’il ne s’attendait pas à l’entendre, l’autre parce qu’il ne s’attendait pas à la dire à voix haute.
Surtout pas après une masturbation commune en plein milieu de la forêt que son gamin contrôle et après une longue discussion compliquée après son propre géniteur.
WTF DEAN ?! Se maudit-il.
« Je t’aime aussi Dean. »
Il commence à rire nerveusement à cela.
« Même si je pense que l’état de nos vêtements le laisse sous-entendre. Ou le fait que je suis à tes côtés depuis presque dix ans. Ou fait que je te sauve le cul depuis autant de temps. »
« Hé ! » fait-il outré, nervosité totalement oubliée. « C’est équivalant ça. »
Les yeux bleus ne semblent pas de cet avis mais il ne peut en dire plus car les lèvres du brun se reposent sur lui.
Et ouais, ok, il peut gagner celle-ci, c’est pas grave.
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16.
Il se souvient, après cette soirée camping, avoir amené Stiles chez Derek. Le loup-garou attendait son petit-ami en bas de l’immeuble. Il regarda son gamin sourire comme s’il avait une exclusivité pour être présent sur le set du prochain Star Wars. Il regarda le fils de la meilleure amie de la sienne sourire comme si leur fils était la lune elle-même.
Il secoua la tête légèrement en les regardant s’embrasser, avant que Stiles ne coupe court, grand sourire aux lèvres ainsi que nombreux mots que le loup paraissait boire comme si cela était sa seule source d’eau.
Il fit ronronner le moteur, son gamin et son beau-fils leur dirent au revoir et lui et Sam firent de même.
Il pria à Claudia en sortant de la ville. Lui disant que leur fils s’était trouvé un homme aussi fou de lui que Noah l’était d’elle. Que tout irait bien.
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Quand ils rentrent à la maison, Stiles les regarde de haut en bas avec les yeux plissés et Dean a, pendant un instant, très peur qu’une goutte de fluide soit restée sur leurs vêtements. Mais son fils ne fait qu’acquiescer pour lui-même avant de le prendre dans ses bras.
Avant d’en sortir et de se mettre devant Castiel avec un doigt pointé dans sa poitrine.
« Il était entier ou tu l’as soigné ? »
Ah.
C’était pour ça, l’inspection.
Il retient de peu un soupir de soulagement. Oui, Cas’ les avait p’t’être nettoyé avec sa grâce mais il a droit d’imaginer le pire.
Surtout vu son gamin.
« John n’a rien fait Stiles. » fait-il avant que son amant ne commence à répondre de manière bien trop précise.
Probablement un truc comme entier physiquement mais pas psychologiquement. Ou pourquoi est-ce qu’il n’aurait pas été entier.
« Il m’a juste écouté raconter ma vie depuis mes seize ans et toutes les conséquences d’une semaine d’été. »
« Eww. » son gamin semble dégoûté à l’expression.
« Poétique. » ricane Erica.
En l’entendant, il s’avance un peu dans le salon et se rendit compte que la meute entière est là. Joie.
« Une jolie façon de dire que Dean a tringlé ta mère pendant une semaine, Stilinski. » ajoute-Jackson.
Derek le frappe derrière la tête à cela. Bien vite suivit par ses deux paramours.
Il est presque sûr que, comparé à leur chef de meute, Isaac y met un peu de sa force surnaturelle et Lydia un peu de ses pouvoirs de fée. Vu que le brun finit à moitié plié sur le comptoir de la cuisine après ça.
« Bref. » continue-t-il en se reconcentrant sur son gamin, le plus important de cette bande de tarés. « J’ai dit ce que j’avais à dire. Maintenant, la balle est dans son camp et quel que soit son choix, ça changera pas ma vie. Tu es toujours mon gamin. »
Stiles sourit légèrement à cela. C’est une phrase qu’il dit désormais autant pour rassurer l’hyperactif que pour lui dire qu’il est fier de lui.
Et Cas’ sait à quel point il l’est.
Enfin, il doit l’entendre.
« Ok. » conclut son gamin.
« Bien. » il se tourne vers la meute de gamins semi-humains semi-autre chose, les mains sur les hanches. « Vous êtes pas censé faire des rondes vous ? »
« Sam et Jordan ont prit le tour. » annonce Scott. « Ton frère avait besoin de se vider la tête. Et on a dû empêcher Stiles de sortir de la maison une dizaine de fois. »
« Hé ! » s’insurge ce dernier. « Pas cool McCall. »
Le susnommé hausse des épaules et retourne manger ses chips.
Dean lève les yeux au ciel, priant à Castiel en se demandant pourquoi il est ici.
« Parce que tu aimes ton fils. » répond ce dernier en se penchant un peu vers son oreille pour répondre, avant de passer son chemin pour aller rejoindre la conversation face à eux.
Yup, pense-t-il en regardant la masse d’humains non-humains devant lui. Yuuuup.
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Ils retournent au loft en début de soirée, reprenant les armes et recommençant leur plan afin de poursuivre les Vetalas. Dean sait que, techniquement, les jeunes n’ont aucunement besoin d’eux, qu’ils pouvaient partir maintenant qu’ils n’étaient plus tirés par son géniteur à être ici.
Mais il aime être là. Le bunker est sa maison, oui. Mais cette ville est bien plus. C’est l’endroit où une partie de son être est.
Puis, il aime chasser avec la meute. C’est jamais simple, aucune chasse ne semble l’être dans le coin de toute manière, et il en découvre toujours plus sur la famille que son fils s’était faite.
Le trouple des enfers, Isaac, Jackson et Lydia. Le couple qui parait innocent mais peut tuer à vue, Erica et Boyd. Le couple du loup et de la chasseuse, Scott et Allison. Puis le jeune flic qui parait ne pas comprendre dans quel foutoir il est tombé, Jordan.
Il est presque sûr que Noah prend Jordan pour son deuxième gamin à force. ‘Fin troisième, y avait Scott avant ça.
Quatrième, si on compte Derek.
Quoique, toute la meute est autant sous son aile que sous celle de Castiel, Sam et lui.
Il profite de la patrouille vers les anciennes usines désaffectées, non loin du motel où l’une des victimes fût retrouvé pour parler à son frère de tout ce qu’il s’était passé avec leur géniteur. Sam reste pensif pendant quelques minutes après cela et Dean n’essaye pas d’en savoir plus pour le moment.
Comme il avait dit à Stiles, il avait sorti ce qu’il voulait sortir. En grande partie.
Il a peut-être gardées certaines parties dans l’instant, mais il sait que son discours a été écouté. Et que tout ce qu’il n’a pas dit n’a pas besoin de l’être forcément, tout est sous-entendu avec toutes ses autres paroles, ses autres plaintes.
Ses autres blessures d’enfance.
Il n’a pas besoin d’entendre son frère dire qu’il est fier. Il le voit dans l’éclat de ses yeux, dans ses légers sourires face à quelques remarques ou ses sourires tristes, ses grimaces. Il connait son frère comme s’il l’avait élevé.
Wait. Il l’avait fait.
HA.
Quand Sam veut enfin dire quelque chose, il est coupé par la sonnerie du téléphone du blond.
Il fronce les sourcils en voyant le nom sur ce dernier.
« Papa ? » demande le plus jeune des deux, alors que Lydia et Allison reviennent vers eux.
Il acquiesce avant de répondre.
Il manque rire de l’ironie en entendant l’une des Vetalas dire que son père avait tué sa petite amie et que s'il voulait revoir John en vie, ils allaient devoir les laisser tranquilles.
Un fils bi, un petit-fils gay, et une kidnappeuse gay.
John doit se sentir comme un poisson dans l’eau.
La femme de l’autre côté de l’appareil raccroche et il peut être sûr qu’elle casserait celui-ci si elle a un brin de neurones.
Sam hausse un sourcil à son soupir.
« Bon. Qui veut sauver notre paternel ? »
Les deux jeunes femmes avec eux grognent à l’idée.
« Wahou, vous vivez vraiment avec des loups. » ricane-t-il, sous le roulement des yeux de la rousse, tandis que la brune a son téléphone déjà sur l’oreille, avec probablement Derek ou Stiles.