Nous nous regardons longuement, nos sentiments enfin dévoilés, une barrière tombe entre nous. Dean m’embrasse longuement, sans s’appuyer sur moi. Je lui réponds avec une belle intensité caressant sa joue. Nous retrouvons enfin un peu de légèreté, se souriant tendrement, on profite l’un de l’autre.
- Et au fait, tu étais si belle, sur la scène, je n’ai pas pu demander mon concert privé. Ta dernière chanson m’a beaucoup touché.
Il replace une mèche de mes cheveux, toujours sa main dans la mienne. Je me penche la tête vers lui, à quelques centimètres de ses lèvres.
- Tu l’auras, j’aurais préféré le faire avant, comme ma soirée. Ma voix s’étrangle sur les derniers mots.
- Je sais mon cœur, n’y penses plus. Je suis là, je suis avec toi, je ne te lâcherais plus, il répond avec un baiser sur le dos de ma main.
Sam frappe à la porte, il revient avec un dossier complet. Je regarde Dean, levant les yeux au ciel… L’administratif, c’est le pire cauchemar de l’humanité.
- Je vois que vous êtes emballés. Allez, on va s’y mettre à trois, ça ira plus vite.
Nous soupirons tous les deux au même moment, riant par la suite. Sam lève les yeux au ciel et se ramène, on prend une petite table élévatrice, et on se met à regarder la tonne de documents à compléter.
- Sérieux faut tout ça pour transférer d’hôpital… C’est fait pour décourager les gens en fait… je soupire, me rallongeant pour prendre une pause.
- C’est exactement pour ça, me sourit Sam. Sauf qu’on est têtu, tu vas changer d’hosto.
- T’inquiètes ma belle, Sam adore les papiers, il va nous faire ça en un clin d’œil.
Sam balance un stylo à Dean en signe de mécontentement. Ce dernier lui tape dans l’épaule, avant d’aller récupérer le stylo. Les deux frères se chamaillent pour le Bic, sous mes yeux, amusée.
Une infirmière frappe à la porte avant d’entrer, les deux hommes stoppent leur chamaillerie, et se reculent du lit. Elle vient me changer le bandage, elle leur demande de sortir pour qu’elle puisse faire le soin au calme. Je leur fais un signe de tête approuvant.
Une fois seules, elle me change le pansement, elle utilise plusieurs produits, pour désinfecter, nettoyer le pus. Je la regarde, elle semble soucieuse, je l’interroge sur mon état.
- Je ne veux pas vous inquiéter mais ça s’infecte, on va vous mettre une perfusion d’antibiotiques, il faut que vous soyez au calme, et vous reposer d’accord ?
J’acquiesce de la tête, me rallongeant, je regarde en direction du plafond. L’infirmière finit mes soins, prend ma température. Elle contacte le médecin au téléphone demandant de confirmer les antibiotiques, je présente une fièvre, ma cicatrice suintante, elle n’est pas rassurée. Une fois l’appel terminé, elle me sourit, et dit qu’elle revient rapidement.
Dean tente de rentrer dans la chambre mais l’infirmière lui demande de rester dehors quelques minutes. Il me regarde par la vitre de la porte, inquiet. J’essaie de faire bonne figure, péniblement… L’infirmière le pousse pour passer rapidement avec une perfusion.
Elle commence à m’insérer l’aiguille, installant la perf, puis elle y accroche une poche d’antibiotiques, puis une d’antidouleur, et enfin une pour m’hydrater. Elle m’ordonne un repos strict et autorise une personne uniquement à rester avec moi.
Elle repart par la porte, et arrivée à la hauteur des frères, elle ordonne qu’une personne peut rester cette nuit, et que je dois me reposer. Dean entre, récupère les papiers pour les donner à Sam. Il revient me voir l’air interrogateur :
- Ma cicatrice suinte, j’ai de la fièvre, elle craint que je fasse une surinfection. Bref je pète la forme. Et je dois dormir absolument pour aider à guérir.
Dean me prend la main, inquiet, restant assis à côté de moi :
- Dors, je veille sur toi, me dit-il.
- Prends ce fauteuil confortable et dors à côté de moi, je veux que tu te reposes aussi ; je lui réponds sur un ton ferme.
Dean obtempère et tire le fauteuil sans délicatesse, le rapprochant au plus possible de mon lit. Je souris, amusée de sa volonté de ne pas me lâcher un instant.
Il s’installe dans le fauteuil, plutôt surpris d’être confortable, il me prend la main, m’adressant un clin d’œil. Je lui souhaite une bonne nuit, il me répond :
- Bonne nuit, je t’aime princesse.
- Je t’aime aussi mon ange.
Dean s’arrête un instant, choqué du petit nom, il sourit tendrement. Dean s’endort en quelques minutes, complètement exténué. Avec difficultés, j’essaie de m’endormir, avant de sombrer totalement.
La nuit fut compliquée, la douleur, la fièvre, j’ai fait des cauchemars. Ressentant en boucle Seth qui me lacère la peau.
Le matin, l’équipe médicale vérifie mes constantes, ma fièvre, ma cicatrice. Ils veulent que je retarde mon transfert, car même si le pire semble passer et que les médicaments font leur effet, je ne suis pas totalement sortie d’affaire.
Sam arrive de bon matin, deux cafés dans les mains, il en donne un à Dean. Entendant les recommandations, il les rassure en disant qu’à Lawrence, je serai bien prise en charge.
Sam sort dans le couloir suivant le médecin et les infirmières pour leur expliquer les raisons derrière mon transfert et tente de les convaincre de donner leur aval.
Dean reste allongé sur le fauteuil, les bras croisés, il attend le retour de son frère.
- J’espère qu’on pourra partir bientôt, je supporte plus de rester ici, je soupire, incapable de pouvoir faire quoi ce soit. Rester allongée et dormir, j’ai eu ma dose…
- Même si on te transfert, tu devras aussi rester allongée au Kansas, murmure Dean les yeux fermés.
- On dirait que je t’ai gâché un peu la nuit, Dean.
- T’inquiètes, j’ai l’habitude. Il s’étire de tout son long, en baillant fort. Heureusement que le frangin a pensé à ramener le café, dit-il en buvant une gorgée.
Je le regarde, profitant de l’odeur, frustrée de ne pas pouvoir en boire. Dean voyant ma tête, se rapproche pour me le faire sentir.
Sam rentre dans la chambre avec un grand sourire et les deux pouces en l’air.
- C’est bon, on repart au Kansas demain ! Les médecins sont d’accord à condition d’avoir le médecin de Lawrence au téléphone, à ton arrivée. Une ambulance te prend en charge et t’emmène sur place.
- Tu gères Sammy, bravo ! s’écrie Dean.
Toute la journée, Sam et Dean passent leur temps à préparer le voyage du lendemain. Ils partiront un peu plus tôt que l’ambulance pour pouvoir m’attendre à l’arrivée.
- Notre dernière nuit avant de rentrer à la maison. Dean me prend la main, tout excité.
- Et j’espère enfin rentrer par la suite. Je prends sa main caressant le dos.
On me prépare pour la nuit, bandage, perfusion. Je tente en vain de manger mon repas.
Sam nous salue pour la soirée, avant que je ne me retrouve avec Dean.
- Tu es prête pour demain ? il me prend la main, le sourire aux lèvres.
- J’ai hâte de quitter cet endroit, enlaçant mes doigts dans les siens.
- Il faut que tu dormes, chasseuse. Me déposant un baiser sur la tête.
Je l’attire à moi pour l’embrasser tendrement. Dean se penche sur moi, profitant de ce baiser. Il caresse ma joue, s’éloignant, il s’installe pour la nuit.
- Bonne nuit princesse, me dit-il avec une moue adorable.
Je lui réponds par un sourire avant de m’allonger, essayant d’être confortable. Demain c’est le départ, se rapprocher de Lawrence. Je ne dois pas m’écrouler maintenant.
J’entends déjà Dean ronfler, la bouche ouverte. Il est adorable, on dirait un gamin dans un corps d’homme. Je passe un moment à le regarder dormir, attendant que le sommeil ne m’emmène enfin.
Le lendemain matin, on me réveille un peu brutalement en préparant tout le matériel médical nécessaire pour le transfert. Dean est déjà réveillé à mes côtés, souriant devant ma tête endormie.
Je n’ai aucun contrôle sur les évènements, les choses s’enchainent vite, on me transporte sur un brancard. Puis, je suis emmenée aux portes derrières les urgences où une ambulance m’attend déjà.
Dean m’accompagne tout le long, avant d’embrasser la paume de ma main. Il demande qu’on ait un petit temps avant le départ.
- On te rejoint là-bas ok ? D’ici là, tu ne meurs pas, ni d’autres trucs chelous ? Me dit Dean l’air le plus sérieux possible.
- Promis, je reste en vie. Je réponds dans un sourire
Il se penche pour m’embrasser tendrement, puis il dépose un baiser dans mon cou, en me disant d’un souffle chaud « Je t’aime »
Il se redresse, je lui chuchote la même chose. Il me fait un grand sourire. Il part rejoindre Sam qui l’attend un peu en arrière. Je me redresse pour les regarder tous les deux, leur faisant un petit signe de la main.
Les deux me renvoient un grand salut de la main avant de s’engouffrer dans l’impala.
Une fois dans l’ambulance, je suis un peu secouée par les amortisseurs. J’essaie de me caler au mieux pour me reposer.
Au bout d’un moment, je m’endors et le reste du trajet se fait assez rapidement. Une fois réveillée, on m’annonce que nous serons à Lawrence dans moins d’une heure.
Je demande à prendre mon téléphone, je vérifie si je n’ai pas eu des nouvelles des deux frères.
Dean m’a envoyé deux messages disant qu’ils ont fait un arrêt essence et faire le plein, et qu’il pense fort à moi. Je sourie attendrie, et je lui réponds qu’on arrive d’ici une heure.
Et sa réponse ne se fait pas attendre, il dit qu’ils ne sont pas loin non plus et qu’il a hâte de me retrouver.
Une fois dans Lawrence, je suis sortie de ma somnolence par une forte odeur, je me redresse un peu.
- Mais c’est quoi cette odeur, on dirait… du soufre.
Je vois un des ambulanciers me regarder avec des yeux noirs, un grand sourire aux lèvres. Il égorge le second ambulancier. Il se jette sur moi muni d’un scalpel, visant ma gorge. J’ai le réflexe de parer son coup, comme je peux. Je crie à l’aide mais le chauffeur ne me prête aucune intention.
J’active la commande vocale sur mon téléphone pour appeler Dean sur haut-parleur, tout en essayant de garder ses mains à distance de moi.
L’appel lancé, Dean répond au téléphone :
- Enodia, t’es déjà arrivée miss, on n’est pas encore là….
- Dean… à l’aide… Démon dans l’ambulance… aide moi, je hurle tentant de me faire comprendre.
- Ferme-la, tu vas crever oui !! Surenchérit le démon.
- Enodia, on arrive, tiens bon, Sam exorcisme vite !
- Exorcizamus te, omnis immundus spiritus, omnis satanica potestas, omnis incursio infernalis adversarii, omnis legio, omnis congregatio et secta diabolica. Ergo, omnis legio diabolica, adiuramus te... cessa decipere humanas creaturas, eisque æternæ perditionìs venenum propinare... Vade, satana, inventor et magister omnis fallaciæ, hostis humanæ salutis... Humiliare sub potenti manu Dei; contremisce et effuge, invocato a nobis sancto et terribili nomine... quem inferi tremunt... Ab insidiis diaboli, libera nos, Domine. Ut Ecclesiam tuam secura tibi facias libertate servire, te rogamus, audi nos.
Un hurlement se fait entendre dans le haut-parleur, les deux garçons se regardent inquiets.
- Sam accélère, je vais voir où elle est, crie Dean inquiet.
Pendant ce temps, les deux démons dans le véhicule ont été exorcisés laissant l’ambulance sans contrôle. Nous prenons un trottoir à grande vitesse, et je me retrouve projeté hors du brancard tandis que l’ambulance tombe sur le côté.
Je me retrouve sous le corps du pauvre malheureux qui a été possédé. Il est mort, car généralement le démon tue les hôtes. J’ai mal à la tête et ma blessure qui s’est réouverte avec la lutte.
J’entends des cris demandant d’appeler les secours et qu’on tape à la porte.
- A l’aide… aidez-moi… j’ai du mal à respirer…
Ma voix est très faible, l’ambulancier m’écrase entièrement. J’essaie de le soulever pour l’enlever mais je n’ai pas de force. J’ai très mal à la tête, je sens du sang couler sur mon arcade.
- Enodia, Enodia, réponds-moi !!!
Je lève les yeux, on tambourine à la porte, essayant de la forcer pour l’ouvrir.
- Dean, je suis là… J’essaie de parler le plus fort possible
J’entends des bruits de taule, qu’on déforme, avant de voir de la lumière dans un grand fracas. J’essaie de lever le bras pour montrer où je suis.
- Je suis là mon ange, je suis là… Dean repousse le corps au-dessus de moi.
Il me soulève avec précaution, me sortant de l’ambulance. Je gémis de douleur, me blottissant contre lui. Il me dépose dans l’impala.
J’entends à peine, j’ai du mal à garder conscience mais il me semble qu’ils ne m’emmènent pas aux urgences. Je perds conscience.
- Les démons la cherchent Dean, on l’emmène au Bunker, on va appeler Castiel pour la remettre sur pied, se tourne Sam d’un air déterminé.
Dean ne répond pas, il regarde Enodia inconsciente sur la banquette arrière, il lui tient la main comme pour s’assurer qu’elle est toujours en vie.
Je me réveille sur des coussins moelleux, loin de la rigueur des brancards. Je lève les yeux péniblement. Je vois Dean au-dessus de moi, en train de m’essuyer le visage avec un linge humide.
- T’es réveillée, c’est bien princesse, Dean soupire, soulagé. Tu dois tenir un peu, les soins arrivent.
- Où on est ? ma voix est à peine un murmure.
- Au bunker, Castiel vient te soigner, répond Dean.
Je regarde autour de moi, on est bien au bunker dans la grande salle, Sam est derrière Dean à faire les cents pas en attendant l’ange.
On sent tous un souffle arrivé, Castiel apparait à côté de Sam. Il le prend dans ses bras. J’ai du mal à rester les yeux ouverts.
- Cas’ magne toi ! Viens ici la remettre sur pied, ordonne Dean.
- Je n’ai pas tous mes pouvoirs, Dean, je vais faire au mieux, répond calmement Castiel
Je sens l’ange poser ses mains sur moi, une drôle de sensation m’envahit. Je sens ma peau se refermer à mon ventre, ma tête me faire moins mal.
Puis je sens ses mains trembler. Et je sens que sa guérison ne perdure pas.
- Qu’est ce qui se passe ? demande Dean inquiet.
- Je ne vais pas réussir à aller au bout Dean, je peux réessayer plus tard, mais là je n’arrive pas, répond Castiel.
- Ok, ok, mais là elle est sortie d’affaire, non ?
- Oui elle vivra, rassure Sam, posant sa main sur l’épaule de son frère.
J’ouvre péniblement les yeux, voyant Dean au-dessus de moi inquiet, Sam le surplombant.
- Tu te réveilles princesse, il me sourit tendrement. Il prend ma main pour la poser sur ses lèvres.
Sam m’adresse un grand sourire, tapotant l’épaule de son frère pour le calmer un peu.
- On devrait la laisser se reposer Dean, on doit voir certaines choses, insiste Sam
- Oui d’accord, repose-toi mon amour, on est juste à côté
Dean embrasse le sommet de ma tête avant de sourire et suivre son frère, rejoint par Castiel qui m’adresse un rapide coup d’œil.
Je les regarde péniblement avant de sombrer de nouveau dans le sommeil. A mon réveil, ils sont encore en train de discuter sérieusement une bière à la main.
Je tente de remuer pour signaler que je suis réveillée.
Dean tourne la tête vers moi, il me replace sur l’oreiller, remettant des mèches derrière l’oreille.
- Chut bouge pas, tu n’es pas entièrement guérie… murmure-t-il.
Certaines douleurs se réveillent et je grimace.
- J’ai l’impression d’être passée sous un train.
- En fait, c’était une ambulance, répond l’ange en s’avançant vers moi. Dean laisse-moi la place je vais réessayer.
Castiel s’agenouille près de moi, posant ses mains sur moi. Je sens une douce chaleur m’envahir, calmant mes douleurs, certains os se remettent en place.
Ce qui n’est pas du tout agréable… je pousse un petit cri avant de ne plus rien sentir de désagréable.
- Voilà, je pense que ça ira maintenant, finit Castiel enlevant ses mains.
Je me redresse, un peu courbaturée, mais au final je ne sens plus rien, y compris ma blessure au ventre, qui m’avait conduit dans un lit d’hôpital.
- Merci Castiel, c’est beaucoup mieux, en regardant l’ange avec un grand sourire.
Dean tape dans l’épaule de Castiel : - Merci mon frère ! avant de me rejoindre me prenant dans ses bras.
- Tu nous as fait peur, me dit Dean me serrant dans ses bras, très fort.
- Tu m’étouffes mon chéri, je vais bien.
Je plaisante, Dean me relâche m’embrassant tendrement. Sam se racle la gorge pour attirer l’attention.
- Enodia faut qu’on te parle… annonce Sam d’un air sérieux
- On doit faire ça maintenant, demande Dean
- Oui, elle est en danger, répond sèchement Sam
Je me redresse pour leur faire face, un peu inquiète.
- Qu’est ce qui se passe ?