CHAPITRE 9
Ceux qui ont versé le sang
Carlos poursuivait sa progression en éclaireur dans les profondeurs du labyrinthe. Au détour d’une galerie, il aperçut un groupe de Chevaliers de la Confrérie. À leur tête, un officier le reconnut immédiatement. Il se redressa et effectua un salut militaire impeccable.
— Mon officier supérieur Carlos !
— Repos.
Les quatre joueurs se détendirent aussitôt. Leur chef ne cachait pas son enthousiasme.
— C’est un honneur de vous rencontrer en personne.
Nous avons entendu parler de vos exploits pendant les raids. Carlos répondit d’un simple signe de tête.
— Vous cherchez toujours l’accès menant au boss ?
— Oui.
Nous cartographions encore cette partie du donjon. Carlos désigna un couloir derrière lui.
— Je pense avoir trouvé une piste.
Mais un groupe de monstres bloque le passage. Je préfère éviter de perdre du temps si ce n’est pas le bon chemin. Le chef sourit.
— Dans ce cas, ce sera un honneur de vous accompagner.
Notre mission est justement de sécuriser le terrain.
— Parfait.
Suivez-moi. Les quatre chevaliers lui emboîtèrent le pas sans la moindre hésitation. Après plusieurs minutes de marche, Carlos s’arrêta devant une vaste ouverture naturelle. Il leva discrètement quatre doigts devant lui.
Puis poursuivit sa route.
Les chevaliers n’y prêtèrent aucune attention. Ils pénétrèrent dans la salle l’un après l’autre. Carlos s’arrêta. Le groupe fit de même.
L’un des soldats observa les alentours.
— C’est ici ?
Carlos se retourna lentement. Un sourire narquois étira ses lèvres.
— Oui.
Vous êtes exactement là où je voulais vous amener. Une pluie de dagues siffla dans leur dos. Avant même qu’ils puissent réagir, chacune trouva sa cible. Les quatre chevaliers s’effondrèrent lourdement sur le sol.
Paralysés. Des silhouettes au curseur rouge émergèrent alors des ténèbres. PoH apparut à son tour, un sourire mauvais aux lèvres. D’autres membres des Laughing Coffin prirent immédiatement position aux différentes entrées de la salle.
Toute retraite devenait impossible. PoH éclata d’un rire satisfait.
— Carlos…
Cette manière de m’amener des brebis égarées… Je ne m’en lasserai jamais. L’officier de la Confrérie tenta de relever la tête.
— Carlos…
Aidez-nous… Sans répondre, Carlos s’accroupit. Il saisit le soldat par les cheveux et le força à relever la tête. Leurs regards se croisèrent.
— Les faibles…
périssent de la main des forts. Le visage du chevalier se décomposa. PoH savourait chaque seconde de cette révélation. Carlos relâcha brutalement sa prise.
Le corps paralysé glissa jusqu’aux pieds du chef des Laughing Coffin. PoH planta sa dague en plein milieu de son front. Les trois autres prisonniers éclatèrent aussitôt en supplications. Ils promirent tout.
Leur équipement. Leurs objets. Leur silence. PoH les écouta avec un plaisir presque enfantin.
Puis… Leurs cris résonnèrent longtemps dans les profondeurs du donjon. Lorsque le silence revint enfin… Le groupe reprit simplement sa progression.
Comme si rien ne s’était passé. Au bout de plusieurs galeries… Une immense porte se dressa devant eux. Ils venaient de trouver l’entrée de la salle de Thanatos.
⁂
PoH s’arrêta devant l’immense porte de pierre. Son regard parcourut lentement les gravures qui recouvraient toute sa surface. Au centre, une unique inscription semblait avoir été gravée à même la roche. Seuls ceux qui ont versé le sang sont admis à mes côtés.
Un sourire amusé étira les lèvres de PoH.
— Intéressant…
Il se tourna vers Carlos.
— J’aurais bien eu besoin de toi pour affronter ce boss.
Carlos secoua doucement la tête.
— Je ne comptais pas abandonner Hector ici de toute façon.
Il posa une main sur le manche de son immense hache.
— Allez-y sans moi.
Je vais m’assurer que personne ne vienne vous déranger. PoH hocha lentement la tête. Il savait que Carlos disait vrai. Il s’approcha de lui et lui tendit son avant-bras.
Carlos saisit le sien avec fermeté.
— Tu n’as pas intérêt à te faire tuer.
On se retrouve de l’autre côté. Un léger sourire apparut sur le visage de Carlos.
— Je te retourne le conseil.
PoH éclata d’un bref rire. Puis il poussa les gigantesques battants de pierre. Dans un long grondement, la porte s’ouvrit lentement. Sans un mot, les membres des Laughing Coffin pénétrèrent dans la salle du boss.
Le dernier d’entre eux franchit le seuil. Les lourdes portes se refermèrent aussitôt derrière eux dans un fracas assourdissant. Le silence retomba. Carlos demeura seul face à l’entrée.
Sa hache reposait désormais sur son épaule. Son regard était tourné vers les galeries du labyrinthe. À partir de cet instant… Quiconque tenterait d’interrompre le combat contre Thanatos devrait d’abord passer sur son corps.
⁂
PoH observa l’immense porte qui menais aux boss secret. Un texte inscrit attira immédiatement son attention. Seul ceux qui ont verser le sang sont admis à mes côtés. Ha merde, j aurais bien eu besoin de toi pour me faire se boss en se tournant vers Carlos.
Je je comptais pas abandonner Hector ici de toute façon. Allez y sans moi je vais faire en sorte que personne ne vous dérange. PoH salua Hector en lui serrant l’avant bras. T as pas intérêt à te faire tuer, on se retrouvera de l’autre côté.
Je te retourne le conseil. PoH ouvrir la porte et le groupe des laughing coffin commencèrent leurs combat. La porte se referma derrière eux Laissant Carlos comme leur unique gardien.
Cynthia et Karrie progressaient avec prudence à travers les innombrables couloirs du dédale. Le labyrinthe semblait ne jamais vouloir finir. À chaque embranchement, elles consultaient brièvement l’indicateur de quête avant de reprendre leur progression. Étrangement…
Le cœur de Cynthia était plus léger qu’à son entrée dans le donjon. Le poids qu’elle portait depuis si longtemps semblait s’être un peu allégé. Le simple fait d’avoir enfin raconté son histoire à quelqu’un. D’avoir été écoutée.
Crue. Et surtout… Défendue. Ces quelques instants passés avec Klein avaient fait naître une pensée qu’elle croyait impossible.
Peut-être… Qu’un jour, elle pourrait de nouveau vivre comme une joueuse ordinaire. À ses côtés, Karrie marchait d’un pas déterminé. Le silence entre elles n’avait rien de pesant.
Elles n’avaient pas besoin de parler. Puis, l’indicateur de quête s’immobilisa. Une immense porte de pierre se dressait devant elles. Toutes deux échangèrent un regard.
Cynthia resserra sa prise sur ses dagues.
— Karrie…
Prépare-toi. On y est. Sa sœur acquiesça sans un mot. Sa lance double trouva naturellement sa position de combat.
Dans un même mouvement, les deux sœurs franchirent le seuil de la salle. Leurs armes étaient prêtes. Leurs regards balayaient déjà chaque recoin de la pièce. Elles s’attendaient à tout.
Sauf à ce qui les attendait réellement.
⁂
Une silhouette se tenait immobile au centre de la vaste salle. L'immense hache posée sur son épaule. Une armure que Cynthia n'aurait jamais pu oublier. Son sang ne fit qu'un tour.
Son regard se glaça.
— Toi...
Carlos esquissa un large sourire.
— Ça alors...
Quelle surprise. Il secoua lentement la tête.
— Je n'aurais jamais imaginé te retrouver ici.
Son regard glissa ensuite vers Karrie. Il s'attarda quelques secondes sur le curseur vert qui flottait au-dessus de sa tête. Puis son sourire s'élargit.
— Et Karrie est avec toi...
Comme le monde est petit. Sans réfléchir, Cynthia se plaça immédiatement devant sa sœur. Ses deux dagues retrouvèrent leur position de combat.
— J'ignore ce que tu prépares...
Mais ne crois pas que tu repartiras d'ici aussi facilement. Carlos ne répondit pas tout de suite. Il sortit calmement un cristal de son inventaire. Le cristal brillait d'une étrange lueur noire.
— Oh...
Tu n'as absolument aucune idée du pétrin dans lequel tu viens de mettre les pieds. Il leva le cristal.
— Private Zone.
Le cristal éclata en milliers de fragments sombres. Une onde noire parcourut immédiatement toute la salle. Les murs semblèrent vibrer. Puis un immense dôme d'un noir absolu engloba progressivement la pièce.
Les sorties disparurent. Les galeries furent englouties par cette obscurité impénétrable. Même les sons provenant du labyrinthe cessèrent. Le silence devint presque oppressant.
Carlos observa quelques instants le dôme qui les isolait désormais du reste du donjon. Puis il reporta son regard sur les deux sœurs. Toute trace d'amusement avait disparu. Son visage était redevenu parfaitement impassible.
— Voilà...
Personne ne viendra nous déranger désormais.