L'amour n'est pas un long fleuve tranquille par

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Univers Parallèle / Aventure / Romance

15 Divisé, nous tombons.

Catégorie: M , 20062 mots
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Chapitre XV : Divisé, nous tombons.


           Rumlow se trouvait à genou, son visage brûlé découvert, tandis que je le saisissais avec panache. C'est avec sa voix rauque, qu'il me déclara avec ironie :

–     Vue ce que j'ai morflé, ça aurait pu être pire...

           Toutefois, cela ne m'amusa pas le moins du monde. Son visage défiguré, il ne se le devait qu'à lui-même et aux mauvais choix qu'il avait fait dans la vie. Je décidai donc d'ignorer sa provocation, et de rester concentré sur ma mission. C'est quelque peu essoufflé, mais surtout en colère, que je lui sommai de me dire pour qui il travaillait. Son visage se fendit d'un sourire narquois lorsqu'il me déclara :

–     Tu sais qu'il t'a reconnu... Ton copain d'enfance, Bucky...

–     Qu'est-ce que tu as dit ? Dis-je en le rapprochant violemment de moi.

–     Ton pote s'est souvenu de toi, dit-il, haletant, avec ce même air sournois peint sur son visage difforme, J'étais là ! Il chialait comme un môme ! Avant qu'on lui passe la cervelle au mixeur... Il avait un message pour toi...

           Bucky m'aurait donc reconnu lors de la chute du SHIELD ? J'avais du mal à y croire, car la dernière fois que je l'avais vue en Europe, il n'avait pas l'air de se souvenir de moi. Et pourtant, Rumlow m'affirmait le contraire. Après tout, d'après les documents qu'on a retrouvés chez lui, il tente de recouvrer sa mémoire. Peut-être que certains fragments lui sont revenus. Mais cette histoire de « cervelle au mixeur » n'est pas faite pour me rassurer.    Mais toutes ces déclarations, et ces questions qu'elles engendraient m'avait troublé, et avait détourné mon attention de ce qui se passait, pourtant, juste sous mes yeux. Ainsi, c'est uniquement lorsqu'il me déclara d'une voix grave et avec un air très sérieux :

–     Il m'a dit : « s'il te plaît, dit à Rogers, que quand c'est l'heure, c'est l'heure » ... Et tu pars avec moi !

           Ce n'est qu'à ce moment-là que je réalisais que Rumlow avait une ceinture d'explosif sur lui. Mais il était déjà trop tard, et il appuya sur le détonateur. L'explosion se produisit sans que je ne puisse rien n'y faire, je n'aurais même pas eu le temps d'esquiver ou de me cacher derrière mon bouclier. Mais un halo rouge entoura Crossbones afin de contenir les effets dévastateurs de cette déflagration. D'instinct, je me retournais, et je vis la Sorcière rouge concentrée afin qu'il n'explose pas en plein milieu du marché. Ne pouvant stopper cette explosion plus longtemps, elle le propulsa dans le ciel afin d'éviter tous les dégâts possibles sur les civils. Néanmoins, rien ne se passa comme prévu, et il atterrit en plein milieu d'un immeuble. La déflagration fut si puissante, lorsque Wanda relâcha son emprise, que l'étage entier fut englouti dans les flammes. Je restai quelques secondes abasourdit devant ce qui venait de se produire. Et « Bon sang » furent les seuls mots qui sortirent de ma bouche devant cette catastrophe. Or, même avec la puissance de cette explosion des survivants n'étaient pas exclure, notamment dans les étages inférieurs, c'est pourquoi je tentai de reprendre mes esprits et de contacter le Faucon :

–     Sam… il faudrait... demander à ce que l'on envoi des secours, du côté sud du bâtiment. On monte !

           Je me précipitai à l'intérieur du bâtiment, afin de prêter mains fortes aux personnes prisonnières sous les décombres. Sur le moment, je ne prêtai pas attention au fait que Wanda ne m'avait pas suivie. J'étais bien trop occupé à sauver les personnes sous les débris. Mais j'étais aussi choqué par ce qui venait de se produire, ainsi que par ce que j'avais entendu sur Barnes. Et, à quel point, je pouvais être faible, et facilement déconcentré, lorsque des sujets personnels venaient à être évoqué sur le terrain. Malgré tous nos efforts ce jour-là, le nombre de victime à déplorer fut important.


           C'est dans un état catatonique, que l'équipe et moi, regagnions le manoir des Avengers. Je crois qu'il s'agit de la première fois que le QuintJet est aussi silencieux après un retour de mission. Et pourtant, nous en avions vécus des drames. Mais cette fois-ci, c'était différent, puisque, ma mégarde avait conduit à la mort de personnes innocentes. Une erreur d'inattention que j'aurais pu éviter, je le savais. Et qui avait coûté la vie à de nombreuses personnes et surtout cela était retombé sur les épaules de Wanda. Lorsque l'avion se posa à la base, Vision était là pour nous accueillir. C'est avec une pointe de regret dans la voix qu'il nous déclara :

–     J'aurais dû venir avec vous...

–     Cela n'aurait rien changé, déclara Wanda.

           La jeune femme descendit aussi rapidement que possible du QuintJet avant de partir s'isoler dans sa chambre. Je tapotai dans l'épaule de Vision, avant de lui demander :

–     Votre réunion avec Stark, c'était pourquoi ?

–     Oh, Tony a dit qu'il passerait dans l'après-midi pour vous expliquer de quoi il retourne.

–     Sérieusement ? Demandais-je surpris par cette annonce puisqu'il évite le manoir depuis notre rupture. Préviens-moi lorsqu'il arrivera dans ce cas. Je t'en serais reconnaissant.

–     Bien entendu, m'assura Vision. En attendant, vous devriez vous reposez, Captain Rogers. Vous avez l'air exténué.

           Je lui fis un petit signe de la tête avant de regagner ma chambre. Je défis mon costume avant d'entrer sous ma douche. Je laissai couler l'eau sur moi durant de longues minutes. Repassant sans arrêt la conversation que j'avais eu avec Rumlow avant qu'il ne se suicide. J'aurais dû remarquer cette ceinture d'explosif, mais dès qu'il m'avait parlé de Barnes, mon esprit s'est embrouillé. Il m'avait reconnu ? Il est vrai que j'avais eu un doute à ce sujet après notre affrontement sur les héliporteurs. Après tout, il m'avait sorti de l'eau ce qui m'avait empêché de me noyer. Mais s'il m'avait reconnu dès ce moment-là, pourquoi continue-t-il de fuir ? Pourquoi avait-il tenté de nous tuer la dernière fois que nous l’avions croisé avec Sam ? Et c'est sans doute, parce que, toutes ces questions restent, encore aujourd'hui, sans réponse que Rumlow avait pu aussi facilement me déconcentrer. Il avait joué sur mon point faible et avait réussi à me toucher en quelques mots. Et à cause de ça, des gens sont morts. Agacé par ma propre faiblesse, c'est par rage que j’enfonçai mon poing dans le mur de ma douche à l'italienne ce qui brisa les carreaux qui la pavait en mille morceaux. Ce geste, au lieu de me soulager, ne fit, au contraire, que me désespérer encore plus. Navré par mon attitude idiote, je m’adossai contre la paroi, laissant l'eau chaude glisser sur mon corps. Je restai ainsi, plusieurs minutes, à fixer les débits par terre, le regard perdu dans le vague. Mon esprit, quant à lui, s'égara. Perdu dans mes problèmes, il me ramena, cependant, vers des souvenirs plus heureux. Je repensais avec plaisir et nostalgie aux ébats torrides que Tony et moi avions partagés dans des espaces similaires. Seulement, tous ces moments de bonheur et de complicité que nous avions pu échangés, étaient définitivement terminés. La réalité me rattrapa lorsque je le réalisais, et je me demandais ce que Tony avait de si important à nous annoncer pour qu'il vienne se déplacer en personne. Cela faisait un mois entier que nous ne nous étions pas revus, et la dernière fois notre rencontre s'était très mal terminée. Peut-être allait-il nous annoncer qu'il souhaitait prendre sa retraite ? Je n'en suis pas certain, il ne m'a pas fait part de cette envie lorsque nous étions ensemble. Et, pourquoi aurait-il amené Vision à un rendez-vous dans ce cas ? Non, cela n'était pas cohérent. Et tout cas, quoiqu'il en soit, j'ai un mauvais pressentiment quant à sa venue.

           Une fois ma douche terminée, j'allais me poser dans le salon. Afin de savoir ce que le monde pensait de notre dernière mission, j'allumais les chaînes d'informations. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que nous ne sommes pas épargnés. Tout le monde y va de son commentaire, mais, l'interview que j’écoutai avec le plus d'attention fut celle du Roi du Wakanda, T'Chaka qui déclara sur un ton solennel :

–     Des membres de notre communauté sont morts en terre étrangère... Ils ont été les victimes d'un groupe de criminel, et de l'indifférence de ceux qui étaient censés les arrêter.

           Je ne pus m'empêcher de baisser les yeux à cette déclaration. Il est vrai que nous avions commis une erreur sur le terrain. Toutefois, je pense que parler d'indifférence c'est mal nous juger. Au contraire, lorsque nous intervenions sur le terrain, c'était toujours dans le but de protéger des civils. Et à chaque fois que nous échouions, cela nous affectait, et nous nous efforcions de faire mieux la fois d'après. Malheureusement, nous ne sommes que des Hommes, enfin pour la plupart, et l'erreur fait partie intégrante de notre nature. Même si nous sommes optimisés, ou améliorer avec un sérum de Super Soldat, notre humanité n'a pas disparu. Pas plus que notre courage, notre droiture, ainsi que, malheureusement, notre faiblesse. Ainsi, nous pouvons commettre des erreurs. Mais, ces erreurs ne nous laissent pas indifférent bien au contraire. Mais, c'est ce que le Roi Wakandien rajouta après qui me toucha le plus, puisqu'il conclue son discours en expliquant que :

–     La victoire au prix du sang des innocent n'est pas la victoire de la justice. Il se tue quelque instant avant d'ajouter : C'est la victoire de la honte.

           Une victoire ? Il est vrai que nous ne pouvions pas appeler notre intervention une victoire. Certes, nous avions stoppé Rumlow, et ses hommes, de voler une arme biochimique. Mais, non seulement nous ne savions pas qui avait commandité ce vol, mais en plus, des innocents étaient morts inutilement dans le processus. Alors, peut-être que le monarque T'Chaka avait raison, et qu'il s'agissait effectivement d'une victoire de la honte. Un peu abattu par ces nouvelles, je décidais que j'en avais assez entendu pour aujourd'hui. Mais alors que j'avais coupé le son, je pouvais toujours entendre le bruit d'une télévision au loin. Cela m'amena jusqu'à la chambre de la jeune Wanda qui était assise en tailleur sur son lit, regardant la télévision, en se rongeant les ongles. Le journal qu'elle avait mis était particulièrement dur envers la sorcière rouge, puisqu'il lui faisait grief de l'incident. Étant en désaccord avec ce qui se disait sur cet écran, je décidai de l'éteindre avant de me caler contre l'encablure de la porte. Après un petit silence, ce fut la jolie jeune femme qui déclara d'une voix emplie de culpabilité :

–     C'est ma faute...

–     Non, c'est faux, la rassurais-je.

–     Allume la télé, c'est à moi qu'on fait porter le chapeau, c'est évident...

–     J'aurais dû voir sa ceinture d'explosif bien avant que tu aies à intervenir...

           Je me rapprochais de la jeune femme, et vient m’asseoir à ses côtés sur le lit. Je pensais sincèrement qu'elle n'avait pas à s'en vouloir. Elle n'était pas un soldat, contrairement à moi, et de toute façon, c'est moi le chef des vengeurs. C'est ma responsabilité que d'assumer les erreurs de mon équipe. Surtout lorsque ces erreurs découlent directement des miennes.

–     Rumlow a parlé de Bucky, tentais-je de me justifier, tout à coup, je me suis retrouvé à seize ans dans les rues de Brooklyn...

           Je soupirais avant d'ajouter :

–     Beaucoup de gens sont morts...à cause de moi.

–     C'est notre faute à tous les deux, dit-elle une voix chargée en émotion.

–     C'est terrible, me contentais-je bêtement de répondre. Puis, je rajoutais dans le but de réconforter autant la sorcière rouge que moi : On essaye de sauver le plus de monde possible et...Quelque fois, on ne peut pas sauver tout le monde... Mais si on se laisse arrêter par ça, la prochaine fois, qui sait ? Il y aura peut-être encore plus de victime.

           Wanda détourna le regard, et sembla réfléchir à ce que je venais de lui dire. Car elle ne l’avait probablement pas envisagé sous cet angle. Certes des gens étaient morts suite à notre intervention. Mais des gens seraient morts si nous n’étions pas intervenus. Toutefois, cela n’aurait probablement pas été les mêmes individus qui aurait été impacté. Seulement, son temps de réflexion fut de courte durée, puisque Vision passa à travers le mur. Cette apparition soudaine fit sursauter la jeune femme qui s'exclama alors :

–     Vision...Tu as oublié ce qu'on a dit ? S'exclama-t-elle sur un ton de reproche.

–     Non, mais la porte était ouverte, alors je me...tenta de se justifier l'androïde sur un ton quelque peu paniqué. Je… mais... Captains Rogers voulait que je l'avertisse quand Monsieur Stark serait là.

           J'acquiesçais avant de le remercier. Il est vrai qu'il était entré de façon un peu maladroite à un moment inopportun, toutefois, savoir que Tony... enfin Stark, venait d'arriver me remplit de sentiments contradictoires. Dans un sens, j'avais peur de savoir ce qu'il me ramenait avec lui. Et la raison de sa présence ne pouvait pas être de bon augure. Cependant, à chaque fois que je le revoyais, mes sentiments pour lui se ravivait. Si c'était douloureux, cela me faisait sentir plus vivant que jamais. Et, au fond de mon cœur, je ne désespérais pas de pouvoir un jour réveiller la flamme qui s'est éteinte entre nous. Seulement, toutes ces préoccupations volèrent en éclat lorsque Vision rajouta, de son éternelle voix neutre :

–     Je sors... par la porte. Oh et, apparemment, il est venu avec quelqu'un.

–     On sait qui c'est ? Demandais-je intrigué.

–     Le secrétaire d'État, ajouta-il après un bref instant d'hésitation.

           Puis il disparut dans l'encablure de la porte. Je me tournais alors vers la jeune Wanda qui semblait prise d'une terrible angoisse. Je posai alors ma main sur son épaule, et je lui dis d'une voix aussi rassurante que possible :

–     Ne t'en fais pas Wanda, même s'ils viennent avec un mandat d'arrestation pour toi, on ne laissera jamais personne te faire du mal. Tu as ma parole.

–     Merci, Steve. Dit-elle reconnaissante.

           Je me levai afin d'aller à la rencontre de Tony et du secrétaire d'état. C'est dans le hall d'entrée que je les trouvais tous les deux. Je me dirigeai donc à leur rencontre, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on me réserva un accueil glacial. Stark me salua d'un petit « Cap' » accompagné d'un geste de la tête, tandis que, le secrétaire d’État me serra la main en me déclarant :

–     Captain America, l'homme venu d'une autre époque. Vous êtes le chef des Avengers, alors j'aimerais que vous les réunissiez le plus rapidement possible dans une salle de réunion. Il y a quelque chose d'urgent dont nous devons discuter.

–     Très bien, ce sera fait. Puis-je vous emprunter Stark durant quelques instants ? Demandais-je.

–     Bien entendu, allez-y. Dit-il avec un sourire hautain sur les lèvres.

           J'indiquais à l'homme dans quelle pièce nous allions le rejoindre, et une fois qu'il disparut au détour du couloir, je me rapprochais de Tony, enfin Stark, qui n'avait pas bougé. Il était vêtu d'un costume trois pièces entièrement noir, et seule sa chemise d'une blancheur impeccable vient rompre la monochromie de sa tenue. Puisque même sa cravate et ses lunettes étaient noir ce qui ne lui ressemblait pas. Lui qui aimait tant styliser ses tenues avec des touches de couleurs notamment au travers des accessoires. Et vue l'air grave qui était peint sur son visage, on pourrait croire qu'il revient d'un enterrement. Je lui demandai d'une voix aussi douce que possible :

–     Comment allez-vous Stark ?

–     Captain, sérieusement, pas besoin de politesse entre nous. Vous voulez savoir pourquoi je l'ai ramené n'est-ce pas ? Et bien, je n'ai pas eu le choix. Ce n'est pas une invitation, vous savez.

–     Vous savez très bien ce qu'il vient faire ici, dis-je après avoir poussé un petit soupire d'agacement. Vous pouvez m'en faire part ?

–     Oui je le sais, et vous le saurez d'ici quelques minutes... J.A.R.V.I.S, rassemble tous les Avengers dans la salle de débriefing.

–     Bien, Monsieur.

–     Tony...

–     Stark pour vous, me coupa-t-il sur un ton agressif. Pardonnez-moi Captain, mais appelez-moi Stark. On n'est plus ensemble, je vous rappelle que notre relation est désormais uniquement professionnelle.

–     Stark, ça me fait plaisir de vous voir, repris-je.

–     Pas pour longtemps, répliqua-t-il l'air abattu.


           Et effectivement, je ne fus pas ravi très longtemps. Puisqu'une fois tous les Avengers réunis dans la salle de réunion, l'ancien militaire nous exposa son point de vue sur nos activités. S'il souligna que le monde devait être reconnaissant pour l'avoir sauvé, nous étions tout de même un danger. Que si nous sauvions le monde, nous causions un nombre important de victime sans se soucier des politiques ou des frontières. Et tout cela, sans parler des dégâts matériels. Durant tout son discours, je pris le temps d'observer la réaction de mes camardes. Natasha et Clint[1] ne réagirent que très peu à son monologue, sans doute habitués depuis longtemps à subir des pertes durant leur mission. Tout comme Sam et Vision, qui restèrent à peu près neutre durant ce laïus. Cependant, celui qui sembla le plus troublé fut War Machine, alias James Rhodes, qui ne cessait de jeter des regards vers un Tony Stark étrangement silencieux. Ce fut d'ailleurs le seul que je ne pus détailler du regard, puisqu'il se trouvait assis dans un fauteuil derrière moi. Il était loin de tout le monde marquant une sorte de distance entre lui et le reste du groupe. Mais c'est lorsqu'il évoqua le Lagos, et que Wanda réagit, que je coupai le secrétaire d’État pour savoir où il venait en venir. Et d'un coup, son discours changea. Passant d'un discours où le monde nous remerciait, à un discours où le monde ne saurait tolérer nos actions et surtout nos erreurs. C'est alors qu'il nous proposa sa solution miracle, après avoir déposé un énorme document sur la table, juste sous les yeux de la sorcière rouge, il nous exposa :

–     Les accords de Sokovie. Ils ont été approuvés par cent dix-sept nations. Il en ressort que les Avengers ne seront plus une organisation privée, et que désormais, ils opéreront sous le contrôle d'un comité des Nations-Unies. Et uniquement lorsque cette autorité l'aura jugé nécessaire.

           Si j'avais écouté sans broncher son petit speech, je ne partageais en aucun cas son avis. Les Avengers ont toujours agi pour protéger le monde, et il est hors de question que nous changions notre façon de faire, afin de faire plaisir à un politicien quelconque. Car, cela ne change en rien le problème de fond, à savoir, les dommages collatéraux. Que notre intervention sur le terrain soit, ou non, autorisée par les nations-unies, cela ne change pas le fait qu'on n'est jamais à l'abri d'une erreur. Je déclarais d'une voix autoritaire :

–     Les Avengers ont uni leur force pour rendre le monde plus sûr, et je pense qu'on a réussi.

–     Dites-moi Captain, répliqua Ross toujours aussi sûr de lui, savez-vous où sont Thor et Banner à l'heure où nous parlons ?

           Je levai la tête vers lui, furieux qu'il ose mettre ce sujet sur le tapis. Nous savions que Thor était retourné sur Asgard afin de régler des problèmes avec son frère. Et Thor, ainsi que son peuple, à l’exception de Loki, ne sont pas des menaces pour notre monde. Quant à Banner, il avait disparu depuis deux mois. Mais je savais pourquoi il faisait mention de Banner, puisqu'il n'a jamais pu supporter Hulk. Et cette rivalité semble exister encore aujourd'hui. Après tout, il a passé une grande partie de sa carrière militaire à tenter de lutter contre le géant de Jade en vain. Et le fait que Banner ait intégré les Avengers l'a privé de sa chance de pouvoir se venger un jour et a mis fin brutalement à sa carrière de militaire. Toutefois, il poursuivit :

–     Deux bombes atomiques qui se baladent dans la nature. Cela peut avoir de très fâcheuses conséquences. Compromis, responsabilité : deux mots clés dans le monde d'aujourd'hui. Croyez-moi, c'est un arrangement raisonnable.

–     Donc, l'affaire est entendue ? Questionna Rhodes l'air préoccupé.

–     Dans trois jours à Viennes en assemblée plénière, les Nations-Unies doivent ratifier les accords.

           À ces mots, je me tournai vers Tony qui était toujours installé derrière moi en silence. Il esquiva mon regard, et se contenta de regarder ses chaussures, en jouant avec sa montre. Une attitude bien calme qui cachait évidemment quelque chose. Et que pouvait-il cacher d'autre que le fait qu'il soit au courant depuis plusieurs mois de cette ratification à venir ? Si j'ai été aveugle durant de long mois, cela me semblait d'une évidence à faire pâlir aujourd'hui. Lorsque j'avais renoué avec Tony après notre première rupture, il m'avait déjà parlé de cette histoire de recensement des super-héros. Seulement, à cette époque, il m'avait certifié qu'il ne serait jamais signé. Aux vues de ce qui nous est reproché, je comprends mieux la réticence émise par Tony à l'idée d'aller combattre le docteur Fatalis il y a deux mois de cela. Car, entre l'incident avec le monarque de la Latvérie, et celui au Lagos, notre image n'était pas bonne pour le moment. Or, l'ingénieur finit par relever les yeux vers moi, et je fus surpris d'y trouver une forme d'inquiétude. Je dirais même, une sorte d'angoisse. Mais je n'y décelai aucune forme d'excuse ou de remords. Je retournai mon attention vers le secrétaire qui semblait avoir fini de parler. Alors qu'il était en train de quitter la pièce, Natasha demanda d'une voix pleine de défit :

–     Et si nous prenons une décision qui ne vous convient pas ?

–     Alors vous serez à la retraite, dit-il froidement.

           Après cela, il quitta la pièce nous laissant dans un silence assourdissant. Cette annonce avait eu l'effet d'une bombe, et je crois bien que personne ne savait comment réagir. Personnellement, il me semble d’ores et déjà inconcevable de signer ces accords. Même si je suis persuadé que Tony, aux vues de son attitude, les signeras. Je préfère grandement partir en retraite que de me transformer en parfait petit soldat. Un soldat obéissant et docile qu'on essaye de me faire devenir depuis que je suis devenue Captain America. Seulement, il est hors de question de trahir les derniers souhaits du docteur Erskin qui m'avait clairement fait comprendre que s'il me donnait ces pouvoirs à moi, c'était pour que je les utilise avec sagesse. Je me devais de suivre ce que mon cœur me dictait et non ce qu'un gouvernement avait décidé. Dans tous les cas, avant que tout le monde s'énerve, je leur proposai de nous rendre dans le salon afin qu'on puisse en débattre sereinement après avoir pris connaissance du contenu des accords. Ce que tout le petit groupe sembla accepter.


           Une fois dans le salon, je pris les accords, afin de les lires dans les grandes lignes. Histoire de prendre connaissance de ce document avant d'en donner un jugement définitif. Même si de prime abord, je suis opposé à ce concept je ne pouvais pas refuser quelque chose que je n’avais pas lu. Mais alors que j'étais en train de lire, un conflit sembla éclater entre Rhodes et Sam qui avaient des avis divergent quant à l'attitude à adopter. Et contrairement à son habitude, Tony resta encore une fois en retrait. Assis dans un fauteuil, l'air ennuyé par ce qui se passe autour de lui. Ce fut Sam qui recentra la discutions sur les accords en eux-mêmes, puisque le sergent Rhodes parlait de l'exemplarité de la carrière militaire de Ross. Sam s'exclama donc sur un ton exaspéré :

–     Admettons qu'on signe ce document, bientôt ils nous mettront des bracelets électroniques, comme à des vulgaires criminels !

–     Cent dix-sept pays sont d'accord pour signer ce texte ! Souligna War Machine, relevant l'importance de ces accords aux yeux du monde. Cent dix-sept pays, Sam ! Et vous êtes là, c'est bon on assure...

–     Quand est-ce que vous choisirez vraiment votre camp ? S'emporta directement le Faucon reprochant à Rhodes son ambiguïté quant à sa position de super-héros et de soldat.

–     Je vous propose une équation. Les coupas Vision d'une voix autoritaire.

–     Ah bah ça va nous détendre, s'exclama Sam avec ironie, tandis que, tout le monde reporta son attention sur l'intelligence artificielle.

–     En huit ans, après que Monsieur Stark s'est fait connaître comme Iron Man, le nombre de personne déclaré optimisé s'est accru de façon exponentielle. Et au cours de la même période, on a constaté une multiplication proportionnelle des situations de crise potentiellement apocalyptique.

–     Et ce serait notre faute ? Demandais-je étonné par ces faits qui était très certainement correct.

–     Le rapport de cause à effet n'est pas à écarter, affirma-t-il avant d'expliquer son point de vue : Notre force, en soit, est un défi. Et tout défi à tendance à engendrer un conflit. Et les conflits... provoquent des catastrophes... En d'autres termes, un regard extérieur sur nos activités peut avoir un certain intérêt.

–     Merci, s'exclama Rhodes soulagé.

–     Tony, l'interpella Natasha d'une voix très douce. Cette absence totale de réaction oratoire ne vous ressemble pas.

–     Sa décision est déjà prise apparemment. Dis-je sur un ton de reproche.

–     Comme vous me connaissez bien, dit-il ironiquement avant de se lever. Il se trouve que j'ai une migraine d'origine électromagnétique. C'est aussi bête que ça, Captain, j'ai mal. Je ne me sens pas bien.

           Toute l'attention était désormais reportée sur l'Iron Man qui était en train de se préparer un café. Mais je sais pertinemment que sa décision est déjà prise malgré ce qu'il prétend. Car, une migraine n'empêchera jamais l'ingénieur de faire part de son point de vue, pas plus que cela le prive de sa répartie cinglante en temps normal. S'il prétend se sentir mal, ce n'est que pour détourner l'attention de son silence éloquent depuis le début de cette entrevue. Car il s'apprête à nous faire part de son point de vue, et je sais d'avance que sa vision des choses sera considérée, à ses yeux, comme la seule et unique option possible au problème qui s'oppose à nous. Car, il a raison : je ne le connais que trop bien.

–     Qui a versé du marc de café dans l'évier ? S'emporta-t-il soudain. J'ai l'impression de tenir une auberge de jeunesse pour Hell's Angels[2]...

           Puis il enchaîna sur un petit silence. Un silence qui je le savais, précédait forcément une information importante. Car, Tony a toujours été quelqu'un de très théâtral, et il aime mettre en scène les moments qu'il juge important. Comme pour confirmer mon hypothèse, il déposa un téléphone qui projeta un hologramme qui nous montrait le portrait d'un jeune homme. Mais alors qu'il nous présenta cet étudiant du nom de Charles Spencer. Personne ne voyait où le milliardaire voulait en venir. Alors qu'il continuait à nous expliquer la vie de ce jeune homme, son discours revient petit à petit vers le sujet qui nous divisait. C'est ainsi qu'il nous expliqua que Charles Spencer a passé toutes ses vacances à construire des logements sociaux en Sokovie. Suite à cette déclaration, tout le monde compris où Stark voulait en venir. Un silence coupable envahi la pièce, et ce fut encore une fois le mécanicien qui le brisa, pour reprendre son monologue :

–     Il pensait se rendre utile, sans doute. Malheureusement, on ne le saura jamais puisqu'on lui a balancé un immeuble sur le crâne dans le feu de l'action. Cette discutions n'est même pas nécessaire, finit-il par lâcher. Nos activités doivent être contrôlée, quel que soit la forme que cela prendra, je jouerais le jeu. Si nous ne sommes pas capables d'accepter certaines limites, nous ne valons pas mieux que ceux que nous combattons.

           Le discours qu'il tenait n'était pas une nouveauté pour moi. Puisque nous avions déjà eu un échange similaire. Je comprenais mieux ce que Fury m'avait dit par le passé, lorsqu'il m'avait expliqué que, la culpabilité est un sentiment particulièrement puissant, qui peut pousser des hommes raisonnables à commettre l'impensable[3]. Mais je ne m'étais pas aperçu que cette culpabilité était aussi puissante chez l'ingénieur. Je pensais sincèrement que l'échange que nous avions eu fut suffisant pour calmer ses angoisses et qu'il avait abandonné cette idée de recensement. Seulement, même s'il se sentait coupable, cela ne changerait rien à mon point de vue sur ces accords. Pour moi, ces accords ne feraient que nous entraver dans nos actions, et si des vies dépendent de nous, on ne peut pas se cacher derrière des documents pour justifier les pertes humaines que causent nos interventions. C'est pourquoi, je pris la parole pour la première fois :

–     Quand des gens dont on doit assurer la protection sont menacés, on ne les abandonne pas. Tentais-je de lui rappeler.

–     Je n'ai pas dit ça, se justifia-t-il.

–     Mais ça revient à ça si nous ne pouvons plus décider d'agir, tentais-je de lui faire comprendre sur un ton ferme. Ce document nous prive de nos responsabilités.

–     Pardon Steve, mais... Me coupa War Machine. Je sens une certaine arrogance de votre point de vue. Il s'agit des Nations-Unies, pas du Conseil Mondial de Sécurité, ni du SHIELD, ni de Hydra...

           Entendre James Rhodes parler d'arrogance à mon encontre, sachant que c'est le meilleur ami de Tony Stark, me donnait envie de hurler au scandale. Je ne parle pas par arrogance, mais si on signe un tel document, on se décharge de toutes les morts qui pourrait découler de nos actions. La vie humaine est une valeur importante à mes yeux. Je chérie toutes les vies que j'ai réussi à sauver, et je pleure toutes les personnes qui sont décédées à cause de moi. Pour ma part, la signature d'un tel papier revient à renoncer à ma responsabilité envers les citoyens de ce monde que j'ai pourtant juré de protéger. Quel que soit la situation, quel que soit le pays dans lequel les gens sont menacés, si j'estime devoir intervenir je le ferais. Que j'en ai le droit, ou pas, cela n'a pas d'importance. Puisque, la vie humaine a plus de valeur à mes yeux qu'une loi absurde. C'est ce que je tentai par la suite de leur faire comprendre :

–     Je sais, mais les responsables politiques ont des centres d'intérêts qui changent !

–     Et c'est une bonne chose, me coupa l'Iron Man. C'est pour ça que je suis là. Quand j'ai compris quel usage des gens mal intentionnés pouvaient faire de mes armes, j'ai décidé d'arrêter leurs productions.

–     Tony, c'est vous qui avez décidé de le faire, dis-je en rebondissant sur la perche qu'il venait de m'offrir. Si nous signons ça, nous perdons notre pouvoir de décision ! Imaginez qu'on nous envoi sur un terrain où on ne veut pas aller, expliquais-je, ou qu'on ne nous laisse pas aller où on estime que c'est nécessaire ! Nous ne sommes pas parfaits... Mais je crois que les moins dangereux, c'est encore nous.

–     Si on ne règle pas la question à l'amiable, me dit Tony comme un avertissement, ça nous sera imposé tôt ou tard. C'est un fait... Et ça se passera mal...

–     Ils viendront m'arrêter ? Demanda Wanda avec une voix qu'elle voulue stoïque, mais qui trahissait sa peur.

–     Nous te protégeront, déclara immédiatement Vision.

–     T'inquiète pas Wanda, on ne laissera personne te faire du mal, appuya Clint.

–     Tony a sans doute raison, intervient à ma grande surprise Natasha. Si heu...Si on garde au moins une main sur le volant, dit-elle en me fixant, on peut toujours conduire. Mais si on lâche tout...

–     C'est pas toi qui défiait tous les gouvernements il y encore quelques années ? La stoppa Sam visiblement aussi surpris que moi de la position de la veuve noire.

–     Je... Je m'adapte au terrain, souligna-t-elle sans doute à raison. On a commis quelques erreurs en public, il faut qu'on regagne le capital confiance que l'on a perdue.

–     Pardon, j'ai dû mal entendre ou vous êtes d'accord avec moi ? Intervient Tony avec une pointe d'humour.

–     Alors je dois me tromper, se ravisa Natasha.

–     Non, non, non, la coupa Tony. Ce qui est dit, est dit ! Cela dit, c'est sans précédent !

           Mais alors qu'ils étaient en train de détendre un peu l’atmosphère, je sentis mon téléphone portable vibrer dans ma poche. Ce qui est un fait assez rare, d'autant plus lorsque toutes les personnes avec lesquelles je communique habituellement sont présentes dans cette pièce. C'est pourquoi, malgré l'importance de cette discutions, je profitais de ce petit moment de détente pour regarder le message reçu. Et mon cœur manqua un battement lorsque je lis le message :

ELLE EST PARTIE DURANT SON SOMMEIL

           Je compris tout de suite que l'agent Peggy Carter était décédée cette nuit. Comme si cette journée ne pouvait pas être pire. Ne pouvant supporter cette nouvelle, je décidai de quitter la pièce en lançant froidement :

–     Je dois partir...

           Avant de me lever, et de quitter la pièce avec précipitation sans me soucier du regard de mes camardes. Même si les accords sont quelques choses d'important pour les Avengers, Peggy était l'une des personnes ayant le plus compté dans ma vie. Elle est, et restera, la seule femme que je n'ai jamais vraiment aimée. C'était une femme à la beauté fatale, mais aussi, à l'intelligence, la ruse et la compassion incomparable. Elle s'était imposée dans un monde d'homme à une époque où les femmes n'avaient aucun pouvoir ni aucune considération. Mais ce dont je lui serais reconnaissant jusqu'à la fin de mes jours c'était la confiance dont elle m'avait gratifié, et ce, avant même que je ne devienne Captain America. Elle fut la seule et unique femme à m'avait regardé lorsque je n'étais que Steve Rogers, le petit gars de Brooklyn. Et rien que pour ça, elle était la femme de ma vie. De plus, la perdre, c'était perdre l'un des seuls éléments qui me rattachait à mon passé. Car, désormais, excepté Barnes, toutes les personnes que j'ai connu à l'époque sont décédés. À cette idée, mon cœur se serra, et je ne pus retenir les larmes qui me montèrent aux yeux.

 

           Dans la soirée, je rappelai Nick Fury, qui m'avait prévenu du décès de Peggy, afin d'en apprendre plus sur les modalités de son enterrement. Celui-ci me prévient qu'il se déroulerait en Angleterre, où elle avait été rapatriée, il y a plusieurs mois auprès de sa famille. Il m’assura que bien sûr j'étais invité à venir, et que je pouvais venir accompagner si je le souhaitais. Aux vues de ces informations, je décidai de prévenir les Avengers que je ne pourrais pas être présent en début de semaine, car je devais me rendre à l'enterrement de Peggy. Lorsque je leur annonçai cette nouvelle, tout le monde me fit part de leurs condoléances. Et Sam se proposa pour m'accompagner là-bas, ce que j’acceptais. Stark accepta de me prêter un jet privé afin de me rendre là-bas dès demain matin. Cependant, en échange, il me demanda de lui accorder quelques minutes de mon temps. Ce que je n'eus d'autres choix que de concéder vue qu'il me prêtait un avion. Nous nous rendions donc jusqu'à ma chambre afin que je puisse empaqueter mes affaires. L'ingénieur entra dans ma chambre avant de la détailler d'un air nostalgique.

–     Rien n'a changé ici.

–     Que veux-tu ? Demandais-je peu enclin à faire la discutions aujourd'hui.

–     Steve, je te présente toutes mes condoléances, je sais que tu tenais énormément à elle.

–     Merci, me contentais-je de répondre avant de rajouter sèchement : Mais ce n'est pas pour ça que tu es venu me parler seul à seul. Tes condoléances, tu me les as présentés toute à l'heure, pas besoin de les réitérer.

–     Steve...Commença-t-il.

–     Qu'en est-il du fait que l'on doive se vouvoyer maintenant ? C'est quand ça t'arrange ?

–     Captain, si vous préférez, dit-il avec un ton agacé qu'il tentait cependant de dissimuler. Je sais que ce n'est pas le moment, mais...

–     Je ne signerais pas. Le coupais-je brutalement.

–     Laissez-moi au moins vous expliquer la situation...

–     Tu aurais dû m'informer de la situation avant que la signature ne devienne inévitable. Grondais-je.

–     Mais, vous ne vouliez pas écouter...

–     Je ne voulais pas écouter ? M'emportais-je. Tu ne m'en as pas parlé, parce que, tu savais que je m'y serais opposés. Et que tu avais envie que ces accords passent pour soulager Ta conscience, dis-je en accentuant sur le « ta ».

–     Quoi ? S'étonna-t-il.

–     Ne joue pas l’innocent, Tony. Tu voulais que ces accords passent, parce que, tu ne supportes plus la culpabilité qui te ronge. Parce qu'au fond, tous ces morts en Sokovie, ce Charles Spencer dont tu nous parlais, sont morts par TA faute. C'est TOI qui as créé Ultron, et c'est uniquement TA faute ce qui s'est produit là-bas. Nous on est venu réparer tes erreurs, et c'est à nous de payer pour que TA culpabilité puisse être apaisée !

–     Ces accords ne sont que ma faute ? Parce que c'est moi qui ai énervé Hulk avant de le balancer sur une ville voisine, sans me soucier des morts que cela pourrait causer ? C'est moi qui ai décidé de ne pas tenir compte de l'immunité diplomatique du docteur Fatalis ? C'est moi qui ai tué tous ces gens au Lagos ?

–     C'est petit, lui reprochais-je.

–     Pas plus que ce que tu viens de me balancer dans la gueule, Captain. Répliqua-t-il froidement. Ces accords étaient inévitables, et que tu me crois ou non, on a échappé au pire.

–     Écoute, Tony, tu me fatigue et je n’ai pas envie d'avoir cette discutions maintenant.

–     Sauf qu'il faut qu'on l’ait, me contredit il de plus en plus agacé. Que tu en aies envie ou pas.

–     Tony, Peggy est morte aujourd'hui. Me contentais-je de répondre. Alors, laisse-moi faire mon deuil parce que là, j'ai pas à la tête à m'occuper de tes états d'âme.

–     Cela n'a rien à voir...

–     Si. Le coupais-je. Tout à toujours à voir avec toi. Tu ne peux pas t'en empêcher. Rien ne compte plus que toi, et tu es prêt à détruire les Avengers pour pouvoir dormir la nuit.

–     Si c'est ce que tu penses, on n'a plus rien à se dire. Tu ferais mieux de te trouver une nouvelle vocation, parce que même si tu as cent ans, ta retraite risque d'être longue, me cracha-t-il.

           Il quitta la pièce en claquant la porte. Je sais que j'ai été dur avec lui, mais j'ai craqué. J'en peux plus de son attitude hautaine et égoïste. D'autant plus que là, cela met des vies en danger. Si on ne peut plus intervenir là où c'est nécessaire, des gens risquent de mourir. Et même si la signature de ces accords aurait été inévitables, il aurait dû nous prévenir avant. Afin qu'on puisse tous être au courant et tenter, tous ensemble, de stopper, ou simplement ralentir ce processus. Seulement, il a préféré s'en charger tout seul, car au fond de lui, il soutient ces accords. Je poussais un long soupir d'agacement, avant de m'atteler à la préparation de ma valise. Après tout, Peggy venait de décéder, et je n'avais pas la tête à m'occuper de ces bêtises. Tout était en train de voler en éclat...


           Deux jours plus tard, je me trouvais à Londres en compagnie de Sam. Nous fûmes nombreux ce jour-là, afin de rendre un dernier hommage à l'agent Peggy Carter, dans l'une des plus grandes églises de la capitale anglaise. La cérémonie fut très émouvante, et j'eus du mal à contenir mes larmes ce jour-là. D'autant plus que de nombreuses personnes furent amener à prononcer un discours relatant la vie mouvementée de cette femme extraordinaire. Puis, le pasteur invita Sharon[4] à venir prononcer quelques mots en hommage à sa tante. La jeune femme monta sur l'estrade en esquivant mon regard, tout comme j’esquivai le sien. Je dois avouer que je ne me suis pas très bien comporté avec la jeune femme, car je n'avais pas supporter qu'elle me cache son lien de parenté avec Peggy, et encore moins son affiliation au SHIELD lorsque nous avions commencés à flirter. Seulement, depuis, j'avais appris qu'il était plus facile de dissimuler certaines vérités que de décevoir la personne en face de nous, j'ai revu ma position sur le mensonge. Et comme pour confirmer mes réflexions, elle entama son discours en expliquant :

–     Margaret Carter était connue comme membre fondateur du SHIELD, mais pour moi, elle était tante Peggy. Au mur de son bureau, il y avait une photo d'elle, dit-elle avec nostalgie, à côté du Président Kennedy. Cela m'impressionnait beaucoup. Je me demandais si je ne serais jamais à la hauteur... C'est pour ça que je n'ai dit à personne que nous étions parentes.

           Elle m'avait regardé droit dans les yeux lorsqu'elle avait prononcé ces mots. Et sans m'en rendre compte, j'acquiesçais en silence ce qui encouragea la jeune femme à continuer son discours.

–     Un jour, je lui ai demandé comment elle avait réussi à maîtriser la diplomatie et l'espionnage, à une époque, où les femmes étaient les bienvenues, ni dans l'une, ni dans l'autre. Elle m'a dit : tu dois d'abord faire ton devoir. Fait certaines concessions quand cela te paraît possible, sinon refuse. Même si on te dit que ce que l'on te demande de faire est juste. Alors que tu sais que ce n'est pas vrai. Même si tout le monde s'acharne à te le prouver, il est de ton devoir, dit-elle en me fixant à nouveau, de rester droite dans tes bottes. De regarder les autres en face, et de leur dire : « non, c'est à vous de céder ».

           Je ne pouvais m'empêcher d’entendre les mots que prononçait Sharon comme un dernier conseil de la part de Peggy sur la situation actuelle. Et au fond, je savais qu'elle avait raison, et je devais faire ce qui était juste. Car, c'est ce qu'elle, Erskin mais aussi les commandos Hurlants auraient voulu. Et je ne peux me permettre de les décevoir. Alors, quel qu’en soit les conséquences, ma décision était prise : Je ne signerais pas. Tant pis si cela doit provoquer la colère de Tony, du gouvernement, ou même du monde entier. Je ferais toujours ce que je considère juste. Car, il vaut mieux mourir avec des remords, que des regrets. Et je sais que si je venais à signer ces papiers, je le regretterais.


           Une fois la cérémonie terminée, j’éprouvai le besoin de m'isoler. C'est pourquoi, je laissai Sam regagner notre hôtel seul. Après avoir erré un peu, je me retrouvais de nouveau à l'église fixant la croix du Christ devant moi. Toutes mes pensées étaient tournées vers Peggy, et à toutes les aventures que nous avions vécus tous ensemble. Elle, Howard, les commandos Hurlants, Bucky, moi, nous avions formés une sacrée équipe par le passé. Une équipe qui s'est dissolue, lorsque j'avais plongé dans un océan glacé, afin de stopper Crâne rouge. Mais je repensais surtout à notre relation manquée, qui marquera à jamais, mon plus grand regret. À la danse que je lui avais promise, et que je n'ai jamais pu honorer. Et alors que j'étais en train de songer à la vie qu'elle avait vécue après ma disparition, Natasha fit irruption dans l'église. Toute vêtue de noir, elle marcha doucement jusqu'à moi. Étant très proche de la belle rousse, je décidai de me confier à elle :

–     Quand je suis sortie de l'hibernation, j'ai cru que tous les autres étaient morts. Et puis, j'ai appris qu'elle était vivante... J'ai eu beaucoup de chance de la voir... Lui expliquais-je conscient de la chance que j'avais que Peggy ait vécu aussi longtemps, car elle n'était pas loin des cent ans lorsqu'elle est décédée.

–     Elle aussi, elle a eu de la chance.

           J'acquiesçais sans être certain que Peggy ait pu saisir la chance qui lui était offerte. Puisque sur la fin, elle perdait la raison. Et si elle avait encore des moments de lucidité, ceux-ci étaient rares, et elle était toujours persuadée d'être encore en plein milieu de la seconde guerre mondiale. Ses médecins m’avaient confié que lorsqu'elle me voyait, son esprit s'embrouillait, car j'avais toujours la même apparence qu'à cette époque. Ne souhaitant pas la faire souffrir inutilement, mes visites étaient devenues plus rares, à mon plus grand regret. Mais, c'était mieux pour elle.

           Toutefois, je savais que Natasha n'était pas venue uniquement pour me parler de Peggy. Et elle devait être envoyée par Stark afin de me convaincre de signer ces accords. Je savais qu'il pouvait être persévérant, c'est pourquoi, je demandai à mon amie :

–     Qui d'autres as signés ?

–     Tony, Rhoddy...Puis elle ajouta avec un petit air étonné : Vision.

–     Clint ? Demandais-je.

–     Il a choisi la retraite, dit-elle avec une pointe d’amertume dans la voix.

–     Wanda ? M'enquis-je.

–     Elle n'a pas encore décidé, répondit Natasha du tac au tac. Je pars pour Vienne pour la signature des accords. Il y a de la place à bord du Jet, me proposa-t-elle avec une infinie douceur.

           Je me contentai de soupirer à sa proposition. Même si elle était faite de bon cœur, je ne pouvais pas signer ces accords. Même si tous les Avengers semblent d'accord pour signer ce document, je ne partage pas leur avis. Ainsi, comme Peggy, je ne céderais pas même si tout le monde est contre moi. Alors, je crois bien que je vais devoir prendre une retraite avancée, comme Clint.

–     Ce n'est pas parce que c'est la solution apparemment la plus facile, que c'est forcément la mauvaise solution, tenta de me faire comprendre la Veuve Noire. Je crois que le plus important c'est que l'on reste unis.

–     Peut-être oui, mais à quel prix ?... Répondis-je las de ces conflits, et de cette journée, tandis que, la rousse me fixait en quête de réponse. Je ne peux pas signer ça... Je suis désolé.

–     Je sais, avoua-t-elle ce qui me soulagea un peu.

–     Alors pourquoi t'es venue ? Demandais-je.

–     Je ne voulais pas te laisser seul, dit-elle la voix serrée par l'émotion.

           Elle s'approcha ensuite de moi afin de me prendre dans ses bras. Je resserrai avec force l'emprise que j'avais autours de la jeune femme, et je ne pus m'empêcher de craquer dans ses bras. Nous restions ainsi durant de longues minutes, puis, quand je fus calmé, elle desserra son étreinte. Elle plaça sa main sur mon visage, avant de me dire :

–     Steve, si tu as besoin de parler, tu sais que je suis là.

–     Ça va...tentais-je de la rassurer, juste que...il y a eu beaucoup d'émotion aujourd'hui...

–     Je comprends, dit-elle compatissante.

–     Ça me fait plaisir que tu sois venue, je te remercie Natasha.

–     C'est normal, tu en aurais fait autant, dit-elle en me fixant droit dans les yeux.

–     Bien entendu, confirmais-je, Merci encore, Nat'...

–     De rien, Steve. Puis, après une brève hésitation, elle finit par me demander : Tu as eu des nouvelles de Tony ?

–     Il m'a envoyé ses condoléances ce matin, mais rien de plus.

–     Votre dernière discutions s'est passée comment ? Tony n'a rien voulu dire, mais ça avait l'air de l'avoir secoué.

–     Je n'ai pas été tendre avec lui en même temps. Avouais-je.

–     Il n'a pas toujours été tendre avec toi, non plus. Dit-elle en glissant sa main sur ma joue. Ne t'en veux pas trop Steve, Tony a l'habitude de se brouiller avec ses proches. Il s'en remettra.

–     De toute façon, maintenant, ce qui est fait, est fait.

–     Steve, je suis désolée, mais je vais devoir y aller. Je ne peux pas être en retard pour...les accords, dit-elle comme si elle s'excusait.

–     Va-y Nat', il y a quand même cent dix-sept nations, ne va pas les faire attendre...Répondis-je avec autant d'humour que possible.

–     Oui... Acquiesça-t-elle gênée. Tu veux que je te dépose à ton hôtel avant de partir ?

–     Non, merci. Je rentrerais à pied, cela me fera le plus grand bien. Avouais-je.

           La plantureuse rousse m'effleura le bras avant de quitter l'église. Je me retrouvais à nouveau seul dans cet immense bâtiment construit à l'effigie de Dieu. Je restai encore un long moment, devant la croix de Jésus, ressassant encore et encore tous ces souvenirs, parfois douloureux, qui m'agitais. Quand soudain le pasteur qui avait animé la cérémonie vient jusqu'à moi, et me demanda avec une voix remplie de sagesse :

–     N'est-ce pas réconfortant de se retrouver ici, au plus près de Dieu, en de telles circonstances, mon fils ?

–     Je n'en suis pas certain, avouais-je.

–     De quoi doutez-vous, mon enfant ? Me questionna-t-il avec douceur.

–     De Dieu, lui-même. S'il est tout puissant, pourquoi permettrait-il autant de souffrance ?

–     Vous savez, la voix du seigneur est impénétrable, mais cette réponse ne vous satisfait pas, n'est-ce pas ?

–     Pourquoi... tentais-je de demander sans que le reste des mots ne réussissent à franchir la barrière de mes lèvres.

–     Mon fils, vous savez, tous les pourquoi n'ont pas toujours de réponse. Y compris pour notre Dieu tout puissant.

–     Alors à quoi sert-il, s'il n'a pas les réponses ?

–     Il nous aide à surmonter tous ces pourquoi. Dit-il avec une bienveillance infinie.

–     J'attends peut-être trop de Dieu, mon père...

–     Tout le monde attend trop de Dieu, vous savez. Mais, même si vous pouvez vous reposez sur lui pour penser vos blessures, vous devez avancer par vous-même dans ce monde en suivant les préceptes qui vous semblent en accord avec votre conscience.

–     Vous êtes un prêtre atypique, soulignais-je.

–     Je pense que tous les croyants ont leur propre vision de Dieu, et ma vision est différente de la vôtre, ainsi que de celles de tous les fils de Dieu. Ainsi, il n'existe pas de mauvaise façon de croire en Dieu, mon enfant.

–     Que faire quand on a un dilemme qui divise notre cœur et notre esprit ? M'enquis-je en guise d'une réponse de la part de cet homme qui avait l'air d'une sagesse exemplaire.

–     L'un des deux sera plus fort que l'autre, me dit-il avant de poser sa main sur mon épaule. Suivez juste ce que votre instinct vous dicte.

–     Comment savoir si je fais le bon choix ?

–     Vous ne le saurez peut-être jamais, mon enfant. Et ce n'est pas plus mal ainsi, car si nous devons tous avancer avec le poids de nos décisions sur les épaules, nous ne pourrons jamais savoir ce qui se serait produit, si nous avions agi différemment. C'est la beauté de la vie, elle est unique. Chacune de nos actions, mais aussi de nos inactions, pavent le chemin de notre vie ce qui nous conduit inlassablement vers le destin que nous produisons sous la volonté de Dieu.

–     Je suppose que vous avez raison.

–     De plus, ne dit-on pas qu'avec des si nous referions le monde ? Me questionna-t-il. Mais si vos questions vous hantent, tournez-vous vers Dieu, et demandez-lui ce qui trouble votre cœur. Peut-être entendra-t-il votre prière, et qu'il trouvera une façon de vous répondre. Vous êtes dans la maison de Dieu, mon fils, si vous avez une question à lui poser, il n'y a pas de meilleur endroit pour le faire. Me rappela-t-il avant de quitter le sanctuaire.

           Même si, aujourd'hui je n'étais plus très croyant à cause de toutes les horreurs que j'avais pu voir durant la guerre, je ne pus m'empêcher de prier ce jour-là. Je priai pour que l'âme de Margaret Carter trouve le repos éternel, quel qu’en soit la forme. Et je ne pus m'empêcher de questionner Dieu sur les accords de Sokovie. Sur ce que je devais faire. Que je décide de les signer, ou non, cela changera à jamais le court de mon destin. Et peut-être même celui des Avengers. Alors, je me devais de savoir si je faisais le bon choix. Et je dois avouer qu'un petit signe divin ne serait pas trop.


           Au bout d'une longue demi-heure, je fini tout de même de sortir de l'église. Et alors que je regagnais le parking, je trouva sur le chemin l'ex-agent du SHIELD Sharon Carter qui s'apprêtait à remonter dans sa voiture. Elle me demanda d'une voix douce :

–     Encore ici ? Je pensais que j'étais la dernière à partir.

–     Malheureusement, je suis toujours le dernier...Constatais-je un peu abattu.

–     Tante Peggy était heureuse de vous avoir revue.

–     Je l'espère, en tous les cas, cela m'a fait le plus grand bien de la revoir. Et de savoir qu'elle avait eu une vie heureuse, malgré tout.

–     Vous voulez que je vous raccompagne ? On est dans le même hôtel, me proposa-t-elle soudainement gênée. Cela me ferait du bien de partager des souvenirs de ma tante avec quelqu'un qui l'a connu durant sa grande époque.

–     Avec plaisir, je vous remercie Sharon. Acquiesçais-je.

           Nous montions dans sa voiture et roulions jusqu'à notre pension. Durant tout le trajet, nous échangions les souvenirs que nous avions partagés avec Peggy. C'était une femme surprenante dans bien des domaines, et même après sa mort, je dois avouer que j'apprends encore des choses à son sujet. Puis nous nous retrouvions devant l'ascenseur qui menait aux chambres. Alors qu'un petit blanc s'était installé, je demandai à la jeune blonde :

–     La CIA a décidé de vous muter ici maintenant ?

–     À Berlin, anti-terrorisme international, me contredit-elle.

–     À Berlin, d'accord, dis-je en me remémorant ma dernière mission à Berlin qui était très liée à Bucky[5], tout un programme.

–     Oh ça oui, me dit-elle avec un petit sourire.

           Sharon était une gentille jeune femme, et je savais que je lui faisais beaucoup d'effet. Et je dois bien avouer qu'elle ne me laissait pas totalement de marbre. Et si je n'avais pas eu ma relation tourmentée avec Stark, je crois bien que j'aurais peut-être pu partager quelque chose avec elle. Même si, je dois avouer que le fait de savoir qu'elle m'avait espionnée et mentit m'avait quelque peu refroidie à l'époque. Mais avec les récents événements je reconsidère le poids d'un mensonge. Un mensonge qui avait dû lui peser surtout si elle n'avait pu le partager avec personne. C'est pourquoi, je lui demandai relativement gêner si je pouvais lui poser une question indiscrète. Elle sembla acquiescer, c'est pourquoi je continuai :

–     Quand vous m'espionniez depuis l'appartement voisin...

–     J'exécutais une mission, me corrigea-t-elle tout de suite.

–     Peggy était au courant ?

–     Elle avait tellement de secret à garder, finie-t-elle par se lancer. Je ne voulais pas qu'elle en ait un pour vous.

           J'appréciais grandement cette attention autant pour moi que pour Peggy. Nous avions été si proche, elle et moi, par le passé que cela m'aurait blessé de savoir qu'elle pouvait me cacher une telle information. Et je trouvais ça noble de la part de Sharon ne pas avoir voulu lui imposer un tel fardeau. Car, connaissant Peggy, si elle avait estimé que tenir ce secret était la bonne chose à faire, elle n'aurait rien dit. Même si cela devait la faire souffrir. Et j'ai compris à quel point tenir un secret, même si c'est pour une bonne cause, peut détruire tous ceux qui nous entoure et affecter de façon indélébile une relation pourtant précieuse. Et si Sharon a conscience de cette réalité, c'est sans aucun doute, parce qu'elle a déjà eu à souffrir de ce genre de chose par le passé. Mais alors que j'allais m'excuser de la façon dont je m'étais comporté avec elle, l'ascenseur ouvrit les portes juste derrière la belle blonde. Elle me fit un petit sourire reconnaissant avant de me dire :

–     Merci de m'avoir tenue compagnie.

–     De rien, me contentais-je bêtement de répondre.

           Mais alors que j'étais en train de rassembler mon courage pour lui présenter mes excuses en bonne et due forme, j'entendis une voix que je connaissais bien qui m'appeler d'un ton grave.

–     Il faut que tu voies ça... Dit le Faucon.

           Je suivis le Faucon jusqu'à sa chambre qui diffusait un reportage télévisé relatant un attentat terroriste durant la signature des accords de Vienne. Il y aurait eu, selon les médias, au minimum soixante-dix blessés et douze morts dont le roi du Wakanda T'Chaka que j'avais vue durant un reportage il y a quelques jours à peine. Tandis que Sharon faisait les cent pas derrière nous au téléphone avec ses patrons de la CIA, le journaliste continuait d'exposer les faits. Puis, ils ont montré la vidéo dévoilant le visage du suspect de cette attaque et il ne s'agissait de personne d'autres que James Buchanan Barnes. Je me figeai à cette nouvelle, et un millier d’hypothèse me traversa l'esprit à cet instant. Est-il à nouveau sous le contrôle de Hydra ? Le fameux Phénix[6], qui traquait Barnes depuis plusieurs mois, aurait-il réussi à le trouver avant de le forcer à placer cette bombe ? Ou aurait-il pu décider de le faire seul pour empêcher la signature de ces accords ? Dans tous les cas, après un coup pareil, il est devenu l'homme le plus rechercher du monde.

–     Faut que j'aille travailler, nous coupa Sharon.

–     Est-ce que cela te dérange si on vient jusqu'à Vienne avec toi ? Nous devons retrouver Bucky...

–     Bien sûr que non, dit-elle compatissante.

–     C'est parti. Ordonna le Faucon.


           Nous regagnions le QuintJet que nous avait prêté Tony pour nous rendre jusqu'à Vienne, après avoir bien sûr, pris soin de le mettre en mode furtif afin que personne ne sache où on se rendait. En quelques heures seulement, nous nous retrouvions à Vienne, au pied des nations-unies, où tout le monde s'activait pour tenter d'éteindre le brasier qui sévissait encore dans les étages supérieurs. C'est grimé que j'observais tout le monde, posté suffisamment loin pour ne pas qu'on me voit, mais suffisamment près pour surveiller ce qu'il s'y passe. Je fus soulagé lorsque je vis Natasha marcher vers un jeune homme noir assis sur banc à quelques mètres d'elle. Sans que je puisse entendre ce qu'elle lui disait, j'attendis qu'elle termine sa conversation pour lui donner un coup de téléphone, afin de savoir si elle avait plus d'information sur ce qui venait de se produire. Et surtout, pour savoir si je pouvais la compter en tant qu'alliée dans cette histoire.

–     Oui ? Dit-elle en décrochant.

–     Tu n'es pas blessé ? Demandais-je sur un ton aussi neutre que possible.

–     Ça va, j'ai eu de la chance...

           Alors qu'on entendit une ambulance au loin, je vis la jeune femme regarder autour d'elle l'air perplexe. Sachant que le bruit ambiant risquait de me trahir d'une seconde à l'autre, je savais que je ne pourrais pas faire durer cet appel indéfiniment.

–     Je sais à quel point Bucky Barnes est quelqu'un d'important pour toi, mais ne réagis pas, me somma-t-elle. Cela nous ferait que nous compliquer la tâche à tous. S'il te plaît...

–     Tu veux dire que tu vas m'arrêter ? Demandais-je afin de clarifier son point de vue.

–     Mais non, répondit-elle l'air embêté par cette question. Mais si tu t'en mêles, quelqu'un d'autre le fera...C'est comme ça, maintenant.

–     S'il est devenu si dangereux, je suis le mieux placé pour le capturer, lui expliquais-je en surveillant sa réaction.

–     Pourquoi ? Demanda-t-elle l'air perdu.

–     Parce que je suis peut-être le seul qu'il hésitera à tuer, lui dis-je en me remémorant les dernières paroles de Rumlow.

           Puis je décidai qu'il était tant de raccrocher. Je savais que maintenir une conversation plus longtemps avec Natasha ne ferait que risquer de dévoiler ma position. Mais alors que je venais tout juste de raccrocher avec la Veuve Noire, et que je m'apprêtais à couper mon téléphone, afin d'éviter toute géolocalisation, un appel entrant de Stark s'afficha sur mon écran. Je savais qu'il tiendrait un discours identique à celui de l'espionne, c'est pourquoi je ne répondis pas. Cependant, il faut avouer que Stark est persévérant, puisqu'il tenta, quelques secondes après la fin du premier appel, de me contacter à nouveau. Je raccrochai une nouvelle fois, et cette fois-ci ce fut un SMS que je reçu :

« Steve, je t'en prie, je sais ce que tu ressens pour Barnes, mais ne réagis pas. Nous allons tout faire pour qu'il soit récupéré en toute sécurité, mais ne t'en mêles pas personnellement. Je sais que c'est compliqué pour toi en ce moment, mais toute action de ta part ne ferait qu'envenimer les choses, et on ne peut pas se le permettre. C'est plus grave que ce que tu penses. Alors, s'il te plaît, appelle-moi dès que possible...Je m'inquiète pour toi... »

           Ce à quoi je répondis :

« Stark, je sais ce que j'ai à faire. »

           Puis je coupai mon téléphone sans prendre la peine d'attendre une réponse de sa part.


            Suite à cela, je décidai de me rendre au point de rendez-vous que nous nous étions fixés Sharon, Sam et moi. Il s'agissait d'un petit café assez proche des nations-unies, afin de permettre à Sharon de nous y retrouver sans trop s'éloigner de son lieu de travail. Ce qui lui permettrait de le faire rapidement, et en toute discrétion. Je retrouvai Sam qui, perspicace, me demanda :

–     Elle t'a demandé de ne pas t'en mêler ?

           Je gardai la silence en guise de réponse.

–     Peut-être qu'elle n'a pas tort, lança-t-il tout en continuant de manger.

–     Il l'aurait fait pour moi. Lui rappelais-je.

–     En 45 peut-être, souligna-t-il avant de me demander : T'es sûr que tu as bien pris en compte toutes les options ? La plupart du temps, les gens qui veulent ta peau, veulent aussi la mienne.

           Sam n'avait pas tort dans ce qu'il disait. Je nous mettais en danger tous les deux, pour un Barnes, qui ne se souvenait probablement pas de moi. Après tout, j'avais vu que le conditionnement de Hydra pouvait totalement lui effacer ses souvenirs, et que même si nous nous étions connus par le passé, cela ne garantissait pas qu'il m'épargne. Il avait bien tué Howard après tout ce qu'ils avaient partagés durant la seconde guerre mondiale[7]. Même si nous étions plus proche, c'était tout de même un pari risqué. Néanmoins, c'était un pari que je souhaite prendre, puisque le Bucky que j'ai connu aurait pris tous les risques pour moi. Et je savais que si la situation était inversée, il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour me sauver la vie. Même si j'étais conditionné. Alors, je ne pouvais pas l'abandonner. C'était tout bonnement impossible. Surtout pas après ce que j’ai fait…

           C'est silencieux que je songeais à tout cela lorsque Sharon vient s'installer à nos côtés comme si elle ne nous connaissait pas. Elle regardait droit devant elle, comme si elle s'apprêtait à passer commande. C'est sans nous regarder qu'elle nous lança :

–     Les appels se multiplient depuis que la vidéo a été diffusée. Tout le monde a cru croiser le soldat de l'hiver, m'expliqua-t-elle. Beaucoup de bruit pour rien, mais ça, c'est du concret.

           Tout en me disant cela, elle m'avait donné une feuille cartonnée dans laquelle se trouvait des indications sur la localisation de mon ami. Je la pris l'air de rien avant qu'elle ne rajoute :

–     Mon patron organise un briefing dans une heure, c'est toute l'avance que vous aurez.

–     Merci, lui dis-je reconnaissant.

–     Il va falloir faire très vite, on a ordre de tirer, m'avertit-elle.

           Ils ont ordre de tirer, hein ? Et c'est ça que Tony appelait « récupérer en toute sécurité ? ». C'est du jolie. Dans tous les cas, Sharon avait raison, et le temps nous était plus que compté. Nous devions à tout prix retrouver le soldat de l'hiver avant qui que ce soit d'autres. Nous quittions donc le café, avant de nous rendre jusqu'au QuintJet que j'avais emprunté à Stark pour rejoindre Londres. Je savais, qu'une fois en mode furtif, il était totalement impossible de retrouver sa trace sur les radars y compris ceux du milliardaire. Nous volions jusqu'à Bucarest quand Sam me demanda :

–     Tu penses qu'on arrivera à l'avoir cette fois ?

–     On n'a pas d'autres choix que d'y arriver. Cette fois-ci, si on ne le fait pas, il risque d'y rester.

–     Prêt à devenir un criminel ?

–     Et toi ? Demandais-je embêté de le traîner encore une fois dans mes histoires. C'est mon ami, pas le tien. Et tu risques gros pour me venir en aide. Tu peux encore faire marche arrière, tu sais ?

–     Tu sais, c'est peut-être pas mon ami, souligna-t-il. Mais toi oui, et on n’abandonne pas ses potes quand ils ont besoins d'aide. Et puis, tu as besoin d'un pilote hors pair, car sans vouloir te vexer, on connaît tes compétences en aviation, et on n'a pas envie que tu finisse encore une fois congelé pour la prochaine décennie.

–     Très drôle, Sam. Mais je suis sérieux.

–     Mais je le suis aussi, Captain. Je ne t’abandonne pas, alors pas besoin d'essayer de discuter.

           Je me contentai d’acquiescer, car je savais que je ne pourrais effectivement pas le faire changer d'avis. Même avec les meilleurs arguments du monde. Pour cela, Sam était un véritable ami.


           Lorsque nous étions proche de notre but, nous sommes équipés afin d'être paré à toute intervention. Nous nous posions non loin de l'appartement de Barnes, en mode furtif, avant de nous y rendre aussi discrètement que possible. Lorsque nous prenions possession de l'appartement, celui-ci était encore désert et j'angoissais à l'idée de l'avoir loupé encore une fois. Le logement était modeste, et toutes les fenêtres étaient recouvertes de papier journal, afin de dissimuler au mieux ce qui se passe à l'intérieur, ainsi qu'empêcher tous les tris de sniper. Je trouvais ci et là quelques documents qui m'indiquaient qu'il s'agissait bien d'une planque du soldat de l'hiver. Sur son réfrigérateur, il y avait notamment un petit calepin noir duquel dépassait quelques marque page. Lorsque je l'ouvris, j'y découvris plusieurs photos de moi, ainsi que quelques annotations, qui devait sans doute lui servir à se remémorer tous ses souvenirs perdus. Ainsi, Rumlow n'avait peut-être tort lorsqu'il m'avait dit que des souvenirs lui était revenus durant l’effondrement du SHIELD. Mais alors que je commençais à peine à lire ce qui était inscrit dans le livret, Sam me prévient qu'une unité des forces spéciales étaient en chemin.

–     Entendu, répondis-je.

            Puis d'un coup, je sentis comme une présence dans mon dos. Et lorsque je me retournai, je vis Bucky qui me fixait l'air perdu. Je devais d'ailleurs avoir l'air aussi égaré que lui, puisque, je ne m'attendais pas à le voir ainsi. Je saisis ma chance et je lui demandai :

–     Tu me reconnais ?

–     Steve...Dit-il après un long silence. J'ai lu un topo sur vous au musée...

–     Le périmètre est bouclé, m'avertis encore une fois Sam.

–     Je sais que tu es sur tes gardes, dis-je en déposant le calepin sur la table. Et c'est normal après ce qu'il s'est passé. Mais tu mens...

–     J'étais pas à Vienne, se défendit-il, c'est des choses que je ne fais plus.

–     Ils entrent dans l'immeuble, continua de me presser le Faucon.

–     Des gens qui sont persuadés du contraire ne vont pas tarder à arriver, l'avertis-je. Et ils n'ont pas l'intention de te prendre vivant.

–     C'est bien, excellente stratégie, se contenta-t-il de me répondre, comme si tout cela ne le concernait pas.

–     Ils sont sur le toit, je suis grillé, me préviens Faucon.

–     On peut encore éviter l'affrontement, tentais-je de le raisonner.

–     Il faut toujours se battre, dit-il l'air exténué.

–     Cinq secondes ! Décompta Sam.

–     Tu m'as sauvé de la noyade, dis-je en espérant toucher un point sensible. Pourquoi ?

–     Je sais pas, répondit-il l'air perdu.

–     Trois secondes !

–     Si tu l’sais...

–     L’assaut est lancé !

           À ce moment-là, j’aperçus une grenade voler vers nous depuis la fenêtre. Je parai le coup avec mon bouclier, avant qu'une autre atterrisse au pied de Bucky. Il l'envoya dans ma direction, afin que je pose mon bouclier dessus, pour contenir l'explosion. Pendant ce temps, Barnes souleva le matelas pour se protéger d'un coup de feu, avant de jeter la table entre la porte et le mur, afin de condamner l'accès de l'appartement. Puis des hommes du SWAT entèrent par les fenêtres avant de nous tirer dessus. Barnes s'occupa de l'un d'entre eux, tandis que j'envoyais mon bouclier dans les jambes du deuxième, afin de le faire tomber. Alors que je le récupérai, un troisième homme entra par la porte, et j'eus à peine le temps de le désarmer que Barnes lui acensa un violent coup de pied dans l'abdomen. Ce coup aurait pu être fatal au policer, car il ne faut pas oublier que lui, tout comme moi, sommes des super soldats et qu'il faut contrôler notre force lorsque nous frappions des êtres humains. Sans quoi, nous risquions de leur provoquer de graves lésions internes entraînant leur mort. Les êtres humains normaux sont bien plus fragiles que nous, il ne faut pas l'oublier. Et cette fois, nous combattons des policiers, et pas des mercenaires, ou des nazis. C'est ce que je voulu faire comprendre à Barnes. Je le l’attrapai par l'épaule en lui hurlant :

–     Non, arrête Bucky ! Tu vas tuer quelqu'un !

           Mais il avait fait volte-face, puis il me plaqua d'un geste au sol avec son bras métallique. J'esquivais le coup de poing qu'il m'envoyait en plein visage, avant que celui-ci n'ajoute en me fixant droit dans les yeux :

–     Je n'ai pas l'intention de tuer qui que ce soit...

           Puis il saisit un sac dissimulé dans le plancher qu'il envoya voler au loin par la porte ouverte qui donnait sur le balcon. Alors que je reprenais mes esprits, et que je réalisais qu'il n'avait pas voulu me frapper, un quatrième homme fit son apparition dans l'appartement et commença à nous tirer dessus. Mon ami se protégea avec son bras en métal, le temps que je me redresse pour nous dissimuler derrière mon bouclier en vibranium. Alors que nous reculions de quelques pas, un homme armé d'un fusil à pompe se posta à la fenêtre pour nous tirer dessus. Et avant que j’aie eu le temps de réaliser quoique ce soit, Barnes m'envoya valser, comme un vulgaire projectile, sur lui. Je tombai lourdement sur l'homme, et alors qu'il saisit son arme pour la pointer sur moi, je l’attrapai, et le désarma d'un geste. Je lui donnai un violent coup de poing au visage, afin que celui-ci perde connaissance. Je récupérai mon bouclier qui était au sol, avant de regagner l'appartement, qui était désert.

Je compris, aux vues du bruit, qu'ils se trouvaient désormais dans la cage d'escalier. Alors que je franchissais le seuil de la porte, j'entendis un homme à terre appeler des renforts. Comme nous n'avions pas besoin de ça, j'attrapais son Talkie-walkie dans les mains, afin de le réduire en miette. Par la suite, je descendis le plus rapidement possible, afin de rejoindre mon ami qui acensait des coups violents aux différents adversaires qui s'opposaient à lui. Et contrairement à ce qu'il m'avait dit, même s'il n'avait l'intention de tuer personne, il risquait d'y parvenir. C'est ainsi que je rattrapai de justesse un homme qui passait par-dessus la balustrade, avant de l’éjecter contre un mur. Je ne pus m'empêcher de sermonner Bucky sur sa négligence, et il se contenta de me lancer un regard perplexe avant de partir comme une furie. C'est après avoir désarmés deux policiers qui allaient me tirer dessus, que je parviens à le suivre à l'étage en bas. Alors qu'un homme allait faire feu sur mon ami avec un fusil à pompe, je lui envoyai mon bouclier en plein visage ce qui lui fit perdre immédiatement connaissance. Barnes me lança à nouveau un regard perdu, avant de sauter dans le vide, pour se rattraper quelques étages plus bas grâce à son bras métallique. Quant à moi, je défis mon bouclier qui s'était planté dans un mur avant de partir à sa nouveau à sa poursuite. Après avoir éliminé tous les hommes qui se trouvait son mon chemin, je parviens à le rattraper. Je l'aperçus sur un toit, en face de moi, en train de se battre avec un homme tout vêtu de noir. Le saut était particulièrement haut, et je savais qu'il me serait très difficile d'atteindre ce toit sans prendre de l'élan. Seulement, mon ami était en difficulté, puisqu'il était à découvert face à un homme qui savait visiblement se battre. Je préviens Sam de notre position, et pendant que j'étais en train de prendre de l'élan, celui-ci me demanda :

–     C'est qui l'autre ?

–     On va le savoir, dis-je juste avant d'effectuer mon saut.

           Mais alors que j’atterris sur le toit, j'entendis un hélicoptère voler à ma gauche. Seulement, je n'avais pas le temps de m'en occuper, puisque mon ami était en train de perdre face à l'homme au costume. Mais alors que je fonçais sur eux, je fus stoppé par des tirs de mini-gun qui provenait de l'hélicoptère. À mon plus grand étonnement, ceux-ci rebondirent sur le costume de l'étranger, qui devait donc être équipé d'une armure particulièrement puissante, puisqu'il s'agit de balle de très gros calibre. Des balles, que même l'amure High-tech d'Iron Man peine à stopper sans que l'ingénieur ne subisse des dégâts en dessous. Tout du moins, une gêne. Je demandai tout de même au Faucon de neutraliser l’appareil avant qu'il n'ait la moindre chance de toucher mon ami. Ce qu'il fit sur le champ. L'intervention de cet l'hélicoptère eu au moins le mérite de permettre à Barnes de reprendre le dessus sur son affrontement avec l'homme en noir, et de lui permettre de fuir. Je me lançai à mon tour à leur poursuite, et je sautai à mon tour de l'immeuble. J'amortis ma chute grâce à mon bouclier, et je continue ma traque. Afin d'éviter les tirs en rafale de l'hélicoptère, mon ami sauta dans un tunnel de rocade qui était très fréquenté. Pour ne pas perdre sa trace, je l'imitais tout comme l'homme en noir. Une course poursuite effrénée se lança au milieu des voitures, et je fus surpris de constater que cet inconnu courrait tout aussi vite que moi et Barnes. Ce qui était relativement étonnant, puisque le sérum nous donnait une vitesse approximative de 45km/H, ce qui équivalut à la course d'un athlète de très haut niveau. Si je ne sais pas qui est cet homme, tout laisse à penser qu'il a reçu un sérum de super soldat également. Et, cela ne présage rien de bon quant à son affiliation. Puisque tout laisse à penser qu'il ne fait pas parti du groupe d'intervention allemand. Je pencherais plus pour Hydra, ou pour ce fameux Phénix, dont les mercenaires nous ont parlés. Dans tous les cas, il n'est pas ici pour conter fleurette.

           Alors que nous continuions de nous poursuivre dans le tunnel, une voiture de police arriva jusqu'à ma hauteur en nous sommant de nous rendre. Comme elle me rattrapait sans mal, je décidai de sauter dessus avec mon bouclier, ce qui força la voiture à s'arrêter. J'attrapais l'homme au volant avant de l'éjecter du véhicule, et après avoir dégagé le pare-brise défoncé d'un coup de pied, je démarrai la voiture afin de reprendre ma traque. Je ne tardai pas à avoir Barnes en visu, et à dépasser l'homme en noir. Seulement, celui-ci sauta sur mon véhicule. Je tentai, en vain, de le dégager. C'est pourquoi, je contactai Sam pour qu'il vienne me filer un coup de main. S'il me répondit qu'il était là, je ne tardai pas à constater qu'il n'était pas seul, puisqu'une horde de policier nous suivait. Afin de décrocher l'intrus, et d'en réduire un peu le nombre, j’écrasai ma voiture contre celle qui me serrait, afin de faire perdre le contrôle au conducteur. Seulement, si je parvenais à bousculer le véhicule de police, mon passager clandestin lui restait bien agrippé.

Soudain, je vis Barnes changer de voie, car en face de lui, il y avait un barrage policier. Je l'imitais de justesse sans qu'aucune voiture ne parviens à m'imiter. Ce qui n'était pas étonnant, puisque le timing étant très serré, il fallait quasiment des réflexes surhumains pour y parvenir. Nous n'étions plus que trois, Barnes, l'homme en noir et moi dans cette traque. Et comme mon ami se trouvait à pied, j'avais toutes les chances du monde de pouvoir le rattraper grâce à ma voiture. Seulement, je dû parler trop vite, ou peut-être l'avait-il senti aussi, puisqu'il se saisi d'une moto d'un geste agile avant de reprendre sa fuite. Je savais que s'il parvenait à prendre trop d'avance, avec un si petit véhicule, il pourrait nous semer bien plus facilement. J’appuyai donc sur l'accélérateur tant que je l'avais dans mon champ de vision espérant pouvoir le rattraper. Mais alors qu'il changea encore une fois de voie, ce que je craignais était en train de se produire. Il prenait de l'avance sur moi, sans que je ne parvienne à l'atteindre. C'est à ce moment-là que l'homme en noir bondit de ma voiture pour atteindre mon ami, qui se trouvait à quelques mètres de moi. Je les vis s'affronter, mais heureusement Barnes parvient à le repousser tout en restant sur la moto. À terre, je l’esquivai de justesse, puisqu'il avait failli finir sous mes roues.

Une fois débarrassé de ce parasite, je pouvais continuer ma traque tranquillement. Enfin, ça c'était sans compter sur Barnes qui balança un explosif sur le plafond du tunnel qui le fit s'effondrer. Mais alors que le toit était en train de me tomber dessus, je vis l'homme en noir fondre à toute vitesse sur la moto de Barnes avant qu'ils ne tombent tous les deux au sol. Quant à moi, je tentai de manœuvrer du mieux que je pu mon véhicule pour ne pas être enseveli sous les décombres. Sachant que je ne pourrais y parvenir, je m’extirpai du véhicule avant de courir en ligne droite pour esquiver la voiture qui faisait des tonneaux derrière moi. C'est donc concentré, que je couru dans la direction des deux adversaires qui se battait au sol. Je plaquai l'homme en noir sur le sol. Et alors que nous nous redressions prêt à en découdre, une horde de voiture de police ne tarda pas à nous encercler. Je fis signe à Barnes de ne pas bouger, car j'avais compris que nous étions cernés, et que toute résistance serait futile. D'autant plus que j'entendis le bruit d'une armure voler haut dans le ciel. Ce fut War Machine qui se posa à quelques mètres de nous, pointant ses armes sur nos visages, en nous disant de sa voix robotique :

–     C'est terminé, rendez-vous.

           Je rangeai mon bouclier dans mon dos avant de lever les mains en l'air. Bientôt imité par Barnes. Rhodes me déclara avec ironie :

–     Félicitations, Captain, vous êtes en état d'arrestation.

           Les unités d'élite se lancèrent tout de suite sur Barnes, avant de le forcer à s'agenouiller, et de le menotter. Ils virent ensuite me passer les menottes à mon tour, avant d'en faire de même avec Sam. Quant à l'homme en noir, il rétracta ses griffes en acier[8] avant d'enlever son masque. Lorsqu'il le retira, je reconnu cet homme. Il s'agissait de la personne avec laquelle Natasha avait discuté à Vienne un peu plus tôt dans la journée.

–     Votre altesse, s'exclama War Machine perplexe.

           Je ne mis pas longtemps à comprendre de qui il s'agissait. Il devait être le fils, ou le petit fils de T'Chaka, le roi du Wakanda qui a perdu la vie dans l'attentat de Vienne. Ce qui explique pourquoi il tenait tant à tuer Barnes. Il ne s'agissait que d'une vengeance, et cela n'avait rien à voir avec Hydra ou le Phénix. En tout cas, Sam, le souverain du Wakanda, et moi, étions embarqués dans un wagon blindé, tandis que, Barnes était séparé de nous. Rhodes vient nous avertir que nous serions escortés jusqu'à Berlin, où se trouvait le conseil d'action des accords de Sokovie. Il nous prévient que Tony, ainsi que Natasha, nous y attendraient en compagnie du secrétaire d’État. Et je savais que cette rencontre allait être très compliquée. Et cette impression se confirma avant même que nous soyons arrivés. Puisque durant le trajet, après m'être renseigné sur la composition de l'armure du Wakandien, celui-ci m'expliqua qu'il comptait bien se venger de Barnes pour la mort de son père. Ce qui n'était pas de bon augure, puisque s'il exigeait une extradition dans son pays, cela nous serait très difficile de refuser. D'autant plus que je n'ai plus mon mot à dire maintenant que je suis devenu un criminel. Et une fois extradé dans son pays, il pourrait le tuer de la façon dont il lui plaira sans que personne ne puisse rien y faire. C'est sur cette idée qui me glaça le sang que nous arrivions enfin à la base où nous attendait les autres Vengeurs.


           Lorsque le van s'ouvrit, je constatais qu'on nous laissait relativement libre de nos mouvements, bien que sous haute surveillance, mais, en revanche Barnes était amené quelque part toujours enfermé dans sa cellule blindée. Je m'approchais des agents de la CIA qui nous servait de comité d'accueil dans lequel je pouvais trouver Sharon. N'ayant aucune envie de compromettre son poste en la mêlant à mes histoires, je fis comme si je ne la connaissais pas, et je m’adressai au petit homme vêtu d'un costume gris qui devait probablement être le chef. Je le questionnai alors sur un ton quelque peu agressif :

–     Qu'est-ce que vous allez faire de lui ?

–     Exactement comme pour vous, me répondit-il sûr de lui. Après des entretiens avec un psychiatre, il sera extradé.

–     Evrett Ross, commissaire exécutif à l'anti-terrorisme, me précisa Sharon l'air gêné comme pour me faire comprendre qu'il s'agissait de son supérieur.

–     Et pas d'avocat ? M'enquis-je ce qui fit sourire le petit homme en face de moi.

–     Vous avez le sens de l'humour, pensa-t-il bon de rajouter. Enfermez leurs armes en lieu sûr. On vous donnera un reçu, rassurez-vous.

–     Vous n'avez pas intérêt à ce que j'en voit passer un devant la fenêtre avec mes ailes, les avertis Sam.

           Quant à moi, j'étais plus inquiet pour mon ami, et cette histoire d’extradition que pour mon bouclier. Je lançai un dernier regard à Bucky qui semblait perdu et inquiet quant à ce qui pouvait lui arriver. Lui qui avait déjà vécu tant de misère, pourquoi devait-il subir une telle épreuve, aujourd'hui encore ? Lui qui avait toujours été une personne droite et bonne que ce soit envers moi, ou envers les autres. Une personne dotée d'un grand courage, et d'une morale à toute épreuve. Une personne qui, à mon goût, avait déjà bien trop souffert aux mains de Hydra, et qui avait payé sa bravoure à un prix très élevé. Pourquoi fallait-il que le destin s'acharne autant sur lui ?

           Mais alors que j'étais plongé dans mes pensées, le commissaire repris la parole pour nous expliquer les commodités de notre emprisonnement :

–     Vous aurez droit à un bureau, en guise de cellule. Soyez assez aimable de ne pas en sortir.

           Et alors que nous le suivons sagement, Natasha marcha jusqu'à nous avant de venir se poster à mes côtés. Elle me déclara avec un air de moral :

–     Pour ta gouverne, c'est ça que j’appelais nous compliquer la tâche.

–     Il est vivant, me contentais-je de répondre.

           Car, oui, à mes yeux c'est tout ce qui comptait. Et même si cela leurs avaient compliqués la tâche, cela m'importait peu. J'avais réussi à sauver mon ami, et qu'importe le prix que cela me coûtera, je serais disposé à le payer. Parce que je n'avais plus rien, je ne pouvais pas abandonner les quelques personnes qui comptait encore pour moi. D'autant plus pour signer quelque chose auquel je ne croyais pas.


           Seulement, je semblais être le seul avec Sam à ne pas croire en ces accords. Puisque, lorsque nous arrivions dans les bureaux, qui nous servaient accessoirement de prison, nous trouvions Stark au téléphone. Je me figeai quelque instant en l’apercevant. Car, c'était toujours aussi douloureux de le voir depuis notre rupture. Je me surpris à le détailler du regard, comme si c'était la première fois que je l'apercevais. Il était assis sur un fauteuil en cuir noir, avec les jambes croisées, et un air agacé peint sur son visage. Ses cheveux, qui avait la couleur du jais, étaient impeccablement coiffé ce qui lui donnait un style soigné. Un look capillaire qui collait, comme toujours, parfaitement à sa tenue élégante. Car, il était vêtu d'un costume noir, duquel il s'était débarrassé de sa veste. Et sous son veston, on pouvait voir qu'il portait une chemise à la blancheur éclatante, tandis qu'une cravate rouge venait égayer le tout. Mais je ne pus le contempler plus longtemps, puisqu'il me tira de mes songes lorsqu'il annonça tout haut en me fixant :

–     Des suites ? Évidemment qu'il y aura des suites. Avant de se couper un bref instant, puis il ajouta contrarier : Y a pas de soucis, vous pouvez me citer puisque je l'ai dit. Ce sera tout ? Au revoir, Monsieur.

           Puis il marcha dans notre direction à Sam et moi. C'est, paradoxalement, assez heureux de le voir, que je lui demandai avec une pointe d'amusement dans la voix :

–     Des suites ?

–     Le secrétaire à demander à ce que vous soyez jugés, dit-il l'air sûr de lui, fallait le calmer.

–     Pas question que je récupère le bouclier ?

–     On considère qu'il appartient au domaine public, m'expliqua la Veuve Noire avant de préciser : Les ailes aussi.

–     C'est dur... Réagit Sam.

–     Moins que la prison, nous rappela immédiatement Tony.

           Puis, Tony et Natasha nous ont montrés nos cellules improvisées. Il s'agissait de simple bureau avec des vitres en verre tout ce qu'il y a de plus banal. On pouvait, cependant, apercevoir de nombreux gardes un peu partout qui nous surveillait du coin de l’œil. Avant que j'entre dans le bureau en compagnie de Sam et du souverain Wakandien, Tony m’attrapa par le bras. Il me dit d'une voix qu'il voulait le plus neutre possible :

–     Captain, vous pouvez me suivre dans un bureau ? J'apprécierais que nous puissions parler en privé.

–     Si tu veux.

           J'avais accepté son invitation sans la moindre hésitation. Espérant avoir enfin une discutions sérieuse avec lui, notamment au sujet des accords de Sokovie, mais aussi de Barnes. En effet, lorsque nous avions rompu, je l'avais laissé croire que j'avais des sentiments pour lui. Mais j'ai peur, qu'aujourd'hui, ce mensonge ne fasse qu'envenimer les choses. Et qu'il se méprennent sur la raison de mes actions. Alors, pour une fois, il est tant que je prenne mon courage à deux mains, afin de réinstaurer un peu de vérité entre nous. Je me tournais alors vers l'ingénieur qui m'ouvrit un bureau.

–     Tony...écoute...Bafouillais-je.

–     Tu permets que je revienne dans quelques minutes ? J'ai un truc à aller chercher. Tu veux quelque chose, un café par exemple ? Me demanda-t-il d'une traite, sans prendre la moindre respiration.

–     Heu, non merci. Répondis-je perplexe face à cette attention qui ne lui ressemblait pas.

           Il quitta donc le bureau me laissant seul. Alors que je commençais à faire les cent pas, mon regard fut attiré par les écrans qui se trouvait à quelques mètres de moi. Je pouvais y voir Barnes, attaché dans sa cage, comme un vulgaire animal, entouré par quelques soldats au cas où il souhaiterait s'enfuir. Ce fut à ce moment-là que le milliardaire ouvrit la porte en déclarant d'une voix feinte d’enthousiasme :

–     Vous voulez voir quelque chose de sympa ?

           Lorsque je me retournais, je constatais qu'il tenait un petit étui dans sa main droite, tandis qu'il avait sa veste sur son bras gauche.

–     J'ai trouvé ça dans les archives de mon père, souligna-t-il. Ça m'a paru d'actualité.

           Un petit silence s'installa tandis que je regagnais le siège qui se trouvait juste en face de moi. L'ingénieur quant à lui déposa sa veste nonchalamment sur un fauteuil avant de m'imiter. Il posa l'étui ouvert en face de moi, et je constatai qu'il contenait des stylos plumes. Il dû voir mon air ahuri, puisqu'il m'expliqua alors :

–     Roosevelt a signé le décret sur l'aide au pays ami avec ces stylos en quarante et un. Un soutien à nos alliés aux moments où ils en avaient le plus besoin, dit-il comme un message subliminal.

–     Ce qui a amené notre pays à entrer ensuite en guerre. Dis-je pour lui rappeler qu'une signature peu avoir de lourdes conséquences.

–     Et sans cela, vous ne seriez pas là, dit-il après un long silence comme s'il avait cherché et pesé ses mots. Puis, il étouffa un petit rire nerveux avant d'ajouter avec un brin de panique dans la voix : Je fais un effort...je…Comment dire ? C'est comme une colombe blanche...Un symbole, hein ?

           Il se mordit ensuite le doigt comme pour contenir son stress et son angoisse. Cette attitude, je la connaissais par cœur, car dès qu'il avait quelque d'important à dire. Il perdait tous ses moyens, et se laissait subjuguer par ses émotions. Un comportement que je trouvais adorable, puisque c'était les seuls moments où le grand Tony Stark semblait fragile. Constatant qu'il me dévisageait avec angoisse, je décidais de mettre fin à ce silence qui s'était installé entre nous :

–     Tony, je vois bien que tu fais des efforts, et je t'en suis très reconnaissant...

–     Mais ? Me coupa-t-il avant que j’aie eu le temps de prononcer quoique ce soit.

–     Mais, je ne regrette pas ce que j'ai fait. Je ne pouvais pas laisser mon ami mourir.

–     Ton ami, hein ? Dit-il en se relevant du fauteuil et en commençant à faire les cent pas à son tour.

–     Écoute Tony, je sais ce que tu t'imagines sur lui et moi, mais...

–     Que j'imagine ? S'offusqua-t-il immédiatement. Je n'imagine rien ! Vous me l'avez dit !

–     Je sais, mais, je t'ai mentis Tony...

–     Tu m'as mentis ? Demanda-t-il méfiant.

–     Oui...je...C'était plus simple de te dire ça, parce que, sinon tu ne m'aurais jamais cru.

–     Et, je ne vous crois pas effectivement. Vous et Barnes, vous avez partagés beaucoup de...comment dire...D'aventures ensemble. Dit-il l'air soudainement plus calme. Vous avez...C'est normal que vous soyez devenus…plus proche, Ok ? Ce n'est pas grave.

–     Non, Tony, écoute, notre rupture n'avait rien à avoir avec le fait que j'aime Barnes, dis-je en pesant mes mots. Je ne l'aime pas.

–     De toute façon que vous l'aimiez ou pas, ça ne change plus rien maintenant. Nous sommes séparés, et quel qu’en soit la raison, c'est ainsi. Que ce soit parce que vous l'aimez... Ou que vous ne m’aimez plus, dit-il hésitant, avant d'ajouter d'une voix plus confiante : Vous savez Captain, je sais que je ne suis pas un cadeau. C'est vrai. Dit-il avant de se murer quelques secondes dans le silence. Puis, il ajouta comme pour changer de sujet : Mon père était du genre pénible aussi, mais ça fonctionnait pas mal avec ma mère dans ses bons jours.

–     C'est bien qu'Howard se soit marié, précisais-je gêné par le fait qu'il évoque son père. Il était célibataire quand on s'est connu.

–     Ah oui ! Feint-il la surprise. Vous vous connaissiez. J'avais oublié ce détail, mentit-il délibérément. Pourtant, il ne manquait jamais de le rappeler.

           Je ne pouvais qu'imaginer à quel point Howard pouvait être fier de m'avoir connu, et surtout à quel point il serait déçu aujourd'hui. Notamment de la façon dont j'ai traité son fils, ainsi que des mensonges que je lui sers sur sa mort. Puis, c'est en enfilant sa veste qu'il ajouta empreint de nostalgie :

–     Ah, ce que j'ai été jaloux...

–     Je ne voulais pas te mettre en difficulté, lui assurais-je.

–     Je ne vous crois pas, vous êtes beaucoup trop polie pour ça.

–     Quand je vois qu'une situation dégénère, il faut que j'intervienne, me justifiais-je. Je m'en passerais bien pourtant.

–     Non, se contenta-t-il de me répondre froidement.

–     Non, c'est vrai, admis-je en ayant conscience que je ne pourrais jamais rester les bras croisés. Puis je repris : Il y a des jours où...commençais-je avant d'être coupé par Stark.

–     Où j'écraserais bien mon poing sur votre magnifique dentition, dit-il sur un ton qui trahissait la colère qui l'animait. Mais je n’ai pas envie que vous arrêtiez. On a besoin de vous, Captain.

           Je pouvais voir dans son attitude que cela lui coûtait de me dire ça. À quel point, il avait envie de me hurler son chagrin, mais qu'il se sentait obligé de le contenir, afin d'éviter que la situation n'échappe à son contrôle. Car, j'avais bien compris le but de cette entrevue, elle n'avait que pour seul et unique objectif que de me faire signer ce traité. Et comme pour confirmer mes pensées, il rajouta :

–     Il n'y a encore rien d'irrémédiable si vous signez. On peut encore passer l'éponge.

           Si ces accords sont aussi importants pour lui, après tout ce que je lui ai fait, peut-être devrais-je consentir à les signer. Avec quelques aménagements, peut-être que nous arriverions à limiter les dégâts. Et si par-dessus le marché, cela peut nous éviter à Sam et moi d'avoir des ennuis avec la justice, alors ce n'est que la cerise sur le gâteau. Devant mon hésitation, il me précisa d'une voix tremblante :

–     Barnes sera interné aux États-Unis, plutôt que dans une prison du Wakanda.

           Cet argument fit mouche bien plus que ce que l'ingénieur pouvait penser. Car, je repensais aux propos de T'Chala, le souverain du Wakanda. Il avait juré de se venger, et je savais que s'il était extradé là-bas, il ne reverrait jamais le soleil se lever. Alors, si la signature de ces traités, même s'il m'entravait dans ma mission de Captain America, pouvait sauver mon frère, cela changeait la donne. En guise de symbole à mon approbation, je saisi un des stylos que Tony avait apporté toute à l'heure. Plongé dans mes songes, je me levais les yeux rivés sur ce petit objet. Je ne pouvais pas signer ces accords tels quels. Après les avoir parcourus, il y a des éléments sur lesquels je ne saurais être d'accord. Et si on pouvait juste revenir dessus, alors, ma collaboration ne me semblerait pas aussi inimaginable qu'auparavant. C'est pourquoi, je lui déclarai :

–     C'est peut-être envisageable. Mais j'aurais besoin de garanties.

           Le visage de l'ingénieur sembla s'éclairer d'un seul coup, et il s'empressa de reprendre la parole.

–     Bien sûr, dès que la pression médiatique sera retombée, ces documents pourront être amendés. Et je proposerais que Wanda et vous soyez réintégrés.

–     Wanda ? Demandais-je surpris. Pourquoi Wanda ?

–     Elle va bien, elle est consignée dans notre base, me précisa-t-il l'air de rien. Vision lui tient compagnie.

–     Oh c'est pas vrai, m'emportais-je. C'est toujours pareil ! Chaque fois que je crois que vous avez compris quelque chose...

–     De quoi ? Me coupa-t-il. Cinquante hectares, une salle de projection, un couloir de nage, franchement on a vue pire comme protection.

–     Comme protection ? Demandais-je abasourdis par ce que j'entendais. Vous appelez ça de la protection ? C'est un internement oui ! Finis-je par cracher devant le mutisme de l'ingénieur qui voyait pourtant où je voulais en venir.

–     Elle n'est pas américaine, et on n'accorde de visa aux armes de destruction massive !

–     Mais enfin Tony ! Le coupais-je. Elle est jeune ! Ce n'est qu'une enfant !

–     Je ne veux plus en parler ! S’énerva-t-il. Je fais ce que j'estime nécessaire...Ce sont les risques qui l'imposent.

           Alors là, j'aurais vraiment tout entendu. Si j'étais prêt à signer ces accords, la façon dont Wanda allait être traité dedans n'était pas acceptable. Et pour rien au monde, je ne considère la jeune femme comme une arme dangereuse qu'il faut mettre sous clefs. Et je ne peux concevoir que Tony, ou même Natasha, et encore moins Vision, soient en accord avec ça. Je comprends mieux que Clint ait choisi la retraite s'il est au courant de ça. Comment peuvent-ils nous demander de rester unis si c'est pour nous traiter de la sorte ? Nous sommes devenus les Avengers pour protéger le monde, et jamais de la vie, je ne me retournais contre mes alliés à cause des risques potentiels qu'ils représentent. Et, je n'en reviens pas d'en revenir là avec Tony. Je pensais qu'il aurait compris après Ultron. On ne peut pas prévenir une menace, ni gagner une guerre qui n'a pas encore eu lieu. Mais on en revient toujours au même point à savoir la peur qui habite l'ingénieur. Cette peur viscérale qui l'empêche de dormir la nuit. Cette peur qui le paralyse dans tout ce qu'il entreprend, et qui le pousse à se retourner contre ses propres amis. Mais pire encore, à s'en prendre à une enfant. Car, Wanda est jeune et fragile. Après tous les drames qu'elle a vécus, elle se reconstruit peu à peu au sein des Vengeurs. Et si Tony l'enferme, comme une vulgaire criminelle, elle risque de replonger dans ses travers et pour de bon cette fois. Et je savais qu'il ne faisait pas ça parce que les risques l'imposent, mais parce qu'il a peur de ce qui pourrait se passer s'il ne fait pas. Parce qu'il a besoin de tout contrôler, et que si quelque chose dérape, il l'aura sur la conscience. Seulement, ce qu'il oubli, c'est que c'est en repoussant quelqu'un qu'il risque de basculer définitivement du mauvais côté. Et, c'est en tendant la main aux personnes dans le besoin qu'on peut tirer le meilleur d'eux-mêmes. C'est pourquoi je lui fis remarquer :

–     Vous essayez de vous en convaincre.

           Mais visiblement la répartie habituelle de Stark a pris congé durant cette conversation, puisque le silence fut sa seule réponse. Car, au fond, il sait que j'ai raison. Devant cette attitude navrante, je décidais de lui rendre son stylo, marquant ainsi un peu plus mon refus de signer.

–     Je ne veux pas les dépareiller.

           Puis, hors de moi, je quittai la pièce en étant cette fois certain de ma décision. Je ne signerais jamais ces accords.


A Suivre

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Bonjour à toutes et à tous,

J’espère que ce chapitre vous aura plu même s’il est très différent des autres puisqu’il reprend l’arc narratif du film Captain America Civil War. Pourquoi ? Car à mon sens c’est un des événements majeurs de la vie des Avengers, et l’un de mes préférés, c’est pourquoi j’ai tenu à ce qu’il soit dans le récit.

Bien entendu, ici, vous n’avez droit qu’à l’action du point de vue de Captain America. De ce fait, vous avez droit à certaines scènes qui ne sont pas dans le film ainsi qu’à ses pensées les plus intimes suites aux événements.


N’hésitez pas à me dire si cela vous a plu dans les commentaires !


Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée, et une bonne lecture !


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[1]Je sais que Clint n'est pas présent dans la scène de Civil War, cependant, dans ma fiction, en tant que Vengeurs, il est présent au même titre que les autres.

[2]Je ne suis pas sûr de cette référence ! Je crois qu'il fait référence à un célèbre groupe de motards faisant parti du crime organisé aux États-Unis. Toutefois, si ce n'est pas le cas, je vous prie de m'excuser de la confusion !

[3]Référence Chapitre VIII : une fragile convalescence.

[4]Ici, Steve est déjà au courant du lien de parenté entre Sharon et Peggy. Réf chapitre V : La femme de sa vie.

[5]Référence au chapitre XI : Une photo de famille.

[6]Référence Chapitre IX : Ensemble, nous tenons... pour son identité dévoilée ainsi qu'au chapitre IX : Une photo de famille pour les actes de ses sbires à Berlin.

[7]Dans les comics, et le cas échéant dans cette fiction, Captain America, ainsi que Barnes et le commando Hurlant ont partagés de nombreuses missions ensembles. Dont celle de secourir Howard Stark qui s'était fait kidnapper par des soldats allemands en compagnie de sa femme, ou dans cette fiction, celle qui deviendra, par la suite, sa femme. Dans cette fiction, Howard et Maria n'était donc pas fiancé à l'époque où Captain America les a connus. Ils se fianceront des années plus tard.

[8]Ici, il est précisé que les griffes de Black Panther sont en acier. Toutefois, il ne s'agit pas d'une erreur de ma part, mais de celle de Captain America. Effectivement, toute cette histoire se base de son point de vue. Ainsi, ignorant la personne qu'il a en face de lui, il ne sait pas que son costume est fait de vibranium.

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