L'Enfant de Kyne

Chapitre 0 : Prologue : La Guerre Draconique

Par francis115

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NB : J'ai corrigé quelques fautes, ajouté des mots qui manquaient et un lexique à la fin pour traduire les mots en langue draconique.

La première version du chapitre avait des espaces qui rendaient la forme du texte étrange à l'oeil. Bonne (re)lecture !




La Guerre Draconique



En des temps immémoriaux, bien avant le Troisième Empire des hommes, les Nordiques de Bordeciel vénéraient les dragons comme des dieux. Ces derniers exerçaient une domination violente sur les Nordiques qu’ils traitaient comme des esclaves, de la nourriture et même des sacrifices en leurs noms. Leurs ombres obscurcissaient les vallées, leurs colères réduisaient les villages en cendres et leurs Voix seules pouvaient soumettre les hommes. Nul ne pouvait échapper à leur domination.


Leur volonté était exercée par les prêtres-dragons : des Nordiques triés parmi les plus puissants, qui montraient de très grandes aptitudes guerrières et magiques. Ils avaient le pouvoir de manier les éléments et de plier la réalité à leur volonté. Leur magie pouvait réduire des terres à néant, fendre le ciel et la mer. Quiconque s’opposait à eux était détruit, la peur dominait le cœur des faibles qui n’avaient d’autre choix que de s’incliner. Reconnus pour leur puissance, ils dirigeaient les masses au nom de leurs maîtres draconiques et tiraient leurs pouvoirs, ainsi que leur autorité, des masques qu’ils portaient. Ils avaient été créés par la magie des dragons et conférés à leurs plus fidèles serviteurs. Ainsi, les prêtres-dragons étaient vus comme la représentation humaine de la volonté des dragons. Le Culte draconique était le maître absolu de Bordeciel.


  Au-dessus de tous, régnait un être d’essence divine, un dragon aussi vaste qu’une montagne et aussi noir que la nuit elle-même. On disait que son apparition pouvait obscurcir le soleil. Lui seul nommait les prêtres-dragons, leur accordait sa bénédiction et dirigeait les dragons. Tous lui obéissaient aveuglément car il incarnait le Pouvoir, la Destruction, la Mort et la Désolation. Alduin était le nom de ce dragon tyrannique. Son nom figurait également dans les vieux contes nordiques que les pères racontaient le soir à leurs enfants pour les éduquer sur leurs origines. Dans les légendes nordiques, Alduin était connu sous le nom du Fléau des Rois et le Dévoreur des Mondes. Chaque monde terminait et commençait par lui.


  Pourtant, même les dragons ne purent étouffer à jamais le désir de liberté animant les hommes depuis le Premier Âge. Les Nordiques de Bordeciel se rebellèrent contre leurs maîtres tyranniques et s’organisèrent en masse pour gagner leur liberté. Paarthurnax, frère d’Alduin, prit les humains en pitié et leur enseigna la langue draconique, le Thu’um, la Voix, les Cris, une forme de magie canalisée à travers la voix pour leur permettre de se battre contre les dragons d’égal à égal. Ainsi la Guerre Draconique opposant les humains aux dragons vit le jour. Les humains, grâce à l’enseignement de Paarthurnax, avaient enfin une chance de se battre et de gagner leur liberté. Les plus talentueux dans la Voix se faisaient appeler les Langues et les plus célèbres d'entre eux qui menaient la rébellion étaient trois : Hakon le borgne, Felldir l’ancien et Gormlaith Lame-dorée. La Guerre Draconique culmina au sommet de la Gorge du Monde, la plus haute montagne de Tamriel, où les trois héros nordiques confrontèrent Alduin dans un ultime combat.


Il neigeait en ce jour fatidique. À la Gorge du Monde, Hakon le borgne courait d'un pas lourd tandis qu’un dragon le poursuivait depuis les cieux.


Gormlaith ! Nous manquons de temps ! La bataille…


Il fut interrompu par l'atterrissage du dragon à quelques mètres de lui. Le choc manqua de peu de le faire vaciller. La créature ailée se dressa sur ses quatre pattes et commença à parler.


Daar sul thur se Alduin vokrii. Aujourd’hui, la seigneurie d’Alduin sera restaurée. Mais j’honore ton courage. Krif voth ahkriin. Meurs maintenant, en vain !


Hakon serra les dents et dégaina sa hache de guerre.


Pour Bordeciel !


Le dragon ouvrit sa gueule dont le fond se mit à briller d'une lueur écarlate qu'Hakon ne connaissait que trop bien.


YOL... TOOR SHUL !


Une gerbe de flammes écarlates sortit de la gueule du monstre et menaça de réduire le guerrier nordique en cendres.


FEIM... ZII GRON !


  Le Thu'um d'Hakon le rendit transparent et les flammes le léchèrent sans lui provoquer la moindre brûlure. Il leva sa hache et la fit tournoyer, puis, au moment de retrouver son apparence humaine, l’abattit sur le museau du dragon. Il fut tranché en deux et sa tête s’abattit sur le sol. Le dragon tenta de lui donner un coup de griffe mais Hakon l’évita tout en retirant sa hache de sa chair écailleuse. Il en profita pour sectionner l'une de ses pattes avant. Le dragon poussa un rugissement de colère mêlé à de la douleur.


Maudits mortels !


Un autre Cri se fit entendre, il provenait d'une femme derrière lui.


WULD... NAH KEST !


  Gormlaith Lame-dorée s’était propulsée dans la bataille. Grâce à son élan, elle parvint à grimper sur la tête du dragon et à se positionner entre ses cornes et sa nuque.


Sache que c’est Gormlaith qui t’a envoyé à la mort !


  La jeune femme à la chevelure dorée plongea sa lame puis dessina un arc de cercle d'un mouvement latéral vers la droite. Du sang s’échappa de la plaie et le dragon ne prononça plus un mot. Seuls des soupirs agonisants se firent entendre lorsque son corps s’effondra. Gormlaith, vêtue de son armure d'acier, essuya sa lame et vint à la rencontre de son frère d’armes. Son expression resplendissait de joie et de fierté à l'idée d'avoir terrassé une bête aussi imposante que mythique.


Hakon ! Une journée glorieuse, n’est-ce pas ?


N’as-tu donc aucune pensée au-delà du sang sur ta lame ?


La guerrière nordique rigola d'un air triomphant.


Qu’y a-t-il d’autre ?


La bataille en contrebas se passe mal. Si Alduin ne relève pas notre défi, je crains que tout ne soit perdu.


Tu t’inquiètes trop, mon frère. La victoire sera nôtre !


  Hakon vit Felldir l'ancien s'approcher d'eux, se tenir à côté de Gormlaith et caresser sa barbe grise d'un air inquiet.


Et Miraak ? demanda Hakon au vieux sage.


Il ne viendra pas.


Hakon poussa un soupir.


Sa présence aurait pu faire la différence.


Il faudra faire avec notre maîtrise de la Voix. Ce sera suffisant.


Pourquoi Alduin reste-t-il en retrait ? Nous avons tout misé sur ton plan, vieil homme.


Il viendra. Il ne peut ignorer notre défi. Et pourquoi il nous craindrait, même maintenant ?


Nous l’avons bien blessé. Quatre de ses semblables sont tombés sous ma lame seule aujourd’hui, dit Gormlaith d'un air triomphant.


Mais aucun n’a encore affronté Alduin lui-même. Galthor, Sorri, Birkir…


Ils n’avaient pas Fendragon ! trancha Gormlaith. Une fois que nous l’aurons fait tomber, je te promets que j’aurai sa tête !


Tu ne comprends pas. Alduin ne peut être tué comme un dragon inférieur. Il est au-delà de nos forces.


Si seulement Miraak était parmi nous… marmonna Hakon dans sa barbe brune.


Felldir toucha de son bâton d'ébène l'objet doré cylindrique fixé à son dos par une bandoulière en cuir.


C’est pourquoi j’ai apporté le Parchemin des Anciens.


Felldir ! s’exclama Hakon. Nous avions convenu de ne pas l’utiliser...


Je n’ai jamais été d’accord. Et si tu as raison, je n’en aurai pas besoin.


Non. Nous nous occuperons d’Alduin nous-mêmes, ici et maintenant !


  Ils furent interrompus par un rugissement assourdissant qui résonna au loin, il fit même trembler le sol et changea le sens de la chute de neige. Il ne pouvait provenir que d’un dragon en particulier. Alduin.

Gormlaith sourit de plus belle.


Nous verrons bientôt. Il approche.


Qu’il en soit ainsi, dit Felldir d'un ton ferme.


  Bien plus bas, au sol, un prêtre-dragon fit pleuvoir des boules de feu et des éclairs de foudre écarlate sur des humains. Aucun ne survécut à l’exception d’une Langue qui avait rendu son corps transparent en Criant. Le prêtre-dragon leva le bras pour préparer un nouveau déluge mais il s’arrêta lorsqu’il entendit le rugissement de son maître. La Langue vit une opportunité, une occasion de le défaire, elle leva sa hache et se précipita sur le prêtre-draconique.


Meurs, sorcier !


  Le prêtre ramena son attention à l’humain et parvint à le brûler vif en brandissant un bâton qu’il tenait d’une main. La Langue cria de douleur et s’effondra en cendres. Le sorcier reporta son attention aux cieux puis s’inclina en voyant l’ombre de son maître obscurcir la vallée où il se trouvait.


  Dans les régions d'Haafingar, de Morthal, du Clos et d'Estemarche, la guerre faisait également rage. Les Langues affrontaient les prêtres-dragons tandis que les dragons incendiaient villes et villages. Puis, le rugissement d’Alduin retentit et, partout, les armées s’immobilisèrent. Les dragons cessèrent de battre des ailes et inclinèrent la tête vers la Gorge du Monde. Dans les forêts d’Epervine, Paarthurnax observait le ciel d’un air perplexe et inquiet à l’encontre de ses amis mortels au sommet de la montagne. Il craignait d'avoir conduit les hommes vers leur perte. Dans tout Bordeciel, le combat s’était arrêté momentanément puis reprit de plus belle. Le moral des troupes du culte était revenu mais les humains et les Langues restaient infaillibles, ils devaient tenir les légions d’Alduin occupées le temps de l’affrontement qui aurait lieu au sommet de la montagne.


  Alduin arriva à pleine vitesse à la hauteur du pic de la Gorge du Monde et vit les trois nordiques. Tout en restant en l’air, il baissa légèrement d’altitude et les dominait par sa taille gargantuesque.


Faas ! Yu krif zu'u ? Zu'u los thur !


Sa voix résonnait en écho dans toute la montagne, comme si le ciel grondait et que la foudre allait s'abattre sur les trois humains. Alduin ouvrit sa gueule et commença l'hymne de son Thu'um destructeur.


STRUN... BAH GOLZ !


  Au son de sa Voix, le ciel s’assombrit puis une roche enflammée tomba du ciel et s’écrasa quelques mètres derrière les trois héros. Ensuite, d’autres vinrent s’écraser à proximité et une autre manqua de broyer Gormlaith. Alduin avait aussi décidé d’en finir et il avait choisi de concentrer ses pouvoirs de destruction sur la Gorge du Monde.


Que ceux qui nous observent depuis Sovngarde nous envient en ce jour ! cria Gormlaith.


  Puis tous trois unirent leur Thu’um en un seul.


JOOR... ZAH FRUL !


  Une vague bleue frappa Alduin de plein fouet qui rugit de douleur à son contact. Ce Cri frappa au plus profond de lui-même. Il sentit que son âme avait été touchée. Pour la première fois depuis l’aube des âges, Alduin éprouva quelque chose qui n’aurait jamais dû exister dans son esprit : la mortalité. Il sentit une force le tirer vers le sol et il s’y écrasa. Durant sa chute, quelques roches enflammées frappèrent ses longues ailes. Il ne pourrait pas voler pendant un moment mais même au sol, il restait un adversaire redoutable. Il tomba dans la vallée où se trouvaient les trois héros.


Comment de simples mortels ont-ils pu… ? s’exclama-t-il en ressentant une blessure profonde dans son ego. Nivahriin joore ! Qu’avez-vous fait ? Quels mots tordus avez-vous créés ?! Tahrodiis Paarthurnax ! Mes crocs à sa gorge !


  Alduin se releva sur ses quatre pattes malgré la douleur provoquée par sa chute, les pierres et le Cri qui l’avaient arraché aux cieux.


Mais d’abord… dir ko maar. Vous mourrez dans la terreur en connaissant votre destin final… Pour nourrir mon pouvoir quand je viendrai pour vous à Sovngarde !


Si je meurs aujourd’hui, ce ne sera pas dans la terreur ! rugit Gormlaith en brandissant son épée. Tu ressens la peur pour la première fois, ver de terre ! Je la vois dans tes yeux. Bordeciel sera libre !


  La guerrière chargea vers la gueule d’Alduin tandis que Felldir et Hakon se mirent à crier pour détourner son attention.


LOK... VAH KOOR !


Le Cri du vieillard dissipa la pluie de roches apocalyptiques et calma les cieux qui retrouvèrent leur sérénité malgré le chaos qui se dessinait ici-bas.


IIZ... SLEN NUS ! Cria Hakon en tentant de geler les quatre pattes d’Alduin dans la glace.


  Alduin s’était cabré pour éviter que ses pattes avant ne subissent le même sort que ses pattes arrière. Quoiqu’il en soit, il parvint à éviter la tentative de Gormlaith de grimper sur sa tête pour empaler sa nuque. Voyant Felldir et Hakon approcher, leurs armes à la main, il baissa sa tête vers le sol.


GOL !


  Un simple mot de puissance à l’attention de la terre elle-même qui trembla. Elle obéissait à son commandement et se remodela pour immobiliser Gormlaith en l’étreignant dans la roche. La jeune femme retrouva à sa merci.


Gormlaith ! hurla Hakon voyant que le pire se réalisait.


  Mais trop tard. Même prisonnière dans la roche, elle continuait de rire en traitant Alduin de ver de terre. Elle ouvrit une dernière fois la bouche pour entonner un dernier Thu’um contre Alduin mais ce dernier avait déjà refermé sa mâchoire sur sa tête. La terre libéra son corps sans vie qui tomba au sol repeignant la neige d’un rouge macabre.


Non, maudit sois-tu !


Hakon se résigna à annoncer ce qu'il redoutait.


Ça ne sert à rien ! Utilise le Parchemin, Felldir ! Maintenant !


  Tandis qu’Alduin commençait à s’intéresser à Hakon et à se dégager de l'étreinte glaciale, Felldir prit le cylindre et le déroula. Le duel entre Alduin et Hakon fit rage, tous deux s’échangèrent des Cris faisant trembler le sol. Hakon évita ses morsures de justesse mais chaque coup de hache qu’il lui assénait rebondissait sur ses écailles et ses bras s’engourdirent. Pendant ce temps, Felldir commençait un rituel.


Tiens bon, Alduin aux Ailes ! dit-il en lisant le parchemin. Soeur Faucon, accorde-nous ton souffle sacré pour que ce contrat soit entendu !


FUS... RO DAH !


L'onde de choc violente générée par la Voix d'Hakon lui permit d’échapper à l’étreinte mortelle de la patte d’Alduin en la repoussant.


Disparais, Dévoreur des Mondes ! Par des mots aux os plus anciens que les tiens, nous brisons ton perchoir sur cet âge et t’en expulsons !


YOL... TOOR SHUL !


Alduin cracha du feu vers Felldir, il commençait à comprendre que le vieux mage préparait quelque chose de terrible mais, pour Hakon, il était hors de question de laisser son vieux compagnon d'arme sans défenses.


GOLZ NIN ALOK !


Le Cri du barbare eut pour effet d’élever une roche depuis le sol pour former une barrière de pierre protégeant Felldir des flammes mortelles. Alduin profita du moment d’inattention d’Hakon pour le griffer. Il tailla son armure et lacéra sa chair. Hakon fut projeté au pieds de Felldir qui n’arrêta pas son chant. Le coup d’Alduin avait réussi à lui briser les os de sa cage thoracique. Il cracha du sang et commença à s’étouffer.


Tu es banni ! Alduin, nous te crions hors de toutes nos fins jusqu’à la dernière !


  A ces mots, le sol trembla et le ciel se déchira. Un éclair bleu marine, émanant du rouleau doré, frappa Alduin qui se retrouva prisonnier dans une sphère d’énergie. Elle brillait d’un éclat si aveuglant que Felldir eut l’impression de discerner la silhouette d’un homme, un guerrier vêtu d’une armure qui ne semblait pas appartenir à leur époque. Il avait l’air d’un fantôme qui observait la scène à travers une fenêtre. Non loin de là, le borgne était mourant, le duel avait presque eu raison de lui. Quant à Alduin, il ressentit l’impression qu’on l’enchaînait à quelque chose et qu’on le tirait vers un lieu inconnu. Un lieu hors du temps. Il sentit ses forces le quitter peu à peu.


Faal Kel… ? il avait désormais perçu la présence du Parchemin des Anciens. Nikriinne… Zu'u los Alduin. Tiid-Nah. Thur se Dov. Je suis le Premier-Né du Temps ! Je reviendrai misérables mortels…


Mais ses dernières paroles furent arrachées par le vortex dans lequel il s’engouffra.


Tu es banni !


Felldir rangea le Parchemin des Anciens et le fixa rapidement à sa bandoulière. Il chercha ensuite du regard le guerrier mais il n'était plus là. Était-ce un phénomène visuel déclenché par l’utilisation du Parchemin ? Peu lui importait désormais. Il chassa cette pensée et reporta son attention sur Hakon qu’il soigna à l’aide de sa magie. Le guerrier se releva tant bien que mal, ses os demeuraient douloureux, son souffle restait court mais il n’était plus en danger de mort.


Ça a marché… dit Hakon en toussant légèrement. Tu l’as fait…


Oui, répondit le vieil homme. Le Dévoreur des Mondes est parti… que les esprits aient pitié de nos âmes.


  Hakon s'agenouilla auprès du corps de Gormlaith et la neige recommença à chuter. Alduin avait disparu, pourtant la guerre n'était pas terminée. Les dragons rugissaient encore au loin et les flammes consumaient toujours Bordeciel.


Était-ce une victoire ?


Je l’ignore.


La neige continua de tomber sur la Gorge du Monde.




Lexique des Mots de Puissance et traduction des dialogues draconiques du chapitre



Mots de Puissance (par ordre d'apparition) :












Traduction des dialogues draconiques (par ordre d'apparition) :












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