[Domicile de Bette et Tina]
Difficile de passer à coté de la chambre conjugal sans entendre les éclats de voix d’une dispute agitées. A l’intérieur, le couple de déchirait depuis 45 mns
- Tu m’avais promis qu’il ne resterai qu’une semaine, la seconde est déjà bien entamée et il est toujours là !
- C’est mon père, je ne peux pas le mettre à la porte !
-Ce n’est pas ce que je te demande, j’en ai juste assez de faire semblant…
Et Tina aussi en avait marre de jouer les colocataires. Le problème ne les laissait plus en paix même en l’absence de son père dans la maison. Déjà distante ? Impossible, elle venait de retrouver Bette et ne souhaitait qu’une chose ; passer le restant de ses jours avec. Il fallait que Kenneth reprenne sa place… et vite.
Bette finit son sermon avant de sortir en claquant la porte.
[Domicile de Shane et Jenny]
Bien décidée à savoir à quel point Jenny était impliquée dans la mésaventure entre elle et Molly, Shane patientait depuis plusieurs jours afin de questionner sa colloc. Comme par hasard, celle-ci avait pris grand soin de ne pas la croiser, partie au levée, endormi à son retour. Cette fois ci, Shane resta éveillée et sa montre indiquait 3h29 quand la clefs, triturant la serrure, la sorti d’une légère somnolence. Jenny hésita un instant sous l’effet de la surprise puis referma enfin la porte derrière elle. Croyant s’en tirer à bon compte, elle continua son chemin jusqu’à la cuisine, déposant ses affaires sur la table avant de s’arrêter net au son de la voix de Shane, sèche et déterminée :
- Jen…Je sais que tu n’es pas du genre à faire mal, à blesser gratuitement. Mais je suis persuadée que tu as quelque chose à voir avec cette histoire… J’ai besoin de savoir pourquoi
Shane était toujours assise sur le canapé. Derrière elle, elle pouvait aisément imaginer le malaise de Jenny face à la question qu’elle semblait fuir depuis plusieurs jours. Shane pensait enfin obtenir une réponse, trouver un moyen d’oublier ce sentiment de trahison mais elle ne répondait toujours pas. Elle ouvrit alors un peu plus son cœur en lui faisant partager l’émotion vécu ce jour là mais toujours aucun signe de rédemption. Elle se retourna alors pour enfin affronter le regard de Jenny mais ne trouva personne. Sans écouter quoi que se soit, cette dernière avait rejoint sa chambre.
[C.U]
Assise à son bureau, Bette n’en finissait pas de ces projets en retard. Elle s’octroya une pause… vite interrompu par la sonnerie du téléphone qu’elle décrocha en prenant son temps.
- Bette !
- Alice ?
- Tu te cache ou quoi ?
- Tu sais toujours où me trouver pourtant…
- Tu as oublié ! Encore ! ?
Le temps de silence ne vint que confirmer la théorie d’Alice qui poussa un soupir de découragement…
- On devait manger ensemble ce midi mais il va falloir que je me contente d‘un monologue.
- Ce qui ne changera pas beaucoup
- Ah Ah ! Tu crois que c’est le moment de blaguer ? !
- Ok…Je suis vraiment désolée, j’ai tellement de boulot sur les bras..
- A d’autre !
- Pardon ?
- Ca fait plusieurs jours que tu t’enferme dans cette université
- ………………..
- Beau papa est encore là ?
- Il semble faire partie de la maison, je ne sais plus quoi faire. Je ne me vois pas lui demander de partir !
- Tu es chez toi non ?
- Tina ne me pardonnerai pas…
- On peut en discuter…Tu me rejoins ?
- Non j..
- Bette ! Tu dois sortir de là !
- Je vais le faire ! Mais je ne suis pas assez sociable pour venir, demain peut être ?
- Ok… tiens moi au courant, bye.
- Bye.
En raccrochant le téléphone Bette sourit à l’amitié que lui apportait Alice, toujours la première à s’inquiéter de son bien être même si elle se savait parfois de mauvaise compagnie. Elle s’adossa un moment contre sa chaise, avant de se lever pour atteindre la porte. Alice avait raison, il lui fallait un peu d’air.
[Rue de L.A]
- Maman Maman ! Quand est-ce que tu reviens nous voir ?
- Très vite mon chéri, soit gentil avec ta sœur d’accord ?
Encore un câlin tendre devant l’entrée du restaurant dans lequel Helena, Peggy, Wilson et Yun venait de partager un moment avant de se redresser pour faire face à sa mère. C’est sans surprise que Peggy constata le changement radical de sourire à son intention.
- J’ai passé un bon moment merci.
- Ce fut un plaisir Helena, à bientôt.
Peggy observait sa fille partir avec l’impression d’avoir fait le bon choix. Elle avait longtemps hésité à appeler sa fille afin de la faire profiter un peu plus de ses enfants. Winnie avait toute confiance en Peggy et cédait souvent à sa demande de visite. En constatant à quel point les 2 enfants s’ennuyaient de leur autre mère, elle décida de les amener directement à elle, en les faisant évidemment promettre de garder ça pour eux.
Ceci dit et devant la joie d’Helena à revoir ses enfants, Peggy s’interrogeait sur son étrange manière d’éviter tous sujet épineux. Son propre retour dans cette ville, le changement dans leur relation mère-fille mais surtout le « dossier » Bette Porter. Peggy ne pouvait pas s’en empêcher, à chaque rencontre, à chaque conversation portée sur la fondation ou même l’art, Bette venait sur le tapis. Helena semblait s’en être accommodé mais cette fois ci, sa réaction fut plus confuse, son regard fuyant après une flamme vive décelée dans ses yeux. Les mères sont souvent les dernières à connaitre l’étendu exacte des relations ou des détails sensibles de la vie de leur enfants mais Peggy avait cette faculté à ressentir sans peine les émotions de sa fille. Elle laissa tout de même ce thème de côté pour en revenir à une conversation plus simple.
[Le Planet]
Comme à chaque coup de blues ou coup de gueule, Bette se dirigeait encore une fois dans les bras de sa sœur, la seule qui paraissait pouvoir réconforter tout en donnant une leçon de moral si celle-ci était nécessaire. Douce mais impartiale, Kit était celle vers qui se tourner. Cependant, son absence au Planet fut une déception pour Bette qui finalement, dans l’intimité du bureau se confia à Helena.
- Comprends là, elle vient à peine de retrouver son père, laisse lui le temps, je suis sûre qu’elle fera le bon choix.
- Oui tu as sûrement raison, mais quelque chose me gène dans le fait qu’elle hésite à se dévoiler. Tina a beaucoup changé… Elle est plus forte, plus éloquente plus…
- Plus amoureuse de toi que jamais, ne fiche pas tout par terre pour quelques semaines de passages à vides.
- Justement… au départ je pensai qu’elle ferait son coming-out simplement, entre deux discutions, en tâtonnant le terrain autour d’un sujet mais… Elle semble…
- Et si elle n’avait pas envie de le faire ? Que son père reparte sans savoir, qu’Est-ce que ca changerai ?
Bette soutint son regard un moment avant de secouer la tête en soupirant.
- C’est juste que… que son père sache n’est pas la question… j’aimerai qu’il parte de chez nous, que nous retrouvions notre vie de famille.
- Ce qui est normal m..
- Mais pas elle.
- Qu’Est-ce que tu insinue ?
A la recherche de ses mots, Bette prit une grande inspiration
- J’ai l’impression qu’elle fait tout pour qu’il reste… et que ce n’est pas dans simple but de le garder près d’elle…
Helena ne savait comment réagir devant une telle détresse, elle s’avança lentement pour la prendre dans ses bras, se voulant forte et amicale malgré ses sentiments. Une approche plutôt timide au départ, puis l’étreinte se fit plus intense. Savourant l’instant, Helena ne se vit même pas déposer ce baiser sur sa joue puis dans son cou jusqu’à ce qu’elle ressente les mains de Bette s’immiscer… l’effet fut instantané et il semblait que cette fois ci rien ne les empêcheraient d’aller jusqu’au bout de leur attraction. La peau d’Helena glissait entre les doigts de Bette comme de la soie, elle avait rêvé si souvent de ce moment qu’enfin elle se sentait libéré. Helena leva les bras afin que Bette lui ôte ce T-shirt et contemple son corps, elle s’autorisa ensuite aux caresses manifestement espérées.
Sans s’en rendre compte, l’Anglaise reculait doucement, heurtant le bureau, elle en profita pour s’assoir dessus, l’attirer toujours un peu plus contre elle en la bloquant entre ses jambes. Bette continuait de la déshabiller désireuse de finir ce qu’elles avaient commencés il n’y a pas si longtemps. Ce corps lui semblait si parfait qu’elle resta encore un moment à l’admirer. Risquant une combustion spontané, Helena la ramena à la réalité en l’embrassant fougueusement, la suppliant par la même occasion de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Bette comprit le message et se plaça au mieux pour atteindre son but. Helena agrippa les hanches de Bette avec fermeté en passant ses jambes autours d’elle puis relâcha enfin son souffle dans un gémissement de délivrance au touché de Bette. Cette dernière fut d’ailleurs surprise de la fermeté avec laquelle Helena gratifiait son dos. Cet effet soudain lui fit prendre un rythme plus soutenu et la réaction en chaine ne fut que plus plaisante. Helena perdit enfin tout contrôle et Bette n’aurait voulu manquer ça pour rien au monde. Juste à temps, elle se redressa légèrement pour chercher son regard, une facette qu’elle voyait pour la première fois chez son ancienne rivale, un moment de faiblesse et d’abandon qui la porta pratiquement à l’orgasme alors que sa maitresse savourait le sien.
Helena se détendait enfin contre Bette, reprenant son souffle, ses esprits.
Elle sentait pourtant un changement dans le comportement de son « appui » la tête enfuis au creux de son cou. Les spasmes parcourant le corps qu’elle agrippait maintenant tendrement, ne laissait aucun doute quant à l’état d’esprit dans lequel Bette se trouvait.
L’épaule d’Helena fut rapidement trempée de larme et Bette pleura ainsi un bon moment avant qu’Helena ne l’oblige à la regarder. La voir perdre tout contrôle lui aurait surement plu à une certaine époque mais à cette instant elle sentit son cœur se déchirer. Elle descendit de son perchoir avant de la serrer de nouveau contre elle.
3 mois plus tard…
Tina 1 ère personne :
La sincérité, la fidélité, l’engagement, la famille… 4 mots qui forment un carré protecteur, aux barrières que je voulais infranchissable. Pourtant elles n’ont jamais tenues… Je suis là, seule, encore honteuse de mes choix. Nous ne sommes pas faite pour être ensemble… il fallait que je parte… n’Est-ce pas ?
Alice 1 ère personne :
Le commérage, la curiosité, l’attention, l’humour… 4 mots parmi d’autre mélangés au milieu d’une sphère où parfois ils s’entrechoc. Tout à tellement changé en si peu de temps ici, je n’arrive pas à comprendre quoi que se soit, Shane est partie… Jenny reste enfermer des jours entiers… Tina est partie elle aussi… Bette semblait perdue jusqu’il y a peu, sa nouvelle « forte amitié » avec Helena comme elles aiment la qualifier (Quand les gens arrêteront -t-ils de me prendre pour une blonde écervelée !), lui redonne du peps…Moi je me sens privilégié auprès de Tasha… la tempête est passée, profitons du beau temps.
Jenny 1 ère personne :
Intelligence, folie, blessures, masque… 4 mots qui forment un carré… un losange tiens pourquoi pas… tu parles d’une fantaisie… des bâtons posés les uns à la suite des autres pour composer une forme ressemblant au carré juste pour éviter de voir que l’on tourne en rond…Ne pensez pas que je divague… Il est vrai que parfois je suis incapable de me suivre moi-même… des choses restent encore à élucider dans mon esprit… Mais sans Elle tout me parait impossible…
Shane 1 ère personne :
Règle, autorité, sagesse, sentiments, implication… tant de mots qui me font peur, peur au point de me lancer. Pour la première fois de ma vie de me sens libre. Il m’a fallut du temps et de nombreuses douleurs pour comprendre que j’avais besoin de distance. Je l’ai rejointe, un autre pays, une autre langue, d’autre meurs. Elle a comprit et pardonné…
Bette 1 ère personne :
L’attraction… l’amour… l’amitié… tellement de point commun dans ses mots qui forment un triangle aux limites floues et parfois changeantes.
J’ai cessé de chercher une stabilité, un contrôle, une raison à chaque chose notamment sur mon avenir… j’ai cru longtemps que tout était écrit, qu’il y avait une règle simple qui fallait suivre, comme les lignes blanches d’une route. Finalement j’ai finis par comprendre, comprendre qu’il n’y avait pas de schéma ou même de mode d’emploi, l’amour frappe peut importe sa forme.
Une contraction simple de deux prénom suffisait à Alice pour désigner un couple, donnant une application nouvelle à son site internet. Les deux constellations en relation du moment formaient un nouveau prénom, comme une nouvelle identité… Tashalice… Sholly (que je trouvais particulièrement ridicule…) et puis Tibette… Le cercle de connaissance pouvait aussi apporter son appréciation sur les couples « en vigueur », une de ses inventions encore… Il suffisait de cliquer sur un petit symbole pour approuver ou désapprouver cette union… entre nous l’idée un peu déplacée que quelqu’un puisse juger notre vie privée est révoltante et vous renvoie en pleine figure ce que les gens pensent de vos choix. Comme si je pouvais y porter un intérêt quelconque…Ceci dit… j’ai moi-même hésité à cette page, devant ces deux icones :
Tibette -- or not Tibette ?
Le curseur de ma souris ne paraissait pouvoir se poser nulle part…
Jusqu’à ce que je créer une nouvelle ligne, un nouveau lien me rattachant à Helena… psychologiquement déroutant au départ mais enfin ma main se décida, traversant le « Tibette » pour enfin s’arrêter sur « or not ».
Note de l'auteur : Cet épisode est donc le dernier de cette histoire et je me doute que beaucoup seront déçue par une fin pareil mais je la ressentais comme ça. Ca me permettra aussi un jour de reprendre une suite ;) Merci d'avoir pris le temps de découvrir cette histoire !