Crepusculum Deorum

Chapitre 4 : Une nouvelle vie?

1044 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/02/2020 20:12

Décidé à clarifier la situation le héros déclina son identité :

— Je suis Link, c'est moi qui suis responsable de tas défaite, je ne savais pas que la blessure que je t'avais infligée avec l'épée de légende avait saboté tes pouvoirs.

Ganondorf sous le coup de cette révélation, son ami d'infortune étant son ennemi le plus redoutable, lui aussi resta silencieux un moment, dévisageant longuement son élève, il reconnu le héros derrière ce visage rayé de cicatrices et tout comme Link, il ria aux éclats. Link se mit à lui raconter ce qui lui était arrivé après sa victoire et comprit qu'il était devenu méconnaissable à cause des tortures des gardiens.


Durant leur période de séquestration nos amis n’auraient pas pu se reconnaître par la voix, en effet lors de leur première rencontre à l’inverse des coups ils n’avaient échangé que très peu de mots et ce dans un environnement bruyant. Ajoutons les privations jointes aux sévices, cela ne manque pas de changer quelque peu les physionomies physiques et mentales de chacun. Et bien que Link fût responsable de sa défaite aucun mauvais sentiment ne naquit en Ganondorf à cause de ses nombreuses années d’amitiés avec lui passées dans les ténèbres les plus profonds d’Hyrule. Il avait développé pour Link une certaine tendresse paternelle. Ganondorf proposa à Link de l'accompagner jusqu'à la cité Gérudo, là-bas en qualité de roi, il pourrait lui terminer son apprentissage et ce serait pour Link l'occasion de démarrer une nouvelle vie. L'intéresser refusa poliment, il souhaitait retourner vivre paisiblement dans un village d'Hyrule. Son vieil ami lui dit que sa porte lui serait toujours ouverte et ils se séparèrent en bon terme.


Link ne pouvait pas utiliser le portail des ténèbres sans s'y perdre alors il prit la route à pied vers le village cocorico avec l'intention d'y travailler. Le voyage fut long et fatigant mais l'idée que désormais tout se passerait bien l'encourageait. Quelque mois plus tard il arriva pendant le marché qui se tenait sur la place au centre du village, les gens avaient l'air heureux et sympathique. Il s'approcha d'un marchant et lui demanda s'il ne cherchait pas de la main d'œuvre. Le marchand recula de terreur et cria à la foule au secours qu’un monstre l’attaquait. Il pointa du doigt Link, les gens se retournèrent sur lui et l'examinèrent. Passé le moment de surprise des rires et des moqueries se firent entendre dans la foule.

— Regardez-le ! Ça c'est un bon spécimen, un vrai phénomène.

Les traits d'esprit et les jeux de mots allaient bon train, les enfants se permettaient de le bousculer, il en évita un, celui-ci tomba dans la boue et se mit à pleurer, sitôt les blagues se transformèrent en insulte. Le père du gamin l'agrippa en proférant des menaces :

— Qui t'a permis de toucher mon gosses ? Sale monstre !

— Je ne l'ai pas touché, je ne suis pas un monstre, laissez-moi tranquille se défendit Link tout en se débâtant.

Ils se battirent tout deux, Link prit rapidement le dessus, après un crochet bien placé sur la mâchoire de son adversaire celui-ci perdit une dent. Il s'écarta en titubant et cria à l'aide qu’il se faisait agresser par le ce monstre hideux, qu’on n’allait tout de même pas tolérer qu’une telle horreur fasse la loi dans le village.


On agrippa Link et on le rossa comme sait si bien le faire une foule. Link se débâtait furieusement et en effet un spectateur lointain non averti aurait pu croire à un monstre. Puis au milieu de l'émeute un anonyme eu l'idée de crier :

—Au puits ! Jetons-le dans le puits !

Aussitôt la troupe trouva que c'était là une merveilleuse idée, ils se mirent tous à scander :

— Au puits ! Le monstre au puits !

Ils le balancèrent dans le puits sous les hourras puis la foule se dispersa en riant. Dans sa chute Link manqua tout juste de se briser les jambes il s'en tira avec une douloureuse entorse au pied droit. Il appela à l'aide, mais les passants firent mine de ne rien entendre ou au mieux ils crachèrent dans le puits.


En observant le fond du puits Link fut prit d’une terrible crise d’angoisse, le cœur comprimé comme dans un étau. Il suffoquait, sa vision se troublait, et il avait la tête ballotté par un fort vertige. Il devait cette crise au traumatisme de ses années de séquestration car ce lieu ressemblait trop aux cellules du château. Il mit des heures avant de se calmer. 


La nuit tombée, la place du village déserte, après mainte tentative d'escalade des parois humides Link réussit à s'extirper. Adossé au puits il restait là haletant. Avec la buée qu'il générait dans le froid sec, les traits horribles de son visage souligné par le clair de lune, vêtue de sa tunique de prisonnier noirci et le silence troublé de ses sanglots, il avait vraiment l'air d'un monstre, d'une bête. Poussé à bout il cria

— Je vous hais ! Tous autant que vous êtes ! Je vous hais tous ! Je vous hais !

Suivie d'un cri de profondes amertumes qui s'étendit sur de longues secondes, porté par l'écho des rues vides. Mais il n'était pas le héros pour rien, alors que chacun d'entre nous à ça place aurait abandonné toute combativité, se serait laissé échoué sur la place attendant la mort, lui se releva, partit du village et prit la route pour la cité Gérudo retrouver son vieil ami. Sur le chemin il fut percuté violemment par un noble à cheval, écartes toi de mon chemin sale gueux vociféra-t-il sans s’arrêter. Le voyage fut long, malgré certains pouvoirs magiques qui l'aidèrent dans son périple et non sans rencontrer de nombreux dangers, il mit une année et demie avant d'arriver devant les portes de la ville Gérudo.



Laisser un commentaire ?