The Legend of Zelda : Le dernier Cataclysme

Chapitre 12 : Fait de sable et de rancœur

2080 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 25/03/2024 14:40

Il était assailli par mille visions et sensations à la fois : les parois d’une grotte étroite – l’étendue de sable qui paraissait sans fin - ses poumons qui lui brulaient aux heures les plus chaudes de la journée – les regards remplis d’horreur des femmes Gerudos à sa vue.

Il n’était qu’un petit garçon… et c’était bien là tout le cœur du problème. Et ça, il s’en était rendu compte dès son plus jeune âge. Les visons s’accélérèrent. Il entendit sa mère qui lui ordonna de fuir, il se vit courir dans le désert sans fin. Et les guerrières Gerudos le rattrapèrent et l’encerclèrent avant de lui asséner des coups. Le petit garçon perdait son souffle, il saignait abondamment, son être tout entier le faisait souffrir et il sentait la vie le quitter.

« Pourquoi me tuer ? Pourquoi ? Je suis le dernier espoir de ce peuple. Tenez-vous donc à vivre coincé dans ces régions arides ? »

Puis le petit garçon comprit ce qui poussait les guerrières à lui faire du mal. Il n’était plus un enfant frêle et effrayé. De son corps s’échappait un monstre infâme qui grossissait à vue d’œil.

 


Le jeune homme reprit lentement connaissance. Il avait un visage taillé à la serpe et un nez aquilin, ses longs cheveux d’un roux très foncé étaient attachés à son dos. Ses épaules étaient larges et son torse en partie laissé nu révélait une peau bronzés par plusieurs années de vie dans le désert. Il sentit ses muscles se détendre d’un coup et ses pensées s’éclaircir.

 Il s’était assoupi durant sa méditation, et il avait encore fait un de ces étranges cauchemars. Contrôlé des monstres lui demandait une grande quantité d’énergie, Ganondorf s’endormait couramment après cette délicate opération. Autour de lui, des murs en grès et en terre cuite ainsi que quelques bougies qui offraient un éclairage très faible. La pièce était encore fraiche à cette heure de la journée. Soudainement, il entendit une voix résonnée à l’intérieur de sa tête. C’était celle de Kotake, l’une de ses mères adoptives :

« Rends-toi à nos quartiers sans plus attendre. »

Le ton était catégorique et n’entendait pas de discussion, les Twinrowa le conviaient. Ganondorf se leva avec souplesse. Il sortit de sa salle de méditation et commença sa marche à travers le Temple de l’Esprit. Les sombres couloirs sans fin semblaient s’enchainer, mais il connaissait l’endroit comme sa poche et progressait avec aisance. Il atteignit finalement une salle baignée de lumière : les quartiers principaux. Ces derniers faisaient une centaine de mètres en longueur et en largeur. De grandes rangées de piliers passaient de manière symétrique aux abords de la pièce, et une gigantesque statue représentant la 9e Héroïne Gerudo était placée contre le mur de la façade ouest. C’était l’endroit le plus fréquenté du temple et il y régnait un genre de brouhaha permanent. En effet, des yigas ainsi que quelques femmes Gerudos vaquaient à leurs occupations dans ce temple devenu un véritable refuge. Ils transportaient des armements, entretenaient les lieux ou encore s’entrainaient au combat. Et tous l’admiraient.

On lui adressait des signes de tête, on baissait les yeux à sa vue, on lui jetait des regards empreint d’un profond respect, c’était manifeste, on l’admirait, voir même on l’idolâtrait. Ganondorf en avait conscience et appréciait s’amuser de ce pouvoir. Les yigas particulièrement étaient de véritables fanatiques et le voyaient comme une divinité. Ce qui en soit était le cas. Il était le seul détenteur de la Triforce de la force, le plus habile des guerriers, le plus perfide des sorciers, un meneur d’hommes charismatique. Et même si sa puissance n’était contestée de personne, il avait peur. Peur de ses mères adoptives les Twinrova. Si lui était admiré en ces lieux, les vielles sorcières du désert, elles, n’inspiraient que de la méfiance et de l’effroi.

Ganondorf atteignit le centre de la pièce, descendit des marches et se rendit proche de la gigantesque statue aux pieds de laquelle se trouvait une entrée. Devant lui la dernière ligne droite. Un énième long couloir aux murs de grès et de terre cuite, avec des rangées de piliers et un tapis rouge, ce qui donnait à ces lieux une certaine prestance. Au fur et à mesure que Ganondorf progressait, il sentit une odeur d’encens de plus en plus forte, jusqu’à arriver devant une grande porte fermée. Devant celle-ci, Ganondorf remarqua un visage familier, celui du chef des yigas, Kogha. Sa tenue rouge était salie par le sable du désert, il boitait légèrement et avait retiré son masque, révélant un visage aux traits fins. Son retour était inhabituel. Jusqu’à présent, il servait d’espion au sein même de la famille royale sous l’identité de Rainier, un vétéran de l’armée d’Hyrule. Plus personne n’avait de nouvelles depuis plusieurs jours, et il reparaissait pour la première fois depuis maintenant presque quatre ans. Le sang de Ganondorf ne fit qu’un tour : Kogha avait été démasqué. Il avait peut-être même vu le fameux chevalier servant ! 

Le chef des yiga baissa la tête avec une expression de honte en le voyant arriver.

« - J’ai été repéré mon seigneur. Je pensais pouvoir tuer ce gamin, il avait l’air si faible.

- Tu as rencontré le hér… »

Au même moment, la porte s’ouvrit avec fracas. Une soldate Gerudo fit irruption et les introduisit dans l’antre des sorcières du désert. La pièce était sombre et l’odeur d’encens devenus étouffante. Au fond de la pièce se trouvaient deux formes assises cote à cote. Leur visage n’était pas visible car encapuchonné sous un long drap noir. La voix légèrement rauque d’une vielle femme s’éleva alors.

« - Approchez. »

La porte se referma d’elle-même. Kogha fit quelques pas en avant et se mit à genoux. Puis les deux femmes enlevèrent leur capuchon, révélant deux visages presque identiques, avec une peau verdâtre et flétri. La seule différence reposait sur la couleur de leurs cheveux. Ceux si étaient littéralement constitués des éléments qu’elles maitrisaient : à gauche Koume, la sorcière du feu, et à droite Kotake qui maitrisait la glace.

« - Je viens à vous parce que j’ai failli à ma mission. J’ai mis en péril ma couverture pour tenter de tuer la princesse, mais j’ai été vaincu.

- Par le chevalier ? » s’écria Koume.

« - Il est donc devenu puissant si rapidement ! » compléta Kotake.

Ganondorf c’était pour sa part mis un peu à l’écart de la pièce et se tenait debout les bras croisés. Il était très curieux, et toute son attention se portait sur Kogha.

« - Non. En fait, la princesse voulait comme je l’avais dit dans de précédents messages partir accomplir son pèlerinage dans les trois grandes sources. J’ai voulu l’en empêcher et lui est donc tendu un piège pour tenter de l’assassiner.

 - Impossible que ça marche. Le fameux héros ne faillirait pas devant un simple yiga. » intervint Ganondorf.

« - Et pourtant monseigneur. J’ai failli en venir à bout. Il serait mort si cette guerrière Sheikah n’était pas intervenue. 

 - Tu dis que tu as failli l’assassiner ? » demanda Koume avec étonnement.

« - Son sang allait couler oui.

- Il est donc bien plus faible que prévu pour le moment » dit Kotake avec malice.

Ganondorf au contraire se renfrogna. Il s’ennuyait terriblement, et il souhaitait ardemment faire ses preuves. S’il se contentait d’écraser l’élu de la légende le moment venu, il n’en tirerait aucune gloire. Les sorcières avaient surestimé ce gamin.

« - Toujours est-il que tu as échoué. Nous n’avons plus d’informateur au sein du château. » se rembrunit l’une des sorcières.

« - Tu n’as plus le droit à l’erreur. Sinon tu sais ce qu’il t’attend. »

La menace ne laissa pas Kogha de marbre et il tenta en vain de réprimer un léger frémissement. Les sorcières du désert se tournèrent ensuite vers Ganondorf.

« - Nos deux ennemis ont enfin commencé leur voyage. Ils risquent de devenir de plus en plus dangereux. Mais la dernière source se trouve dans le désert Gerudo, et d’ici à leur arrivé, nous les occuperons. Ils n’ont aucune idée de ce qui les attend dans les sources du courage et de la sagesse. »

Kotake et Koume se regardèrent et rirent toutes deux, un peu à la manière de deux gamines qui préparaient un mauvais tour.

« - Le plan est simple. Tu tends un piège aux élus qui finiront tôt ou tard par venir. Tu en isoles l’un des deux.

- Et je le tue pour m’emparer de sa Triforce. » dit Ganondorf.

Kogha fit alors une remarque.

« - La dernière source est toujours sous le contrôle de la reine Gerudo. »

Sa remarque était désobligeante, mais tout à fait pertinente, Ganondorf le savait. Ils n’étaient que des clandestins. Ils avaient beau avoir réuni une petite armée de yigas et de rebelles Gerudos, tant que la reine était debout le désert n’était pas sous leur contrôle. Les Twinrova prirent un air solennel avant de s’adresser à Ganondorf.

« - Le moment est donc venu de passer à l’action.

- Nous nous y préparons depuis longtemps.

- Ganondorf, tu vas devoir faire tes preuves.

- Réunis une armée.

- Et pars pacifier le désert. La source de la force doit être à tout prix sous ton contrôle.

- Mais toi, contrairement à Kogha, tu n’as pas le droit à l’erreur. Tu es…

- Notre champion ! »

 


Les Twinrova avaient congédié Kogha et Ganondorf hors de leur quartier. Tout plein d’émotions animait le jeune Gerudo, et celle qui dominait, c’était l’impatience. Il avait carte blanche et allait mener une opération militaire de grande envergure. On l’avait chassé de la Cité Gerudo il y avait maintenant seize ans, il avait dû fuir ce qui lui servait de maison et abandonné sa mère biologique. Il avait couru dans le désert jusqu’à en perdre son souffle. Puis il eut alors trouvé le temple des sorcières et elles l’accueillirent. Elles avaient fait de lui un véritable guerrier, elles lui avaient appris à maitriser ses étranges pouvoirs, elles l’avaient alimenté avec leur haine, et très bientôt, il allait devenir leur poing armé. Ganondorf comptait bien chasser la Reine Gerudo afin d’accomplir la vengeance de ses mères adoptives, et aussi la sienne. Son peuple méritait bien plus que ce cruel désert. Et il était plus qu’irrité de voir une partie de ces fières guerrières se contenter de ses terres arides.

« – Monseigneur, avez-vous une stratégie en tête ? »

Ganondorf ne lui accorda pas un regard et continua sa marche tout en lui parlant.

« - Quelle question. Il n’y a pas encore de stratégie pour le moment. Réunis nos meilleurs éléments. Nous devons préparer cette opération, avec un plan efficace et le matériel nécessaire. Une guerre civile est sur le point de faire rage, nos ennemis n’ont encore aucune idée de ce qui les attends. »

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