POV Aiden
Je fronçai les sourcils en entendant ça, et jetai un coup d'œil à Vesemir, qui hocha la tête et parla en premier, disant calmement :
« Je remercie Sa Majesté pour cette proposition, mais nous serons obligés de... »
Mais Radovid leva la main et dit, d'un ton froid qui ne voulait rien entendre :
« Pas besoin de gaspiller votre salive, sorceleur. J'attends pas votre autorisation. Soit vous le faites, soit vous serez désignés comme des sorceleurs ayant travaillé pour Nilfgaard, et je vous assure que tout le Nord vous rejettera. Alors je vous redemande : vous acceptez, n'est-ce pas ? »
Nous étions restés silencieux à ce moment-là. Peut-être que j'allais un peu vite en besogne, mais voir un jeune homme massacrer son garde parce qu'il tremblait de peur face à la mort pas besoin d'être aveugle pour comprendre que celui qui se tenait devant nous était fou. Mais si, d'après ses propres mots, il avait été enseigné par cette manipulatrice de Philippa...
M'avançant, je souris faussement et dis :
« Vous avez raison, Votre Majesté. Mais comme vous le savez, même si nous ne pouvons pas refuser, vous devez y mettre le prix. Bien sûr, vous pouvez refuser mais même si je connais mal votre conseil, je suppose que, connaissant le monde de la noblesse, si le futur roi utilise son autorité pour forcer des étrangers à travailler sans les payer, ça fera tache à votre réputation. Et je suis sûr que Sa Majesté ne serait pas content si ça arrivait, n'est-ce pas ? »
Pour être honnête, même si c'était risqué, et que ça risquait de nous enfoncer davantage dans cette boue qu'est la politique, ça ne servait à rien de reculer. J'avais promis d'avancer, et je le ferais. Mener cette enquête me permettrait aussi de me renseigner sur l'état du monde, et surtout sur la guerre pendant le voyage, Vesemir m'avait raconté qu'apparemment, à la colline de Sodden, l'armée de Nilfgaard avait été repoussée, sauvant un point stratégique des royaumes du Nord, malgré de nombreuses pertes.
En tout cas, c'était surtout pour les informations. Même si Vesemir connaissait l'état du monde, il ne connaissait pas tout, surtout les décisions prises en haut lieu c'était quelque chose auquel je devrais réfléchir davantage à l'avenir.
Radovid resta silencieux un moment, puis dit, le visage impassible :
« Je devrais vous couper la langue, sorceleur, pour ce ton mais vous m'êtes encore utile. Très bien, vous aurez mille couronnes si vous trouvez la vérité sur le meurtre de mon père. Et sachez qu'il me faut des preuves irréfutables. »
Puis, sans attendre, Radovid retourna dans sa tente, disant :
« Dijkstra, soyez un bon serviteur, et donnez-leur les informations dont ils ont besoin. Au revoir, sorceleurs. »
Il entra dans sa tente. Dijkstra regarda celle-ci pendant plusieurs secondes ; je pouvais voir ses mains légèrement se serrer, sans qu'il ne dise rien. Il nous regarda, puis fit un signe de tête pour nous inviter à le suivre. On le suivit vers sa tente personnelle.
Sa tente était plutôt extravagante des tapis en peaux d'animaux parsemaient le sol, plusieurs vêtements traînaient ici et là, mais c'était surtout un lit d'assez bonne qualité et la grandeur générale de la tente qui ressortaient. D'un geste de la main, il désigna des chaises, où nous nous assîmes. Il prit alors une bouteille et dit, en servant trois verres :
« Alors, comment trouvez-vous notre nouveau roi de Rédanie ? »
Vesemir parla calmement :
« Je dirais assez spécial. »
Dijkstra posa les verres sur la table devant nous, but son verre d'un coup sec avant de s'en resservir un autre, et rit en disant :
« Oui, c'est ça, spécial... » Puis il nous regarda et dit : « Bien. Que voulez-vous savoir, avant de partir ? »
Vesemir commença :
« Pour commencer, que savez-vous, actuellement ? »
Dijkstra but une gorgée avant de reposer son verre, essuyant le vin de sa barbe, et dit calmement :
« Pour l'instant, l'assassin était un elfe au service de Nilfgaard. Ces enfoirés de Sudistes engagent souvent ces foutus elfes qui pensent que Nilfgaard leur donnera une terre comme leurs ancêtres. Mais de vous à moi, je suis sûr qu'il y a plus. »
Il fit tourner son verre et dit :
« Le défunt roi Vizimir était l'un des meilleurs souverains sage, charismatique et il s'est fait assassiner aussi facilement ? Foutaise. C'est comme demander à une catin de ne pas attraper une maladie, c'est impossible. Il y a plus dans ce complot, surtout que des rumeurs sur la princesse Cirilla se faisaient de plus en plus entendre du côté des mages à l'académie d'Aretuza le roi Vizimir voulait s'y rendre en personne pour vérifier lui-même. »
Je restai légèrement figé. Ciri n'était pas à Kaer Morhen ? Je regardai instinctivement Vesemir, qui évita mon regard. Je serrai légèrement les lèvres, serrant la main sous la table, cachant ma déception mêlée à une colère : personne ne m'avait prévenu. Je sentais bien que c'était sans doute parce que j'avais d'autres choses en tête mais le minimum aurait été de me prévenir.
Non, Aiden. Ne pense pas à ça tout de suite. Pour l'instant, c'est les informations, puis retrouver Ciri. T'en fais pas pour elle, je suis sûr qu'elle est devenue encore plus forte.
Regardant Dijkstra, qui observait notre silence, je dis :
« Vous croyez à ces rumeurs ? Après tout, voir la princesse de Cintra disparaître, c'est une aubaine pour tout le monde, non ? »
Il rit et dit :
« Bien sûr que c'est une aubaine après tout, peu de gens le savent, mais c'est vrai. Je suis sûr que Nilfgaard doit être au courant. Quant à nous, on a confirmé, grâce à ma propre source, que Cirilla était bien à Aretuza ce qui tombe parfaitement pour Sa Majesté Radovid. »
À ces mots, je serrai les mains plus fort, mais dis calmement, le visage impassible :
« Je vois... Pourquoi pensez-vous à un complot autour du défunt roi Vizimir ? »
Dijkstra me regarda en souriant et dit :
« Sorceleur, je fais ce métier de maître des renseignements depuis plus longtemps que vous n'êtes en âge de le comprendre. Alors même si Sa Majesté s'est fait assassiner aussi facilement, ce foutu elfe s'est approché bien trop aisément du roi, et l'a tué avec bien trop de facilité. Je suis sûr qu'il y a eu du soutien venant de ce fameux conseil dirigé par la célèbre magicienne Philippa Eilhart. »
Dijkstra se leva et dit calmement :
« Sorceleurs, connaissez-vous Philippa ? » Vesemir secoua la tête, pareil pour moi. Dijkstra ne dit rien de plus, puis reprit : « Philippa. Elle est aussi magnifique qu'une rose mais une rose a des épines, et ces épines-là sont empoisonnées. Sachez juste une chose : d'après mon expérience, et le résultat de ce qu'il est advenu de l'assassinat du roi, une seule personne en a profité : Philippa, qui, grâce à ça, a pu m'évincer progressivement du pouvoir, en inventant une excuse bidon pour éloigner le roi de la capitale et, ô coïncidence, le roi s'est fait attaquer en même pas une journée. »
Dijkstra posa les mains sur la table, nous regardant tous les deux, et dit :
« Voilà ce que je vous propose : avec le reste de mes amis, vous vous infiltrerez dans le laboratoire de Philippa, à Tretogor, et vous y trouverez des preuves. »
Vesemir posa une question :
« Et à quel point serons-nous protégés ? » Dijkstra rit et dit : « Vous ne serez absolument pas protégés. Si vous vous faites attraper, je ne vous connais pas. » Vesemir rétorqua froidement : « Donc, des pions sacrifiables. » Dijkstra haussa les épaules : « C'est pas moi qui ai demandé ça, c'est le roi. Alors, vous acceptez ce plan ? »
Vesemir me regarda, réfléchissant d'après mes souvenirs, Philippa était vaniteuse, arrogante, mais extrêmement intelligente, et je me doutais que Dijkstra se méfiait de nous aussi. Mais peut-être qu'on obtiendrait des informations importantes, et peut-être même l'occasion de forcer Philippa, si c'était vraiment elle, à au moins travailler avec nous. Si je devais me mettre en valeur pour lui montrer que je valais encore plus cher, ça pourrait être utile. Puis, me levant, Vesemir me suivant, je dis :
« Très bien. Comment on vous contacte ? »
Dijkstra hocha la tête et dit :
« Un petit oiseau vous parviendra à l'auberge de la Nuit Étoilée, dès que ce sera libre. »
Hochant la tête, je sortis de la tente avec Vesemir, mais je m'arrêtai avant de partir, regardant Dijkstra, qui observait notre départ, et dis :
« Petite question : pour la princesse Cirilla, que se passerait-il si vous mettiez la main dessus ? »
Dijkstra me regarda, haussant les sourcils, et dit avec un sourire amusé :
« Pourquoi cette question, sorceleur ? »
Je le regardai en silence et dis :
« Pour rien. C'était simplement de la curiosité. » Puis, quittant la tente, serrant les poings, un seul mot me trottait dans la tête : connard.
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POV Dijkstra
Voyant les sorceleurs partir, j'effaçai mon visage souriant et m'approchai de mon bureau. Je rédigeai un message, l'enroulai autour de la patte d'une colombe, et l'envoyai. Je regardai la colombe s'envoler, ayant déjà donné l'ordre à mes hommes de surveiller en permanence ces sorceleurs une fois arrivés à Tretogor surtout le plus jeune.
Je souriais inconsciemment en me frottant le visage. Je trouvais ce sorceleur intéressant, même s'il le cachait plutôt bien les micro-expressions sur son visage quand j'avais parlé de Cirilla, et le fait qu'à la fin il m'ait laissé entendre qu'ils étaient liés. Je ne voyais qu'un seul nom possible, assez proche de la princesse : le fameux chevalier qui avait survécu à ses côtés.
Mais en repensant à toutes ces preuves de plus en plus nombreuses montrant que Philippa, avec quelqu'un d'autre, avait organisé cet assassinat du roi, je me jurai de la tuer même si je devais fermer mon cœur pour elle. Quant à ce Radovid, qui devenait de plus en plus fou, je ne savais pas comment Philippa l'avait éduqué étant enfant, mais il faudrait une laisse à ce garçon sinon, je n'osais pas imaginer l'avenir.
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POV Aiden
Nous chevauchions vers Tretogor avec Vesemir, qui me demanda :
« À quoi tu penses ? »
Je ne le regardai pas il était derrière moi et dis :
« C'était pour quand, ton intention de me parler de Ciri ? » Vesemir soupira et dit : « Aiden, je... » Mais je l'interrompis : « Non, laisse tomber. Pour l'instant, on s'occupe de notre mission, et ensuite on retrouve Ciri. Ça te va, Vesemir ? »
Il hocha la tête et dit :
« Très bien. » Puis il continua : « Tu crois en ce Dijkstra ? »
Je ris légèrement et dis :
« Sur la grande majorité, il disait vrai, c'est certain. Mais il connaît déjà le coupable ou du moins, il a de gros doutes sur qui c'est, et d'après moi, la véritable meurtrière, c'est Philippa. Ce qui pose la question : pourquoi il n'a pas déjà réagi ? Je vois deux possibilités : soit elle a vraiment plus de pouvoir qu'on ne le pense, ce qui m'étonnerait, parce que je suis sûr qu'on va se faire espionner dès qu'on arrivera à Tretogor soit Philippa avait quelqu'un d'autre avec elle pour cet assassinat, et c'était pas simplement un noble, mais sûrement un roi, ou même un autre mage. »
Vesemir me regarda, surpris, et dit :
« Comment tu peux supposer tout ça à partir d'une simple conversation ? » Je haussai les épaules et dis : « Quand j'étais petit, la reine Calanthe m'a enseigné la politique et la stratégie, en même temps que Ciri, ainsi qu'à lire les micro-expressions. Il me manque encore un peu de self-control je suis sûr qu'il a remarqué que j'avais réagi en entendant le nom de Ciri, ce qui a dû le faire douter de mon identité. Et pour répondre à ta question, c'est assez simple : s'il est resté un maître espion connu de tous sans jamais faillir, c'est qu'il est extrêmement doué, donc il ne ferait jamais confiance à quelqu'un aussi facilement. Conclusion : il va forcément envoyer ses hommes nous surveiller. »
Vesemir secoua la tête, amusé, et dit :
« Les enfants grandissent vite, hein. »
Je souris légèrement, fixant la lune, et dis :
« J'aurais parfois préféré ne jamais grandir aussi vite. Mais c'est comme ça, la vie. »
Vesemir resta silencieux un instant, puis dit :
« On la retrouvera, Ciri, Aiden. T'en fais pas. »
Je ne dis rien mais je l'espère, Vesemir. Je l'espère vraiment.
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POV Ciri
Regardant la lune, la tête posée sur mes genoux, j'espère te revoir, Aiden. Tu me manques terriblement. Ça fait tellement d'années qu'on ne s'est pas vus j'ai tant de choses à te raconter, que ce soit sur Geralt, Triss, Yennefer, Margarita, ou cette étrange voix dans ma tête.
La voix dit dans ma tête, à ce moment précis :
« Étrange ? Je devrais te remercier pour ça, Ciri ? » Je ris et dis : « Je sais pas, je peux pas te désigner autrement tu me donnes toujours pas ton nom. »
La voix s'excusa en disant :
« Désolée, c'est pas encore l'heure, je... » Je l'interrompis en me levant et dis : « Je sais, je sais, c'est pas encore l'heure, bla bla bla. » Arrivant devant mon miroir, je remis correctement mes cheveux en queue de cheval j'avais bien grandi, déjà 15 ans, hein. Fermant les yeux, je repensai à lui.
La voix parla doucement :
« Tu l'aimes tant que ça, hein. » Je ne répondis pas, et marchant vers la porte de mes appartements pour sortir, je vis Lydia, qui s'apprêtait à toquer. À vrai dire, au fil de ces années, j'avais appris à la connaître malgré son étrange obsession pour Vilgefortz, c'était une fille adorable, et une amie.
Oui, une amie. Elle m'avait révélé son vrai visage, et pourquoi elle était exclue mais honnêtement, ça ne me faisait pas peur. En plus, c'était une magnifique peintre ; elle m'avait peinte plusieurs fois. Nos discussions tournaient souvent autour de moi et d'Aiden, et d'elle et de Vilgefortz et surtout, je savais qu'elle ne révélait rien, parce que quelques mois plus tôt, j'étais arrivée en avance au laboratoire de Vilgefortz, et j'avais surpris leur conversation.
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Flashback
POV Ciri
Alors que j'allais me faire remarquer, je m'arrêtai derrière les étagères en entendant la voix de Vilgefortz et de Lydia. Vilgefortz, examinant ses potions dont certaines contenaient mon sang demanda calmement :
« Comment ça se passe avec Cirilla ? Tu as réussi à te rapprocher d'elle ? »
Lydia, légèrement plus timide, dit doucement :
« Oui, monsieur, mais je... » Vilgefortz l'interrompit : « Bien, tu fais du bon travail, Lydia. Continue comme ça, et essaie de la manipuler pour qu'elle arrête de traîner avec ce foutu sorceleur qui me colle au train à chaque fois — et c'est de pire en pire depuis que Yennefer s'est remise de ses blessures. Maintenant, j'ai ces trois foutues sorcières, cette Triss, Yennefer, et même cette foutue Margarita, qui me collent au train, en plus du sorceleur. Ça m'énerve au plus haut point. Alors fais ce que je te dis. »
Lydia se tut, puis dit à voix basse :
« Mais Ciri est gentille, pourquoi je ferais ça, je... » Vilgefortz l'interrompit en claquant sa main sur la table et dit froidement : « Gentille ? Est-ce qu'elle sait au moins, pour ton vrai visage ? Je suis sûr que non, sinon elle t'aurait déjà repoussée. » Vilgefortz s'approcha d'elle et, caressant sa joue, murmura : « Je suis le seul à aimer ton vrai visage. N'oublie pas, Lydia, que je suis... »
Mais alors que je pensais que Lydia allait encore se laisser manipuler, elle repoussa la main de Vilgefortz en pleurant et, serrant les dents, dit :
« Elle connaît mon visage, et elle l'a accepté. Veuillez m'excuser. » Elle quitta la pièce en pleurant, sans un regard pour Vilgefortz. J'avais réussi à me cacher avant qu'elle ne sorte, et une fois qu'elle fut partie, j'entendis Vilgefortz dire froidement : « Sale garce. Tu ne vaux pas mieux qu'une chienne. »
Je serrai les dents, pensant simplement : connard.
Fin du flashback
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POV Ciri
Je souris à Lydia et dis :
« Comment tu vas ? » Lydia sourit et dit : « Dame Margarita m'a invitée à prendre le thé avec Dame Merigold. Elles veulent discuter avec moi tu penses que je devrais mettre de meilleurs habits ? C'est ma première fois avec des sorcières aussi talentueuses, alors je... »
Je ris, prenant les cheveux de Lydia, attrapant un élastique dans le tiroir de mon bureau pour les lui attacher en queue de cheval, et dis doucement :
« T'en fais pas. Margarita et Triss sont incroyablement gentilles, elles veulent juste en savoir plus sur mon amie. Stresse pas, d'accord ? »
Lydia hocha la tête et, prenant mes mains, dit doucement :
« Je te remercie, Ciri... je... j'ai jamais eu de véritable amie. Enfin, si tu m'autorises à t'appeler mon amie. » Je souris doucement et dis : « Non, t'as pas le droit. » Elle me regarda, choquée, et avant que la tristesse ne l'emporte, je dis : « Je suis ta meilleure amie, pas ton amie. Alors arrête de te morfondre, d'accord ? » Lydia sourit, hocha la tête, et partit heureuse.
C'est à ce moment que Vilgefortz arriva, Geralt et Yennefer le suivant. Lydia salua Geralt et Yennefer respectueusement, et ne regarda même pas Vilgefortz en partant ce qui me fit sourire, parce que Vilgefortz, même s'il n'en montrait rien, bouillait de rage, je le savais.
Après tout, la voix avait raison : ça faisait des années que Vilgefortz utilisait mon sang, mais rien n'avançait vraiment de son côté et moi, je profitais énormément de ses ressources. Je gérais de mieux en mieux la téléportation, et j'en avais parlé qu'à Geralt, Yen et Triss, mais je sentais que j'arrivais à voir une action quelques millisecondes avant qu'elle ne se produise. C'était un secret bien gardé, mais en tout cas, je devenais de mieux en mieux avec ma lignée. Je pourrai bientôt te revoir, Aiden.
Croisant les bras, je dis, amusée :
« Alors, Vilgefortz, toujours du mal à digérer que Lydia puisse devenir une vraie femme ? » Vilgefortz répondit froidement : « Si une chienne pense que mettre des habits la fait devenir humaine, alors qu'elle le fasse. » Il ne cachait même plus son hostilité, et moi non plus, puisque je dis simplement : « Toujours un connard, hein. »
Yen rétorqua en haussant les épaules, souriant avec dédain :
« Que veux-tu, Ciri, Vilgefortz est comme un eunuque il prétend tout connaître, mais je suis sûre qu'à part les seins de sa mère, il n'a jamais touché de seins. » Geralt retenait son sourire, bras croisés. Vilgefortz ne répondit pas à la remarque de Yennefer et dit simplement : « Ce soir, pas besoin de venir. Le bal a lieu ce soir, donc je dois être prêt pour l'événement principal. » Il dit ça avec un sourire qui me mit mal à l'aise, puis partit sans un mot de plus.
Geralt le regarda partir, puis me sourit et dit :
« Ça te dit, de venir à la soirée ? » Je secouai la tête et dis : « Non, honnêtement, tous ces faux sourires m'épuisent, tu le sais bien. » Geralt haussa les épaules, et je dis, taquine : « Au moins, tu seras en rendez-vous avec Triss pour cette soirée. »
Yen rit et dit :
« T'as bien raison. Tu devrais voir sa tête quand Triss l'oblige à s'habiller en pourpoint. » Je ris avec elle, au grand malheur de Geralt.
POV Vilgefortz
Faisant exploser mon bureau de rage avec un sort, je pensai : comment osent-elles se moquer de moi, alors que je connais la véritable histoire de ce monde ?!
Le chaos sera bientôt à ma portée. Il suffit que je kidnappe cette foutue princesse et que je l'amène à cette chose qu'on appelle l'Observateur, et j'aurai enfin la puissance que je désire. Je pourrai devenir le plus puissant sorcier que ce monde ait jamais connu, et...
Une voix m'interrompit dans ma colère sarcastique :
« Toujours en train de tout faire exploser, Vilgefortz ? On dirait un enfant. »
Retrouvant mon visage impassible, je me retournai et, regardant la femme, dis :
« Philippa. Juste une petite expérience qui a échoué. L'assassinat s'est bien déroulé ? »
Philippa rit froidement et dit :
« Heureusement que j'étais là. L'elfe que tu m'as donné était de la merde en boîte tu voulais me voir échouer, ou quoi ? De toute façon, le plan avance : il n'y aura plus ces mages traîtres alliés à Nilfgaard. Oublie pas de capturer Ciri pour Radovid ce petit pion sera parfait pour le premier royaume mage qu'on gouvernera. »
Je souris et dis :
« En effet. Tout est prêt, t'en fais pas. »
Pauvre folle. Elle ne sait pas que j'ai moi-même contacté Nilfgaard. Je me demande bien qui l'emportera, entre sa faction et Nilfgaard mais je compte bien m'emparer de Ciri pour moi seul. Pauvre, pauvre folle.