Le sorceleur spécial

Chapitre 45 : Fin de l'acte 0 : Les adieux ?

2548 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 30/09/2026 19:47

POV Aiden

Instinctivement, je reculai précipitamment en créant un mur de glace, et saisissant les poignets de Geralt et Triss, je nous téléportai plus loin Ciri, comprenant aussitôt, se téléporta avec nous.

Gaunter rit et dit : « Je ne savais pas que je faisais si peur, Ceanndraig. D'après mes souvenirs, on s'est plutôt bien amusés, non ? »

Je serrai les dents, resserrant ma prise sur la poignée de mon épée, et dis : « Ciri, emmène Geralt et Triss loin d'ici. » Bien sûr, Geralt et Triss refusèrent, et Geralt dit : « Ne te fous pas de moi, Aiden, je ne vais pas te... » Mais je dis, avec un léger tremblement dans la voix : « C'est lui qui m'a presque tué ! On ne fait pas du tout le poids face à lui. »

Pourquoi ? Ma voix tremblait, ma main se posa instinctivement sur mon cou, où un flash de ce moment me revint la lame de Gaunter faisant légèrement couler mon sang et glissant ma main jusqu'à mon œil, où la cicatrice était devenue permanente.

Me secouant pour me ressaisir, j'allais répéter à Ciri de partir, mais elle se plaça à côté de moi et dit : « Ne dis pas de connerie. Si tu crois que je vais te laisser ici, tu rêves. » Geralt grimaça, se plaça derrière moi, tapota mon épaule et dit : « Elle a raison. On ne va pas te laisser. »

Je soupirai et dis : « Vous ne savez vraiment rien. » Triss rit et dit : « On a l'habitude maintenant, non ? » Peut-être grâce à leurs mots, ma voix cessa de trembler, et regardant Gaunter, qui attendait en souriant à côté de Vilgefortz toujours enchaîné, je dis : « Qu'as-tu fait de Yen et des deux autres ? »

Gaunter haussa les épaules et dit : « Ne t'inquiète pas, elles sont occupées à s'amuser avec un de mes clones. » À ces mots, je sentis un frisson, et dis : « Un clone ? Alors ça veut dire que... » Gaunter sourit et dit : « Oui, depuis le début, ce n'était qu'un de mes clones, pas très puissant. J'ai d'autres affaires à régler, tu sais des contrats qui attendent d'être payés. »

À ce moment-là, Vilgefortz fut libéré de ses chaînes par Gaunter, et se relevant, il pointa du doigt vers nous : « Gaunter ! Tue-les ! » Je m'attendais à ce que le combat reprenne, et je resserrai mon emprise sur le pommeau de mon épée, mais...

Gaunter continua d'observer Vilgefortz, amusé, sans bouger, et Vilgefortz, voyant cela, hurla : « Qu'est-ce que tu attends ? Tu as oublié notre contrat ?! »

Gaunter secoua la tête et dit : « Non, je ne l'ai pas oublié. Tu avais droit, tous les dix ans, à ma protection, selon le prix que tu me payais et j'ai toujours respecté mes contrats. » Vilgefortz serra les dents : « Non ! Tu ne m'as protégé qu'une seule fois jusqu'à présent, il m'en reste encore une ! » Mais Gaunter s'approcha de lui ; Vilgefortz recula de peur et tomba sur le sol trempé qui reflétait le ciel, et Gaunter dit : « Non. Je t'ai protégé deux fois. À Roggeven, ton clone a été protégé par moi. »

Vilgefortz se figea : « Pourquoi je ne le savais pas ?! Et tu ne vas pas me dire qu'un misérable clone de merde compte comme une protection ! » Gaunter frotta ses mains et dit : « Bien sûr que si. Ton clone possédait une partie de ton âme, donc ça compte comme une protection et tu n'as jamais posé la bonne question. Dois-je te rappeler ta question exacte ? »

Il s'éclaircit la gorge et dit, imitant la voix de Vilgefortz : « "Dites-moi si mon clone a réussi l'expérience." » Puis reprenant sa propre voix : « Et j'ai répondu : "Votre clone a réussi l'expérience." Je n'ai pas menti c'est vous qui avez posé la mauvaise question. »

Vilgefortz pointa un doigt tremblant vers lui : « Vous avez triché ! » Le sourire de Gaunter disparut instantanément : « Je ne triche jamais. » Il continua d'avancer vers Vilgefortz, qui reculait, le visage livide. Aucun de nous n'osa avancer pour l'aider surtout pas face à Gaunter.

Vilgefortz tenta une dernière carte : « Attends ! Pour le paiement de mon contrat, il était stipulé que je devais marcher sur les nuages ! » Gaunter sourit : « En effet. Et c'est exactement ce que tu fais regarde autour de toi. » Vilgefortz regarda autour de lui et comprit, blêmissant : il était couché à terre, dans les flaques qui reflétaient les nuages du ciel grisâtre. Gaunter s'arrêta tout près de lui ; Vilgefortz tenta un dernier coup, faible et désespéré, mais Gaunter attrapa sa main avec aisance et lui brisa le poignet au moment même où la foudre grondait.

Le cri de douleur de Vilgefortz résonna sous la pluie. Gaunter sourit et posa sa main sur son visage ; Vilgefortz dit : « Non... » Puis un éclair de tonnerre nous força tous à fermer les yeux une fraction de seconde et quand je les rouvris, Gaunter tenait un crâne de squelette entre ses mains. Il s'approcha de nous en sifflotant, faisant tourner négligemment le crâne. Je m'apprêtais à l'affronter de front, mais il s'arrêta, me fixant, puis fixant Ciri.

Finalement, il se contenta de sourire et dit : « Nous nous reverrons, Ceanndraig. Nos destins sont liés je serai le premier spectateur de ce que tu feras dans ce monde. » À ces mots, je resserrai encore plus la prise sur mon pommeau. Il regarda ensuite Ciri et dit : « Zireael, je me demande quel choix tu feras. Après tout, les Dearg Ruadhri arrivent ils ont enfin détecté ce qu'ils recherchaient. » Puis il jeta un dernier regard amusé à Geralt, s'inclina devant nous, siffla en balançant le crâne de Vilgefortz au loin et au même instant, un éclair de tonnerre nous fit fermer les yeux une microseconde. Quand je les rouvris, il avait disparu.

Je soupirai de soulagement, et regardant Ciri, je la vis pâle. M'approchant d'elle en rengainant mes armes, je saisis ses épaules : « Ciri ?! » Elle me regarda comme en transe. J'allais alerter Triss et Geralt, mais je les vis figés, comme hors du temps et à ce moment-là, j'entendis derrière moi les pas d'une armure lourde. Me retournant, je vis un homme en armure noire, couronne noire, portant un masque en forme de crâne, mais son apparence était comme spectrale. D'une voix étouffée, il dit : « Ceanndraig, tu ne pourras pas la protéger. » M'avançant devant Ciri, dégainant mes armes, surpris par le froid que je sentais irradier de lui, je dis : « Qui es-tu ? »

L'homme s'arrêta et dit, de cette même voix étouffée : « Peut-être me reconnaîtras-tu quand j'aurai retiré ce casque », dit-il en l'enlevant. Son visage me figea sur place, et je dis : « Tu es l'homme que j'ai vu dans mes rêves, pendant la guerre de Cintra. »

L'homme avait des cheveux noirs que la pluie ne semblait même pas toucher, des yeux verts, et un visage anguleux qui évoquait celui d'un rapace. Il sourit et dit : « Je me nomme Eredin, chef de la Chasse Sauvage et en effet, nous nous sommes déjà vus. » Il continua d'avancer vers nous. Je lançai une lance de glace qui traversa son corps sans effet ; il continua d'avancer, et j'enveloppai mon épée d'énergie de glace pour le frapper, mais elle traversa son corps spectral sans le blesser. Au moment où j'allais reculer, il me saisit à la gorge et me souleva. Je sentais la pression m'écraser ; je serrai les dents, tentant de me dégager, mais chacun de mes coups, chacun de mes sorts, ne faisait que traverser son corps fantomatique. Il me fixa dans les yeux pendant que j'étouffais, et dit calmement : « Abandonne, Ceanndraig. Ciri sera à nous. Tu ne peux rien faire contre nous — tu n'es même pas capable de savoir qui tu es vraiment. » Le souffle me manquait ; je ne remarquai même pas mes yeux devenir de plus en plus lumineux.

Dans un état second, je posai ma main sur le bras d'Eredin, qui parut surpris de sentir mon contact. D'un coup, la glace envahit tout son bras mais il se contenta de sourire, et une vague de Chaos anéantit ma glace, me traversant le corps et m'arrachant un hurlement de douleur étouffé.

Eredin rit et dit : « Si faible, et tu te prétends sauveur ? Tu serais la honte de ta lignée. » Alors que je sentais mes yeux se révulser, il me relâcha brusquement, me laissant tomber au sol, la main sur la gorge. Je l'entendis dire : « Tu es encore en lui ? Tu ne pourras pas le protéger encore longtemps, Aranion. » Relevant les yeux vers Eredin, qui commençait à s'effacer, je l'entendis ajouter : « Nous arrivons dans ton monde. Récupérer ce qui nous appartient. » Il regarda Ciri, et serrant les dents, je le fixai, les yeux remplis de colère : « Ose ! Ose, et je réduirai toute ta foutue espèce en cendres, sous tes propres yeux, espèce de bâtard ! » Il me regarda, surpris, puis rit : « Alors j'arrive. » Sa silhouette disparut au même instant, et je sentis Ciri courir vers moi : « Aidy ! Respire ! »

Geralt, surpris de me voir à terre, se précipita avec Triss, qui m'examina. Geralt, voyant la marque rouge sur mon cou, dit : « Que s'est-il passé ? Tu étais debout avec nous il y a quelques secondes. » Je le regardai en toussant un peu, et me redressant, je leur expliquai ce qui venait de se passer. Leurs visages se firent graves mais celui de Ciri devint blanc comme un linge.

Geralt commença : « Il faut aller prévenir Yen. » Triss hocha la tête : « Oui, mais qu'est-ce que tu comptes faire, Geralt ? Tout le monde est épuisé, tout le monde doit pleurer ses morts. » Geralt répliqua : « Je ne le laisserai pas capturer Ciri ! » Je répondis : « On peut aller à Kaer Morhen, se défendre là-bas, on peut... » Mais Ciri cria : « Ça suffit ! »

Nous la regardâmes tous, et croisant son regard, je reconnus cette même expression qu'elle avait quand elle voulait faire quelque chose qui ne me plairait pas. M'approchant d'elle, je dis : « Ciri ? » Elle me regarda tristement : « Aidy, s'il te plaît, écoute-moi, et suis-moi. » Je me taisais, les dents serrées je savais que peu importe ce que je dirais, rien ne la ferait changer d'avis, et je sentais que quelque chose que je n'allais pas apprécier était en train d'arriver. Elle marcha vers Geralt, qui comprit lui aussi, et dit faiblement : « Ciri, ne me fais pas ça. » Elle sourit tristement et le serra dans ses bras ; il la garda contre lui, tentant encore de la convaincre : « On peut te protéger, on peut... » Mais Ciri se dégagea, et le regardant dans les yeux, dit : « Je le sais. Mais à quel prix ? » Geralt se tut, les mains serrées.

Elle se tourna vers Triss, qui la prit dans une étreinte si forte qu'elle en fut surprise. Ciri tapota le dos de Triss : « Triss... » Mais Triss dit : « On peut te cacher, ne pars pas. » Ciri se dégagea doucement d'elle, alors qu'elle pleurait, et dit avec un sourire doux : « Il le faut, crois-moi. » Triss embrassa Ciri sur le front, caressa sa joue, et dit : « Tu es devenue une grande fille. N'oublie jamais ta maison je serai toujours là pour toi. » Elle retira son collier et le lui mit autour du cou : « Garde-le. Pour moi. » Ciri hocha la tête, puis s'approcha de moi, silencieux, et posa sa main sur mon bras.

Je sentis alors que nous venions de nous téléporter au sommet d'une tour où un brouillard immense nous enveloppait. Le vertige me saisit tandis que mes pieds se posaient sur la plateforme de roche noire, lisse et glaciale. Tout autour de nous, la brume s'écartait violemment sous l'effet d'une énergie invisible. Juste au-dessus de nos têtes, entre les créneaux acérés de la tour, une aurore boréale artificielle crépitait, baignant l'épais brouillard de lueurs vertes et violettes. Au centre de la terrasse, un portail vibrait comme un vortex de lumière pure, prêt à nous aspirer vers un autre monde.

Je me figeai et dis, regardant Ciri qui contemplait ce portail comme si elle y était habituée : « Comment ? Et où sommes-nous ? » Ciri me répondit : « Nous sommes à la Tour de l'Hirondelle. C'est une tour qui fascinait Vilgefortz dans ses recherches, mais j'ai appris son emplacement grâce à Lara Dorren. »

Elle marcha doucement vers le portail, posant les mains sur le collier de Triss autour de son cou, et continua : « Oui, Lara Dorren est dans ma tête. J'ai beaucoup de choses à t'expliquer, Aidy mais comme moi, tu as beaucoup à me raconter, non ? » dit-elle en se tournant vers moi avec un sourire. M'approchant d'elle, je savais déjà ce qu'elle allait faire, et avançant lentement, je dis : « Pourquoi ? »

Elle me regarda, triste, et dit : « J'ai vécu un futur possible où je te voyais, dans un monde détruit, affronter un homme en armure de squelette comme tu me l'as raconté. Lara m'a dit que cet avenir ne s'est créé que parce que j'étais restée dans ce monde. »

Je serrai les lèvres, et arrivant devant elle, posai ma main sur sa joue. La regardant droit dans les yeux, je dis : « Ciri, ne fais pas ça. » Elle me regarda, triste, et dit : « Je dois le faire pour toi, pour ce monde, et pour tout le monde. Si je reste ici, cet homme me capturera, et la fin du monde arrivera. Nous ne sommes pas assez forts, ni pour nous cacher, ni pour le combattre. »

Je serrai encore plus les dents, de frustration et de colère contre moi-même mais la main de Ciri sur ma joue me fit m'arrêter, et elle dit : « Aidy, je sais que tu vas y arriver. Nous nous retrouverons. Je reviendrai, un jour, et ce jour-là, nous combattrons ensemble, à la vie jusqu'à la mort, car je sais que tu ne lésineras pas sur les moyens de devenir plus fort et de créer un vrai avenir. Tu as toujours été mon chevalier servant, mon meilleur ami et... » Ciri serra les lèvres, des larmes apparaissant, et avec un magnifique sourire, elle se pencha et embrassa doucement ma joue, puis dit en reculant, les larmes aux yeux : « Aidy, retrouvons-nous ! Pour réaliser notre rêve ! Commence sans moi je te rejoindrai, comme toujours, mon chevalier ! Non... mon Aidy ! » Puis elle courut vers le portail. J'aurais pu la retenir. J'aurais pu. Ma main resta suspendue dans l'air.

Elle se tourna vers moi avant d'entrer dans le portail, et avec un grand sourire, dit : « À plus tard, Aidy. Je reviendrai attends-moi. » Puis elle traversa le portail, l'emportant vers un autre monde. Celui-ci tourna plusieurs fois sur lui-même, puis disparut d'un coup, laissant l'obscurité et le silence, avec le vent pour seul compagnon. Je tombai à genoux, serrant les dents de tristesse, et rouvrant les yeux vers l'endroit où s'était trouvé le portail, je dis : « Je te le jure, Ciri. C'est la dernière fois que je te laisse partir. Tu n'auras plus jamais besoin de t'enfuir, à partir de maintenant. »

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