Touhou Mokushiroku - Colosseum of Divinity par

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Deviation / Fantasy / Action

2 Le roi et la reine de l'Olympe

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Quand l'horloge au sommet du Manoir sonna pour minuit, deux chariots descendirent du ciel, tirés par d'étranges chevaux semblant constitués de nuages orageux. Ils se posèrent devant la porte où les attendait Sakuya.


Sakuya connaissait bien les mythes qui entouraient Zeus et Héra. Lors de ses chasses, il lui était déjà arrivé de tomber sur des musées consacrés à la Grèce antique où le roi et la reine de l'Olympe étaient représentés en statue ou en peinture. Mais force était de constater que les Zeus et Héra, qui descendaient de leurs chars, n'avaient rien à voir avec leur représentation artistique.


Zeus était vêtu d'un costume cravate très chic et ses bras étaient parés de bracelets en or. Son corps massif brillait dans la nuit comme une flamme. Sa femme, quant à elle, brillait tout autant avec sa robe rouge flamboyante et son diadème argenté dans ses cheveux noirs.

— Vu de près, ce n'est pas mieux, commenta sèchement Héra.

Zeus répondit à sa femme par un rire convenu, comme s'il s'attendait à cette réaction.


— Tu peux aller partout sur Terre, tu ne trouveras jamais de palais comme l'Olympe. Soit plus indulgente, très chère.

— Évidemment, tu y es habitué, toi ! Pas étonnant, vu toutes les fermières que tu as engrossées dans mon dos !

— Pas ici, chérie ! Nous devons penser à notre image.

— Notre image !? Éructa Héra. Tu es le mari le plus infidèle de toute l'Antiquité, c'est ça ton image !


Interloquée par cette soudaine dispute, Sakuya se racla la gorge pour captiver leur attention. Héra n'hésita pas à pencher la tête en arrière pour la regarder le plus haut possible, visiblement outrée qu'une simple servante lui adresse la parole. Mais Sakuya l'ignora.

— Seigneur Zeus, Dame Héra. Ma Maîtresse vous attend, veuillez me suivre, invita-t-elle en exécutant une révérence.


Si Zeus lui rendit poliment ses salutations avec un certain amusement, ce ne fut pas le cas d'Héra qui resta droite comme un balai.


En les guidant à travers le jardin, ils passèrent à côté de Meiling qui entraînait Flandre au combat au corps-à-corps. La jeune Maîtresse avait attaché son bandeau sur son front, pour faire comme Meiling, et était pliée en deux, essoufflée par l'effort.

— Travail tes réflexes Flandre. Ta vitesse et ta force de vampire ne seront pas suffisants contre les dieux, conseilla Meiling sur un ton très sérieux. Tu n'as que trois semaines pour combler les siècles passés dans ta chambre.

— Je fais ce que je peux !

Les deux candidates remarquèrent alors le cortège et saluèrent respectueusement les invités. Zeus les salua poliment en retour, et Héra sembla leur montrer de l’intérêt.

— Chers invités, je vous présente Flandre Scarlet, la petite sœur de ma Maîtresse. Et elle, c'est notre portière.

— Alors c'est ça les... "Champions de Gensokyo", S'amusa Héra en essayant de cacher son sourire derrière sa main. J'en éprouverais presque de la pitié !

Sakuya dut encore une fois se faire violence pour ne pas renvoyer ces dieux rejoindre leur père au Tartare. Plutôt que de s'énerver, Meiling joingnit son poing à sa paume et exécuta un salut chinois.


— Je vous remercie pour ce tournoi, c'est un honneur de pouvoir affronter de si puissantes divinités.


Héra se crispa, l'ignorer était visiblement la pire insulte qu'on peut lui faire et c'était déjà la deuxième fois que cela arrivait. Zeus remercia amicalement Meiling et le cortège poursuivit son chemin.


Une fois entré, le couple olympien fut pris de surprise en voyant l’intérieur. Sakuya s'était inspirée de vieux livres décrivant l'Olympe pour la décoration. Les murs étaient d'un blanc éclatant et les contours des portes étaient peints couleur or, tout comme la rambarde des escaliers. Des vases remplis de lys avaient été disposés sur les meubles, ce qui ravit Héra, car il s'agissait de sa fleur préférée.

— C'est plus grand que ça en a l'air, lâcha-t-elle. Au moins, votre Maîtresse a bon goût.

Sakuya estima que c'était un bon compliment venant d'elle, valait mieux ne pas en attendre plus. C'est alors que Rémilia arriva en descendant gracieusement les escaliers.

— Seigneur Zeus, Dame Héra, soyez les bienvenus dans ma demeure, les accueillit Rémilia en exécutant une courte révérence. J’espère que l'heure ne vous dérange pas, je vis la nuit après tout.

— Ce n'est pas grave, cela faisait longtemps que personne ne nous avait invités ainsi, remercia Zeus après lui avoir rendu son salut.

— La dernière fois, c'était un roi qui nous avait servi ses fils en plat principal, ajouta Héra avec un sourire mauvais.

Zeus lui lança un regard désapprobateur, mais n'eut pas le temps de répliquer, coupé par le petit rire hautain de Rémilia.

— Je ne partage la chair humaine qu'avec ma sœur, vous n'en trouverez donc pas dans votre thé.

Son ton joyeux fit apparaître un sourire crispé sur le visage des invités. Un certain malaise commença à s'installer dans le hall d'entrée. C'est ainsi que Rémilia ordonna à Sakuya d'apporter le thé tandis qu'elle conduisait les invités au salon.


Ne souhaitant pas laisser sa Maîtresse seule, Sakuya les suivit durant ce court trajet. Sur le chemin, ils croisèrent occasionnellement des fées occupées à dépoussiérer quelques vieux tableaux. Ce qui valut au Manoir le surnom de "Maison des Mouches" de la part d'Héra. Au moment où ils entrèrent dans la pièce, la servante leur tourna le dos et arrêta le temps.

Lorsqu'elle utilisait ce pouvoir, sa vision se couvrait d'un voile gris avant que tout se fige dans un silence froid. Le monde n'était jamais aussi silencieux que lorsqu’il était arrêté.

Sakuya se rappela de l'époque où elle était une chasseuse de monstres. Le calme de ce temps figé était la seule chose qui pouvait la détendre. Un court instant pendant lequel personne ne cherchait à la tuer. Et lorsque tout redevenait normal, le premier bruit qu'elle entendait était en général celui du râle de la créature qu'elle venait de poignarder tandis que le temps s'était interrompu. Ce chant macabre l'avait toujours dégoûté et elle était bien contente de ne plus l'entendre à présent.


Puis tout à coup ! Alors que même le son aurait du être figé, un bruit de pas retentit ! Cela résonna dans le couloir et fit sursauter la servante. Sakuya se retourna immédiatement, vers l'origine de ce son, mais il n'y avait rien... Rien que le silence.


La servante eut l'horrible sentiment d'être observée. Pour la première fois de sa vie, arrêter le temps ne lui procurait aucun réconfort. Peut-être était-ce dû à la fatigue et au stress, cette journée avait été particulièrement fatigante.


Rémilia, Zeus et Héra n'avaient pas bougé. Sakuya retrouva son calme et partit chercher le thé dans la cuisine. À son retour, rien n'avait bougé. Il était donc temps que le temps reprenne son cours.

Le voile gris se dissipa et la Maîtresse reprit sa marche avec les invités. Une fois installés au tour de la table où les attendait déjà Patchouli, Sakuya posa le plateau et servit le thé au couple qui ne semblait pas surpris de la voir soudainement avec un plateau. Puis elle se positionna à la droite de sa Maîtresse, face aux invités. Chacun goûta le thé et Héra ne trouva rien à en redire, ce qui était bon signe.

— Tu t'es surpassée Sakuya, complimenta Rémilia. Nous devrions inviter des dieux plus souvent !

Si sa Maîtresse le lui avait demandé, Sakuya aurait pu aller chercher tous les dieux de Gensokyo, quitte à les amener de force ici. Cela dit, il aurait fallu une quantité phénoménale de thé. Sakuya préféra donc ne pas lui donner cette idée et la remercia simplement.

— Charmante demeure, commenta Zeus. Mais l'architecture n'est pas vraiment d'ici, non ?

— En effet, ce Manoir était, autrefois, situé aux Royaume-Uni. Il appartenait à mon père qui était un riche propriétaire terrien.

Héra reposa la tasse sur la table et considéra la petite vampire avec amusement. Le mépris qu'elle avait pour les habitants du Manoir n'avait échappé à personne. Et son mari n'était pas mieux. Sakuya qui avait bien observé sa gestuelle avait bien vu que sa politesse n'était qu'une façade. Il agissait comme un adulte s'abaissant au niveau d'un enfant pour lui faire plaisir.


— En tout cas, j'ignorais que vous existiez encore. À vrai dire, je pensais que la chute de Rome avait eu raison de votre culte.

— Quelle ignorance ! pesta soudainement Héra contre ces propos.

— Tais-toi un peu, chérie ! exigea Zeus d'un ton ferme qui fit taire la déesse. Pour répondre à votre question, oui, notre culte s'est effondré et notre essence divine ne se suffisait plus à elle-même. Mais moi et ma femme avons rassemblé tous les vieux cultes afin de former le Conseil des Anciens Dieux. À nous treize, nous avons réussi à maintenir l'essence de nos confrères. Bien qu'il ait fallu qu'on utilise des humains comme enveloppe charnelle.

Le ton de Zeus s'était assombri, cette situation ne lui plaisait clairement pas. Rémilia dut sentir le malaise, car elle changea instantanément de sujet.

— Donc votre femme siège au Conseil, je me suis donc un peu avancée en pensant que tous les participants de votre côté en faisaient partie.

Zeus eut un rire nerveux qu'il échangea avec sa femme avant de répondre. Ce que venait de dire Rémilia devait être particulièrement drôle à leurs yeux.

— Des crapules comme Loki, Seth ou encore Lucifer n'ont rien à faire au Conseil, surtout le dernier, il s'agit d'un criminel que le dieu de la religion biblique essayait d'exterminer. Mais je l'ai épargné dans ma grande mansuétude.

— Vous avez épargné le Mal incarné ? s'amusa Rémilia. Mon estime pour les dieux est en train de monter.

— Je sais me montrer clément envers ceux qui me respectent, cela vaut pour toutes les créatures du Bien ou du Mal.

Rémilia sembla pensive après les propos de Zeus. Sakuya savait à quel point les actions de l’Église lui avaient fait du mal, c'était pour leur échapper qu'elles étaient arrivées à Gensokyo.

— Alors je représente le Mal, d’après vous ?

Zeus sembla pris de court par cette question, après s’être gratté la barbe, il finit par répondre.

— Mon frère envoie toutes les âmes des monstres au Tartare, donc j'imagine que tous les monstres sont rangés dans la catégorie "Mal", ce qui vous inclut.

— Qu'est-ce que le Mal, au final ? lâcha-t-elle. Regardez-moi, je consomme régulièrement du sang et de la chair humaine. Mais c'est dans ma nature. Est-ce mal d'agir dans sa nature ? Alors que dire des humains tuent des lapins ou des vaches pour se nourrir ?


— Et bien voilà un point de vue fort intéressant, complimenta Zeus. Dans ma religion, le Mal a toujours été représenté par les monstres dénués de raison, ceux qui tuent plus par plaisir que part nécessité. Mais le christianisme avait une autre approche : ce qui ne plaît pas à l’Église est forcément considéré comme "mal", l’Église est constituée d'humains que vous mangeriez s'ils étaient dans votre assiette, alors il est normal que vous receviez l'étiquette du Mal.

— Alors, est-ce que cela ne serait pas plutôt les humains le Mal ?

— Si vous le pensiez vraiment, vous ne seriez pas amie avec la prêtresse Hakurei.

— Oh ! Vous connaissez Miss Hakurei, se réjouit Rémilia. J'imagine que vous aussi vous avez goûté à sa puissance.

— En effet. Je l'ai rencontrée hier. À dire vrai, rares sont les humains encore en vie après m'avoir autant manqué de respect, ricana Zeus d'un rire crispé. Même vaincue, elle est restée arrogante envers moi.

Cette information ravit Rémilia au point que ses ailes se déployèrent dans son dos. Ce dieu avait vaincu Reimu ? Cela n'avait rien d’anodin, personne à Gensokyo ne pouvait se vanter de l'avoir vaincue sans perdre par la suite. Sakuya commençait sérieusement à se méfier de ce Zeus. Mais malheureusement, Rémilia n'était pas de cet avis.

— Très intéressant ! Voyez-vous, on s’ennuie vite à Gensokyo. Et l'un de mes passe-temps favoris est de trouver des adversaires pour tuer mon ennui.

— Cette créature à l'apparence humaine m'avait prédit que vous m'inviteriez pour cela. C'est d’ailleurs pour cela que je suis venu.


Un petit rire résonna dans la pièce, c'était celui d'Héra. Mais cette fois-ci, il n'était pas dirigé à l'encontre du Manoir ou de ses habitants, mais contre Zeus lui-même.

— J'ignorais que jouer avec les enfants t'amusait autant ! trancha-t-elle

Celui-ci ne sembla pas apprécier du tout. Mais le ton soudainement élevé de la voix de Rémilia capta leur attention.

— Dame Héra, je constate que même votre mari n'échappe pas à votre... esprit critique. Vous vous êtes permis de charmants commentaires sur mon personnel et ma demeure avant même d'en franchir la porte. Alors même si vous affronter ne serait pas amusant, cela me procurerait un plaisir incomparable.


À présent, les yeux rouges de Rémilia brillaient comme des petites braises, son sourire alléché laissait apparaître ses canines blanches assoiffées de sang. Héra sembla soudainement considérer Rémilia avec sérieux, même Zeus avait perdu son sourire supérieur.

— Je ne suis pas venue pour me battre, hélas, reprit Héra d'un ton égal. À la base, j’étais venue chaperonner mon mari. Mais j'ignorais que la Maîtresse des lieux avait une apparence si enfantine. Les enfants sont bien les seules créatures avec lesquelles il ne m'ait pas trompée.

Un coup de tonnerre retentit à l’extérieur, Zeus, s'était levé de son fauteuil et avait fixé sa femme avec une rage sans nom.

— Comment oses-tu !? Je suis le roi de l'Olympe, tu dois me respecter !

Nullement impressionnée, Héra se leva à son tour et répliqua.

— Parce que tu me respectes, toi !? Personne sur Terre n'est en mesure de recenser le nombre de fois où tu a copulé dans mon dos tellement c'est arrivé !

— Ça fait plus de deux mille ans que je ne t'ai pas trompé !

— Menteur ! Aphrodite a la langue bien pendue quand elle est ivre. Elle m'a dit que tu venais la voir tous les mois dans son bordel !

— Et alors, tous les anciens dieux y vont...

— CE N'EST PAS UNE FOUTUE RAISON POUR SALIR NOTRE MARIAGE AVEC UNE P... !

— SI TU N’ÉTAIS PAS AUSSI SOUPE AU LAIT, JE N'IRAIS PAS VOIR LA CONCURRENCE!


Furieuse, Héra fit jaillir du néant un sceptre orné d'un petit paon d'or et s’apprêta à l'abattre sur son mari, mais celui-ci fit apparaître dans une explosion lumineuse et grésillante une épée d'or en forme d'éclair dans sa main.

Le choc des deux armes provoqua une grosse explosion électrique. Sakuya eut juste le temps prendre Rémilia et de se jeter au sol pour échapper à la déflagration. Patchouli s'était protégée avec un voile d'eau et courait dans leur direction.

Les deux dieux continuaient de s'échanger des coups tels deux chiens fous, envoyant des salves d'éclair dans toute la pièce. Leurs yeux se fixaient comme deux ennemis naturels désirant en finir avec l'autre, n’était-ce pas censé être un couple marié ?

Zeus tenta de faucher les jambes de sa femme, mais celle-ci bondit jusqu’à l'autre bout de la pièce. La lame fendit le sol comme un couteau dans du beurre et le tapis prit feu. La pièce était dans un chaos innommable, les murs étaient fissurés et les meubles calcinés par les nombreux rayons électriques qui émanaient de l'épée de Zeus. Son costume était en morceaux, laissant apparaître ses muscles sculptés. Héra quant à elle avait arraché le bas de sa jupe pour mieux se mouvoir.

— Sakuya ! Arrête-les ! hurla une Rémilia recroquevillée sur elle-même, les mains sur la tête.

— À vos ordres !

Et Sakuya arrêta le temps, le monde se couvrit à nouveau d'un voile gris, les flammes se figèrent. Tout avait l'air de se passer comme d'habitude, à un détail près. Le silence n'était pas apparu. L'épée de Zeus continuait de grésiller comme un funeste essaim d'abeilles.

Complètement abasourdie par ce qu'elle voyait, Sakuya porta son regard sur le propriétaire de cette arme. Zeus la regardait avec un sourire cruel, de sa bouche s'échappait un rire qui fit frissonner la servante. Comment était-ce possible !? Pourquoi n'était-il pas figé !?

— Tu l'as encore fait, lança Zeus sur un ton accusateur. Je me demande comment un tel pouvoir a pu arriver dans les mains d'une vulgaire humaine.

— Mais comment vous faites pour...

Sakuya se jeta sur le côté pour esquiver la salve d’énergie envoyée par Héra dans son dos.

— Tu ne connais pas le mythe ? Petit cafard insolent ! cracha Héra avec un sourire supérieur. On dit que Cronos craignait ses enfants à cause de leur puissance, mais en réalité ce qu'il craignait, c'était notre imperméabilité au contrôle du temps, c'est pour cela qu'il nous avait mangés !

Sakuya comprit soudainement d'où venait ce bruit de pas qu'elle avait entendu plus tôt, c'était eux ! Elle évita de justesse un estoc électrique de Zeus. Elle n'allait pas se laisser tuer sans rien faire ! Sakuya envoya cinq couteaux dans la direction de Zeus et utilisa ses pouvoirs pour en multiplier le nombre. En une fraction de seconde, une centaine de lames argentées convergeaient vers leur cible.

Mais soudainement, le roi de l'Olympe fut entouré d'un halo d'éclair sur lequel les projectiles fondirent à son contact. Ce monde glacé était à présent aussi brûlant que l'enfer. La coulée de métal en fusion carbonisa le sol avant de se figer à son tour dans ce monde où le temps ne s'écoulait plus. Cette barrière était beaucoup trop puissante, était-ce à cause de cela que Reimu avait perdu ?

— Tu as de bons réflexes, lâcha Zeus. Je suis sûr que les dieux se battront pour posséder ton corps, et tes pouvoirs. Héra ! Attaque la vampire!

Sakuya se retourna instinctivement pour voir le concentré d’énergie s'accumuler dans le sceptre d'Héra avant de se décharger vers Rémilia. Sans hésiter, elle se jeta en avant pour se prendre l'attaque de plein fouet.


***

Quand le temps reprit son cours, il n'y avait plus d'autre bruit que le crépitement des flammes. Rémilia ouvrit les yeux et releva la tête, pensant que sa fidèle servante avait réglé la situation. Mais quand elle vit le corps à genoux et tordu de douleur de Sakuya, elle sut que rien n'allait.

— Sakuya ! paniqua Rémilia en marchant à quatre pattes vers elle. Sakuya... Mais que t'est-il arrivé ?

Sa fidèle servante... Non, Sa fidèle amie, Était gravement brûlée au niveau du torse et des noirceurs inquiétantes lui parcouraient le corps.

— Maî...tresse, suffoqua Sakuya d'une voix presque éteinte. Fuyez... !

La servante fut à nouveau parcourue de spasmes douloureux. Rémilia se tourna vers Patchouli, mais celle-ci fixait avec fureur le roi de l'Olympe.

— Rémi ! La seule explication possible, c'est qu'ils n'ont pas étaient affectés par les pouvoirs de Sakuya !

— Très perspicace ! complimenta Zeus.

— Fu...yez !

— Arrête de dire ça ! hurla Rémilia, les larmes aux yeux. On va te soigner... Tiens bon, je t'en supplie !

Héra éclata d'un rire sadique, vite rejointe par son mari qui avait fait disparaître son arme. Ce couple était devenu étrangement fusionnel tout à coup, comme si leur dispute n'avait jamais eu lieu.


— Regardez-la, ça se la joue petite noble et maintenant ça pleure pour une vulgaire servante !

— La ferme ! Je vais te saigner à mort après que je...

Mais Rémilia n'eut pas le loisir de terminer sa phrase, car Zeus l'attrapa par le cou. Sa poigne était bien supérieure à celle d'un vampire, Rémilia ne parvint pas à se dégager malgré les coups de griffes qu'elle donnait dans la chair brûlante du dieu. L'expression sauvage de Zeus lui fit revivre cette impuissance qu'elle avait ressentie à l'époque où ses parents étaient morts. Elle avait peur !

— C'est comme cela que tu parles à tes invités ? Il te reste tant à apprendre sur l'art de recevoir les dieux !

À ces mots, il balança Rémilia sur Patchouli qui s’apprêtait à l'attaquer ! Les deux femmes se cognèrent violemment contre le mur déjà bien abîmé !

— Gensokyo est un pays incroyable dans un certain sens. La vénération des dieux n'existe visiblement pas. Je vous avais parlé du manque de respect dont avait fait preuve votre amie prêtresse. Mais je ne vous ai pas dit que la seule raison de mon pardon est que je la tuerai au cours de ce tournoi. Et maintenant, je me fais inviter par une saleté d'enfant de la nuit, qui pense pouvoir rivaliser avec moi, quelle plaisanterie !

Un éclair perça le plafond et traversa le sol ! Le Manoir tout entier était en train de trembler. Et Rémilia était paralysée par la peur !

— Héra ! Soigne cette servante !

— Quoi !?

— Fais ce que je te dis ! cria-t-il avant de se radoucir. Vois-tu, petite vampire, je n'ai jamais attaché d'importance au Bien ou au Mal. La seule chose que j'exige des humains, c'est qu'ils me craignent ! Qu'ils me vénèrent ! Moi, LE ROI DU COSMOS !

Le corps entier du dieu s'illumina de mille feux, comme un soleil bleu. La peau de Rémilia commença à cramer à cause de la chaleur : elle allait mourir. Alors elle rassembla tout son courage pour faire une dernière demande.

— Ne... Ne tuez pas mes amies, supplia Rémilia, face à cette aura titanesque qui lui brûlait le corps.

La lueur du dieu diminua jusqu’à s'éteindre. Zeus était tordu de rire, tandis que sa femme faisait disparaître les taches noires sur le corps de Sakuya avec nonchalance.

— Pas la peine, je ne vais tuer personne aujourd’hui, trancha le roi de l'Olympe. Après tout, ce tournoi sera suffisamment triste avec la mort de votre sœur et de votre portière.

La servante fut soudainement secouée par un spasme avant de se mettre à respirer bruyamment. Bien que soulagée, Rémilia fut parcourue d'un frisson d'horreur. Hors de question qu'elle perde à nouveau ceux qui lui étaient chers.


— Je ne laisserai pas cela arriver !

Sa déclaration ne fut même pas considérée par les deux dieux qui prenaient déjà le chemin de la sortie.

— Oh, j'allais oublier, vous vous interrogiez sur notre Conseil tout à l'heure, non ? Nous sommes sept dieux et six déesses, et l'une d'elles est la tisseuse du destin. Je vous conseille donc de ne pas jouer avec vos pouvoirs. Sinon, vous rencontrerez un futur encore bien plus triste que celui de vos parents !


À ces mots, les deux dieux disparurent dans une explosion électrique. La pièce était en ruines, Patchouli et Sakuya étaient inconscientes, la peau de Rémilia était encore brûlée. Elle avait sous-estimé le roi de l'Olympe. Il fallait absolument qu'elles mettent tous les autres en garde, et qu'elle protège sa sœur à tout prix !

Les flammes grandissantes lui rappelèrent les horreurs qu'elle avait vécues par le passé. Pourquoi le destin s’acharnait-il ainsi sur elle ?

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