Touhou Mokushiroku - Colosseum of Divinity par

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Deviation / Fantasy / Action

4 La bête divine

Catégorie: T , 3892 mots
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Tewi recula d’un bond ; Reisen, elle, resta immobile, laissant les griffes de la créature s’approcher inexorablement. Celles-ci allaient se refermer sur elle quand un flash aveuglant illumina la forêt. Reisen s’évapora pour réapparaître dans les airs juste au-dessus de l'écureuil tout en le mitraillant de coups de feu. D’instinct, Ratatosk réagit en érigeant sa queue épaisse en bouclier contre les tirs, puis sauta pour atteindre son ennemie… Il ne comprit la feinte que trop tard. Au sol, une autre Reisen lui expédia une mini-roquette avec son pistolet lunaire. Touché par ce tir direct, l’écureuil retomba lourdement à terre, soulevant une masse de poussière autour de lui.


C'était très impressionnant à voir, mais aussi très perturbant, car Tewi avait également été touchée par les illusions de Reisen.


Les yeux de celle-ci lui permettaient de contrôler la folie des personnes qui avaient le malheur de croiser son regard. Tewi l'avait accidentellement fixée dans les yeux pendant leur échange et c'était depuis ce moment-là que la Reisen réelle était invisible. Celle qu'elle voyait actuellement n'était qu'une illusion derrière laquelle la vraie s'était cachée. Elle était la yokaï la plus furtive de tout Gensokyo et probablement aussi celle avec les meilleures capacités de détection.


L'écureuil poussa un cri de fureur et se redressa intact, sans montrer le moindre signe de faiblesse. Il n'avait aucune égratignure ! Mais en quoi était fait cet écureuil ?

De plus, quelque chose avait changé dans son comportement, ses yeux étaient fermés et il agitait son museau dans tous les sens. Il essayait de se repérer à l'odeur ! Il avait déjà trouvé la faille du pouvoir de Reisen ! Mais quelle était cette chose au juste pour être aussi redoutable ?

Mais tout cela, Tewi ne le comprit que trop tard, la créature avait déjà bondi et planté ses griffes dans la vraie Reisen qui apparut au milieu de sa poigne une fois l'illusion dissipée.


Reisen s’apprêta à tirer avec ses yeux ! Mais la bête lui plongea la tête dans le sable de la rivière, neutralisant ainsi sa meilleure arme. Enchaînant les coups, l'animal la jeta contre un arbre telle une vulgaire noisette !


Reisen ne se relevait pas alors que la bête s’avançait tout en bavant d’excitation. Comme par miracle, Tewi aperçut son maillet à quelques mètres de l’écureuil et elle fonça pour le récupérer ! Mais lorsqu'elle mit enfin sa main dessus, la bête n'était plus là. Au lieu de cela, l'obscurité grandit brusquement... Elle eut juste le temps de lever la tête pour voir l’écureuil géant lui tomber dessus !


Malgré son réflexe de bondir en avant, l'écureuil l'écrasa avec sa patte avant. Tewi sentit ses côtes craquer sous le poids de l’animal et une atroce douleur lui déchira le corps. Dans la panique, elle tenta de se débattre, mais chaque mouvement était horriblement douloureux.


— Petite lapine en première ! saliva-t-il en sortant ses crocs de rongeur.


Puis soudainement ! Un coup feu retentit et la bête s'envola de nouveau pour atterrir plus loin. L'air emporté par le bond de la bête souleva Tewi du sol avant qu'elle ne retombe. Par chance, cette chute ne la blessa pas plus qu'elle ne l'était et le travail de régénération put commencer. Mais Tewi savait qu'elle mettait son corps à rude épreuve en faisant cela, elle n'était pas immortelle, encore un coup comme cela et ce serait fini !

Reisen était debout, les yeux clos à cause du sable et les oreilles tendues. Elle se mit alors à mitrailler Ratatosk qui esquiva avec une incroyable agilité pour sa taille.


— Tenace ! Grande lapine aurait dû être assommée ! Grande lapine vraiment énervante !


L'écureuil repartit à la charge ! Esquivant les balles jusqu’à arriver devant Reisen pour abattre ses griffes dans sa direction. Les oreilles de Reisen se tordirent et elle esquiva le coup. Ratatosk essaya encore et encore de la faucher avec une frénésie grandissante, tandis que Reisen esquivait avec une précision phénoménale. Chaque coup de patte brassait l'air avec tant de force que l'on aurait cru entendre le son d'une épée qui fendait l'air à toute vitesse.


Puis soudainement, Reisen flancha, sa jambe blessée venait céder. Ratatosk en profita alors pour l'attraper ! Alors qu'elle allait se faire avaler tout rond, Reisen ouvrit manuellement ses yeux et un flash inonda toute la forêt !


L'écureuil était à présent au sol, tordu de douleur, poussant couinements paniqué, tandis que Reisen allait l'achever avec son pistolet lunaire. Hélas, dans son agitation, l'écureuil lui infligea un coup de queue qui la catapulta à quelques mètres de la lapine de la terre.


Aussitôt, Tewi se leva, combattant la douleur, et tira Reisen derrière un buisson. Cet effort seul la fit tourner de l’œil, à cause de ses côtes brisées, mais elle tint bon, pour son amie. Le corps de Reisen lâchait une traînée de sang sur son passage, mais son visage ne trahissait aucune douleur ou inquiétude. Ne ressentait-elle pas non plus la douleur ? N'était-elle plus qu'une machine à présent ?


Quand elle arriva dans un coin à l’abri du regard de la créature, Tewi remarqua le sang qui noyait le seul œil ouvert de Reisen. Elle avait dû se faire ça en l'ouvrant malgré le sable dessus. Tewi n'osa pas s'asseoir, de peur de ne plus pouvoir se relever.


Puis soudainement, le rugissement furieux de Ratatosk lui déchira les oreilles , les voix s'était remit à déverser leur poison ! Une expression apparut alors sur le visage de Reisen. De la douleur ! Et pour ne rien arranger, la bête cessa de se tordre dans tous les sens et se mit à les chercher avec son flair ! C'est alors que Reisen ferma son œil et commença à perdre conscience.


— NON ! Reste avec moi ! supplia Tewi en se penchant sur elle.


Reisen avait le visage tordu de douleur d'un côté et complètement figé de l'autre, comme si elle luttait pour empêcher ses émotions de revenir. Elle se redressa avec difficulté et s'appuya le dos contre un rocher.


— Te... Tewi, haleta-t-elle. Mes pouvoirs faiblissent, mes émotions vont bientôt se libérer et je serai vulnérable... Enfuis-toi.

— Mais... Et toi ?... trembla Tewi, refusant de comprendre où elle voulait en venir.


L'expression glaciale dut reprendre le dessus, car elle ne plissait plus les yeux, bien qu'elle les garde clos. Ce qui n’empêcha pas le sang de se déverser en petites gouttes sur ses vêtements.


— Fuis pendant qu'il en finit avec moi, lança-t-elle froidement. C'est la seule chose que je peux encore faire...

— Mais qu'est-ce que tu racontes ! Fuyons toutes les deux ! Je te porterai jusqu'au Pavillon, laisse-moi...

— Non Tewi, je dois te protéger.


Sidérée, Tewi fixa avec stupeur le visage froid de Reisen. N'avait-elle pas dit qu'elle ne lui faisait pas confiance ? Alors pourquoi voulait-elle se sacrifier pour elle ?


— Pourquoi ? Je croyais que tu ne pensais qu'à des choses logiques quand t'était comme ça.

— En effet, ce n'est pas logique. Supprimer mes émotions me retire tout désir, tout besoin, toute volonté, je n'ai plus goût à rien dans cet état. Alors je ne fais que suivre les deux objectifs que je me suis fixés avant de perdre mes émotions : le premier était de tuer cette chose. Mais ses pouvoirs sont trop puissants et mon corps est trop endommagé à cause de mon entraînement de ces derniers jours.

— Mais alors, pourquoi tu n'as pas fui si tu n'avais aucune chance !

— À cause de mon deuxième objectif.


C'est alors que les yeux de Reisen s'ouvrirent pour lui lancer un regard chaleureux. Un sourire amer acheva de lui rendre ses émotions. Elle se releva sans difficulté, il n'y avait aucune douleur sur son visage, aucune froideur non plus. C'était la Reisen qu'elle avait toujours connue, naïve et dévouée. Son amie prit alors dans ses bras et la serra contre elle.

— Protéger cette lapine têtue qui refuse de m'obéir quoi que je lui dise. S'il te plaît, va-t'en... Des larmes se mirent à couler sur les joues de Tewi. Pourquoi ? Après tous les sales tours qu'elle lui avait joués... Pourquoi Reisen voulait tant la protéger ? Elle n'avait fait que lui pourrir la vie, mais malgré tout cela...


— Pourquoi ? Demanda Tewi.

Puis tout à coup, l'ombre de Ratatosk recouvrit les deux lapines, il avait un sourire malsain sur ses lèvres débordantes de salives, ses yeux brûlaient de rage !

— Trouvé ! s'extasia-t-il.


C'est alors que Reisen poussa Tewi dans un buisson et se tourna vers Ratatosk. Elle restait fermement debout malgré la douleur qu'elle devait éprouver. Toute l'attention de la bête était braquée sur elle. Tewi aurait pu s'enfuir à ce moment-là, mais elle devait la sauver !

C'était à cause de son explosion que les blessures de Reisen étaient de nouveau ouvertes ! Et c'est parce qu'elle allait se faire tuer que Reisen s'était battue avec tant d'acharnement ! Si elle avait fui, Reisen aurait fait de même par la suite. Pourquoi n'avait-elle pas pu écouter ses ordres pour une fois ?

Que pouvait-elle faire désormais ? Sans son maillet, sauter de face sur la bête serait du suicide et cela ne sauverait malheureusement pas Reisen. Elle était complètement impuissante.


— Vas-y ! Clama Reisen à l'attention du monstre. J’espère que tu t’étoufferas avec mes os !


Ravi de cette proposition, l'écureuil plongea ses dents vers elle. Tewi ne se contrôla plus et bondit en avant, espérant sauver son amie de son triste sort, mais elle n'était pas assez rapide... Le temps sembla comme ralenti, tandis que la mâchoire de l’écureuil se refermait sur Reisen...


Mais soudain, une comète flamboyante tomba sur le dos de l'écureuil qui interrompit son repas en couinant avant même que celui-ci ne commence. Tewi fut suffisamment proche pour rattraper Reisen avant qu'elle ne s'effondre au sol. D'un bond, elle tira son amie hors d'atteinte et observa l'étrange spectacle qui se déroulait devant elle.

Un gigantesque phénix de flamme venait d’atterrir sur l'écureuil qui se débattait en râpant le sol de ses griffes !


— Rah ! Le vent ! Il n'y a plus de vent ! paniqua-t-il !

— Évidemment qu'il n'y en a pas ! pesta une voix forte et agressive. La chaleur redirige le vent vers le haut, hors de la portée de tes pouvoirs. Tu ne peux donc plus utiliser tes illusions auditives !


Des flammes, jaillit une femme aux longs cheveux blancs habillée d'une chemise blanche et d'un pantalon rouge beaucoup trop large pour elle. C'était Mokou, l'éternelle guide forestière et rivale de la Princesse Kaguya.


— NON ! NON ! NON ! Pitié ! gémit Ratatosk alors que les flammes le dévoraient.


Mais Mokou l'ignora et descendit de son dos pour se diriger vers les deux lapines. La peur de Tewi disparut aussitôt. Elles étaient sauvées ! Reisen était sauvée !


— Mokou, je te...

— Toi, tu la boucles ! cracha-t-elle. J'ai dû conduire un homme mourant chez Eirin en urgence, car il avait sauté dans un nid de yokaï pour m’échapper parce qu'il croyait que j’étais un fantôme ! Quant à toi...


Surprise par la colère de soudaine de Mokou, Tewi ne réagit pas quand celle-ci prit Reisen par le col et la tira à sa hauteur.


— C'est quoi cette chose pitoyable que tu nous as faite là, hein ? Depuis quand est tu si faible ?

— Mokou arrête ! Elle est blessée...

— Et alors ! C'est une raison pour se laisser bouffer comme un vulgaire gibier !

— Je... Je voulais juste... La protéger...

— Alors tu aurais juste dû t'enfuir avec elle ! Pas te battre avec une bête divine ! Je me fiche de ce qu'était ton but en l'affrontant, mais ne montre plus jamais un spectacle aussi lamentable devant qui que ce soit !


À ces mots, elle lâcha Reisen qui retomba dans les bras de Tewi et se tourna vers la bête. Une flamme se matérialisa dans sa main, devenant de plus en plus lumineuse au fur et à mesure qu'elle concentrait sa magie dedans. Mais, au moment où elle allait achever la créature, un homme apparut devant elle dans un tourbillon de brume glacée.

Il était vêtu d'un ensemble armure et cape noires, sur sa tête se trouvait un casque doré orné de longues cornes. Il brillait comme une flamme et arborait une expression d'extase, comme s'il venait de goûter un mets succulent et voulait montrer de manière complètement exagérée à quel point il avait aimé.


— Magnifique ! Absolument magnifique ! Et quel discours ! Tu m'as impressionné ! déclara le nouvel arrivant avec un sourire ravageur.


Il y avait quelque chose d'inquiétant à son sujet. Tout paraissait faux chez lui : son sourire exagéré, sa posture théâtrale, même sa présence n'avait pas l'air réel. La finesse de son langage fut brutalement coupée par la question sèche et directe de Mokou.


— Vous êtes qui ?

— Tu peux m'appeler Loki, trésor...

— Maître ! Sauvé ! se réjouit Ratatosk.

— Oh ! C'est vrai. Puis-je libérer mon animal de compagnie ? Il ne fera plus rien contre vous.


Mokou sembla hésiter entre obtempérer et refaire le portrait du dieu en noir pour l'avoir appelée "trésor". Elle dut choisir la première solution, car elle acquiesça et Loki fit s'éteindre brusquement les flammes en claquant des doigts. Le calme de la nuit revint enfin. L'écureuil n'était pas autant brûlé qu'il ne l'aurait dû, mais cela ne se sembla pas inquiéter Mokou plus que ça.


— Merci beaucoup, je me demande de quelle manière vous avez deviné comment fonctionnait le pouvoir de Ratatosk.

— C'est facile, ça fait cinq jours que cette bête rôde dans la forêt. Je l'ai juste observée avec une amie qui a de bonnes connaissances en histoire. Je sais donc que votre bestiole est Ratatosk, le messager de la discorde qui vivait autrefois sur l'Yggdrasil. Son pouvoir lui permet de faire entendre à une personne les pires choses, mais il lui faut des sons extérieurs pour amplifier l'effet des voix entendu par la victime. C'est pour cela qu'il n'y a plus un bruit quand il utilise ce pouvoir.


— Brillant ! Ratatosk utilise bel et bien le son du vent entre les arbres pour amplifier les voix. Enfin, ce Ratatosk-là n'était qu'un minuscule fragment de ce qu'était son père. Lui, il aurait eu l'intelligence d'utiliser d'autres sons, comme celui des flammes par exemple.


Tewi trembla à l'idée que cette créature ait pu être encore plus redoutable. Mais cela semblait logique dans un sens, car l'Yggdrasil était un arbre qui reliait les neuf mondes, donc un écureuil y vivant devait être au moins dix fois plus grand que celui-là qui devait déjà faire trois mètres de haut.


— C'est plutôt mon amie qu'il faut complimenter pour cette déduction. Maintenant vous allez me dire ce que fout votre bestiole dans cette forêt, je l'ai vus collecter des cadavres de yokaï sans les manger !

— C'est un crime ? lâcha Loki d'un ton faussement étonné. Vas-tu mal le prendre si je te dis qu'il fait cela pour s'amuser ?

— Je ne sais pas, vous n'avez qu'à essayer ! lança-t-elle avec une forte intonation menaçante.

— Allons, allons, il n'est pas nécessaire de s'énerver, rit-il. Vois-tu, mon trésor, je ne pense pas être dans l'obligation de te dire quoi que ce soit. En fait, nous n'aurions sans doute jamais eu à nous rencontrer si cette stupide boule de poils était restée discrète !


Loki lança un regard agacé à son animal de compagnie qui sembla complètement paniqué et s'écrasa la tête sur le sol en signe de soumissions.

— Cependant, je vais me permettre de vous dire une chose assez évidente. Nous nous répartissons les territoires et j'ai choisi cette forêt. Tous ses locataires deviendront mes serviteurs une fois que ce tournoi ridicule sera terminé.


À ces mots, Reisen s'agita. Tewi essaya de la maintenir au sol, mais elle fut repoussée tandis que Reisen se levait pour faire face au dieu.


— Je ne vous laisserai pas faire ! Je participe aussi à ce tournoi !


Loki la regarda d'un œil circonspect, puis afficha un sourire malicieux. Il fit un pas en avant, Mokou tenta de s'interposer, mais Loki se téléporta derrière elle.


— Du calme, trésor, je vais juste lui parler, promit-il sur un ton mielleux.


Puis Loki marcha vers Reisen en arborant un air plus qu'enjoué. Mokou semblait réfléchir à une solution pour l’arrêter, mais elle n'arrivait visiblement pas à la trouver. Ce type était encore plus effrayant que son animal de compagnie et Reisen n'était pas en état de livrer un autre combat, alors Tewi se mit devant elle, les bras écartés.


— N’approchez pas sinon je...


Mais Tewi ne put aller au bout de ses menaces, car Reisen la poussa sur le côté en foudroyant Loki du regard.


— Ma chère, pensais-tu réellement que ce tournoi était sérieux ? Tout cela n'est qu'un jeu pour le conseil. Il est évident que les pauvres créatures inférieures que vous êtes ne font pas le poids.

— Dans ce cas, vous allez regretter d'avoir voulu jouer avec nous !


Loki sembla impressionné par l'audace de Reisen. Il la contemplait de haut en bas comme pour mémoriser son apparence. Il passa alors sa main dans sa barbichette rousse et lança :


— J'aime bien ton regard, je ne doute pas de ton courage ou de ta détermination. Dommage que cela ne t'ait servi à rien face à Ratatosk.


Puis tout à coup, le bras de Loki s'enfonça dans le corps de Reisen. Tewi hurla de terreur et Mokou s’enflamma. Mais Reisen ne bougea pas.


— Je sais que vous n’êtes pas ici, cracha-t-elle. J'aurais senti vos ondes cérébrales.


Bien que sa tentative d'intimidation ait échoué, Loki semblait plus que ravi.



— Les armes les plus mortelles de Ratatosk sont les remords, la honte et le dégoût que la victime a pour soi-même. Tu dois avoir un passé bien triste pour qu'il ait pu t'atteindre de la sorte.

— Je ne laisserai pas mon passé interférer la prochaine fois ! assura Reisen.

— Oh ! J'ai hâte, mais je n'ai que peu de temps a accordé aux faibles, gloussa-t-il avant de se retourner vers Mokou.


Énervée de s’être fait avoir de la sorte, Mokou avait créé des boules de feu dans ses mains, prête à bombarder Loki à tout moment.


— Quant à toi l'immortelle, j’espère que nous nous affronterons lors de ce tournoi, histoire que je ne m’ennuie pas trop.

— Avec plaisir, répondit Mokou avec un sourire impatient.


C'est alors que Loki s'évapora dans la même brume avec laquelle il était apparu. Reisen essaya alors de marcher, mais un filet de sang s’échappa de ses jambes et elle flancha. Mokou la rattrapa de justesse, son expression était beaucoup plus douce que tout à l'heure.


— C'est fini, je vais te porter.

— Je... n'ait pas...


Mais Mokou ne prêta pas attention à ses protestations et la souleva comme un vulgaire sac à patates. Puis elle se mit en marche vers le Pavillon, Tewi sur ses talons. La marche se fit dans le silence le plus total, Reisen ayant perdu toute volonté de se débattre. Quand elles arrivèrent sur le terrain d’entraînement, Reisen appela Mokou et Tewi d'une voix presque éteinte, ce qui arrêta brusquement la marche.


— Tais-toi! Tu n'es pas en état de l'ouvrir !

— Promettez-moi de ne rien dire... au sujet des voix... La Princesse ne doit pas s'inquiéter...

— Comme si j'avais quoi que ce soit à lui dire ! pesta Mokou.


Reisen redressa alors la tête et fixa Tewi avec un regard suppliant.


— Tu ne peux pas me demander de garder ça pour moi ! Ces voix t'ont presque tuée de peur ! Si tu ne veux pas en parler à moi, parles-en au moins à Eirin, elle...

— Ce sont mes péchés, il n'y a que moi qui puisse les assumer.


C'est alors que le groupe arriva devant l'entrée du Pavillon où les attendaient déjà Eirin et Kaguya.


— Udongein ! Mais que t'est-il arrivé ! s'inquiéta la doctoresse en prenant Reisen dans ses bras.

— Je l'ai sauvée d'une grosse bestiole qui s'apprêtait à en faire son repas. De rien surtout !

— Oh ! Tu attends des remerciements ? comprit Kaguya d'un ton irrité. Nous n'avons malheureusement plus de croquettes pour chiens.

— T’inquiète, j'ai déjà quelque chose qui vaut toutes les récompenses du monde, ricana Mokou en sortant un bandeau rouge de sa poche, le même qu'avait reçu Reisen cinq jours plus tôt.


Kaguya entra dans une colère folle, faisant apparaître sa branche de pierre précieuse dans l'intention de pulvériser Mokou avec ! Mais Eirin la stoppa.


— Princesse ! Il y a des blessés ici ! Et toi Mokou, l'homme que tu m'as amené doit se reposer alors repasse le chercher demain !

— Très bien, soupira Mokou en leur tournant le dos d'un air dédaigneux, les mains dans les poches. Mais je compte quand même ça comme une dette que vous me devez !


Une fois qu'elle eut disparu en forêt, Kaguya se pencha sur Reisen, l'air vraiment mécontente.


— Inaba ! À cause de toi, je dois quelque-chose à cette cinglée ! Je t'avais pourtant ordonné de me faire honneur, pas d'être ramassé à la petite cuillère par la folle du coin !

— Princesse ! s'énerva Tewi. Vous n'avez pas...




— Tewi ! Tais-toi ! coupa Reisen d'un ton grave. Acceptez mes excuses, Princesse. Je promets de ne plus recommencer !

—Il y a intérêt ! Et tu doubleras ton entraînement dès demain pour te faire pardonner ! ordonna la Princesse.

— À vos ordres ! acquiesça Reisen avec un sourire amère.


Non ! Tewi ne voulait pas que ça se passe comme cela. Reisen était dans cet état à cause de son entraînement acharné au mépris de sa santé. Et si la Princesse lui demandait de doubler la dose, alors elle le ferait sans hésiter. Reisen aller encore plus souffrir et la Princesse n'avait même pas l'air de s'en soucier. Mais quand elle voulut ouvrir la bouche, Reisen la foudroya du regard. Ce qui eut pour effet de la paralyser sur place.


"Je veux juste t'aider" pleuras intérieurement Tewi. Incapable de faire quoi que ce soit pour empêcher son amie de souffrir. Elle était aussi impuissante ici que face à Ratatosk.

Eirin emmena Reisen au bloc opératoire et la Princesse retourna dans sa chambre sans plus se soucier de son animal de compagnie.

C'était à elle, la plus ancienne yokaï de Gensokyo, de protéger Reisen. Et pour cela, elle allait commencer par enquêter sur les agissements de ce mystérieux écureuil !


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