Touhou Mokushiroku - Colosseum of Divinity par

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Deviation / Fantasy / Action

5 La reine du Monde Souterrain

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dix jours avant le début du tournoi.


Le Monde Souterrain était un monde situé juste sous Gensokyo.

Il y a longtemps, Satori reçut la tâche de gérer l'Enfer des Flammes Ardentes. Au début, elle était seule avec sa petite sœur, Koishi. Mais elle avait très vite adopté un certain nombre d'animaux de compagnie, dont certains l'aidaient dans sa tâche.

Satori s'entendait bien avec eux. C'étaient les seuls, dans ce monde, qui ne cherchaient pas à lui faire du mal. Le pouvoir de son espèce suscitait toujours la crainte et la haine des autres : le pouvoir de lire les pensées.


À cause de cela, personne ne venait la déranger dans son Palais. Et elle n'allait pas s'en plaindre, car cela lui permettait de lire tranquillement dans son bureau. Cette fois-ci encore, elle aurait dû être concentrée sur son livre, mais était perturbée par le comportement étrange d'un de ses animaux de compagnie les plus proches.

Orin était une kasha, une démone-chatte voleuse de cadavres. De ce fait, Orin était chargé d'acheminer les corps sans vie jusqu’à l'Enfer des Flammes Ardentes pour en alimenter la source de chaleur. Mais dernièrement, elle avait rapporté une quantité anormale de cadavres. Et ce n'était pas pour alimenter la source de chaleur, Satori la soupçonnait de donner le surplus à quelqu'un d'autre.


Lorsqu'elle avait tenté de lire dans son esprit, Orin s'était enfuie alors que d'habitude cela ne la dérangeait pas. De plus, elle s'était mise à rougir comme si quelque chose la gênait et qu'elle ne voulait pas que cela se sache. Néanmoins, Satori avait réussi à légèrement percevoir ses pensées. De ce qu'elle avait compris, Orin ressentait des "sentiments" qu'elle n'avait jamais ressentis auparavant et essayait tant bien que mal de les comprendre. Ce qui l’amenait à avoir peur desdits "sentiments".

Elle avait déjà vu des comportements similaires dans des romans à l'eau de rose, dans lesquels des ados découvrent la notion "d'amour" pour la première fois, c'était une lecture particulièrement ennuyeuse !


Mais alors devait-elle en conclure qu'Orin avait un petit copain ? Ou du moins qu'elle était amoureuse ? Mais de qui ? Un autre kasha ?

Satori faisait les cent pas dans son bureau pour réfléchir à qui pouvait être la mystérieuse fréquentation de son animal de compagnie. Quand Satori l'avait adoptée, Orin s'était révélée très affectueuse et volontaire dans sa tâche, elle avait toujours été un livre ouvert révélant son moindre secret sans hésiter face au troisième œil de Satori. Mais cela avait développé chez elle une certaine naïveté qui ne l'aurait pas mise à l’abri de se faire piéger par un baratineur. Les romans à l'eau de rose étaient peut-être chiants, mais ils donnaient de bonnes mises en garde. Du moins Satori le supposait, car ces romans étaient sa seule référence en matière d'histoire d'amour.


C'est alors que Satori remarqua la présence d'un étrange objet contre son bureau, quand est-ce que c'était arrivé là ?


Puis soudainement, deux bras passèrent sous ses épaules pour se serrer autour de sa poitrine afin de la presser contre un corps aussi léger que le sien. Puis elle sentit une tête se poser sur son épaule et hurler d'un ton joyeux :


— Grande sœur ! s'exclama Koishi en la l'étreignant de plus en plus fort tout en riant.


Satori n’essaya pas de se débattre, la présence de sa sœur la rassurait. Koishi était différente de son aînée, cela se voyait surtout au niveau de la particularité la plus visible de leur espèce.

Satori avait un troisième œil qui flottait devant son cœur. Il était relié à son corps par quatre gros nerfs rouges qui serpentaient autour d'elle. Koishi avait elle aussi un troisième œil maintenu par deux nerfs violets, mais il était fermé, comme pour symboliser le fait que sa sœur avait fermé son cœur aux autres.

l'autre chose qui chagrinait Satori, c'étaient les pouvoirs incontrôlée de sa sœur cadette sur le subconscient. Toutes personnes croisant Koishi l'oubliait une fois qu'elle sortait de leur champ de vision. Et parfois, elle pouvait même disparaître sous les yeux de quelqu'un. Koishi ne détestait ou n'aimait personne, mais personne ne pouvait l'aimer ou la détester.


Du moins, cela avait été le cas pendant un moment, car à présent, tous ceux qui l'avaient rencontrée se référaient à elle en tant que "petite sœur de Satori". Elle avait même réussi à se faire une ennemie selon ses propres dires. Mais à chaque fois, elle en parlait comme d'une expérience particulièrement amusante.


— Comment était ta balade aujourd’hui ?


Koishi lâcha sa sœur et ramassa l'étrange objet. Puis elle prit place sur un fauteuil en face du bureau.


— J'ai croisé des humains au bord d'un lac, ils étaient en train de pêcher du poisson, j'ai voulu faire comme eux, mais je n'avais pas de canne à pêche ! Alors je suis allée en demander une dans l'habitation la plus proche, une sorte de grande maison rouge.

— Le Manoir du Démon Écarlate ?

— Oui ! C'est ça, la gardienne de la porte m'a prêtée la sienne sans discuter, mais je suis revenue car la nuit tombait. Demain, je ramènerai du poisson pour le dîner ! s’enthousiasma Koishi.


— Ravie de l'entendre.

Koishi se mit alors à devenir transparente de manière brève, comme une lampe qui clignote, tout en sautillant dans la pièce. Satori n'aimait pas la voir faire cela, car à chaque fois que sa sœur disparaissait devant-elle, elle craignait de ne pas la voir réapparaître.

Koishi arrêta finalement sa danse devant la fenêtre et sembla regarder dans le vague. Satori était frustrée de ne pas pouvoir lire ses pensées, mais sa sœur n'en avait techniquement pas, c'est à peine si elle était consciente d'elle-même. Tout ça à cause de cet œil fermé qui scellait son esprit.


— C'est dommage, on ne voit pas les étoiles aujourd’hui, déplora Koishi.

— Parce que tu les vois d'ici d'habitude ? demanda Satori en contemplant le plafond de la caverne.

— Je ne sais pas, avoua Koishi sur un ton évasif.


Ce genre de moment arrivait de temps en temps et Satori ne savait pas vraiment si elle était supposée en rire ou en pleurer.


— Grande sœur.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— C'est qui cette femme qui attend devant le Palais ?


Surprise, Satori se précipita à la fenêtre. Une femme, vêtue d'un pantalon noir et d'un pull blanc, était en train d'observer le Palais d'un œil curieux. Elle avait une longue chevelure noire qui tombait en cascade dans son dos et une couronne de pics sur la tête. Son teint était pâle, signe qu'elle ne devait pas souvent voir la lumière du soleil.

Satori était naturellement méfiante envers les étrangers, surtout depuis ce qui était arrivé à sa sœur. Et encore plus après ce que lui avait dit la prêtresse Hakurei quelques jours plus tôt.


Tout avait commencé lorsque celle-ci s'était rendue au Palais des Esprits de la Terre pour lui remettre une lettre. Des dieux avaient envahi Gensokyo et sa sœur allait devoir en affronter un dans un combat à mort où elle pourrait se faire voler son corps en cas de défaite.

Satori était alors entrée dans une colère rare chez elle. Personne n'avait le droit de mettre sa sœur en danger, il était hors de question qu'elle quitte le Monde Souterrain pour ça. La prêtresse s'en était alors en allé en lui recommandant d'être prudente.


À bien regarder, cette femme avait la peau légèrement brillante, ce qui correspondait à une des descriptions que lui avaient faite la prêtresse. Mais que voulait cette déesse?... Enfin, dans un sens, la réponse était assez évidente, elle devait en avoir après Koishi.

La déesse cessa son observation et alla frapper à la porte. Satori pouvait déjà sentir ses animaux courir vers elle pour l'avertir de la venue d'un visiteur. Satori n'avait aucune envie de se frotter à des dieux, mais en même temps... elle n'avait aucune intention de laisser sa sœur les affronter. Allaient-ils la laisser tranquille si elle leur expliquait qu'elle ne participerait pas ?

Satori prit sa décision et sortit de son bureau, se dirigeant vers l'escalier qui menait au hall. Sur le chemin, elle croisa Okuu, qui venait probablement de finir sa journée. La yokaï corbeau était chargée de réguler la température de l'Enfer des Flammes Ardentes. Elle était aussi la meilleure amie d'Orin et c'était pourquoi Satori avait essayé de lui soutirer des informations sur elle, mais Orin n'avait pas été assez bête pour lui en parler.


— Dame Satori ! Il y a... Il y a quoi déjà ? ... J'ai oublié ! paniqua Okuu.

— Calme-toi, tu devais sûrement vouloir me prévenir que quelqu'un avait frappé à la porte, c'est ça ?

— OUI ! Mais je dois aussi vous faire part d'une inquiétude !

— Laquelle ?

— Cela fait un moment que je dois vous en parler, mais j’oublie tout le temps !


Alors ça, c'était étonnant... Pas qu'Okuu ait pu oublier quelque chose, mais le fait que Satori ne sache pas de quoi elle parle.


— Depuis quelque temps, Orin ne rentre plus du boulot avec moi, elle reste parler avec ses cadavres. Elle a toujours fait ça, mais en général les vivants passaient en premier... Je crois que quelque chose la perturbe en ce moment.

— Je suis au courant, Okuu, soupira Satori. D’ailleurs, n'as-tu pas vu une personne étrange traîner avec elle ?

— Hum... Je n'irais pas jusqu’à dire une personne... Mais plutôt un..."truc" ! C'est ça, j'ai vu un truc aujourd’hui ! Déclara-t-elle, comme si elle était fière de sa description.


Ravie, Satori plongea aussitôt dans ses souvenirs, recherchant ce moment précis où Okuu avait vu ce "truc". D’après son point de vue, Okuu devait être sur le chemin du retour et fixait avec attention la pile de cadavres accumulés par Orin, celle-ci était en train de poser un corps sans vie dans la bouche d'un... truc...

Enfin plus précisément, cela ressemblait à un mélange de plusieurs animaux que Satori n'avait vu que dans des livres illustrés. La créature avait la gueule d'un crocodile, l'avant du corps ainsi que la crinière d'un lion et l’arrière d'un hippopotame. Mais qu'est-ce que c'était que cette horreur ? Elle aurait pu engloutir un humain d'un coup avec sa mâchoire triangulaire qui jurait avec son corps presque rond !


Satori était bien décidée à aller voir ce que fabriquait Orin avec ce monstre! Quitte à ce qu'elles se disputent, mais c'était pour son bien. D'un pas pressé , elle traversa rapidement le hall et tomba nez à nez avec la déesse lorsqu'elle ouvrit la porte. Satori l'avait presque oubliée ! De près, on pouvait voir les motifs brodés au fil noir sur son pull. Trois animaux étaient représentés : un chien, un lion et un cheval. Et elle tenait sans ses mains un bâton de la taille de son bras qui se finissait par une masse de rubis brillante.


— Qui êtes-vous ?


D’abord surprise par le ton sec de Satori, la déesse sursauta avant de prendre un sourire amical et de lui tendre un petit sac dégageant une délicieuse odeur de chocolat.


— Je suis juste venue dire bonjour et me renseigner sur le voisinage... Tenez, c'est pour vous !


Méfiante, Satori essaya de lire dans ses pensées, mais elle percuta une barrière mentale qui lui renvoya un électrochoc en pleine tête. La déesse sembla amusée de voir sa réaction.


— Allons mademoiselle, il serait beaucoup plus poli de me demander directement ce que vous voulez savoir.

Stupéfaite, Satori recula, ce qui laissa l'opportunité à la déesse de franchir le seuil de la porte.

— Je vais avoir du mal à faire confiance à une personne qui m’empêche de voir ses pensées.

— C'est pourtant ce que font toutes les personnes civilisées, mademoiselle Satori, annonça joyeusement la déesse. Allez, prenez ce sac, j'ai fait de délicieux cookies au chocolat. J'aimerais vraiment que cette discussion se finisse comme un simple échange entre voisins.


Désemparée par son attitude enthousiaste et légèrement menaçante, Satori amena la déesse au salon sans la perdre des yeux. Qui qu'elle soit, elle semblait en admiration face à la décoration, en tout particulier le sol en damier rouge et noir. Dans la salle à manger, elle s'était mise à observer Okuu avec une certaine curiosité. Rien de surprenant, Okuu était assez spécial avec sa jambe recouverte de verre radioactif, son bras canon et son œil rouge au milieu du corps.

Une fois qu'elles furent assises sur les fauteuils autour d'une petite table, la déesse distribua les cookies au chocolat et c'est là que Satori se rendit compte que Koishi les avait suivies. Il ne fallait pas que la déesse comprenne que c'était sa cadette... Mission impossible avec leur troisième œil ! Mais la déesse ne semblait pas lui prêter attention lorsqu'elle lui donna le gâteau.


— Et si vous commenciez par vous présenter ? demanda Satori, tendue à cause de sa sœur qui avait l'air d'envisager de faire un câlin à la déesse.

— Je suis Hécate, déesse de la magie, des chemins et des souterrains. Et vous, est-ce que vous êtes celle qui dirige ce monde ?

— Personne ne dirige le Monde Souterrain...

— Vraiment ? Mais alors pourquoi vivez-vous dans ce palais ?

— C'est moi qui gère la production de chaleur de l'Enfer des Flammes Ardentes, c'est en gros le chauffage du Monde Souterrain.


La déesse sembla ravie d'entendre ces paroles tandis qu'elle mangeait son cookie au chocolat, rapidement imitée par Okuu et Koishi.


— C'est parfait ! Je n'ai donc aucun adversaire pour contester ma prise de pouvoir !

— Comment ?

— Je suis à présent la reine de ce monde, déclara Hécate sur le même ton de conversation avec lequel elle leur avait proposé ses cookies. Il me faut un monde à diriger et à mettre sous ma protection. Je demande juste aux habitants de me vouer un culte.



Satori était choqué par le ton léger de cette annonce. La déesse avait déjà tout décidé et il n'était pas envisageable que cela se passe autrement. Cependant, Satori ne trouva rien à redire, elle ne semblait pas aussi mesquine que ce dieu qui avait affronté la prêtresse et cela n'allait pas impacter sa tâche.



— Dans ce cas, je vous souhaite bonne chance : les onis n'aiment pas vraiment qu'on leur impose ce genre de chose.

— En effet, c'est ce que j'ai pu observer lors de mon allocution publique, déplora Hécate avec un sourire mêlée à un soupir, préférant de toute évidence rester positive face aux difficultés de la vie. Vous pourriez mettre une statue de moi dans votre palais ?

— Oui pourquoi pas ? Cependant, vous ne devriez pas établir votre culte ici. Les habitants du Monde Souterrain ne viennent jamais par là.

— C'est ce que j'ai cru comprendre. Vous m'avez pourtant l'air fort sympathique, je suis sûre qu'on deviendra de bonnes amies par la suite ! Quel genre d'activité avez-vous ici ?


La déesse avait à présent le même regard curieux qu'un enfant. Elle semblait d’ailleurs plus jeune tout à coup. D'un côté, Satori n'avait pas envie de parler d'elle-même à la déesse, mais d'un autre côté, cela n'allait pas lui coûter grand-chose de dire ça.


— Je lis beaucoup.

— Oh ! Vous êtes une érudite. J'aime les gens cultivés et sympathiques.


C'était très troublant, plus la conversation avançait plus la déesse avait l'air humaine. Du moins, Satori aurait pu presque le croire si elle n'avait pas vu cet étrange phénomène : lorsque la curiosité d'Hécate fût satisfaite, ses traits enfantins disparurent et il ne faisait aucun doute qu'elle ressemblait à une adulte. C'était très perturbant. Mais son côté sociable mit tout de même Satori en confiance.


— Et vous, comment occupez-vous vos journées ?

— J’étais pâtissière dans le monde extérieur, mais je le suis encore de temps en temps.



Satori faillit s'étouffer avec son cookie en entendant cela. Pâtissière ? Cette même femme, qui venait de s’autoproclamer reine du Monde Souterrain, avait une activité aussi... ordinaire ?


— C'est... surprenant, si je puis me permettre, Dame Hécate...

— Juste Hécate.

— D'accord... Hécate, je ne pensais pas que les dieux étaient si... sociables. Après tout, vous êtes en conflit avec Gensokyo.

— Mais nous ne sommes pas à Gensokyo, Satori, alors pourquoi devrais-je ouvrir un conflit dans un monde en paix ? Je préfère de loin une bonne entente avec mes sujets qu'une guerre de soumission comme la pratique le Conseil.


Cela avait du sens, mais alors pourquoi était-elle venu la voir ? Satori n'était qu'une seule personne et n'avait aucune influence ici bas.


— Vous ne me dites pas tout, Hécate. Le Conseil dirige les anciens dieux encore en vie de ce que j'ai compris. Je pense donc que votre arrivée ici était une décision prise par le Conseil.


Hécate sembla ravie quand elle déclara fermement avec un grand sourire


— J'aime votre perspicacité, mais avant de répondre à votre question, je dois m'assurer d'une chose : de quel côté êtes-vous ?

— Pourquoi cette question ? Et à quoi dois-je m'attendre si je ne vous fournis pas la réponse voulue ? se méfia Satori.

Était-elle venue pour la recruter dans le combat contre Gensokyo ? Hors de question qu'elle y participe !


Le visage d'Hécate sembla soudainement beaucoup moins enjoué, plus vieux, parcouru de rides profondes, et ses cheveux étaient à présent gris. C’était la deuxième fois que son visage se transformait, cette déesse avait-elle trois visages ?


— Satori, vous vivez dans un monde isolé, dans un palais isolé. Vous ne seriez en temps normal d'aucune gêne et vous êtes même une personne charmante que les gens n'arrivent juste pas à apprécier. J'ai connu cela aussi, à cause de ma race, car je ne suis pas une déesse, mais une titanide. Une race antérieur que les dieux détestent autant que les yokaï détestent les satoris. J’espère vraiment qu'on pourra être amies.

— Il y a un "mais" je suppose, devina aussitôt Satori.

— Vous voyez ? Inutile d'avoir un troisième œil pour qu'on se comprenne. Ce qui me dérange, c'est l’implication de votre sœur dans ce tournoi. Si elle participe à cette guerre, alors vous serez notre ennemie !

— Ma sœur ne participera pas à ça ! J'ai été claire là-dessus ! trancha Satori en se levant brusquement de son fauteuil, ce qui eut pour effet de faire lâcher son cookie à la déesse.

— Eh bien, c'est rassurant, j’avais peur de tomber sur une pseudo héroïne qui aime se mêler de ce qui ne la regarde pas, ricana Hécate.


Son visage avait alors rajeuni. Cette déesse avait bel et bien trois visages : une adulte quand son comportement était normal, une enfant quand elle se laissait envahir par la joie ou la curiosité, et une vieille femme lorsqu’elle était contrariée.


— Moi et ma sœur nous voulons juste vivre en paix ! poursuivit Satori. J'ignore pourquoi ma sœur devrait participer à ça, mais elle ne quittera pas le Monde Souterrain pendant la toute la durée de ce conflit !


L’intéressé ne sembla pas comprendre qu'on parlait d'elle et observait à présent les mouches voler. Hécate se racla alors la gorge et reprit :


— Néanmoins, le Conseil ne m'a pas envoyée pour ça. Peu importe l'adversaire, ils seront ravis. Et si vous voulez savoir, votre sœur participe en tant que membre du temple Myouren.


Satori sentit la colère monter en elle. Elle avait cru que laisser sa sœur se convertir au bouddhisme était une bonne façon de la sociabiliser, et la chef de ce temple était connue pour sa bonne affinité avec les yokaï. Et maintenant cela se retournait contre elle ! Reimu lui avait aussi parlé des magouilles de Yukari Yakumo, mais cela dépassait largement ses craintes. Hécate sembla soudainement plus compatissante.


— C'est bien ce que je pensais. J'ai essayé de convaincre le Conseil que cela ne servait à rien de vous faire du mal.

— "Essayé", releva Satori. Vous n'avez donc pas réussi ?

— Partiellement. Pouvons-nous parler franchement ?


Si être honnête pouvait l'aider à éloigner sa sœur de ce tournoi, alors elle devait prendre ce risque. et cette déesse ne semblait pas avoir de mauvaises intentions


— J'imagine que le Conseil veut des informations sur ma sœur.

— Exactement. Je vais vous expliquer...

Satori reprit place sur son fauteuil et lui coupa sèchement la parole.

— Laissez-moi deviner, ils n'ont aucune info sur elle, si ce n'est qu'elle est ma sœur.

— C'est cela, mais permettez-moi vous en dire la raison. Elle ne va pas vous plaire, car il s'agit encore des manigances de cette créature manipulant les frontières. Elle a déclaré que parmi les champions se cachait une arme secrète qui permettrait de vaincre les dieux.

— Et donc les soupçons se sont portés sur la seule sur laquelle ils ne savaient rien... Termina Satori, comprenant cet association d'idées.


La déesse porta alors son attention sur Koishi qui s'amusait désormais à tirer le bandeau d'Okuu. Cette dernière semblait chercher l'origine de ce qui pouvait ainsi lui tirer les cheveux.


— Je ne pense pas a mal en vous demandant ça... Mais... votre sœur n'est pas comme vous, non ?

— Ma sœur a scellé son esprit, déclara Satori. Quand une personne la croise, elle finit par l'oublier lorsqu'elle disparaît de son champ de vision. C'est pour cela que vous n'avez rien trouvé sur elle. Quand bien même aurait-elle rencontré tout le monde à Gensokyo, seuls ceux sachant qui je suis et que j'ai une sœur peuvent vaguement se souvenir d'elle.


La déesse avait bu ses paroles avec attention. Le sourire sur son visage était le signe que sa mission était accomplie.


— Merci pour ces informations, cela suffira pour que le Conseil vous laisse tranquille. Cela dit, ils m'ont fait une autre demande...

— Tant que cela n'implique ni moi ni ma sœur dans ce conflit, je suis prête à écouter.


La déesse sembla gênée, ce qui fit froncer le sourcil de Satori. Alors elle était bel et bien venue pour la recruter finalement.



— En fait, ce tournoi n'était à la base qu'une plaisanterie. Il est impensable que des humains ou autres créatures inférieurs puissent battre des dieux en duel à mort. Mais cette Yukari a vraiment inquiété le Conseil avec ses airs de manipulatrice, alors il a été décidé d'une stratégie pour détruire l'équipe de l’intérieur.


Satori frissonna, elle voulait faire taire la déesse et ainsi l’empêcher de l'impliquer dans ce plan, mais sa voix ne parvint pas à sortir de sa bouche. Elle remarqua alors la main de la déesse qui mimait une bouche fermée.


— Le plan A consistait bien évidemment, comme vous pouvez deviner, à ce que votre sœur tue ses coéquipiers. Mais quand je vois son regard débordant d’innocence, je me dis qu'il est impossible que cela se produise, et je crois qu'on est d'accord là-dessus.


Satori aurait sûrement acquiescé si elle n'était pas aussi furieuse d'être réduite au silence.


— Le plan B consiste donc à ce que votre sœur participe au tournoi, mais qu'elle déclare forfait. Je vous rends la parole...

— Je refuse ! Je n'ai aucune haine contre Gensokyo, je refuse de participer à sa conquête ou sa défense ! Je veux juste que ma sœur et moi vivions en paix.


C'est alors que l'attitude amicale d'Hécate s'envola, elle semblait désolée, mais aussi très irritée. Elle redevint soudainement une vieille femme.


— Ce n'est pas ce que j'aurais aimé entendre. Voyez-vous, Satori, je ne veux pas être en conflit avec vous. Mais jamais je ne m’opposerai aux ordres du Conseil. Je travaille pour eux comme vous l'avez compris. En fait, je possède le grade de lieutenant, je suis aux ordres d'un capitaine qui m'a chargé de garder le Monde Souterrain pour le Grand Projet final. Même si je dirige ce monde, je n'aurai toujours aucune influence sur les conseillers.

— Où voulez-vous en venir ?

— Le Conseil m'a ordonné de vous mettre en garde. Ils ne feront rien contre vous, mais à chaque fois que vous les contrariez, vous perdrez l'un de vos proches.


Le sang de Satori se glaça. Par ces simples mots, Hécate était soudainement devenue très effrayante.


— NON ! trembla-t-elle. Je n'ai pas l'intention faire quoi que ce soit qui pourrait vous offenser...

— Trop tard, vous venez de refuser leur demande, trancha Hécate. Mais je ne suis pas votre ennemie, peu importe ce que vous allez penser de moi lorsque vous pleurerez cette triste mort. Vous allez devoir suivre un chemin dangereux, Satori, et mais vous aurez ma bénédiction une fois que cette personne sera morte.

— pourquoi ? lâcha Satori, horrifié.


Satori avait peur, mais elle n'allait pas laisser cette déesse s'en prendre à Koishi et Okuu ! Elle se leva prête à se battre. Okuu sembla comprendre la situation alors qu'elle n'avait sûrement rien écouté et braqua son bras-canon sur la déesse. Mais celle-ci ne sembla nullement impressionnée et son corps commença à s'effacer d'une manière semblable à celle de Koishi.


— Parce qu'autrefois, on m'honorait en tant que déesse des chemins en me sacrifiant une chatte noire ! termina la déesse avant de complètement disparaître.


Satori en tomba des nues. La seule personne qui était trop loin pour qu'elle la protège, était en danger de mort !


— ORIN ! Okuu veille sur Koishi !


Terrifiée par cette menace et se rappelant de la créature qui traînait avec son amie, Satori quitta la pièce en courant, se dirigeant vers la porte. Mais quand elle arriva, Hécate s'y trouvait dans son apparence de jeune adulte.


— Hors de Gensokyo, personne ne vous protégera. Au revoir, Satori, lança-t-elle avant de s'évaporer à nouveau dans les airs.

Mais Satori n'avait que faire de ces conseils, tellement elle était inquiète pour Orin. Elle courait sans se soucier de sa faible endurance physique, priant désespérément pour arriver avant le drame.


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