Les Volturi.

Chapitre 3 : Dans la gueule du loup.

Par Manue

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J'avais eu une nuit plutôt agitée. J'étais impatiente de revenir à la demeure de ses étranges personnes. Je n'arrivais pas à définir Aro, Félix me fascinait, et les autres me faisait frissonner de peur. J'avais envie d'y aller, mais une partie de moi se disait que l'avertissement de Félix devait être écouté. Je ne devais pas y aller.

 

Ce fut plongée dans ce genre de pensées que je m'étirais dans mon lit. Le drap était tombé durant la nuit, laissant mes jambes nu goûter au soleil qui avait trouvé un chemin entre les rideaux. J'avais aussi rêvé de Félix. De ce moment dans le couloir, son corps près du mien, ne dégageant aucune chaleur. A mes réactions gênantes. Ou qui l'aurait été s'il ne m'avait pas tenue. Je me redressais, recouvrant mon ventre de mon débardeur.

 

Je n'aimais pas voir la vilaine cicatrice qui le barrait. Celles sur mes bras et mes épaules ne me gênait pas. De même que l'autre qui ornait ma cuisse. Mais celle ci me rappelait que je ne pourrais jamais fonder une famille avec mon propre sang.

En grognant, je jetais mes pieds au sol. Mon estomac cria famine dès que je fus levée. Je filais au frigo dans lequel je me penchais. Prenant le lait, que je bus à même la bouteille, j'attrapais un paquet de biscuit avant de m'asseoir devant mon ordinateur.

Je grignotais tranquillement en entendant qu'il s'allume.

Dès que ma connexion fut bonne, je tapais Volterra sur Google. Je ne connaissais pas le nom de la bâtisse d'Aro et ses amis, mais trouva un cite où était nommé plusieurs palais et sites. J'adore internet pour ce genre de chose. D'une recherche large, tu peux tomber sur pratiquement tout et n'importe quoi.



 

 

 

 

 

 

 

Volterra.


La "magique et mystérieuse" ville de Volterra a ses racines dans trois mille ans d'histoire. Il est possible de trouver des évidences et des traces de chaque période historique ce qui donne à la ville un aspect artistique unique. Les murs antiques de ville, l'imposante Porta all Arco, le Necropolis de Marmini et les nombreuses trouvailles archéologiques conservées dans le Musèe Etrusque Guarnacci, l'Ombra della Sera avec son profil unique, les urnes funèbres et les bijoux finement travaillés, sont les témoins de la période Etrusque.
Le théâtre de Vallebona vient de la période d'Augustus et suggère l'importance de Volterra sous la domination romaine.
Aujourd'hui la ville conserve par dessus tout un aspect médiéval non seulement pour ses murs du 12ème siècle mais également en raison de sa disposition urbaine, rues étroites, palais, tours et églises. La Renaissance a eu une influence importante sur Volterra mais sans changer le caractère médiéval de la ville. De cette période sont nés les superbes palais de Minucci Solaini, Incontri-Viti et Inghirami, qui sont construits dans la ville médiévale, l'imposante Fortezza Medicea et le couvent de San Girolamo.




Allumant une cigarette, je visitais le site en entier, trouvant enfin le palais qui m'intéressait. Ce que j'y lus me donna encore plus envie d'y aller. Et puis... je voulais revoir Félix. Une fois. Une dernière. Je branchais iTunes et, mettant le son au maximum, fila dans la salle de bain, choppant au passage une serviette.

L'eau brûlante acheva de me détendre et de me convaincre. Quoi qu'ils soient, j'allais le découvrir. Quoi que renferme ce palais, j'allais le voir. Quelque soit le danger, j'allais l'affronter. J'enroulais la serviette autour de mon buste, en prenant une autre dans un tiroir pour mes cheveux. De retour dans le reste de ma chambre, j'ouvris les rideaux, admirant le soleil radieux. Je pris un jean dans ma valise, un jean plus moulant qu'un baggy, néanmoins large. Je n'aimais pas les slims. Ils étaient trop moulant à mon goût, bien que m'allant plutôt bien.

Je pris aussi un débardeur bleu nuit avec une fausse tâche de peinture verte dessus. J'enfilais en deux deux mes converses noires, laissant mes cheveux long secher librement, pris mon sac, et sortit avec précipitation de l'appartement.

Ce fut une fois arrivée devant le palais des Yeux Rouges que j'hésitais.

J'aurais pu mettre un truc plus classe. Ou plus sexy. Rien que pour voir de l'intérêt dans ses yeux à lui. Ou par respect pour Aro. Ou les deux. Mon Eastpak bien calé sur mon épaule, je pris une grande inspiration et me planta devant l'un des deux gardes. Il baissa a peine les yeux vers moi.

« Monsieur Aro m'a dit de revenir aujourd'hui et...

 

Aucune parole n'avait été prononcé. Ce silence me donnait une furieuse envie de mettre mes écouteurs, musique à fond. Je me retins, attendant que les portes s'ouvrent.

Qu'elle fut ma surprise lorsque je vis qui m'attendait.

Félix.

Je restais pétrifiée, sans voix.

Je ne m'attendais pas à ce que je sois encore plus éblouit par sa beauté.

Ne pouvant pas mettre les mains dans les poches, je les croisais devant moi.

« Tu es venue... grimaça t il.

 

Sans plus ? Même pas un « tu aurais pu mettre autre chose », ou « Tu pouvais secher tes cheveux avant de venir » ? Juste : tu es venue ?

 

Je le rattrapais, me plaçant à côté de lui, résistant à l'envie de le regarder.

« Tu m'attendais ? Finis je par lâcher.

 

Il me lança un regard en coin.

 

« Je ne me soucie pas de toi en particulier.

 

Il ne répondit pas, mais me glaça de son regard. Inconsciemment, je m'écartais de lui. Il ricana en se passant les mains dans les cheveux.

 

« Finalement, tu as un minimum d'instinct. »

Je grognais en réponse, et nous arrivâmes devant la lourde porte gravé de serpents. Il hésita, la main sur le bois sculpter.

« Tu peux encore faire demi tour.

 

Il secoua la tête et se redressa, retrouvant instantanément son visage dur et cruel. Mais il ne comprenait donc pas que ce n'était pas seulement l'art qui m'avait attiré dans ce palais ? Je grimaçais intérieurement.

 

Il était impensable que je lui avoue la vrai raison.

La porte s'ouvrit devant nous, comme si c'était l'entrée aux enfers.

Mais ce fut juste Aro et sa « cours ». ça me plaisait de l'appeler ainsi. Sa « cours »... Après avoir lu autant d'information sur l'origine médiévale de cet endroit, mon esprit était un peu embrouillé. J'entrais, affichant un sourire courtois sur mes lèvres. Aro y répondit avec bonne humeur.

J'avais l'impression que sa peau d'opaline allait se craqueler sous cette moue. Il me tendit la main. Je la serrais bien volontiers, me rappelant de sa douceur et de sa fragilité. Comment pourrais je avoir peur d'un type qui semblait être fait du papier le plus fin et le plus raffiné ?

« Je vous attendais plus tôt...

Il sourit en relâchant ma main.

 

« Mauvaise nuit ? Devina t il.

J'avais peut être des cernes ? Je touchais la peau fine sous mes yeux.

 

« Ne vous en faites pas, vous n'avez aucun signe de fatigue sur votre charmant visage. »

Je ris de bon cœur. Bizarrement, ma peur s'était envolée dès que je l'avais vu.

Cet homme me mettait en confiance bien malgré lui. Je devinais pourtant qu'un simple mot de sa part pouvait rendre cette visite en cauchemar. Je ne sais pas comment, mais c'était mon impression. Je vis Félix se rapprocher de nous. Aro lui jeta un petit regard amusé.

« Bien ! J'avais préparé une petite visite spécialement pour vous, Elena.

 

Je vis Félix se figer mais tendre malgré tout l'oreille.

 

Je suis déjà morte à deux reprises...

Il devait se demander...

« Bien... Soit. Cette histoire ne me dérange plus.

Il me mena à un petit salon. Je n'avais même pas mémorisé le chemin.

 

« Alors... J'avais quinze ans lors du premier. C'était l'hiver. Mes parents, ma petite soeur et moi, nous nous rendions dans les montagnes pour aller faire du ski. Mais les embouteillage nous avez considérablement ralentis, et il faisait nuit. Il nous manquait deux heures de route, à peu près. Vous connaissez les routes des montagnes ? Tout en courbes, certaine un peu sèches. Un malade descendait à toute vitesse alors que nous tournions.

Mon père avait pourtant klaxonné, averti. On se le prit de plein fouet, dévalant la côté en tonneau.

Ma soeur est morte sur le coup. Le chauffard avait percuté notre voiture sur sa portière.

Ma mère décéda dans l'attente des secours que j'avais appelé.

Mon père était inconscient. (Je posais ma main sur mon menton, tentant de ne plus me rappeler la scène.) ils n'ont pas pu le sauver. Trop de sang. (Aro me prit la main.) J'avais reçu un gros choc à la tête. Une commotion grâve. Avec l'adrénaline, j'étais parvenue à rester consciente, même si mon oeil gauche n'y voyait plus et l'autre très faiblement. Je perdis la vue dès que je fus calme. Je ne voyais absolument rien, un voile sombre tombait sur mes yeux.

Cette perte s'ajouta à celle immense d'avoir perdu les trois personnes les plus chère à mon coeur.

Un tuteur me prit en charge, mais j'étais dans un état de déprime tel que je refusais au début de revivre.

Ok, j'ai appris le braille, j'ai compensé ma vue par les autre sens, mais là s'arrêtait mes efforts. Un ans après, je ressortie pour la première fois. Je savais écouter, toucher, mais l'absence de mes parents... je ne pouvais même pas les regarder en photos, faire mon deuil correctement. Je ne pouvais plus les dessiner.

En plus, mon cerveaux avait été suffisamment touché pour que je sois prise de violente crise de tremblement. Les médecins ne parvenaient pas à l'expliquer.

Puis vint le deuxième accident. Je traversais la route sur un passage piéton. Ce fut une moto qui me renversa. Je récoltais une blessure au ventre et une nouvelle commotion, avec en prime un côma. Mon coeur s'arrêta aussi, comme la première fois, à l'hôpital. J'aurais du être définitivement morte. Mais il repartit. Hors de question que je meure. Je me réveillais trois mois plus tard. La lumière m'a d'abord éblouit. Puis remplie de joie.

J'étais sans famille, sans amis, mais je pouvais de nouveau voir ! (Je me redressais, prise d'une joie indescriptible) J'ai regardé les photos de ma famille durant des journées entières, pleurant incessamment. Mais je pouvais les revoir.

Ma vue s'améliora de plus en plus. Jusqu'à devenir meilleure que la moyenne. Mes crises de tremblement avait disparut. Je repris un crayon et dessina. (Je souris à Aro.) Mes parents aimaient mes dessins. Ils aimaient que je sois passionnée. Alors j'allais faire quelque chose qu'ils aimaient. J'allais visiter les plus beau, les plus mystérieux endroits, les peindre, les dessiner. Si j'avais refusé de mourir à deux reprises, c'était pour honorer la vie qu'ils m'avaient donné. (Je regardais le plafond.) Voilà pourquoi je n'ai pas besoin de croire en Dieu. Dieu se moquerait de la vie d'une seule personne. Le miracle vient de la force d'une personne, non d'une intervention divine.

 

Je le dévisageais. Ses yeux rouges voilés était d'apparence limpide mais cachait un bon nombre de choses.

 

« Vous êtes plus vieux que ce que vous ne le paraissez, répondis je en fronçant les sourcils. Vous aimez rassembler des personnes d'exception autour de vous car vous êtes curieux et un peu envieux, bien que vous soyez exceptionnel vous même. Vous pouvez être affable comme intransigeant.

 

Il sourit d'un air mystérieux.

 

« Aimeriez vous que je complète ce défaut. ?

 

Je regardais Félix. Il fixait un point invisible sur le mur. Son immobilité me rappelait celle des statues. Son long manteau cachait tout mouvement... Et son corps que je n'avais même pas aperçu une seule fois. Le claquement de main enfantin d'Aro m'arracha à ma contemplation. Je regardais ses mains jointes, puis les miennes, agitées d'un léger tremblement.

 

Je les serrais.

Je n'avais plus peur d'avoir une crise, mais cela me troublait toujours de voir combien je ne contrôlais pas mon corps.

Depuis que je pouvais redessiner, j'avais cédé pratiquement à toutes mes envies : toucher une oeuvre d'art pour en découvrir les contours parfait, la fixer durant des heures, sans prendre en compte les mouvements des gens autour de moi, souvent en écoutant de la musique rock à fond.

Aro se leva avec tant de grâce que je devais ressembler à une boiteuse à ses côtés, et me guida sans un mot vers une porte.

Dieu ! Ce château était un véritable labyrinthe !

Quand la porte fut ouverte, je ne pus retenir un cri d'émerveillement.

Tant de choses ! D'une beauté frappante !

Je parcourus rapidement la distance qui me séparait du premier tableau.

Je dus courir d'oeuvre en oeuvre durant une éternité, plongée dans une transe que rien n'aurait su briser.

Quand je pus en sortir, je me tournais vers la porte.

S'y tenait seulement Félix, qui me suivait du regard.

Ses yeux était à demi fermés, son corps de nouveau dans une immobilité inhumaine. Sans réfléchir, je rompais le silence.

« Tu t'accordes bien à cet endroit, Félix.

Il fronça les sourcils en laissant ses bras tomber à ses côtés.

 

Prenant mon courage à deux mains, je répétais.

« Tu t'accordes bien à cette pièce.

Décidément, l'éloquence n'était pas son fort.

 

Le mien non plus, en même temps...

« Tu es très beau. Comme tout ce qui se trouve ici. »

Je rougis instantanément. Cet endroit me donnait une confiance en moi que j'étais loin de posséder en temps normal.

« Merci. »

C'est tout ?

Je me doutais bien que comparée à lui, ou encore à la guide magnifique que j'avais aperçu hier, je ne faisais pas le poids, mais je me trouvais quelques charmes, tout de même...

« Je me demande si tu m'autoriserais à te dessiner... »

Il haussa les épaules.

Ou à te toucher...

« Si ça te fait partir d'ici...

 

Quand elle passa devant ses yeux, je vis ses deux rubis sanglant la suivre avec fascination. Durant le temps de la conversation, je m'étais rapprochée de lui, bien involontairement. Je rencontrais son regard qui se trouvais bien au dessus de moi.

 

Je n'étais pas une naine, même plutôt grande avec mon mètre soixante quinze, mais lui était très grand. Dans les un mètre quatre vingt dix, un peu plus. Sa largeur d'épaule me faisait ressembler à un fil de fer à ses côtés.

Il était rare qu'un homme me donne une image fragile de moi même. Mais devant lui, je l'étais. Je me rappelais encore la force de ses doigts lorsqu'il m'avait tenu le menton, la veille, et mon incapacité à lui faire lacher prise. Je m'adossais contre la porte, le regard plus attiré par lui que par les merveilles que renfermait cette pièce. Je remarquais enfin l'absence d'Aro.

« Où est passé monsieur Aro ? Demandais je.

 

Je clignais des yeux et posa la main sur mon estomac.

 

« Il est quelle heure ?

 

Sa main se posa doucement sur ma joue. Je m'immobilisais immédiatement, le laissant descendre dans mon cou du bout des doigts. Ses yeux cherchaient les miens.

 

Qu'est ce qu'il se passait tout à coup ? Nous parlions de choses anodines et... je me raclais la gorge.

« Je fais aussi beaucoup de sport, répliquais je.

Sa main caressait vers ma nuque, toujours aussi fraîche et légère. Elle glissa dans mes cheveux qui était à présent bien sec et indisciplinés, aux boucles irrégulières frôlant ma taille. Quand il parvint à celle ci, il posa sa paume sur mes hanches. Je papillotais des yeux, le voyant se rapprocher.

 

Mais qu'est ce qui me prenait ? Je ne le connaissais pas ! Il vivait dans un endroit bizarre, avait un regard des plus effrayant, me traitait comme une enfant... Et lui ? D'abord il ne veut pas me voir, ensuite, j'aperçois de l'inquiétude vis à vis de moi...

Mes réflexions furent stoppées par son souffle sur ma joue. À combien étions nous l'un de l'autre ? Dix, vingt centimètre ? Je ne savais plus. Je sentis mon coeur s'affoler. Mes mains réagirent d'elle même en glissant dans son cou. Son bras s'enroula autour de ma taille et il me serra contre lui. L'autre m'entoura les épaules, calant sa main sur ma nuque.

Je levai les yeux, essayant de comprendre ce qu'il se passait.

La main sur ma nuque me fit basculer la tête en arrière, découvrant ma gorge.

Quand ses lèvres frolèrent ma clavicule, un long frisson me parcourut. Du bout de la langue, il goûta la peau de mon cou, sa main tenant toujours aussi fermement mon visage renversé. Mes doigts accrochèrent le col de son long manteau, l'attirant encore plus vers moi.

Je perdais pied.

Littéralement... Mes genoux lachèrent, mais son bras autour de ma taille me maintint contre lui. En grognant, il me bloqua brusquement contre le mur, m'arrachant un petit cri ou se mêlait douleur et surprise. Sa bouche suçait avidement la chair fine de ma gorge, tandis que sa main sur mes hanches remonta mon débardeur.

Je pris son visage entre mes paumes et le força à se mettre face à moi.

Ses yeux rubis me sondèrent avec application. Mes dents mordillèrent ma lèvre inférieure, résultat de ma timidité.

Il parcourut les dernier centimètres qui séparait ma bouche de la sienne.

Son haleine était fraîche et sentait la menthe. Mais ses lèvres étaient dures et glaciales. J'écarquillais les yeux de surprise, mais lorsque sa langue rencontra la mienne, je ne fus plus capable de penser correctement. J'étais prise d'une série de vertige qui m'aurait perdue si je n'avais pas eu ses larges épaules pour m'accrocher.

Brusquement, il recula. De rouge, ses yeux étaient devenus noirs. Tiens, il avait perdu ses lentilles ? Mais comment ? Son visage passa par plusieurs expressions, si rapidement que je ne pus toutes les voir. Je perçus en revanche une soif si profonde et qui m'était si étrangère qu'elle me fit presque peur. Puis le désir. Et enfin l'horreur. Horreur de quoi ?

« Ce n'est pas du détournement de mineur, tu sais, lâchais je inconsciemment.

 

Je le dévisageais. Peu à peu, ses yeux reprirent leur couleur rubis. J'écarquillais les miens, de surprise.

 

« Bordel, c'est quoi ce trip ?! M'écriais je en me décalant sur le côté, histoire de mettre le plus de distance entre nous.

 

Dans ma retraite, je trébuchais et tomba sur les fesses. Je rampais vivement.

 

Ce que mes yeux n'avaient pas voulu voir au début, je le voyais à présent. Ils n'étaient pas humains.

« Qu'est ce que tu es ? »

Ma question le prit au dépourvut. Cela me redonna courage et je pus me relever. Et même me rapprocher.

« Qu'es-tu ? Repris je, plus agressive.

 

Un grondement sortit de sa gorge. Effrayée, je me remis à une distance de sécurité acceptable.

 

« Tu ne veux pas savoir, répondit il, la voix rauque. »

Je penchais la tête. Je ne savais même pas si je le voulais vraiment non plus.

« Pourquoi ?

 

il se déplaça si rapidement que mes yeux ne parvinrent pas à le suivre. Je poussais un petit cri en sursautant mais ne bougea pas. Oh non ! Je n'allais pas lui faire ce plaisir ! Malgré ma peur, je parcourus les quelques centimètres qui nous séparait.

 

Autant être appuyé contre un mur : il ne dégageait aucune chaleur...

Je levais le visage vers lui.

Son regard était de nouveau perdu.

Plus une seule trace d'arrogance.

Plus aucune colère.

Je murmurais.

« Dit moi... S'il te plait. Regarde. (Je levai la main pour lui frôler la joue.) Je n'ai pas peur de toi. »

Son visage se ferma aussitôt. Merde, j'avais dit quelque chose qui ne fallait pas. Me prenant par la taille, il me souleva aussi facilement que si j'étais une simple feuille de papier.

« Tu devrais ! »

Son grondement m'attirait, maintenant. Même l'expression de son visage, les lèvres relevées dans une moue animale, la fureur dans son regard, l'expression avide de ses traits... Je verrouillais mes mains sur sa nuque et me pencha.

Nos lèvres entrèrent en contact avec dureté.

Je ne me contrôlais plus, comme bien souvent.

Il me plaqua contre lui avec une force inouïe qui me fit gémir de douleur.

Il l'étouffa de sa langue qui dardait dans ma bouche, tel un poignard cherchant mon coeur.

Je reculais légèrement pour reprendre une inspiration. Il m'en laissa à peine le temps, prenant ma nuque entre ses doigts pour me forcer à rester contre ses lèvres. J'enroulais mes jambes autour de sa taille, les glissant sous le manteau que je fis glisser sur ses épaules.

Bordel, retiens toi ! Tu n'es pas une allumeuse !!

il grogna, faisant vibrer mon coeur qui rata quelques battements.

La tête me tournait, mes sens s'aiguisaient. Je ne sentais que sa bouche, ses mains, son corps contre le mien. Sa froideur, la dureté de ses muscles, sa force... Je mordis dans sa lèvre, cherchant à l'aspirer en moi, à le posséder.

Je le voulais entier. Il était à moi.

Du talon, je pressais derrière son genou.

Allez, amène nous au sol, s'il te plait...

Il comprit immédiatement ma demande et je me retrouvais sous lui.

Attrapant son manteau à pleine main, je le forçais à l'enlever.

Son torse se détacha de mon corps.

Non ! Ne recule pas, reste contre moi !

Encore une fois, il obéit à mes ordres silencieux.

Je glissais une main dans ses cheveux, savourant leurs texture soyeuse sous mes doigts.

Je me cambrais contre lui, cherchant le plus de contact possible entre nous. Ma main libre parcourut son dos, frôlant son corps parfait.

Mon t shirt alla voler à travers la pièce sans que je n'eus le souvenir qu'il me l'enlevait.

Lorsque sa langue glacée traça un sillon brûlant entre mes deux seins, je ne pus retenir un gémissement d'envie.

Sa bouche parcourut mon ventre, ma taille, mes seins sans me laisser une seule seconde de répit. Lorsque ses lèvres se refermaient sur la pointe de l'un de mes seins, je me cambrais; lorsque ses doigts touchait mon flanc, je frissonnais. Mes lèvres entrouvertes cherchaient veinement de l'air, ma respiration trop rapide me faisant tourner la tête. Mon jean alla retrouver mon débardeur et soutiens gorge. Je le sentis descendre plus bas, ses lèvres embrassant l'interieur de mes cuisses.

Je lui passais les mains dans les cheveux, le forçant à venir m'embrasser. Il se redressa et plongea sa langue dans ma bouche tandis que deux de ses doigts entraient en moi.

Mon gémissement s'étouffa sous son baiser furieux. Il arracha littéralement le morceau de tissu qu'était mon string et recula légèrement. A genou au dessus de moi, il me regarda. Ses yeux était d'un noir d'encre, sa peau brillait par je ne sais quelle lumière...

Je le voulais.

Maintenant.

J'attrapais le haut de son pantalon gris foncé et, tout en me relevant légèrement pour l'embrasser, me mis à le lui enlever. Trop tremblante pour y arriver, je laisser sa fermeture ouverte et m'attaquait à sa chemise.

Me voyant en peine, il s'occupa de se déshabiller seul, avec des gestes trop rapide pour être humains.

Lorsque sa peau nu se colla contre la mienne, je poussais un soupir de joie. C'était ainsi que nous devions être, peau contre peau, ma chaleur tiédissant sa chair, son contact glacé me faisant frissonner non pas de froid, mais de plaisir. Ma main se glissa entre nous, frôla ses pectoraux parfait, ses abdos digne d'une statut grecque, sa peau sans aucun défaut... De sa gorge s'échappa un grondement animal tandis que mes doigts se refermèrent autour de son sexe. Il repoussa ma main, attrapant mes hanches et me pénétra violemment.

Je mordis mes lèvres sous l'effet de la douleur. J'étais pucelle, encore...

il se mit à genou, le buste relevé, me soulevant d'une main pour que je me retrouve collé contre lui, assise à califourchon sur son sexe.

Je sentis ma tête basculer en arrière tandis qu'il allait et venait en moi, sans que je ne pus faire quoique ce soit.

Je me sentais désarticulé, mon corps n'étant qu'un réceptacle aux plaisirs qu'il me procurait.

Fermement, il m'obligea à le regarder.

Ce que je fis avec difficulté.

Ses iris noirs me sondait, me mettant à nu. Je collais mon front contre le sien, cherchant mon souffle.

Mes mains trouvèrent la force de se poser sur ses épaules. Mes hanches, qui depuis le début suivait le mouvement, me rendant des plus inertes, s'activèrent plus encore. Felix avait capturer mon regard. J'entrouvis les lèvres, comme une invitation. Sa langue les frôla, puis descendit dans mon cou.

Je basculais la tête en arrière.

Ses va et viens devinrent plus rapide, plus pressant, faisant monter une vague en moi qui menaçait de me faire perdre définitivement l'esprit. Il m'attrapa par les hanches, m'obligeant à suivre son mouvement. Quand l'orgasme m'atteignit, je plantais mes ongles dans la chair de ses épaules, en basculant mon front dans sa nuque.

Il effectua quelque va et vient, encore, et nous fit basculer sur mon dos.

Mes cheveux s'éparpillèrent autour de nous. Il y enfouit son visage avec un soupir, une mains sur ma taille, l'autre allant entrelacer nos doigts.

Celle que j'avais de libre lui caressa doucement le dos.

« Et merde, marmonna t il. Je n'aurais pas du...

 

Il se releva pour s'asseoir. Mes yeux brûlèrent devant tant de perfection.

 

Je me mis sur les genou, mon visage à la hauteur de son cou.

Je l'embrassais légèrement, descendant jusqu'à son estomac.

Il grogna et plaqua ses lèvres sur les miennes.

Quand nous nous séparâmes, je croisais un regard perdu.

Je lui carressais la joue.

« Demain, je reviendrais. Parce que je ne peux pas rester dans l'ignorance.

 

Je me levai.

 

Je n'avais plus de string, mais pour aller jusqu'à chez, moi, ça fera l'affaire.

Je dus parcourir toute la salle nue pour tout retrouver. Quand je revins à la porte, Félix était déjà rhabillé. J'ajustais mon jean sur les converses, me coiffa sommairement, et lui jeta un regard ironique.

« Ni vu ni connu, j't'embrouille ! On dirait que tu sors à peine de la douche...

 

Je voulais le voir choqué. Voir sur son visage autre chose que des sentiments incompréhensibles.

 

Il s'effaça pour me laisser passer.

Je fis mine de ne pas remarquer qu'il refusait de me toucher.

Bon sang ! Comme si de rien n'était !! On ne passa pas par la salle d'Aro et ses amis. Quand on se retrouva dans le couloir qui menait à la sortie, je sentis la présence de Félix si intensément que j'avais envie qu'il me touche, d'une façon qui n'avait rien d'innocent. L'electricité ambiante ne m'aida pas à éclaircir mes idées. J'allais lui parler quand l'ombre d'un autre garde me fit sursauter.

« Pardonnez moi, mademoiselle, fit la voix de Démétri. Je ne voulais pas vous faire peur... »

Rien dans son ton ne me disait le contraire, mais mon petit doigt me disait que cet homme savait bien mentir. Je lui fit un petit sourire.

« Je n'étais pas attentive. Ce n'est rien.

Je grimaçais intérieurement. Passionnée par l'art ou par la bouche de Félix sur la mienne ? Je foudroyais Démétri du regard.

 

« Plongée dans mes pensées, monsieur. »

Je lui passais devant sans un autre commentaire. J'entendis un ricanement.

« Félix ! Maître Aro te demande. Une fois que tu auras fini avec la demoiselle, bien sûr... »

Félix acquiesça du menton. Quand on fut de nouveau seul, je me râclai la gorge.

« Bordel, ça se voit tant que ça ?

 

Je me tournais vers lui en continuant de marcher.

 

Il me dévisagea de ses yeux rouges.

« Je suis peut être en plein rêve. Ou alors on accepte vite une chose si on a pas le choix.

 

Je haussais les épaules.

 

« Je ne suis pas normale.

 

On stoppa et se dévisagea. L'attirance sexuelle entre nous était palpable. Je pouvais m'y abandonner comme la fuir. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'était pas la bonne solution. Je devais rester et attendre que ce soit lui qui cède. Il se pencha vers moi.

 

Il était si grand que j'avais l'impression d'être une petite chose fragile.

Doucement, il écarta une mèche de mon front.

« Ce n'est pas bon, ce qu'il y a entre nous, Elena. Pas bon pour toi, pas bon pour moi.

Il soupira, effleura mes lèvres et me poussa vers la sortie.

 

« A demain, même si j'espere que tu ne viendras pas. »

Et il disparut dans les ombres du palais. Je levais le nez vers le ciel, admirant sa couleur claire.

Comme dirait une vieille expression : « Et me voilà tombé dans la gueule du loup ! »

 

 




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