Le vampire ou le loup ?
Edward attend ses frères et sœurs dans le parking du lycée, c’est la fin de la journée pour les cours. Il aperçoit un peu plus loin Madeline qui monte dans sa camionnette, dommage qu’elle se prive d’aller au bal à cause de soucis pécuniaires. Il regrette de ne pas pouvoir l’aider, mais il n’est pas assez proche de la jeune fille pour tenter une action de ce genre. Malgré tout, il ne perd pas espoir, il trouvera un moyen de sympathiser un peu plus avec elle.
Emmett, Rosalie, Jasper et Alice rejoignent leur frère, sans un mot, ils montent tous les cinq dans la Volvo. Pendant le trajet, Edward n’a pas d’autre choix que d’entendre les pensées d’Alice qui sont plutôt bruyantes, ce qui est plutôt rare venant d’elle. Ce qu’il y voit le surprend et le dérange en même temps ; il n’est pas certain qu’Emmett et Rosalie soient au courant de ce qui s’est passé avant que le cours d’anglais ne commence, alors il préfère se taire au cas où.
Cependant, les choses se gâtent au moment où le clan Cullen est rassemblé au salon, c’est Rosalie qui prend la parole et elle est particulièrement remontée.
« Edward, j’ai entendu dire que tu voulais inviter cette humaine au bal du printemps ! Pourquoi tu cherches à te rapprocher de cette fille ? Je n’ai pas besoin de te rappeler les conséquences d’une telle action ! »
« De quel droit tu te permets de me faire la morale, Rosalie ? Je ne fais rien de répréhensible, il me semble ! »
Carlisle intervient aussitôt.
« Allons Rose, je ne comprends pas non plus pourquoi tu attaques Edward de cette façon. Ce n’est pas comme s’il avait l’intention de faire rentrer cette jeune fille dans notre monde ! Il lui sera certainement difficile d’inviter une autre femme vampire à ce bal, tu y penses bien. Alors, il est inutile de lui faire un procès à ce sujet, il a le droit de s’amuser tant qu’il reste raisonnable. »
Edward essaie de se défendre.
« Je n’ai jamais songé à inviter une femme vampire au lycée, je ne suis pas fou. Je reconnais que j’ai cherché à me lier d’amitié avec Madeline Swan, sans aller trop loin, je le jure. Qu’est-ce qui te dérange à ce point, Rosalie ? »
« Ne me dis pas qu’il n’y a pas de sous-entendus venant de ta part ! On n’invite pas une personne à un tel événement sans raison valable ! » Rétorque la belle blonde.
« Franchement Rosalie, tu vas chercher des problèmes là où il n’y en a pas ! Arrête un peu ta paranoïa ! »
Toutefois, ce qu’Edward n’avoue pas à Rosalie est que l’odeur de Madeline l’a énormément attiré. D’une certaine façon, la gronderie de sa sœur lui a remis les pieds sur terre ; il est bien conscient qu’en cherchant à se rapprocher de la jeune fille en l’invitant au bal, une simple amitié ne serait pas suffisante.
« Attendez, je suis en train de penser à quelque chose, à propos d’inviter une autre dame vampire... Edward, tu pourrais inviter Tania. Tu sais combien elle en pince pour toi, elle serait ravie d’être ta cavalière. » Dit Emmett avec un sourire ironique.
« Emmett ! Je sais ce que Tania éprouve pour moi, quand nous vivions à Denali, elle faisait tout pour me faire craquer, j’essayais justement de ne pas la faire espérer, je n’ai jamais voulu d’elle. Certes, c’est une belle femme, mais je ne suis pas sensible à son charme, c’est comme ça. » Répond Edward.
Pendant un instant, Rosalie semble s’apaiser avant de se rappeler ce qui la met en rogne. Alice a une vision qui la laisse bouche bée, elle préfère se taire de peur de déclencher une nouvelle dispute ; Edward a de toute évidence lu son esprit, car il pince les lèvres, mais ne prononce pas un mot.
« D’accord ! Oublions Tania ! En ce qui concerne l’humaine, tu devrais lui sucer le sang. » Dit Emmett en rigolant, Edward et Rosalie le regardent d’un œil noir, Carlisle et Esmée sont mécontents eux aussi. Le grand vampire costaud prend ces regards comme un avertissement, aussi, il juge bon de faire profil bas.
« Passons pour Edward, j’espère qu’il ne commettra pas une bêtise impardonnable. Ce que j’ai à dire s’adresse maintenant à Alice ! Jasper m’a fait savoir que tu voulais inviter cette même humaine à sortir ce soir ! Es-tu complètement inconsciente ? »
Alice n’ayant pas l’habitude de se faire agresser de la sorte, commence à grogner devant le comportement de Rosalie qui s’est transformée en procureur, limite en pitbull. La jeune fille se tourne vers Jasper, la mine courroucée.
« Merci de t’être conduit comme un rapporteur, Jase ! »
Jasper a un air contrit devant la mine déçue de sa chérie, cependant il ne peut pas s’excuser, il faut qu’elle comprenne.
« Alice, ne sois pas fâchée, je t’en prie. Ce n’est pas contre toi que j’ai agi ainsi, ce n’est pas non plus par manque de confiance, je pensais surtout à protéger notre clan. Quelque part, je comprends la peur de Rosalie ; nous devons rester discrets vis à vis des humains et rien ne nous garantit que cette fille ne sera pas curieuse à notre sujet. Edward et toi ont été inconséquents en essayant de vous rapprocher d’elle, ça pourrait nous coûter cher ! Nous serions peut-être obligés de déménager une fois de plus. »
« Je n’ai aucune envie de déménager une nouvelle fois ! » Hurle Rosalie.
« Du calme Rosalie, il n’y a aucune raison pour qu’un déménagement doive se faire. Tant qu’Alice et Edward restent raisonnables et prudents, je leur donne la permission d’agir comme bon leur semble. » Tranche Carlisle.
Rosalie s’étrangle de rage, il n’est pas dans ses habitudes de contredire les décisions de Carlisle, elle se permet tout de même de rétorquer.
« Carlisle ! Edward et Alice ont agi de manière irréfléchie, il n’y a pas de doute ! Ils pourraient tous les deux nous mettre en danger !! En ce qui me concerne, je reste réaliste ! »
« Rosalie, ça suffit ! Tu vas commencer par baisser d’un ton avec moi, j’ai donné ma permission, je ne changerai pas d’avis à moins d’un problème. »
Rosalie se ravise avant d’ajouter quoique ce soit, il est évident qu’elle vient d’outrepasser ses droits. Même si le ton de Carlisle reste toujours calme, ses yeux ont commencé à s’assombrir et c’est mauvais signe. C’est Emmett qui intervient en posant son bras autour des épaules de sa chérie et lui dit.
« Allez Rose, montons dans notre chambre, tu veux ? »
Il adresse un hochement de tête à Carlisle en signe d’apaisement avant d’entraîner Rose hors du salon. Après cette scène, Jasper juge bon d’emmener Alice dans leur chambre, ce qu’il fait sans tarder. Bien que les réflexions de Rosalie l’ont plutôt agacé, Edward décide de passer au-dessus de ce côté négatif ; pour tenter de s’apaiser, il va jouer au piano.
Carlisle et Esmée contemplent leur fils en train de se laisser aller à son art, puis le docteur s’éclipse discrètement pour se rendre à son bureau. Edward reste seul avec sa mère, elle se place juste derrière lui pendant qu’il joue, pose ses mains sur ses épaules et lui dit d’une voix douce.
« On dirait que cette jeune fille a eu un grand effet sur toi, je me trompe ? »
« Oui, on peut dire cela. Peut-être même un peu trop d’effet. » Répond Edward, légèrement crispé.
« Oooh... Edward... Dis-moi, qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as l’air mal à l’aise tout d’un coup. »
« Même si je ne suis pas du genre à prendre à cœur les critiques de Rosalie, je suis obligé d’admettre qu’elle a peut-être raison. Je n’aurais peut-être pas dû inviter Madeline à ce bal. Carlisle a eu la gentillesse de me faire confiance, seulement, je ne sais pas si moi, je peux me faire confiance. Son odeur m’a énormément attiré, je me suis maîtrisé, mais j’ignore combien de temps je resterai fort. »
« Edward, ne te mets pas la pression de manière aussi excessive. Je suis soulagée que tu ne l’ais pas attaqué et si tu ne l’as pas fait, c’est que tu ne le voulais pas tout simplement. Sois sincère avec moi, tu aimerais te rapprocher de cette Madeline ? Elle te plaît ? »
À ces derniers mots, Edward fait une mauvaise note, il tente de se reprendre mais Esmée n’est pas dupe.
« J’ai songé à ce que nous sympathisions elle et moi pour que nous devenions amis, peut-être ai-je vu trop grand. »
« Laisse faire les choses, Edward. L’avenir te dira ce que tu devras accomplir. »
Edward, lui sourit gentiment, puis lui joue une berceuse qu’Esmée affectionne particulièrement. Pendant ce temps, Alice fait front à Jasper, elle est toujours irritée à cause de son compagnon.
« Alice, tu vas continuer à faire la tête jusqu’au lendemain ? L’affaire est réglée il me semble, puisque Carlisle a donné sa permission pour qu’Edward et toi sympathisiez avec l’humaine, est-ce que ça ne te suffit pas ? Je t’avoue que je trouve votre geste vraiment risqué, surtout si elle se montre trop curieuse, j’espère que vous savez ce que vous faîtes. »
« Je n’ai rien vu de grave concernant Edward et oui, je sais ce que je fais. Ce que je te reproche, c’est d’avoir rapporté mes faits et gestes à Rosalie ! Tu n’en avais pas le droit ! Est-ce que tu manquerais de confiance en moi par hasard ? »
Jasper prend Alice dans ses bras ne supportant pas de se disputer avec la femme de sa vie. Cette dernière est un peu réticente à l’idée de se laisser faire, malgré son amour pour lui.
« Pardon mon Alice, je ne voulais pas te blesser, crois moi. Je pensais surtout à la sécurité de notre clan, mais tu as raison, je n’aurais jamais dû en parler à Rosalie ; nous aurions dû au contraire en discuter uniquement en tête à tête, j’ai fait une grosse erreur et je ne veux pas que tu penses que j’ai manqué de confiance en toi, c’est même tout le contraire. Encore pardon de t’avoir offensé mon Alice, je ne le referai plus jamais. »
Son air de chien battu fait presque rire Alice qui oublie aussitôt sa colère.
« Bon, ça va aller. Il n’y a rien de dramatique après tout. »
Pour finir, elle donne un tendre baiser à son amoureux.