Malédiction.

Chapitre 5 : Adaptation.

Par Manue

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Le jour suivant se révéla identique au premier. On me dévisageait toujours avec autant de curiosité, et mes deux camarades ne cessait de se chamailler autour de moi. Je ne comprenais toujours pas d'où leur venait cet intérêt pour ma personne.

Ce fut lors de la deuxième semaine que la petite routine ( Dispute le matin, manger seule à ma table vide le midi, discutions mouvementés l'après midi) se brisa.

 

 

 

Le matin, lorsque Zac me déposa, je fut surprise par Dev, qui se jeta pratiquement sur moi.

« El ! »

Je levai la tête en souriant. Plus je le connaissais, plus il m'était sympathique. Quand Alex n'était pas dans les environs, Devdan se révélait être un camarade souriant, espiègle et d'une très grande gentillesse. Je fis un signe de main à mon oncle et suivit Devdan dans le lycée.

« Tu as passé un bon week end ?

Il me raconta son dimanche tandis que l'on se rendait en cours. Devant la porte, Alex nous attendait. Je lui souris avec enthousiasme en lui faisant un signe de main.

J'avais observé que les sourires sincère ne faisait pas légion chez ce type. Il était du genre à ne sourire que pour se moquer ou lors de plaisanterie incompréhensible. Aussi ne fus je pas étonné de son simple hochement de tête. Nous rentrâmes dans la classe tous les trois.

La deuxième habitude brisée fut l'indifférence des autres élèves. Certes, ils me regardaient toujours. Mais sans curiosité. Plus avec... une sorte d'attente. Je les ignorai et m'installa à ma place.

Le cours se déroula normalement. Un peu trop même. Alex et Devdan ne se chamaillaient pas et me laissaient me concentrer sur le cours.

Si ma rentrée m'avait semblé étrange, leurs comportement me l'était encore plus. Le deuxième cours se déroula sans incident majeur, si ce n'est qu'Alex me regardait avec attention. Je sentais Devdan faire de même dans mon dos. Mais ils ne disaient rien.

La sonnerie de midi me tira un long soupir. Aussitôt suivit d'un froncement de sourcils : mes deux camarades, qui en temps normal partaient rejoindre leurs groupe respectif, m'attendaient patiemment devant la porte.

« Vous n'allez pas manger ? Demandai je avec curiosité.

Je ne répondis pas. Arrivés devant la cantine je me tournais vers eux. Devdan fronçait les sourcils, inquiet, tandis qu'Alex semblait quelque peu agacé. Je leur souris.

« Mais vous êtes tous les deux persévérant et amicaux. Vous êtes curieux et faites attention à votre entourage à votre manière. Et vous êtes les premières personne, mis à part ma famille, avec lesquels j'ai pu parler aussi longtemps sans retenue. Je me sens bien avec vous. »

Un sourire étira les lèvres de Dev. J'ajoutai :

« Sans compter que vous êtes beaux à en tomber à la renverse ! »

Je me tournais rapidement pour qu'ils ne puissent voir mes joues en feu. Le ricanement d'Alex résonna derrière moi.

Comme ils l'avaient promis, ils ne me laissèrent pas seul ce midi là. Les murmures nous suivirent, tandis que nous nous dirigions vers ma table.

Ma table...

La table No man's land. L'endroit neutre.

Je m'installai au milieu, mes deux camarades se mettant face à moi. Le repas se déroula dans la bonne humeur. Dev engloutissait son assiette à une allure vertigineuse, tandis qu'Alex touchait à peine à la sienne. A renfort de geste, le beau brun me racontait ses premiers jours de cours, entrecoupé de petite remarque acide du fascinant blond. Je ne me lassais pas de les regarder, encore moins de les écouter parler. Certains détails de leurs histoire me gênait, tel que :

« Ces sales cadavres venaient toujours foutre leur merde quand on délirait bien... (Dev)

Souvent, Alex reprenait Dev d'un raclement de gorge discret, en me jetant un coup d'oeil. Mais comme à mon habitude, je ne cherchais pas loin.

 

Le soir, notre séparation fut plus difficile que celles de la semaine passée. Je dus faire patienter Zac durant un bon quart d'heure avant que mes deux nouveau amis ne daignent me laisser partir.

Aussitôt la porte refermé, je croisais le regard de mon oncle.

« Tu as l'air de les apprécier.

Il ne répondit pas.

 

 

 

Arrivée à la maison, je m'inquiétai :

« Tu vas bien ?

Il me regarda à peine en sortant de la voiture.

« Zac !! »

Il ne se retourna pas.

La pluie commençait à tomber. Aussi, je courus vers la porte et le retint au dernier moment.

« Dit moi... suppliai je.

Il rentra sans un mot de plus.

Estomaquée, je restait sur le péron, la bouche grande ouverte.

Jamais encore il ne m'avait parlé sur ce ton. La pluie frappait dans mon dos, trempant mon sweet, et le t shirt avec. Je sentis un long frisson glacé me parcourir de la nuque au bas du dos. Puis la colère monta.

Claquant la porte, je me ruai vers sa chambre, ne répondant pas au bonjour de Sophie et encore moins à celui de mon père.

Je ne frappai pas et entra, furieuse.

Je refermai cependant la porte derrière moi, avant de remarquer que Zac était torse nu. Il me dévisagea, surpris.

« Tu vas me dire ce que j'ai fais pour te mettre en colère, grondais je.

Sa réaction était si inattendu que je reculai d'un pas. Zac ne me hurlait jamais dessus. Je serrai les poings.

« Ça te gêne tant que ça que j'ai des amis ? Que je sois heureuse avec d'autre personne que cette putain de famille dont je me sens complètement exclue ?! Que, pour une fois dans cette vie de merde, je puisse avoir une scolarité normale ?

Au lieu de reculer sous l'insulte, il s'avança, les yeux fulminant.

« Oui, et alors ? Je connais le type belle gueule et j'en profite ! Je saute les filles sans les considérer comme mes égales ! Qu'est ce que ça peut te foutre ?

Zac me regardait, blessé. J'essuyais mes larmes du revers de mon pull en hoquetant.

Sa main se tendit vers moi, mais je sortis rapidement, ne voulant plus voir cet air blessé sur le visage de l'homme que j'affectionnai autant.

Je me jetai sur mon lit, en sanglot. Mes paroles avaient dépassé mes pensées, mais je ne voulais pas m'excuser. Oui, je me sentais exclue. Oui, j'en avais marre de ne pas être à ma place. Mais je n'aurais voulu pour rien au monde la changer. Je les aimais.

 

Deux heures plus tard, j'entendis la porte grincer. Je reconnu les pas de Zac avant même de le voir. Je me roulai encore plus sur moi même, cherchant à me protéger.

« El... Je suis désolé. J'ai été injuste et je n'aurais pas du te hurler dessus. (Je ne répondis pas.) Je suis aussi désolé que tu te sentes autant à l'écart... (Sa voix se teinta de colère) Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais au courant de tout. Mais Sophie... a raison. Il serait dangereux que tu saches certaines choses. Mais ta présence ici est désirée et appréciée. Nous t'aimons tous énormément. Tu ne dois jamais mettre en doute l'amour que nous te portons. L'amour que je te porte... »

Je me crispais lorsque sa main me caressa les cheveux. Un poids me fit rouler vers lui et je ne pus détourner les yeux de ses deux émeraudes lumineuses. Ce regard n'avait rien de commun à celui qu'il m'adressait en temps normal.

« Que tu es des amis est bien. Dans un certain sens, je suis content pour toi. Mais dans l'autre... El, j'ai toujours eu le monopole de ton attention. Le partager... partager ton affection avec ces deux jeunes... Je suis jaloux. »

Une larme coula encore sur ma joue. Il l'a cueillit du bout des doigts. Après un court silence il reprit en soupirant.

« On est vraiment très proche. Trop proche. C'est pour ça que j'ai eu une réaction aussi violente. Mais c'est parce que je t'aime énormément, El. »

Il se releva.

« Bonne nuit. »

Quand la porte se referma, je sautais sur mes pieds et chercha frénétiquement un pyjama. Je trouvais un grand tee shirt et me déshabilla pour l'enfiler. Puis je me précipitai vers sa chambre. Je le retrouvai assis sur son lit, la tête entre les mains, en boxer. Ses yeux se relevèrent pour me voir, surpris. Je refermai doucement la porte et vint m'asseoir à côté de lui.

Finalement, je toussotai avec gêne.

« Zac... (Il me regarda en coin.) Je suis désolée de t'avoir traiter de salaud... »

Il éclata de rire. Ce rire que j'aimais plus que tout au monde et qui balayait toute mes craintes.

« C'est tout ? Sourit il.

il soupira et me prit dans ses bras. Sa main caressa ma nuque puis mon dos, me calmant instantanément. Brusquement, il me lâcha.

« Tu devrais aller dormir.

Il me regarda encore avec ces yeux que je ne connaissais pas. Il fronça les sourcils. Je ne comprenais pas le dilemme qui l'habitait.

« Tu as 17 ans, El. Il serait temps que tu ne dormes plus avec moi. Ce n'est pas normal.

Je me relevai, ayant l'impression de rêver, et retourna dans mon lit tel une mort vivante. Le sommeil ne me laissa pas le temps de réfléchir assez longtemps pour comprendre ce qui venait de se passer.

 

 

Le lendemain fut terne au réveil. Dans la voiture, ni Zac, ni moi ne parlions. J'avais bien dormi, mis à part ce cauchemar dont je ne me rappelai rien, encore une fois. Et c'était mon père qui était venu me réconforter.

Encore une fois, à peine sortie de la voiture, Dev se jeta sur moi, tel un chien retrouvant son maître. Je jetai un coup d'oeil à Zac qui parti sans même un signe. Je sentais l'abattement m'envahir, et une douleur aigu se propageant dans ma poitrine. Devdan me dévisagea.

« Il y a un problème, El ?

Je souris.

« Tu as raison. Bon ! Il ne pleut pas aujourd'hui !

Alex nous retrouva devant la classe. Devant mon expression, il fronça les sourcils.

« Tu as un problème ? S'enquit il.

Devdan ricana mais Alexander le fit taire d'un regard.

« je règlerais ça ce soir en rentrant, fit je brusquement. Je ne supporte pas les silence gêné. Bon allez, en cours, limaces !

Dev s'esclaffa tandis qu'Alex secouait la tête.

« Tu es beaucoup plus féminine que ce que tu peux le penser. »

Et il me jeta un regard, pratiquement identique à celui de Zac hier. Je me sentis rougir. Heureusement, le prof arriva à point nommé. Je n'avais aucune réplique dans la tête tellement Alex me l'avait mis sans dessus dessous.

A midi, ils mangèrent encore avec moi. Ils ne se disputaient plus, même si leur relation était encore tendu. Ce fut Dev qui interrompit le silence.

« Et sur quoi portait la dispute ?

Ils échangèrent un regard.

« Ce que je veux dire c'est qu'il pense que vous restez avec moi dans l'espoir de coucher avec moi, expliquai d'une traite, le yeux baissés. »

Ils ne dirent rien pendant quelques secondes.

« ce n'est que ça, soupira finalement Alex, apparemment soulagé.

Ils haussèrent les épaules et on en resta là sur le sujet.

A la fin de la journée, Dev me prit à part.

« Si jamais tu as besoin de... t'évader un peu, tiens. (Il me fila un morceau de papier.) Y'a mon adresse et mon numéro de téléphone. J'passerai te chercher ou t'aura qu'à venir. Quand tu veux, ok ? »

Je ne répondis pas, un peu trop émue. Finalement, je pris une grande inspiration.

« Merci. C'est la première fois que j'ai un ami.

Je le regardai allez rejoindre ses propres amis avant de me diriger vers la voiture de Zac. Mais Alex me rattrapa avant.

« Dev t'a donné son adresse ?

Je sentis une larme couler.

« Bon sang, riais je en l'essuyant. Les gars... Merci, Alex. »

Il m'ébouriffa les cheveux et je sentis son regard inquiet me suivre jusqu'à ce que je rentre dans la voiture.

Zac ne me parla toujours pas durant le trajet. Quand nous arrivâmes à la maison, il ne quitta pas la voiture. J'attendis.

« El.

On sortit sans un mot de plus.

 

 

Les jours suivant furent fabuleux. L'ambiance à la maison était toujours aussi tendu, mais une fois au lycée, je retrouvai Dev et Alex. On était le trio le plus étrange du lycée, et, même si la cantine était toujours séparé, même si le comportement des élèves était toujours étrange et même si mes deux amis était toujours entrain de s'engueuler pour un rien, je me sentais bien.

Cette dispute avec Zac avait eu un point positif : je m'étais rapproché de Devdan et Alexander. J'avais des amis. Je m'étais adaptée. Enfin.




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