Malédiction.

Chapitre 12 : Des serpents et des Loups, partie 1.

Par Manue

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Bon, n'ayant pas pu tenir ma promesse de mettre le chapitre 10 en ENTIER durant le mois de décembre, je vous mets la première partie, celle où l'action n'est pas encore là. J'écris la fin en ce moment même, mais il est plus long que ce que j'envisageai, en fait... Bref. J'allais pas couper alors que tout allait s'accélérer. Je préfère vous mettre ceci en guise d'excuse et pour vous faire patienter.

 

Dans ce chapitre, on voit à quel point Elspeth a changé, et quel sera la suite du chapitre. Sincèrement désolée d'être aussi irrégulière, mais ces derniers temps, me poser devant un bouquin ou mon ordi fut vraiment... Difficile.

Il doit me rester trois quatre pages à écrire, j'ai tout le chapitre en tête. J'essayerai, et ne prenez pas cette phrase pour une promesse, d'écrire la suite entre deux partiels pour me détendre ^^

Encore sincèrement désolée...

 

 

 

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Arrivée devant ma maison, Alex marcha vivement vers le palier.

Son expression avait été si songeuse durant le trajet que je n'avais fait aucune remarque sur son inconscience et sa chevalerie ridicule. En revanche, je réfléchissais à plein régime pour éviter de le mêler à cette histoire.

Ce fut Harry qui ouvrit la porte, à peine le poing de mon ami l'eut frôlé.

« Qu'est ce qu'il se passe ? »

Il m'envoya un regard inquiet, sentant surement l'odeur du sang qui restait dans ma bouche. Je secouai discrètement la tête, comprenant qu'il pensait que j'avais perdu le contrôle. Ses muscles se détendirent imperceptiblement, mouvement invisible d'une vision humaine.

L'échange ne durant qu'une seconde.

« Une femme a été sauvagement attaqué par un animal, fit Alex qui n'avait rien remarqué. Il faut appeler la police. »

Harry écarquilla les yeux et se poussa pour nous laisser entrer.

Sophie apparut, sortant du salon d'une démarche vive.

« Un animal, dites vous, jeune homme ?

Je me calmais en voyant ma grand mère s'occuper de tout.

Elle avait des tonnes de défaut mais on pouvait compter sur elle pour régler le problème.

Je m'installais sur le canapé, à côté de mon ami.

Ce dernier me prit la main.

« Ne t'en fais pas, El. »

Je cherchais, vainement, quelle devait être ma réaction. J'obligeais mon cerveau, encore sous l'influence Dae, à reprendre un fonctionnement totalement humain.

« Et si l'animal avait été encore là ? Marmonnais je. Et si tu t'étais fait massacrer, toi aussi ? Et s'il nous avait attaqué à la place de cette femme ?! »

Ma voix avait prit des accents hystériques lorsque que j'imaginais Alex sous les crocs venimeux du Serpent.

La main d'Alex resserra son étreinte et il chercha mon regard.

« Et toi avec ton ordre de retourner à la voiture ? Tu aurais fait quoi ? »

J'ouvris la bouche pour répondre, mais Sophie revint, le téléphone à l'oreille.

« … Le jeune homme va vous donner l'emplacement. Tenez. »

Elle lui donna le fixe.

Alex lacha ma main et le prit.

Il se leva, alla à la fenêtre.

Sophie haussa un sourcil en ma direction, tournant le dos au seul humain de la pièce.

Mes lèvres articulèrent deux mots : Dae – snake.

Un éclair de surprise teinté de panique passa dans ses yeux.

D'un mouvement de menton elle me fit comprendre qu'on en reparlera une fois seul. Alex raccrocha.

« Il faut que je retourne sur les lieues avec eux pour leur montrer l'endroit exact.

J'en doutais, mais je ne pouvais pas lui faire part de mes pensées.

Peut être que le Serpent était vraiment parti.

Alex salua ma grand mère, m'embrassa sur la joue et partit.

J'étais encore sous le choc de son départ et de la peur que je ressentais pour lui, que je n'entendis pas les autres arriver dans le salon, et ma migraine augmenter.

Je secouais la tête.

« Il ne risque rien, répétais je à voix basse, me massant les tempes.

Je levai les yeux sur Sophie qui s'était installée sur son rocking chair. Tous les membres de ma famille étaient installés. Je me redressais.

Zac était debout, aussi loin de moi que possible, les bras croisés sur son tee shirt noir.

« Raconte, ordonna Sophie. »

Je réfléchis rapidement, me rafraichissant la mémoire.

« On se baladait dans la forêt quand on a entendu une femme hurler. L'odeur du sang m'est venu rapidement, signifiant qu'elle n'était pas loin. Puis j'ai sentis l'odeur du serpent. J'ai demandé à Alex de retourner à la voiture mais il ne m'a pas écouté et il est allé voir ce qu'il se passait.

«  Je me suis transformée. Le Serpent s'apprêtait à sauter sur Alex, alors je l'ai attiré vers moi, j'ai courut pour l'emmener le plus loin possible. Quand j'ai estimé qu'Alex ne risquait plus de nous voir ou nous entendre, j'ai attaqué le Serpent. Je l'ai eu à l'épaule. Puis il a fuit. Il n'a pas cherché à contre attaquer. Je suis retournée à mes vêtements et j'ai attendu que mon ami revienne.

J'observai les visage surpris de toute ma famille.

« Tu t'es transformée sans problème ? Demanda la voix posée de mon grand père.

Ils se turent tous et se tournèrent vers Sophie. Celle ci me fixait, pensive.

« Je résume. Tu es plus vive qu'un serpent, plus rapide, plus forte et tu es capable de penser normalement alors que ça ne fait même pas un jour que tu es transformée. Nos ennemis nous ont retrouvé et ont recommencé leur carnage. Ton ami a vu l'une des victimes. Tu n'es pas blessé et tu es la seule à l'avoir gouté.

Je me levai, allant à la fenêtre.

« Qu'il vienne, grondais je. Je n'en ai pas fini avec lui.

Lassée de leur discussion, je fixai mon regard sur Zac. Ce dernier était impassible. Il se redressa et interrompit tout le monde.

« Quelque soit la conclusion de cette discussion, El ne suivra pas vos ordres. Elle compte se charger des serpents. »

Un silence choqué prit place. On s'affronta du regard. Je lâchais la première.

« Zac a raison. Mes amis sont en danger à cause de nous. Je ne peux pas rester les bras croisés.

Je regardais le corps frêle de ma grand mère.

Elle m'observait sous ses cheveux platines et argent, un petit sourire sur ses lèvres fines.

« Je n'ai pas vécu aussi longtemps sans savoir me battre. Je n'aime pas ça, c'est tout.

Je regardais par la fenêtre, fixant la forêt avec attention.

« Tu comptes fuir toute ta vie ? Lâcha Zac, s'approchant d'elle. Nous sommes des prédateurs, pas des proies, Claire. Nous nous transformons en d'immenseS félins. Nous sommes capables de tuer un ours d'un coup de pattes. Tu en es capable aussi, tu l'as déjà fait.

Harry leva aussitôt la main. Mon père suivit. Zac n'hésita même pas. Jacob prit le temps de réfléchir et acquiesça. Je haussais les épaules, montrant que leur choix n'avait pas d'importance, mais fixait Katy.

Si ma tante était d'accord, Bree suivrait. Ma rêveuse de tante avait une foi aveugle en Katy.

Et je la comprenais.

Elle se tenait droite, sa fine silhouette tendu, ses cheveux aubrun encadrant son visage d'un carré plongeant au menton, rendant ce dernier plus sévère encore.

Elle m'affronta de ses yeux gris pâle.

« Elspeth. (Sa voix claqua dans mes oreilles.) Quoique l'on fasse, iras tu vraiment à leur poursuite ? »

Je plissais les yeux. Si je mettais détaillé dans un miroir quand j'étais devenue Dae, j'aurais su qu'ils avaient pris à ce moment là une teinte bleu-turquoise fluorescente entouré d'un cercle bleu foncé. Des yeux inhumains et effrayant. Et j'aurais compris le pourquoi de son soupir résigné.

Mais tout ce que je vis à ce moment là fut sa main levé.

« Tu es vraiment la plus têtu de nous tous. »

Mon regard rencontra celui de Bridget. Elle leva la main, son regard vert foncé ayant perdu cet air rêveur qui la caractérisait. Devant l'exclamation de surprise de Claire, elle s'expliqua, son visage délicat prenant une expression féroce.

« Nous avons tous vu Elspeth grandir. Nous savons tous ce qu'elle est capable de faire. Je vote pour la traque parce que je refuse de la perdre sans lutter. »

Un frisson me parcourut. Je voulais que tous soit d'accord.

Je me tournais vers Claire qui me fixait. Je lui pris la main.

Elle était beaucoup plus petite que moi, plus petite même que Sophie. Sa coiffure folle donnait un air enfantin à son visage ovale. Ses yeux chocolats s'écarquillèrent, et je sentis la terreur qui la prenait.

« Tu n'es pas obligée d'y participer, m'entendis je prononcer, bien malgré moi. Apprend juste les bases. Harry et moi, nous protègerons. »

Une lueur passa dans ses yeux. Elle me dévisagea.

« Depuis quand es tu devenu une adulte ? Murmura t elle. (Sa petite main serra la mienne.) Je n'ai pas le droit de te lâcher. Mais j'ai si peur...

Elle tremblait. Prise d'une impulsion aussi soudaine qu'inattendu, je la pris dans mes bras.

Elle s'y blottit, comme moi quand j'étais enfant je me blottissais contre elle.

C'est vrai, ça. Depuis quand étais je devenue celle qui rassurait ?

Mais je m'en sentais capable. Depuis l'épisode de tout à l'heure, je me sentais capable de tout. Je laissais cette certitude s'échapper de moi, imprégner mon odeur, mon corps, mon esprit. Je la renforçais en sentant ce petit corps si fragile contre le mien.

Elle recula doucement.

J'avais réussit à communiquer ma force.

Elle hocha le menton.

« Traquons les. »

Un soupir soulagé se fit entendre dans la pièce.

Il ne restait que Sophie.

Elle souriait.

« Comme si j'allais refuser de protéger ma famille, fit elle avant même que je n'ouvre la bouche. Rester sur la défensive ne me convenait pas vraiment. »

Je croisais le regard de Zac. Il se déroba et sortit du salon.

Je lachais Claire et le suivit vivement.

Je sentis les regards interloqués sur ma nuque mais passa outre.

Je le rattrapais en haut des escaliers.

« Parle moi, le suppliais je. »

Il me regarda, les yeux vides.

Je me rappelais la dispute de tout à l'heure, son abandon. Tout cela me semblait lointain à présent. Mais pas pour lui, apparemment. J'attrapais son tee shirt au col et le tira vers moi.

« Parle, bordel ! Dit quelque chose ! Cris moi dessus, traite moi d'inconsciente !! Rappelle moi que je suis mortelle ! Que j'aurais pu mourir ! Inquiète toi ! »

Il se dégagea comme si je n'étais rien et se dirigea vers sa chambre.

« Tu ne peux pas m'ignorer indéfiniment ! Lui hurlais je. Tu ne peux pas être aussi con toute ta putain de vie, Zac ! »

Il me ferma la porte au nez.

Je rageais, seule.

J'avais compris une chose, en tenant Claire dans mes bras.

Il fallait que nous soyons uni. Qu'il n'y ait aucun malaise. Être sur de pouvoir compter les uns sur les autres. Et je voulais que Zac soit avec moi. Je voulais qu'il soit celui qui me remettrait à ma place, qui me rappellerait la prudence, qui me secouerait quand je me sentirais au dessus de tout.

Je fonçais vers sa porte et tambourinai.

« J'ai besoin de toi, merde ! Tu le sais. Ça ne te suffit pas ? »

Pas de réponse.

Je ruminais, prête à tourner le dos à ce type.

Mais je résistais.

« J'ai peur, Zac. J'ai peur que mes décisions tuent les gens que j'aime. J'ai dit à Claire que nous les aurons mais je n'en suis pas sure. Peut être qu'ils ont raison, peut être que je suis la seule à pouvoir gagner en combat singulier. Je ne sais pas, je ne connais rien encore au Dae. Je n'ai que 17 ans, Zac... S'il te plait. Aide moi. »

Je n'entendais que sa respiration contre la porte.

Je me laissais glisser le long de celle ci, prenant mes genoux dans mes bras, posant mon menton dessus.

« Je sais que je t'ai blessé, tout à l'heure. Mais tu me l'as bien rendu. Ne laisse pas notre... (J'hésitais.) Notre relation compliquée prendre des proportions aussi.

J'attendis, anxieuse.

Il ouvrit.

Il n'était plus impassible.

« Tu aurais pu te faire tuer tout à l'heure.

Un sourire ironique étira ses lèvres. Je sentis mon coeur s'accélérer. Il secoua la tête.

« Tu as raison, je suis têtu. Tu es la personne la plus... Bref. Je suis furieux contre toi pour avoir mis ta vie en danger. Mais je comprends pourquoi tu l'as fait.

Il s'esclaffa.

« Je t'ai fait pleurer et tu t'excuses ! (Il me tendit la main.) Ce type, Alex, a eu raison. Je suis qu'un gros salaud égoïste. Le voir te défendre avec autant de véhémence, ça m'a fait réfléchir. Tu mérites d'être heureuse, un autre point où je suis d'accord avec lui. Et ton bonheur passe avant le mien. Je ne t'abandonnerais jamais, El. »

Je lui pris la main et me releva. Il me caressa la joue.

« Et je sais être patient. Si tu ne m'aimes pas comme je t'aime, tant pis. Ta vie passe avant tout ça. Tu peux compter sur moi pour le faire passer avant tout. »

Je me blottis contre lui et laissai enfin la peur s'infiltrer en moi.

« J'ai cru qu'il me tuerait, Zac. J'ai cru que ses crocs se planteraient en moi avant que je ne parvienne à le surprendre. Qu'il me rattraperait.

Je me serrais encore plus contre lui.

Que c'était bon.

Ce Zac là m'avait manqué. Celui qui me rassurait avait disparut pendant un moment, mais je le retrouvais enfin. Il chuchota dans mes cheveux.

« Je ne les laisserais jamais te faire de mal, El. Ni à toi, ni à cette famille. Physiquement ou psychologiquement.

On resta quelque instant ainsi, se rassurant l'un l'autre. Finalement, il rit doucement.

« Claire a raison. Depuis quand es tu devenu aussi sure de toi ?

Il soupira et recula d'un pas.

« Je ne sais pas qui est le plus têtu de nous deux. Peut être le suis je au niveau des sentiments, mais quand tu as quelque chose en tête, tu ne l'as pas autre part, toi...

Je haussais les épaules. J'avais complètement oublié que j'avais laissé le reste de ma famille en bas.

Sans un mot, je dévalais les escaliers et retournai au salon.

Ils étaient en pleine discussion.

« Ah, El. Nous formions les équipes, fit Sophie sans lever les yeux vers moi.

Ils me regardèrent, surpris. Je haussais les épaules d'un air désinvolte.

« Bien vous connaître est un crime ? »

Ce fut Harry qui réagit en premier en s'esclaffant.

« Cette gamine va bientôt te piquer la place, maman !

Je le regardais. Il avait été toujours le plus effacé de ma famille. Je ne le connaissais pas vraiment, en réalité. Je l'aimai, c'est sur. Mais il ne parlait pratiquement jamais, travaillait beaucoup, mangeait et dormait. Je me rendis compte que je voyais cette famille comme un tout. Qu'aucun ne me semblait plus important que l'autre, sauf Zac. Ils m'avaient tous élevés, uniformément.

Je regrettais qu'il n'est pas une place plus importante dans mon coeur. Je les laissais régler les derniers détails, tout en dévisageant mon père.

J'étais la chair de sa chair, le sang de son sang. Mais jamais il ne m'avait montré qu'il me voyait comme sa fille et non comme un membre de sa famille, égale au autre.

Sans vraiment me préoccupé des autres, j'allais m'asseoir à côté de lui.

« Papa ? »

Il tourna le visage vers moi, surpris. Je l'appelais rarement papa.

« Je me demandai... Tu me vois comme ta fille ? »

Un silence se fit dans la pièce. J'ignorais la présence des autres.

« Tu ne m'as jamais montré plus d'affection qu'aux autres... Je me demandais juste. »

Il me sourit gentiment.

« Bien entendu. Pourquoi ?

Il se mit à réfléchir, calmement. Il était toujours très calme.

« Je ne sais pas. Peut être que je ne suis pas capable de grande démonstration.

Je hochais la tête. Prise d'une idée soudaine, je lui en fis part.

« Je te rappelle ma mère, c'est ça ? Tu as peur que je t'abandonne comme elle ? »

J'entendis un hoquet surpris. Je jetais un coup d'oeil à Katy.

Ma tante avait toujours été la plus proche de mon père. Je me concentrais de nouveau sur ce dernier.

Il semblait souffrir.

« Par bien des points, oui.

Je le fixai. Mais je vis qu'il connaissait la réponse. Il voulait juste que les autres la connaisse aussi.

« Parce que j'ai des amis, dans le monde normal. Et je compte pour eux. Parce que je suis en âge de croquer dans la vie, de la vivre au jour le jour, de faire des projets d'avenir. Parce que je suis pleine d'espoir et que je veux me donner les capacités de les réaliser. »

Ils me fixèrent. Sophie se redressa légèrement.

« Décidément, ton côté Dae est dominant. Tu veux que l'on soit tous heureux et en sécurité, n'est ce pas ? Je le veux aussi. Mais la différence entre toi et moi, c'est que tu es têtu. Nous en reparlerons après l'élimination des Serpents.

Je m'enfonçais dans le canapé.

« Tu as raison. »

Elle hocha la tête, satisfaite.

« Prépare toi à aller en cours. John, un mot d'excuse, je te pris. Zac, je veux que tu entraines Claire et Bridget à l'abri des regard humain. Commence par les bases, nous verrons si nous avons le temps de leur en apprendre plus. Harru, Katy et John, vous irez travailler après le repas. Jacob et moi allons analyser les cartes pour avoir une idée du lieu où pourrait se trouver ces Serpents. Quand vous rentrerez ce soir, je veux que chacun d'entre vous prenne le temps d'apprendre ces cartes. Ensuite, nous feront un premier essaie sur les fonctionnement des groupes grâce à des patrouilles. Je veux que l'on soit organisé et prudent pour l'instant. Compris ? »

Aucun d'entre nous ne protesta. Sauf moi.

« Je devrais plutôt rester ici. Moi aussi, il faut que je m'entraine et...

Je réfléchis un cours instant. Son raisonnement me semblait logique.

« Ok. »

Elle m'offrit son sourire au lèvres pincé de mère supérieure. Je le lui rendis, un peu agacé.

Maintenant que j'avais gouté à cette impression de puissance et à l'adrénaline, aller en cours me semblait obsolète. Néanmoins, je comprenais la nécessité de lui obéir...

Me levant, je filais me changer, mes vêtements étant plein de terre...

 

 

 

 

 

 

Le voyage jusqu'au lycée se fit tranquillement. Je m'étais réconcilié avec Zac, et nous étions plongés dans nos pensées. Elles ne devaient pas être très différentes...

« J'espère qu'il n'y aura pas d'autres victimes, finis je par dire, au bout de cinq minute.

Je me tournai vers lui, abasourdis.

« Et... Comment as tu survécu ? Enfin, je suis désolée, mais euh...

Il me jeta un de ces regards à la fois amusé et ironique.

« Je dirais plutôt que je suis impatient de gouter leur chair. »

Je déglutis.

« Mouais, ils ne sont pas très bon si tu veux mon avis. »

Il éclata de rire. Et chercha l'une de mes mains avec la sienne. Quand il la serra, sa chaleur me transperça. Je sentais sous sa peau, son énergie Dae, sa force surhumaine et sa rage. Son visage était pourtant d'une concentration toute humaine, et ne trahissait rien de ses sentiments. Moi qui avait toujours pensé le connaître, je me rendis compte qu'il n'en était rien. Je connaissais l'image humaine qu'il donnait. Même s'il m'avait laissé entrevoir son côté sauvage auparavant. Mais ces derniers jours, j'avais découvert la partie de lui qui était impulsive, agressive et possessive. Cette partie fortement influencé par son animal.

J'avais découvert que je possédais aussi ces traits de caractère, mais en plus... atténué. Je gardais un comportement relativement humain, même si ma personnalité changeait peu à peu. Si j'avais été quelqu'un de calme et réfléchis, cette partie de moi était submergé par la hargne et la sauvagerie. Je m'étais découvert une volonté de fer et une tendance à faire passer les autres avant moi. Et une confiance en moi qui m'avait jusque là toujours été inconnu.

J'ignore si ce sont les évènements que j'ai vécu ces derniers jours qui me transforment ou le réveil de mon Dae...

Balayant mes réflexions d'un mouvement d'épaule, je me concentrais sur mon Zac à côté de moi.

Et s'il avait raison quand à notre relation ? Si je finissais par accepter le fait qu'il m'attirait et m'y laissais aller ? Si ce qui modifiait mon caractère transformerait aussi ma vision du monde ?

Et merde, je n'arrive pas à me sortir de l'esprit le fait que désormais, je n'étais plus la même.

J'avais peur de ce que je pouvais devenir, de perdre celle que j'avais été, et de tout foirer. J'avais peur d'avoir aussi facilement accepté le fait que j'étais un monstre, de m'en réjouir, et de vouloir m'en servir. C'était à vous donner un mal de tête impossible...

Soupirant violemment, je lâchais la main de Zac et m'enfonçais dans mon siège, croisant les bras sur mon ventre avec rage.

Le regard de mon... mon... merde, je ne peux plus dire « oncle » !

De plus en plus enragé, je sentis mes muscles se tendre.

« Tu devrais penser à tes amis, m'interrompit Zac. Cela t'éviterais de t'énerver pour je ne sais quoi.

Zac sourit.

« Pas vraiment. À dire vrai, elle était ce que ton père recherchait : une humaine dans toute sa splendeur. Elle s'est doutée dès le premier jours qu'il n'était pas comme les autres. Mais dans sa stupidité, elle est restée avec John. Enfin, elle était loin d'être stupide, mais plutôt pleine d'espoir.

Quittant la route de yeux, il me dévisagea.

« Ne te tue pas pour ça. Sinon, tu nous rendras tous triste. »

Je haussais les épaules, lui faisant comprendre que je n'avais pas l'intention de mourir.

On arriva enfin devant mon lycée.

Ne sachant plus si je devais être comme d'habitude, ou trouver une autre manière de lui dire au revoir, je restais bêtement assise sur mon siège, mon sac entre les main, le regard baissé.

Le frôlement de ses lèvres sur mon front me fit sursauter.

«  Et ne te stresse plus par rapport à moi, El. »

Je relevais le menton pour le fixer. Son regard était tendre et protecteur. Désorientée, je cherchais ses lèvres des yeux, papillonnai entre l'envie de l'embrasser comme une amante ou comme une soeur.

Il dut ressentir mon hésitation, car tout son corps se déplaça de manière à être plus proche de moi. Inconsciemment, je fis de même, l'esprit embrouillé par sa chaleur et son odeur, par le vert étincelant de ses yeux et par sa beauté à couper le souffle.

« Tu ferais mieux de sortir... murmura t il, si près de moi que je sentis son souffle sur mes lèvres entrouvertes, que je pus avoir un aperçu de son goût sur ma langue. El, je t'en prie, ne me fais pas plus de mal en me tentant qu'en me repoussant... »

Son ton était suppliant. Mon corps aussi. Mon Dae hurlait dans ma tête, quémandant ce qu'il pensait lui revenir de droit.

En quelques secondes, j'analysais la situation. Si je l'embrassais, cela signifiait que je lui donnais le feu vert. Après toutes les raisons que je me suis donnée, cela me semblerait idiot. Mais si je ne l'embrassais pas... si je ne l'embrassais, je renierais ce que j'étais devenue. Je lutterais contre cette chose en moi, cette partie de moi qui était auparavant latente, qui m'a fait dormir dans ses bras toutes les nuits depuis que mon corps comprenait ce qu'était aimer quelqu'un, qui m'a fait comprendre à quel point il comptait pour moi en m'envoyant des cauchemars où seul Zac mourrait. Sous mes griffes et mes crocs.

Si je ne l'embrassais pas maintenant, ce serait comme si je tuais une partie de lui, que mon cauchemars se réalisait de la manière la plus horrible qui soit : le tuer en toute connaissance de cause.

Je me rendis compte que je retenais ma respiration et la relâchais, tremblante.

Il était encore trop tôt pour virer de bords, pour me comporter comme la Dae que je suis censée être, pour renier toutes ces barrières humaines.

Mais j'étais si près de la limite, si proche d'accepter totalement ce que j'étais... De m'avouer qu'il était tout pour moi, et qu'il pouvait devenir beaucoup plus, si seulement je mettais en veilleuse ma conscience et l'embrassais, là, maintenant.

Zac posa une main sur mon bras.

« Je ne veux plus que tu changes d'avis si tu m'embrasses, El. Je veux que ce soit ce dont tu as vraiment envie. »

Je fermais les yeux et reculai.

« Pas aujourd'hui. Pas encore. (Je rouvris les paupières, le fixant.) Je ne sais pas quel réaction sera la mienne vis à vis de toi demain, ou après demain. Désolée...

Prise d'une impulsion soudaine, je le pris dans mes bras.

« Mais je t'aime, Zac. Plus que tout au monde. »

Et je filais dehors comme une voleuse.

 

 

 

 

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Oui, je sais, ce n'est pas complet xD Comme dit au début, je ne mets qu'une partie (ce chapitre fait au moins vingt pages !!) l'action commence immédiatement après, et il ne me reste que la fin, soit trois quatre pages.

Alala, je suis vraiment nulle pour tenir les délais ^^

 




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